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Gustave Aucouturier (Traducteur)
ISBN : 2070398676
Éditeur : Gallimard (03/09/2009)

Note moyenne : 3.96/5 (sur 27 notes)
Résumé :
Georges et Vièrotchka se sont aimés, puis se sont perdus de vue. Lorsqu'ils se retrouvent quelques années plus tard, à Saint-Pétersbourg, il est devenu un jeune officier de la Garde, cynique et un peu cruel ; elle est mariée avec le vieux Prince Ligovskoï. Bien sûr, leurs sentiments ne tardent pas à renaître... Roman inachevé, La Princesse Ligovskoï nous offre une admirable peinture psychologique de deux jeunes mondains, ainsi qu'une brillante évocation du Saint-Pét... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
colimasson
  28 novembre 2013
Les princesses ne sont plus ce qu'elles étaient… l'ascension sociale, les mariages arrangés et l'importance accordée au profil social ont transformé le visage de l'aristocratie pour donner jour à des princesses dont seule l'illégitimité semble incontestable. Afin de transmettre une image de cette situation bien connue de son quotidien, Lermontov écrit dès l'âge de vingt-deux ans l'histoire de la Princesse Ligovskoï.

A Saint-Pétersbourg, au cours de la première moitié du 19e siècle, Georges retrouve Viérotchka, une ancienne maîtresse. le désarroi de la jeune femme semble immense –elle ne le cache même pas à Georges, reconnaissant avoir compromis son avenir et sa jeunesse pour obtenir un titre qui ne lui apporte finalement aucune satisfaction. Les retrouvailles s'effectuent donc sous le signe du malheur ambitieux, recoupé par le regard cynique et moqueur –insensible !- de Georges. On reconnaît derrière ce personnage le caractère du jeune auteur : son désenchantement, ses désillusions amoureuses, son goût pour l'(auto)dérision et son ambivalence vis-à-vis des soirées mondaines se confondent pour former un autoportrait dont la sincérité ne manquera de convaincre aucun lecteur.

L'histoire, si elle avait été racontée du point de vue de la princesse larmoyante, aurait sans doute été lourde, gonflée de colifichets, artificiellement éplorée ; racontée du point de vue de Georges, elle prend une tournure cruellement joviale, virevoltant de l'aversion la plus injustifiée (quoique toujours assumée) à l'humour le plus piquant. le ton est enlevé, léger, faisant la part belle aux divagations et aux considérations les plus extravagantes d'un personnage enflammé. Surtout, Lermontov réussit à prendre suffisamment de distance avec son sujet pour en faire ressortir les caractéristiques les plus notables –ouvrant ainsi une voie de communication directe avec le lecteur français du début du 21e siècle.

Bien que l'histoire soit inachevée, la frustration sera légère. Lit-on l'histoire de la Princesse Ligovskoï pour son dénouement ? Non. Mais pour la cruauté réjouissante de ses considérations –oui !

Lien : http://colimasson.over-blog...
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soleil23
  11 novembre 2015
Je m'empresse de poster mon avis sur ce petit roman de 122 pages. Commencé en 1836 et inachevé, il laissera (tout comme moi), les lecteurs sur leur faim mais peut-être est-ce là le secret de son succès ? Son auteur, Michel Lermontov, né le 3 octobre 1814 à Moscou, exilé à deux reprises au Caucase. Il est tué dans un duel en juillet 1841.
A premier abord, la princesse Ligovskoi ne laisse pas indifférent. A Saint-Pétersbourg, tomber amoureux d'une femme est chose naturelle, lui faire une cour assidue rentre dans les convenances de la société Russe, éconduire une et faire souffrir une autre est une « bataille gagnée ».
Je ne peux dire laquelle des deux femmes est à plaindre le plus car sont égales dans la douleur du coeur et même leur bourreau, le beau Pietchorine n'est pas aussi vainqueur qu'il le croit.
Je vous recommande de lire ce petit bijou, juste pour découvrir une plume aussi légère et gracile qu'une valse à Saint-Pétersbourg.
La couverture est magnifique !!!
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juliette2a
  23 février 2012
J'ai aimé "La Princesse Ligovskoï" de Michel Lermontov. Ce roman inachevé nous offre une description de la société russe du XIXème siècle où Georges (dit Petchorine) et Vierotchka se sont aimés mais, suite à la mobilisation de Georges à la guerre, se sont perdus de vue.
Georges est devenu un officier de la Garde, cynique ainsi que cruel, et le jour où il retrouve Vierotchka, qui est, quant à elle, mariée au vieux prince Ligovskoï, lui avoue (implicitement) qu'il ne l'a jamais oubliée...
J'ai beaucoup aimé les descriptions complètes des personnages; l'auteur, qui emploie tout au long du roman, le pronom personnel "je" nous indique son point de vue et permet ainsi au lecteur de "s'introduire" dans cette fantastique vie mondaine de Pétersbourg.
J'ai vraiment "dévoré" ce livre même si la fin, étant ouverte, m'a laissée curieuse de connaître la suite de cette histoire si captivante !
Un très beau livre que je conseille à tous ! A lire.
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seblac
  04 mai 2016
Ce roman inachevé de Mikhaïl Lermontov écrit vers 1836 a bien sur un petit goût de frustration. Il est inachevé et se termine un peu en queue de poisson. Au lecteur éventuellement d'imaginer le reste. Mais là n'est pas forcément l'essentiel, car en quelques pages Lermontov nous livre sa vision mêlant fascination et répulsion pour ce monde fermé de la noblesse russe durant la première moitié du XIXe siècle.
Lermontov nous raconte la vie d'un de ces jeunes nobles, Pietchorine, que l'on retrouvera plus tard dans le roman Un héros de notre temps.
De ce jeune et riche noble habitant Saint Petersbourg, Lermontov dresse un portrait peu flatteur : Pietchorine est volontiers imbu de lui même, il accorde bien peu de prix à la vie et aux sentiments de ses congénères en particulier des jeunes femmes qu'il côtoie et qu'il s'amuse à tourmenter avec de fausses lettres anonymes par exemple. Cynique, froid, méprisant, il a tout du héros détestable. le livre s'ouvre d'ailleurs sur une de ces scènes typiques du mépris de cette haute noblesse pour les personnes inférieures à leur condition : Piétchorine manque de renverser un fonctionnaire alors qu'il circule dans la rue. Il ne s'arrête pas et s'amuse de cette péripétie qui ne s'arrêtera pas là.
Mais plus que cette intrigue secondaire, le roman s'attache à décrire la rencontre de Pietchorine avec une jeune femme qu'il a aimé quelques années auparavant. Celle-ci est désormais mariée à un prince plus âgé qui la promène tel un trophée. Mais entre les deux jeunes gens l'amour ne semble pas s'être éteint, au contraire ce feu les dévore...sans que cela ne gêne ni l'un ni l'autre.
De ce point de vue cette ébauche de roman prend des allures nostalgiques, Lermontov semblant déplorer à demi-mots le caractère des nouveaux jeunes gens qui se soucient peu des convenances. Oui les choses ne sont plus ce qu'elles étaient dans cette Russie des années 1830. Constat assez étonnant pour un jeune écrivain d'à peine vingt-deux ans alors. Mais il s'agit d'un constat que l'on retrouve aussi chez Pouchkine, Gogol ou plus tard chez Tolstoï...La rengaine du c'était mieux avant. Toutefois on ne peut résumer le point de vue de Lermontov à cela car on comprend, à travers les figures de Pietchorine et de la princesse, que ces personnalités sont aussi irritantes, qu'attirantes. Oui par bien des aspects décrits plus haut, Pietchorine est détestable, mais d'un autre coté il y a aussi une certaine forme de panache, d'esprit chez ce jeune homme qui n'hésite pas à mettre quelques savants coups de pieds dans le fatras de conventions sociales qui régissent ces petits cercles fermés. Quant à cette princesse qui mène son vieux barbon par le bout du nez, c'est ma foi assez amusant...
Lermontov excelle pour offrir à ses lecteurs des portraits de personnages selon plusieurs angles. C'est d'ailleurs cette démarche qu'il adoptera quand il écrira Un héros de notre temps. Son écriture est vive, pétillante et pleine d'esprit. Il reprend à son compte cette qualité qu'avaient Pouchkine et Gogol de s'immiscer discrètement dans leur récit en dialoguant avec le lecteur. Une petite remarque par ci, une petite pique par là. Tout cela fait de ce récit un texte des plus agréables à lire.
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KRISS45
  22 juillet 2014
Les fastes et les mondanités de l'aristocratie tsariste, à Saint Petersbourg.
Derrière l'histoire sentimentale entre le jeune mondain Georges et la princesse Ligovsköi, intrigue toute en allusions discrètes (on ne sait ni le comment ni le pourquoi de leurs amours), Lermontov peint un monde qui évolue entre réceptions, snobisme, raillerie et jalousie.
Je découvre avec ce roman un auteur qui me semble un brin sexiste.. Pour preuve, le tableau très réducteur des femmes à la page 77 "mais nous autres femmes, nous nous abandonnons si facilement aux accoutumances du coeur, et nous pensons si peu, malheureusement, à la culture en général, à la gloire de l'Etat."
Frivolité, coquetterie et cupidité seraient donc les particularités les plus visibles de la gent féminine, à en juger par la description de ces dames, lors du bal évoqué page 116 : "Que d'yeux étincelants et d'étincelants brillants, que de lèvres roses et de roses rubans... merveilles de modes. ravissants petits pieds et souliers merveilleusement petits, épaules marmoréennes et fards français...phrases sonores empruntées aux romans à la mode, bijoux de location."
Les messieurs, qu'ils soient jeunes officiers, vieux barbons ou fonctionnaires laborieux ne valent guère mieux. Cette société décadente préfigure-t-elle la tourmente qui s'ensuivra ? dans ce pays que j'aime malgré tout.
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
colimassoncolimasson   06 décembre 2013
 On s’efforce vers un amour durable, vers une gloire durable, vers une richesse durable, et puis soudain… la mort, la maladie, le feu, l’inondation, la guerre, la paix, un rival, un changement de l’opinion publique –et tous vos efforts sont réduits à néant !... Quant à l’oubli… l’oubli est également inexorable aux minutes et aux siècles. Si l’on me demandait de choisir entre une minute de pleine félicité et des années de bonheur ambigu… je préférerais concentrer tous mes sentiments et ma passion sur un moment de divin bonheur, et souffrir ensuite tant qu’on voudrait, plutôt que de les faire durer indéfiniment et de les placer un à un dans les intervalles de l’ennui et du chagrin.
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colimassoncolimasson   02 décembre 2013
Catherine Ivanova était une dame point sotte, au dire des fonctionnaires qui servaient sous les ordres de son mari ; une femme adroite et retorse de l’avis d’autres dames d’âge ; une maman bonne, confiante et aveugle pour la jeunesse dansante… quant à son vrai caractère, je ne l’ai pas encore bien démêlé ; je tâcherai dans mes descriptions de réunir et de traduire ensemble les trois appréciations que je viens de rapporter… et s’il en résulte un portrait fidèle, je promets de me rendre à pied au monastère d’Alexandre Nievski écouter les chantres !... 
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colimassoncolimasson   04 décembre 2013
Durant toute sa jeunesse, cet homme ne s’était passionné de rien : ni des femmes, ni du vin, ni des cartes, ni des honneurs, et avec tout cela, pour faire comme ses camarades et amis, il s’enivrait très souvent, il s’était amouraché deux ou trois fois pour faire plaisir à des femmes qui voulaient lui plaire, il avait une fois perdu trente mille roubles au jeu quand il était à la mode de perdre, il avait compromis sa santé au service pour être agréable à ses supérieurs. Égoïste au plus haut point, il avait néanmoins toujours eu la réputation d’un bon garçon prêt à toutes les complaisances, et s’il s’était marié, c’était parce que toute sa famille le désirait.
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kundrykundry   03 juillet 2013
Elle n'était pas une beauté, bien que ses traits fussent assez réguliers. [...] La perpétuelle mobilité de sa physionomie, contrastant visiblement avec ce que ses traits avaient d'un peu accusé, l'empêchait de plaire à tous et de plaire toujours; mais un homme exercé à suivre ces changements instantanés auraient pu y découvrir une rare ardeur intérieure, et cette constante excitabilité nerveuse qui promet tant de jouissance à un amant perspicace. [...] En la voyant pour la première fois vous auriez dit, si vous êtes un observateur expérimenté, que c'était une femme de caractère ferme, décidé, froid, croyant en sa propre conviction, prête à sacrifier son bonheur aux principes, mais non à la rumeur publique. En la voyant à la minute de la passion et de l'émotion, vous auriez dit tout autre chose, - ou plutôt vous n'auriez su que dire.
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soukeesoukee   10 mars 2010

Oh ! Les dames étaient le véritable ornement de ce bal, comme de tous les bals possibles !... Que d'yeux étincelants et d'étincelants brillants, que de lèvres roses et de roses rubans... merveilles de la nature et merveilles du magasin de modes... ravissants petits pieds et souliers merveilleusement petits, épaules marmoréennes et fards français de première qualité, phrases sonores empruntées au roman à la mode, bijoux de location...
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