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ISBN : 2856161995
Éditeur : Presses de la Renaissance (30/11/-1)

Note moyenne : 3.96/5 (sur 28 notes)
Résumé :
Un roman policier ? Un roman fantastique ? Un roman populaire ? Un roman historique ? Un roman politique ? Un roman de science-fiction ? Un roman humoristique ? Un roman noir ? "La double vie de Théophraste Longuet" est un peu tout cela à la fois. C'est en tout cas un livre étrange, insolite et captivant.
Surtout, c'est le chef-d’œuvre de Gaston Leroux, et d'ailleurs de tout le roman feuilleton.
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Musardise
  07 août 2017
Voilà un roman qui gagnerait à être davantage lu. C'est un petit délice. Un délice qui comporte des défauts de construction notoires, mais un délice quand même. Et d'abord pour son style. le style de Gaston Leroux, c'est ce qui fait toujours et encore mon plaisir lorsque je lis une de ses oeuvres, même lorsque ladite oeuvre n'est pas une réussite.
La double vie de Théophraste Longuet est son tout premier roman, d'abord paru en feuilleton dans le journal le Matin. Premier roman, première réussite. Comme je l'annonçais plus haut, le style Gaston Leroux est déjà bien en place : une langue encore très XIXème, mais légère, fluide, enjouée ; un rythme alerte qui ne laisse pas de répit au lecteur ; un humour macabre réjouissant, qui ne sera pas toujours présent dans les oeuvres suivantes, mais qui n'en est pas moins une des marques de fabrique de Gaston Leroux. Et on a le choix des genres, le roman mêlant allègrement fantastique, épouvante, policier et merveilleux.
Théophraste Longuet est un personnage de la fin du XIXème on ne peut plus quelconque, à qui il advient une aventure on ne peut plus extraordinaire, puisque le célèbre brigand Cartouche, mort en 1721, va prendre possession de lui. Théophraste n'aura de cesse d'essayer de se débarrasser de son hôte encombrant à la recherche d'un trésor, hôte qui va lui apporter bien des déboires et l'amener à se conduire de façon bien peu honnête. Tout cela finira très mal (aucun divulgâchage de ma part, on le sait dès le départ).
Le récit va donc, sur fond d'histoire de réincarnation ou de possession (un peu des deux), multiplier les péripéties et les rebondissements, avec des épisodes étonnamment sanglants et morbides. Âmes sensibles, abstenez-vous, car vous aurez droit à une scène d'essorillement (eh oui, c'est le sort charmant que réservaient Cartouche et d'autres brigands à leurs ennemis, mais ce fut aussi le sort que réservait la justice à certains criminels) et à une scène de torture qui dure, qui dure, qui dure... et qui ne nous épargne aucun détail épouvantable. Si cela peut vous rassurer, la scène d'essorillement est racontée avec force humour (mais peut-être que là, je vous effraie plus qu'autre chose, hum hum. Donc, sachez que, non, je ne suis pas une sociopathe.) Or, après bien des aventures, alors que le pauvre Théophraste n'est toujours pas débarrassé de Cartouche, le roman bifurque assez bizarrement vers l'énigme policière : une énigme d'un type que Gaston Leroux développera bien davantage avec le parfum de la dame en noir. Et puis ne voilà-t-il pas que Théophraste s'offre une virée dans les catacombes, et que le récit bascule dans le genre du merveilleux (on pourrait presque parler de fantasy) ! Ces deux épisodes ne manquent ni de piquant, ni d'attrait, ni de charme, mais ils donnent l'impression que Gaston Leroux a voulu insérer dans son premier roman toutes les idées qui lui venaient, quitte à casser la cohésion de l'ensemble. Pourtant, le récit initial, palpitant, suffisait déjà largement au plaisir du lecteur. C'est là le défaut du roman, et, d'un autre côté, c'est aussi ce qui lui donne un petit côté fantasque qui convient bien à son auteur. On appréciera ou pas, c'est selon.
Reste que le talent de Gaston Leroux s'épanouissait dès ce premier roman injustement méconnu, et pourtant plein de caractère et terriblement plaisant.

Pour consulter des citations en rapport avec cette critique :
https://www.babelio.com/auteur/Gaston-Leroux/2357/citations/1258320
https://www.babelio.com/auteur/Gaston-Leroux/2357/citations/1258565
https://www.babelio.com/auteur/Gaston-Leroux/2357/citations/1259616
https://www.babelio.com/auteur/Gaston-Leroux/2357/citations/1262195
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Taraxacum
  27 février 2019
C'est triste à dire, mais il y a bien des pages où je me suis fort ennuyée dans ce petit roman de Gaston Leroux.
Le principe est sympathique: un honnête petit retraité, naïf et pas bien méchant, est la réincarnation du bandit Cartouche, et voici que parfois, la mémoire, les vieux réflexes, se mettent à revenir à la surface, plongeant le brave Théophraste dans une tragédie.
Il y a bien plus de violence, carrément de l'horreur même, dans ce livre que je ne m'y attendais du père de Rouletabille, mais ce n'est pas ce qui m'a déplu, je reproche plutôt à ce livre ses longueurs. La partie où les proches de Théophraste tente d'exorciser l'esprit de Cartouche, par exemple, n'en finit pas dans le mystico-baroque et a manqué me faire lâcher le livre. Il y a peut-être trop d'idées dans ce livre, jamais exploité totalement: on passe de la réincarnation au mystérieux peuple souterrain, en passant par des côtés horreur, des côtés polar... Résultat, j'ai lu trois romans pendant que celui-ci attendait, et je me suis forcée à arriver au bout uniquement pour le rendre à la personne qui me l'avait prêté.
Un livre pas du tout indispensable.
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olplotard
  08 août 2013
Comme toujours Gaston Leroux nous régale d'un roman aux multiples rebondissements, un peu attendus parfois, mais où quelques scènes complètement surréalistes comme celle des catacombes, donnent à l'histoire et à la schizophrénie une dimension supérieure.
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gielair
  11 novembre 2018
Mon fils lisait le mystère de la Chambre jaune. Cela m'a donné le goût de renouer avec cet auteur du tournant du siècle.

Cette lecture n'aura pas été douloureuse, loin de là. J'ai souri, j'ai ri et je me suis délecté de ce style fin de siècle qui rend l'écriture de Leroux ronflante à souhait. La double vie... est un roman feuilleton comme on aimait en publier dans les journaux de l'époque. on y trouve de tout, de l'histoire avec le célèbre voleur Cartouche du XVIIIe siècle, du spiritisme avec la réincarnation des âmes, de l'utopisme voire de l'anarchisme avec une société « sans Dieu, ni maire », des énigmes policières, des éléments scientifiques, de la phrénologie...
J'ai adoré et je pars bientôt à la recherche d'un autre Gaston Leroux.

Lien : http://rivesderives.blogspot..
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
MusardiseMusardise   07 août 2017
Avant de passer à d'autres chapitres, l'auteur de ces lignes tient à s'excuser auprès du lecteur de la rapidité des derniers événements. Certainement, l'incident du train qui disparaît, la figure, agitée par le vent, de M. Petito à la portière du wagon fantôme, et plus récemment encore, l'enterrement vraiment symbolique d'un voleur et d'un commissaire de police par un brave ouvrier qui chante l'Internationale, tout cela eût gagné à être narré posément, avec tous les détails, à tête reposée. Mais il ne l'a pas voulu ; il ne l'a pas voulu pour une seule raison, qui est que les papiers qu'il a trouvés dans le coffret en bois des îles relatent les événements en question avec une sécheresse mathématique, et que cela aurait été, selon lui, faillir à cette aventure que de la dénaturer par des enjolivements littéraires qui ne sauraient être de mise pour des faits aussi graves. Ces évènements tout secs, sont plus difficiles à lire et demandent une grande contention d'esprit ; mais tels quels, il leur trouve encore leur beauté !
Dans les chapitres qui vont suivre, nous prendrons notre temps pour faire de la littérature. N'avons-nous point la relation toute fleurie de l'aimable commissaire de police Mifroid, dont le titre est si plein de grâce et le sous-titre si plein de mystère ? Voici le premier titre : Promenade de M. le commissaire de police Mifroid et de l'âme réincarnée de Cartouche À L'ENVERS DE PARIS, et voici le sous-titre : Trois semaines chez LES TALPA.
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MusardiseMusardise   06 août 2017
M. Longuet, dans les notes qu'il consigna le lendemain de cette nuit funeste sur son carnet des mémoires, ne paraît pas avoir attaché autrement d'importance à l'essorillement de M. Petito.
« La nature des femmes, dit-il, est tout à fait délicate ; j'en jugeai par l'émoi de ma chère Marceline. Elle ne pouvait admettre que j'eusse coupé les oreilles de M. Petito. Sa manière de raisonner était incroyable et combien incompréhensible, mais je la lui pardonnai à cause de sa sensibilité excessive. Elle disait que je n'avais pas besoin de couper les oreilles de M. Petito. Je lui répondis qu'évidemment on n'avait jamais besoin de couper les oreilles d'un homme, pas plus qu'on a besoin de le tuer ; et, cependant, quatre-vingt-dix-neuf hommes sur cent, affirmai-je (et nul ne me contredira), auraient tué chez eux, la nuit, M. Petito. Elle-même, qui n’était après tout qu'une femme, si le revolver eût été chargé, aurait fait tout ce qu'il faut pour tuer M. Petito. Elle ne le nia pas. Eh bien ! en lui coupant les oreilles, n'avais-je pas prouvé qu'il n'y avait aucun besoin de le tuer ?
« Un homme préfère vivre sas oreilles que trépasser avec ses oreilles, et M. Petito se trouvait aussi dégoûté de ses promenades nocturnes dans les appartements des autres que s'il était mort.
« - J'ai agi pour le mieux, avec une grande retenue et une inconcevable humanité.
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MusardiseMusardise   13 août 2017
« Cette fois, je crus bien qu'ils avaient compris et que je n'aurais plus à leur expliquer ce qu'est un commissaire de police et un voleur. Mais ils conservaient, qui leur mutisme imbécile, qui leur sourire stupéfiant. Damoiselle de Coucy m'ayant demandé ce que c'était que : au nom de la loi ! je lui parlai de la loi avec un commencement de colère, mais il me fut impossible de me faire entendre ; d'après elle - fallait-il la croire ? - le peuple talpa n'avait ni loi, ni voleur, ni commissaire de police !
« Elle précisa devant tout le monde sa question et me demanda à quoi pouvait servir un commissaire de police. Je lui répondis : « Vous l'avez vu ! À arrêter les voleurs ! » et elle me demanda à quoi pouvaient servir les voleurs ! Je lui répondis : « À se faire arrêter par les commissaires de police ! »


Pour consulter la critique :
https://www.babelio.com/livres/Leroux-La-double-vie-de-Theophraste-Longuet/318775/critiques/1394304
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MusardiseMusardise   08 août 2017
Quand on se réveille au fond des catacombes, dit M. le commissaire Mifroid dans l'admirable rapport qu'il rédigea à l'issue de ce surprenant voyage, la première pensée qui vous envahit l'esprit est une pensée de crainte : la crainte d'être vieux jeu ; j'entends par là l'anxiété subite où l'on se trouve de reproduire tous ces gestes ridicules que les romanciers et dramaturges ne manquent point de faire accomplir aux tristes héros qu'ils égarent dans des souterrains, grottes, excavations, cavernes et tombeaux.
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TaraxacumTaraxacum   05 février 2019
Ce qui lui arrivait n’était pas ordinaire. Songez que c’était un esprit simple, un peu lourd, un peu « suffisant », qui n’avait jamais cru qu’aux timbres en caoutchouc. C’était un aimable bourgeois honnête, strictement, et borné, et têtu. Il n’avait point de religion, la trouvant bonne seulement pour les femmes, et, sans affirmer son athéisme, il avait coutume de dire que « lorsqu’on était mort, c’était pour longtemps ».
Or, il venait de découvrir de façon certaine, palpable qu’on n’était jamais mort !
C’était un coup. Il faut avouer que d’autres, même parmi ceux qui font métier, dans les sciences occultes, de fréquenter quotidiennement les esprits, n’auraient peut-être pas aussi bien supporté.
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Rencontre avec Nicolas Sorel de la compagnie Amavada, à l'origine du projet Belle époque ! Ce projet nous replonge dans l'oeuvre de trois auteurs normands 1900 : Gustave Lerouge, Maurice Leblanc et Gaston Leroux.
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