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ISBN : 2896941924
Éditeur : Alto (01/01/2015)

Note moyenne : 3.77/5 (sur 24 notes)
Résumé :
À l’été 2001, un squelette apparaît à l’orée d’un petit bois, à quelques pas de l’Hôpital Royal Victoria à Montréal. Une enquête s’amorce, qui deviendra une quête : découvrir l’identité de cette femme morte sans bruit. Mais toutes les pistes mènent à l’impasse ; celle qu’on a baptisée Madame Victoria continue d’attendre que quelqu’un prononce son nom.
Aujourd’hui, la fiction prend le relais.
À partir d’une série de portraits de femmes, Cath... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
argali
  30 novembre 2016
Un fait divers réel : la découverte du squelette d'une dame, à proximité d'un hôpital. de là, l'imagination fertile de Catherine Leroux s'emballe. Elle nous propose de beaux portraits de femmes, des histoires qui auraient pu être celle de Madame Victoria. Une jeune mère qui perd pied ? Une femme d'affaires arriviste ? Une autre qui traine un lourd secret ? Une esclave ? Qui était-elle ? Mort accidentelle ? Suicide ? Meurtre ? Elle nous propose toutes ses hypothèses plus vraies les unes que les autres.
Catherine Leroux prend le parti pris de raconter des histoires de femmes de divers milieux sociaux mais des femmes qui souffrent, en manque d'amour, d'enfant, de rêve... des vies complexes. Elle nous parle d'elles, de leur entourage, imagine les réactions de chacun. Elle reconstitue patiemment leur vie de femmes à diverses époques, pratiquant différents métiers mais partageant une vraie solitude. Chacune mourra seule, sans témoin, éloignée des siens. Un élément qui a visiblement bouleversé l'auteure. Entre les groupes de portraits, Catherine Leroux nous raconte l'avancée de l'enquête et l'appel à témoin pour identifier madame Victoria.
J'ai aimé, une fois encore, l'imaginaire de Catherine Leroux. Elle imagine, brode, construit un contexte et nous conte à partir de là des histoires très différentes. Son écriture évocatrice et forte, mise au service de cette dizaine de vies, m'a émue et surprise à plusieurs reprises. Avec beaucoup d'inventivité et dans des styles foisonnants, elle passe d'un genre à l'autre, nous proposant mêmes des histoires fantastiques
De beaux récits à la mémoire de Madame Victoria, toujours non identifiée à ce jour, mais aussi un bel hommage à toutes ces anonymes disparues, à toutes ces femmes malmenées par la vie.
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Madame_lit
  19 septembre 2017
Chère lectrice, Cher lecteur,
Le corps d'une femme est retrouvé sans vie tout près de l'Hôpital Royal Victoria à Montréal à l'été 2001. Qui est-elle? D'où vient-elle? Une enquête est déclenchée pour tenter de percer le mystère et pour l'identifier. En attendant, elle reçoit un nom : Victoria. Quelqu'un pourra-t-il révéler son identité?
Catherine Leroux a été marquée par un reportage présenté à l'émission Enquête de Radio-Canada. Elle s'est basée sur un cas vécu pour écrire Madame Victoria. D'ailleurs, elle mentionne à Danielle Laurin du Devoir :
Comme on le dit dans le reportage, de grands efforts ont été déployés pour découvrir qui elle était, mais on n'a toujours pas trouvé son identité. Ce que je trouve aberrant et triste, mais qui est une grande force pour l'imagination et pour le récit.
Entre fiction et réalité, le lecteur essaye de découvrir à travers les multiples portraits présentés dans ce bouquin l'identité de Madame Victoria. À cet égard, Leroux dresse divers profils de femme à travers différentes époques. Elles possèdent des points en commun comme le prénom Victoria et une mort anonyme, effacée. Victoria peut être blanche, noire, vieille, jeune, amoureuse, célibataire, mère de famille, alcoolique, etc. le signifiant Victoria est certes un élément bien intriguant…D'une part, il renvoie au nom de l'hôpital où l'on a découvert le corps de la morte. Ce nom a évidemment été donné en l'honneur de la célèbre reine… Il ne faut pas oublier que le Canada a été une colonie britannique. D'autre part, c'est un prénom qui réfère à la victoire. Les enquêteurs pourront-ils vaincre et dévoiler l'identité de cette femme?
Victoria a régné sur le Royaume-Uni pendant plus de soixante-trois ans. Son nom a servi à désigner la morale stricte de son époque. de nombreuses villes ont été baptisées en son honneur, dont la capitale de la Colombie-Britannique. […] Victoria est partout autour de nous, elle est devenue une part intégrante de notre quotidien. C'est ça, pour moi, la vraie notoriété. Quand notre nom devient quelque chose de plus grand que nous-même. (p. 230)
L'écriture de Catherine Leroux s'avère fascinante. Il y a dans ce récit du lyrisme, du fantastique, de l'élégance. le lecteur est porté par les voix de ces figures féminines. Leroux tente de redonner la parole à toutes ces femmes oubliées, disparues, dont l'identité a été effacée. Elle couche leur histoire sur le sable mais inlassablement, une vague les emportera ailleurs… C'est beau, c'est triste, c'est aussi ça la vie. La fiction sert parfois à nommer l'inexplicable.
Après tout, peut-être a-t-elle souhaité mourir sans qu'on la remarque. Peut-être a-t-elle volontairement cherché cet anonymat et cette solitude, et tout ce cirque autour de ces os exaspère certainement son esprit qui n'attend qu'un peu de silence pour pouvoir se détacher de cette montagne piquée d'une si lourde croix.
Puis, Germain fixe la canopée et les toits des bâtiments perlant sur le mont Royal, et il se ravise. Ce qu'elle veut, c'est que quelqu'un prononce son nom. (p. 14)
Si vous souhaitez plonger dans l'univers de Catherine Leroux, n'hésitez pas à lire ce récit où l'écrivaine donne vie avec beaucoup d'empathie à toutes les Victoria…
https://madamelit.me/2017/09/19/madame-lit-madame-victoria/
Lien : https://madamelit.me/2017/09..
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adtraviata
  15 mars 2017
Le point de départ de ce roman est très émouvant : c'est une histoire vraie que celle de ce squelette de femme retrouvé à proximité de l'Hôpital Royal Victoria à Montréal et la manière dont Catherine Leroux met en scène la découverte des restes par un soignant de l'hôpital et l'appel à témoins entendus au téléphone et triés par une écoutante rend cette personne inconnue très proche, cela lui rend déjà de l'humanité et de la dignité qui ne lui ont sans doute pas été suffisamment accordés de son vivant.
Ensuite, Catherine Leroux s'exerce au jeu des hypothèses, elle invente des vies à cette « Victoria » et sa palette de couleurs est très riche, très vaste dans la variété des genres : du bas au haut de l'échelle sociale, du personnage historique à celui venu du futur, de l'enfant icône à la femme fourbue sous le poids des enfants en passant par la jeune mère célibataire , de l'hypersensible à l'égocentrique sans oublier l'amoureuse, Victoria revêt toutes les personnalités, elle épouse sans aucun doute l'histoire de Montréal et de la création de son Hôpital royal (mais je ne connais pas assez l'histoire de la ville), « entité éternelle et abstraite » (la définition de ce motif récurrent d' Eon) aux yeux vairons.
Ce qui frappe, comme dans le mur mitoyen, c'est l'écriture de Catherine Leroux, sa profondeur, sa force, la finesse, l'empathie de sa psychologie, son art de nouer des liens, de relier toutes ces facettes kaléidoscopiques pour donner de la chair, à cette femme perdue, oubliée. L'auteure sait dire comme personne la douleur, le désir, la solitude, l'addiction, la fatigue, la folie, et l'amour aussi. C'est certainement une des voix incontournables de la littérature québécoise d'aujourd'hui.
Lien : http://desmotsetdesnotes.wor..
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MarianneRichard
  19 décembre 2017
A partir d'un fait divers qui a beaucoup fait jaser à l'époque, Catherine Leroux extrapole sur ce que aurait pu être la vie, les vies, de Victoria, ce corps sans vie retrouvé dans le boisé attenant a l'hôpital Royal Victoria (d'ou le nom de cette inconnue) à Montréal.
Cette suite de nouvelles, de vraisemblante à incongrue, est entré-coupées de la vie de l'enquêtrice qui tente de découvrir qui est cette morte que personne ne semble connaître.
J'ai beaucoup aimée ce petit roman, je trouve que toutes les histoires imaginées dans Madame Victoria sont empreintes de respect et d'amour pour cette femme, morte sans bruit. Et chacunes des nouvelles ont des points en communs, des personnages récurrents, ce qui lient chacunes d'entres elles de belle manière.
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gielair
  16 octobre 2018
Même si c'est la mort qui a été l'argument initial d'écriture, ce sont des histoires de vie que Catherine Leroux nous offre. À l'été 2001, le corps d'une femme est découvert dans un boisé près de l'Hôpital Royal Victoria. Malgré les recherches, elle n'est jamais identifiée, on la surnomme alors Victoria. Catherine Leroux nous ouvre son imagination et invente pour nous des cheminements, des parcours, des vies, des chemins de traverse vers une mort inéluctable, mais sans éclat dans un petit bois jouxtant un hôpital montréalais. Madame Victoria se démultiplie dans l'imaginaire de l'auteure, elle s'inscrit dans plusieurs temps, dans plusieurs univers et, de version en version, elle se permet quelques détours dans des fictions s'inspirant d'un fantastique affirmé. C'est plus qu'un exercice de style, ce sont des histoires de solitudes, des histoires anonymes, une mise en abyme de situations qui touchent par leur violence sourde trop de femmes. La plume est belle et la lecture engageante. Je me suis aventuré allègrement dans cette réinvention multiple d'un certain extrait de réalité.
Lien : http://rivesderives.blogspot..
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
Madame_litMadame_lit   19 septembre 2017
Après tout, peut-être a-t-elle souhaité mourir sans qu’on la remarque. Peut-être a-t-elle volontairement cherché cet anonymat et cette solitude, et tout ce cirque autour de ces os exaspère certainement son esprit qui n’attend qu’un peu de silence pour pouvoir se détacher de cette montagne piquée d’une si lourde croix.
Puis, Germain fixe la canopée et les toits des bâtiments perlant sur le mont Royal, et il se ravise. Ce qu’elle veut, c’est que quelqu’un prononce son nom.
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Madame_litMadame_lit   19 septembre 2017
Victoria a régné sur le Royaume-Uni pendant plus de soixante-trois ans. Son nom a servi à désigner la morale stricte de son époque. De nombreuses villes ont été baptisées en son honneur, dont la capitale de la Colombie-Britannique. […] Victoria est partout autour de nous, elle est devenue une part intégrante de notre quotidien. C’est ça, pour moi, la vraie notoriété. Quand notre nom devient quelque chose de plus grand que nous-même.
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MarianneRichardMarianneRichard   13 décembre 2017
Le corps céda d’un coup, par un matin de mai. Après une nuit de travail, Victoria se leva, et instantanément, la pièce devint molle ; l’évidence du plancher, des murs, des objets sur lesquels elle avait toujours compté se déroba. Elle tenta dans sa chute d’attraper quelque chose pour amortir le choc mais, pour la première fois, la réalité se révéla insuffisante. Ne trouvant rien de plus ferme qu’elle-même, elle s’agrippa à ses propres coudes et s’évanouit. 50-51
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Videos de Catherine Leroux (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Catherine Leroux
(Version originale anglaise) Novembre 2015 ? 35 min.
Welcome to Between the Pages, the program where we sit down with authors and book professionals to discuss the big subjects shaping literary culture. Dimitri Nasrallah received his guests at Montreal?s historic Gaston-Miron building.
Host: Dimitri Nasrallah
New Francophone Writing
Host Dimitri Nasrallah sits down with authors Catherine Leroux and Daniel Grenier, and translator Lazer Lederhendler to discuss the new generation of Francophone voices finding their way into Canadian literature.
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