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EAN : 9782748526349
382 pages
Syros (16/05/2019)
4.03/5   135 notes
Résumé :
Une odyssée pré- et post-apocalyptique d’un réalisme extrême. Fascinant, remuant, vibrant.

Lorsque la civilisation s’est effondrée, le monde allait mal depuis longtemps. Bouleversements climatiques, émeutes, épidémies inquiétantes et dictatures... c’était un monde en bout de course, où l’on faisait semblant de vivre normalement. Le Grand Effondrement était inévitable, mais nul n’aurait pu imaginer ce qui allait suivre.
Quinze ans plus tard, Lou... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (71) Voir plus Ajouter une critique
4,03

sur 135 notes
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Cancie
  23 septembre 2020
Guillaume, la trentaine et Lou, 16 ans, vivent réfugiés depuis deux mois dans la villa Yourcenar, perchée sur le Mont-Noir, dans les Flandres. Cette villa a été fermée et abandonnée dans les années 2030, après le Grand Effondrement. Guillaume était encore ado et Lou n'avait entendu parler de ce monde d'avant que par les récits de celui qui l'avait prise sous son aile alors qu'elle était toute petite. Il se souvient : "On n'était bien que chez soi, le plus souvent perdu dans la Réalité Augmentée."
Dans ce monde apocalyptique où ils tentent de survivre, Guillaume se remémore ce qu'a été sa vie d'avant et comment, progressivement et de plus en plus rapidement, est arrivée cette rupture, cette fin du monde nommée Grand Effondrement. Il se souvient notamment de sa mère Andréa, de son ami Karim et de ses parents Samira et Farid, du docteur Belon et de Charlotte, son premier amour. Maintenant, ils doivent faire face principalement aux deux très grands dangers qui les guettent constamment : les bougeurs et les Cybs, ces êtres qui ont perdu leur humanité et sont devenus prédateurs.
J'ai été scotchée par Lou après tout, le Grand effondrement, premier roman d'une trilogie jeune adulte que ma petite-fille venait de lire et voulait absolument que je découvre tant elle avait été embarquée par l'histoire. Si je l'ai pris en main, c'était avant tout pour lui faire plaisir. Mais, franchement, j'ai été éblouie par cette manière dont Jérôme Leroy, loin de se contenter de faire seulement une anticipation de ce qui attend les humains après le grand chambardement, s'attache à nous montrer comment la société a pu en arriver là. Il dépeint de façon très réaliste le changement climatique avec ses pics de pollution, les épidémies, la politique dictatoriale menée par les gouvernants, l'éviction des plus pauvres et des étrangers, les nouvelles technologies et l'addiction aux écrans et l'hyper-anxiété qui, peu à peu, gagne tout un chacun, très bien soignée à priori par un médicament miracle, fortement recommandé la thymosomaline. En prenant connaissance de cette société située dans les années 2030, je n'ai pu faire que des comparaisons et des rapprochements avec la vie actuelle et me dire que nous n'étions pas si loin de cette fiction et que contrairement au roman, il serait peut-être temps d'en prendre conscience et de s'y préparer rapidement et sérieusement.
Ce premier tome, tout en nous contant l'effondrement de la civilisation nous entraîne dans une épopée où Guillaume et Lou, devenus indissociables, après une petite période de relâchement, vont devoir affronter le pire alors que Lou, devenue adolescente, ressentait une grande attirance pour ce grand frère que voulait être Guillaume. Un suspense énorme est maintenu tout au long de ce premier tome et je n'ai plus qu'une envie, me plonger dans le deuxième.
Lien : http://notre-jardin-des-livr..
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Coeur2livres
  12 avril 2020
Un roman postapocalyptique profondément émouvant, avec une touche de poésie en toile de fond.
On commence le récit avec deux survivants qui ne se quittent jamais : Guillaume, la trentaine, et Lou âgée de 16 ans. Ils se sont rencontrés au moment du Grand Effondrement, treize ans, auparavant et se sont unis dans la lutte pour survivre. Ils n'avaient plus personne d'autre.
Puis on poursuit la lecture avec les souvenirs de Guillaume. On découvre alors ce qu'était le monde dans les années 2030, et ce qu'il est devenu un soir de 2040… et toute l'horreur de la situation.
Ce récit est totalement ancré dans le réel, en France, dans des villes existant clairement. C'est une habitude de l'auteur, et peu à peu j'ai également retrouvé des éléments déjà lus dans un autre de ses romans, « Macha ou l'évasion », notamment la communauté à la campagne. Je me suis alors rappelé que le « Grand Effondrement » était déjà évoqué, il était à l'origine de la vie de Macha au moment de la narration. Ces divers écrits se rejoignent et nous donnent la vision d'avenir de l'auteur pour notre monde. Pas très rassurant ! Pas très glorieux !
J'ai aimé (car elle lui appartient et il sait l'exposer avec art) et à la fois détesté (elle ne me convient pas) cette appréciation très manichéenne de notre civilisation. de plus j'ai souvent trouvé les personnages très résignés et sans véritable rébellion, se contentant d'observer sans vraiment voir venir, sans oser ouvrir les yeux, ce qui reviendrait à accepter.
Mais si certaines idées, certaines pensées m'ont gênées, je n'en ai pas moins aimé ce roman si bien écrit, si bien construit ! le talent de l'auteur est présent au fil des pages dans une écriture fluide, douce et onctueuse, qui nous emporte dans l'horreur la plus totale et parvient à nous dispenser tout de même quelques touches de poésie inoubliables. Il donne une humanité profonde à ses personnages principaux et les dernières pages en particulier sont vibrantes d'émotions !
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saigneurdeguerre
  25 octobre 2020
Hauts de France. Date estimée : mars 2053.
« Trop penser au passé, c'est le meilleur moyen d'y passer. »
Treize ans que Guillaume a trouvé Lou. Elle devait alors être âgée de cinq ans. Treize ans qu'ils survivent dans cet univers pourri où il n'y a plus de saisons… Plus d'électricité… Plus de vie organisée si l'on excepte de petites communautés généralement dirigées pas un dictateur… Mais par contre, il y a des cybs et des bougeurs…
Les bougeurs… Ces choses qui autrefois furent des mères, des pères, des frères, des soeurs, des enfants, et qui ne sont plus aujourd'hui que des zombies dont la morsure, ou le contact avec une plaie ou un crachat suffit à faire de vous… Un bougeur !
Les cybs, ces êtres abominables dont une seule morsure suffit à vous contaminer et à vous transformer en cyb en vingt-quatre heures… Il apparaît que des chiens aient été contaminés par des cybs, et qu'ils puissent transmettre à l'homme cette maudite contamination en moins de trois jours. Il semble aussi évident que les chiens sont devenus bien plus intelligents. Il suffit de voir comment ils s'y prennent pour attaquer…
Et malgré tout ça, Lou veut un enfant de Guillaume… Un Guillaume qui a toujours vu Lou comme une petite soeur, voire sa fille. Il aurait l'impression de commettre un inceste s'il accédait à la demande de Lou. Et puis… Quel avenir pour un enfant dans un univers aussi pourri ?
Critique :
J'ignore qui a bien pu décréter que « Lou après tout » était un roman pour adolescents. J'ai la conviction qu'il s'adresse à un bien plus large public, notamment les gens intéressés par des univers postapocalyptiques, à la Mad Max, les bagnoles en moins, ou alors en très petit nombre et sans tous les gadgets de ce film culte, la pollution et les virus en prime. C'est sûr que des adolescents devraient apprécier ce roman grâce au personnage de Lou, une fille exceptionnelle élevée par Guillaume qui ne serait probablement plus là s'il n'avait dû prendre soin de cette petite gamine, qui petit-à-petit est devenue sa partenaire de survie.
La description de cette France, tombée en rade suite au Grand Effondrement qui a touché brutalement le monde entier, est rendue crédible par les problèmes de société soulevés par l'auteur, Jérôme Leroy. Il y est question de pollution, de changements climatiques, de racisme, d'exclusion des plus pauvres, de cyberautisme, d'ultra-dépendance pour toute activité humaine aux réseaux informatiques, de médicaments anxiolytiques… et de dictature. Une dictature assumée par une Présidente qui petit-à-petit rogne les droits des citoyens et en prive certains de tout droit. C'est aussi une profonde réflexion sur le monde de la réalité augmentée où beaucoup finissent par s'enfermer et se perdre au point de devenir des « cyberautistes ».
C'est un roman magnifique que nous offre là Jérôme Leroy malgré son côté sombre et cauchemardesque. Il y a de très jolies pages sur l'amitié et l'amour pour casser de temps à autres cette ambiance qui est d'autant plus pesante qu'elle paraît parfaitement plausible…
Vivement les deux tomes suivants…
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cocomilady
  25 juin 2019
Une construction et un développement super bien tournés pour ce roman post-apocalyptique dont j'ai hâte de lire la suite !
Comme le dit le résumé l'auteur nous conte ici, comme si nous y étions, une aventure post-apocalyptique à la construction originale et parfaitement bien tournée.
On commence après le grand effondrement où l'on suit deux survivants : Guillaume, âgé d'une trentaine d'années et Lou, qui atteint tout juste sa majorité. La fuite est leur mode de survie depuis quinze ans au milieu de morts transformés en zombie, et l'auteur va nous raconter dans ce premier tome comment tout cela a commencé...
J'ai vraiment beaucoup aimé la façon dont l'auteur nous fait vivre les événements.
J'ai eu l'impression d'y être, un peu comme un film qui se serait déroulé devant mes yeux, et quand ça me fait ça, c'est que l'auteur a fait du très bon boulot ;)
Sa façon de dévoiler l'histoire est excellente.
On commence dans le présent, après l'apocalypse, puis on découvre les événements qui l'ont précédée, ainsi que l'histoire et le passé de nos personnages grâce à des flash-backs réguliers.
L'histoire est plus que réaliste. Elle pourrait parfaitement arriver un de ces jours puisque l'écrivain dépeint uniquement les travers de notre société, la perte de repères de notre monde actuel et surtout des jeunes.
La médecine, les abus de pouvoir, le totalitarisme, les différents abus pour museler la liberté sont pointés du doigt et malheureusement inquiétants, même chez nous en effet.
Quant au reste, je ne peux pas trop en dévoiler, ce serait vous gâcher le plaisir que j'ai lu à parcourir ce roman qui fait réfléchir et en même temps, m'a rendue un peu triste, tant à cause de la fin de ce tome que de par le futur qui s'annonce si l'on ne change pas les choses.
Mais au milieu de tous ces drames, ce sont l'amour et l'amitié qui tirent les survivants vers le haut et qui nous offrent un beau message d'espoir.
C'est vraiment un très bon roman que j'ai été ravie de découvrir et dont j'attends la suite avec impatience !

Lien : http://cocomilady2.revolublo..
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Aryia
  30 juillet 2022
« Vous avez une idée de comment on en est arrivé là ? », demande Guillaume à un philosophe amorphe, rescapé lui aussi du Grand Effondrement, malheureux survivant de l'Après. Cette question, nous nous la poserons sans aucun doute dans quelques années, lorsqu'il sera trop tard pour faire marche arrière, pour changer les choses, pour arranger la situation. Cette question, c'est aujourd'hui que nous devrions nous la poser : comment en sommes-nous arrivés là ? « Mais là, c'est où ? », vous dites-vous sûrement, vous demandant où je veux en venir, vous apprêtant peut-être déjà à fermer l'onglet, pour ne plus voir cette question si dérangeante que l'on préfère bien trop souvent esquiver par un trait d'esprit que l'on s'imagine bien trouvé. Parce qu'on ne s'y trompe pas : cette question, elle nous met directement en cause, elle nous pointe du doigt. Nous en sommes arrivés là parce que nous l'avons bien voulu, parce que nous n'avons rien fait pour l'éviter. Parce que nous avons tout fait pour y arriver, si profondément convaincus, si intimement persuadés que nous étions sur la bonne voie, la Seule Voie. Sans jamais nous rendre compte que cette voie, nous ne l'avions pas tracé nous-mêmes, que nous la suivions uniquement parce qu'on nous a mis des oeillères pour nous empêcher de voir les chemins parallèles, parce que nous sommes de dociles petits moutons qui s'ignorent, et qui se défendent âprement de l'être. Mais qui restent en troupeau : si tout le monde s'engouffre dans cette direction, nulle besoin de se poser de question, cela doit forcément être la bonne chose à faire, n'est-ce pas ?
Et c'est ainsi, nous raconte Guillaume au crépuscule de sa si – trop – courte vie, que le Grand Effondrement a commencé : par un aveuglement collectif. Chacun imitant sa voisine, qui copiait elle-même son collègue, qui suivait à son tour les recommandations de la boulangère qui avait entendu dire par un plombier que c'était « le must du must », on a mis entre les mains d'enfants toujours plus jeunes des « jouets numériques éducatifs », des lunettes de réalité virtuelle, dans l'objectif d'en faire de petits génies : à peine nés, et déjà projetés dans une course effrénée à la performance. Lorsque les pédopsychiatres et les psychologues ont tiré la sonnette d'alarme, voyant arriver dans leur cabinet une horde toujours plus importante d'enfants atteints de cyberautisme, repli pathologique sur soi-même dû à une consommation trop importante d'écrans, nul ne les a écoutés : on en a ras-le-bol, des oiseaux de mauvais augures qui crachent systématiquement sur les nouvelles technologies ! Quand certains médecins indépendants, préoccupés par la mise sur le marché pharmaceutique d'un médicament « miracle » contre l'hyper-anxiété, tentent de réfréner les ardeurs des foules en leur conseillant de se méfier parce qu'il n'y a pas eu de période de test pour déceler les potentiels effets secondaires gravissimes, personne n'a suivi leurs conseils : on en a assez, des complotistes qui s'amusent à répandre des rumeurs à tout va vent ! Et quand bien même les alertes pollutions sont devenues quasiment quotidiennes, obligeant chacun à porter continuellement des masques, quand bien même les épidémies sont devenus de plus en plus fréquentes, il ne fallait surtout pas, surtout pas, remettre quoi que ce soit en question. le progrès, il n'y a que cela de vrai …
Contrairement à d'autres romans du même genre, qui nous présentent des apocalypses « spectaculaires », le Grand Effondrement (ou plutôt ses prémices) que nous dépeint ce roman brille par son réalisme. Il ne s'agit pas d'imaginer un futur très lointain, seulement de réfléchir à demain. Car il est définitivement révolu, le temps où l'on pensait que cela ne nous concernerait pas : qu'on le veuille ou non, l'apocalypse est en marche. Ses signes précurseurs sont d'ores et déjà visibles pour qui accepte de marcher à contre-courant, pour qui n'a pas peur de passer pour un « éco-illuminé », pour un « anti-progrès » voire un « décroissant » (insulte suprême), au mieux pour un « excentrique ». L'auteur n'a rien inventé. Rien du tout. Il y a déjà dix ans de cela, le pédiatre de ma vallée suppliait ardemment les parents de ne surtout pas mettre leur nourrisson de trois mois devant la télévision, de ne surtout pas mettre leur smartphone entre les mains de leur bambin de deux ans, même sur une application « de leur âge ». Il y a dix ans de cela, il mettait déjà en garde contre l'addiction aux écrans, qui détruit irrémédiablement le cerveau, qui plonge l'individu dans une sorte d'autisme et qui déclenche d'effroyables crises de violence. Mais rien n'y a fait, et les centres de désintoxication numérique, toujours plus nombreux, sont incapables d'endiguer cette pandémie silencieuse (mais belle et bien réelle, quoi qu'on puisse en dire). Et nous continuons à encenser, à diviniser, les nouvelles technologies et les nouveaux moyens de communication, qu'on nous présente comme « le futur de l'humanité ».
L'auteur n'a rien inventé, disais-je, il a tout simplement su prédire ce qu'il adviendrait dans les années à venir (décennies tout au plus, si un inespéré regain de conscience nous pousse à ralentir). Les lunettes de réalité virtuelle sont amenées à devenir le prochain « must du must » : ça fait des années qu'on nous prépare à leur arrivée massive sur le marché, qu'on nous vante leurs bienfaits, qu'on nous promet monts et merveilles. L'esprit déjà affaibli par leur addiction, il ne fait aucun doute qu'il y en aura, des individus trop happés par leurs jeux sur-immersifs pour songer à faire une pause pour s'alimenter ou se reposer, et qui finiront par mourir de faim et d'épuisement, seuls dans leur chambre surconnectée. Mais ce danger, bien sûr, on ne nous le dira pas, et on fera taire ceux qui auront le malheur de l'évoquer … L'idée d'implanter une puce sous-cutanée pour remplacer la carte vitale a d'ores et déjà été évoquée dans plusieurs pays. Et si l'opinion publique y est encore largement réfractaire, l'idée de restreindre l'accès à certains lieux ou même l'exercice de certaines professions aux seuls individus ayant accepté de suivre un protocole sanitaire est quant à elle désormais très loin d'être de la science-fiction. La tentation du repli nationaliste et de la restriction des libertés au nom de la lutte contre l'insécurité sont comme des épées de Damoclès au-dessus de nos têtes. Non, l'auteur n'a rien inventé, et c'est bien ce qui rend ce roman aussi terrible : il sonne horriblement juste. On peut plus que facilement envisager l'avenir proche de cette manière, parce que tout ce qui se trouve dans ce roman est actuellement sur le point de basculer dans la réalité, sous nos yeux ébahis car aveuglés.
C'est ce qui fait la plus grande force de ce roman selon moi, mais c'est sans doute également ce qui explique pourquoi il n'a pas très bien marché, pourquoi on en a si peu entendu parler : il ne plaira assurément pas à tout le monde, parce qu'il dit les vérités qui fâchent, les réalités qu'on essaye de nous faire oublier. C'est un roman qui ne peut que parler à ceux et celles qui marchent déjà à contre-courant, qui vivent et pensent déjà à contretemps, à ceux qui celles qui excèdent parce qu'ils sont trop critiques, trop alarmistes. Ceux-là découvriront qu'ils ne sont pas les seuls à craindre l'avenir, qu'ils ne sont pas les seuls à voir plus loin que la pensée globale numérique et l'autruchisme écologique. Qu'ils ne sont finalement pas les seuls à entrevoir les indices du Grand Effondrement à venir. Je fais indiscutablement, et sans la moindre honte, parti de ceux-là : ce roman, je l'ai trouvé excellent, tout simplement parce que je partage la vision du présent et du futur qui y est dépeint. J'aurai pu écrire ce roman (si du moins j'avais une aussi belle plume que Jérôme Leroy, ce qui est très loin d'être le cas) : aussi terrible soit-il, ce futur me semble plus que parfaitement plausible, possible, au vu de l'évolution de notre monde à bout de souffle, de notre piètre humanité déshumanisée sans le savoir. Mais j'ai bien conscience que la plupart des lecteurs ne porteront pas le même regard sur ce roman, qu'ils le verront peut-être même d'un mauvais oeil, justement parce que c'est un récit qui invite, appelle, exhorte, à s'arracher du confort de la masse, du troupeau qui marche sans accroc vers la même direction. Il n'y a que la vérité qui blesse, parait-il …
En bref, je pense que je vais m'arrêter là, car vous l'aurez bien compris : j'ai plus qu'énormément aimé ce roman. J'y ai trouvé un écho presque parfait à mes propres convictions, si divergentes, si dérangeantes quand elles sont confrontées à la bien-pensance collective. Dans un récit plus contemplatif qu'autre chose, l'auteur nous offre un bref aperçu de l'Après post-apocalyptique, pour ensuite raconter comment on en est arrivé là. Et donc, comment on aurait pu éviter ça, comment on peut éviter cela. Il n'est peut-être pas trop tard pour arracher nos oeillères, pas trop tard pour oser affirmer haut et fort qu'on ne veut pas de ce futur, ou bien même le choisir en notre âme et conscience (même si personnellement, je ne voudrais pas de cet avenir, et encore moins céder un avenir aussi désolant aux générations futures, mais puisque je suis un élément perturbateur, je suis peut-être l'une des seules à craindre si viscéralement cet avenir en approche). A travers les yeux encore insouciants et innocents du jeune Guillaume, encore enfant puis adolescent dans ces souvenirs qui refont surface alors que sa vie touche à sa fin, nous découvrons les années qui précèdent le Grand Effondrement : c'est tragique, certes, mais raconté avec une certaine poésie, une certaine délicatesse, une certaine tendresse. Comme pour ne pas brusquer le lecteur, comme pour lui souffler « ok, ce que je vais te dire ne va pas te plaire, car ça va remettre en question tout ton système de pensée, je sais que c'est dur, mais viens, on va faire ça en douceur ». Pour l'inviter à poursuivre, malgré tout, envers et contre tout, même si ça fait mal, même si ça fait peur. Un roman d'anticipation d'un réalisme glaçant et d'une poésie déconcertante, à découvrir absolument !
Lien : https://lesmotsetaientlivres..
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critiques presse (1)
Lexpress   17 juin 2019
Le romancier Jérôme Leroy livre le premier tome d’une dystopie captivante. Véritable page-turner, Lou après tout, nous fait basculer dans le monde après le Grand Effondrement.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (45) Voir plus Ajouter une citation
CancieCancie   23 septembre 2020
Il se rappelait seulement qu'adolescent, et cela lui paraissait remonter à une éternité, il avait regardé des films d'épouvante. Il avait aimé avoir peur, sans doute parce que la peur sur écran était presque rassurante en comparaison de ce qui se passait dans le monde réel. À cette époque, les cinémas avaient disparu parce que les gens restaient chez eux pour regarder leurs écrans-feuilles, leurs tablettes ou, pour les plus riches, les holo-tv qui donnaient l'impression que les acteurs jouaient devant vous, dans votre salon. Les gens se méfiaient de l'extérieur. Il y avait trop de dangers, d'attentats, d'émeutes, de maladies nouvelles liées à la pollution ou à la nourriture.
On n'était bien que chez soi, le plus souvent perdu dans la Réalité Augmentée.
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CancieCancie   26 septembre 2020
" Trop penser au passé, c'est le meilleur moyen d'y passer."
C'était une devise courante chez les survivants, une formule facile à retenir, dont l'auteur était resté inconnu. On la voyait souvent taguée sur des ruines ou sur d'anciens panneaux routiers indiquant des destinations qui n'existaient plus...
Et c'était vrai, au moins en partie.
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CancieCancie   24 septembre 2020
Sa mémoire était devenue une mémoire de survivant. Elle était pleine de trous parce qu'il ne pensait qu'à une seule chose depuis si longtemps : ne pas mourir et que Lou ne meure pas.
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verobleueverobleue   20 juin 2019
Plus tard, bien plus tard, quand je serai avec Lou sur les routes de la fin du monde, je maudirai souvent ces smartphones et ces appareils qui avaient été remplis de centaines de photos des jours heureux. Parce que nous ne prenions jamais le temps d'en faire des tirages papier, parce qu'on se disait qu'elles seraient toujours là, stockées sur une machine ou une autre.
Et puis il n'y a plus eu de machines, d'un seul coup.
Et toutes ces traces de millions d'existences ont disparu, pour toujours. J'aurais aimé, parfois, alors que Lou dormait à côté de moi, dans un hangar désaffecté une voiture abandonnée , pouvoir trouver, dans une poche de mon treillis, quelques photos de mon passé.
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petitegibouleepetitegiboulee   01 août 2019
J'écris à nouveau des poèmes, j'en envoie quelques-uns par mail à la revue qui en avait déjà publié. Je ne sais pas qui les lit, qui prend encore le temps pour ça. Je reçois parfois des messages de lecteurs, qui me disent que cela les aide.
Je suis touché, j'ai l'impression d'être utile. Je sais que je ne sauve personne, ou alors d'une manière différente en rendant ce que moi, j'éprouve quand je lis la poésie des autres : une forme de paix, presque de bonheur, au coeur de ce monde épouvantable.
La poésie, c'est au moins la consolation de nommer ce qui ne va pas.
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