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Lucrezia Lerro (Autre)Murielle Herve-Morier (Traducteur)
EAN : 9782491404086
144 pages
Éditeur : Des lacs (23/02/2021)
4.67/5   18 notes
Résumé :
C'est un drame féminin, sincère et passionné, sur une maladie qui dévaste le corps et l'âme. Le quotidien d'une mère désemparée et de sa fille boulimique, qui libère sa parole dans un journal intime noirci de confessions à la fois tendres et implacables.

Nous pourrons parcourir les rues d'un village refermé sur lui-même, entendre les propos malveillants de ses habitants et compter les pas que l'héroïne accomplit dans son enfer quotidien, de la cuisin... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
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Etpourquoipasquatre
  14 juin 2021
"Il y a des jours où je suis heureuse, d'autres où je voudrais mourrir." Cette phrase à elle seule résume toute la perversité de la boulimie, de l'anorexie et toute cette palette de troubles alimentaires que le corps ne maîtrise plus. Comme une drogue dure, tombez dedans et vous n'en sortirez jamais les deux pieds. Jamais. Un pied peut-être, le regard de l'avant, le danger derrière, mais l'ombre plane toujours au dessus. le vautour qui attend l'instant de flaiblesse et vous fera replonger au moindre faux pas sans même le voir venir.
Aujourd'hui je suis maman et je me demande comment je réagirais si un de mes enfants sombrait dans cette maladie. Elle détruit tout sur son passage, les corps, l'estime, la confiance, le regard, les familles.
Lucrezia Lerro détonne et dérange. Il n'y a pas de début, pas de fin, pas de happy end. C'est une parole, une témoignage, une période d'un enfer qui nous ratrace la culpabilité maternelle, l'impuissance.
Il y a des jours où je suis heureuse est une lecture particulièrement difficile. Elle a trouvé écho en moi et m'a confronté à des questions enfouies et perturbantes. Je ne regrette certainement pas ma lecture, mais je suis soulagée d'en avoir eu l'opportunité via @thebooktrotteuses, car je sais qu'il ne viendra pas hanter une étagère. le présent et l'avenir représentent déjà de bien assez grands défis pour m'encombrer d'un passé qui de toute façon n'est jamais bien loin.
Bon voyage petit écureuil, puisses-tu aider à démystifier la boulimie et les troubles alimentaires en général.
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delivredelivres
  10 mars 2021
BOULIMIE, ce mot, ce mal, impitoyable et si douloureusement impénétrable. Voilà ce dont nous parle Lucrezia Lerro, auteure à succès en Italie et publiée pour la 1ère fois en France aux Editions des Lacs. IL Y A DES JOURS OÙ JE SUIS HEUREUSE est sorti ce mardi 23 Février.
Ce roman est glaçant de vérité. Il vous prend, vous lamine le coeur, que vous soyez mère…, soeur de…, frère de…, ou même soignant comme c'est mon cas. Il a l'effet et le tranchant d'une lame de rasoir. Les personnages sont mis à nu, leurs douleurs, leurs souffrances, psychiques et physiques. La maman et son petit écureuil sont des écorchées de la vie et la plume de l'auteure sert l'insoutenable qui entoure cette maladie. Tour à tour, j'ai souffert avec la maman ; voire son enfant sombrer et ne pouvoir qu'assister à ce triste spectacle. Être là mais impuissante, la peur au ventre d'avoir un geste ou une parole déplacée et déclenchant une crise. Et j'ai souffert avec ce petit écureuil, dans ces quelques mètres carrés où se trouve la cuvette des toilettes. J'aurais aimé la prendre dans mes bras, avoir les mots ; ceux que sa mère a sûrement cherchés, ceux qui l'auraient peut-être sauvée. Mais comment savoir ? Il n'y a pas seulement le présent dans leur histoire, mais tout un passé familial bien lourd et un environnement pas des plus amènes.
À la lecture, je suis retournée quelques années en arrière, infirmière remplaçante en chirurgie et les émotions, les frustrations de l'époque sont remontées. Vous me direz : quel rapport ? Eh bien, face à cette jeune fille, anorexique, avec sa « nouille » dans le nez, je me suis sentie d'une telle impuissance. Que pouvais-je faire pour elle à part l'écouter ? Et encore, je n'ai pas rencontré ses proches ! Alors pas de pansements, elle n'était pas là pour ça. Lui proposer une prise en soins psy, en chirurgie ? Un peu compliqué et surtout, complètement inadapté. Alors je l'ai vu repartir avec le sentiment de n'avoir rien pu faire pour elle. Est-elle revenue ? Je ne le sais pas. Mais ce que je sais, c'est que le système de soins dans lequel nous évoluons à un grand travail à faire pour une meilleure prise en soins des TCA (troubles des conduites alimentaires).
Même si c'est une lecture difficile, poignante et ô combien bouleversante, je trouve que ce roman met bien en lumière les difficultés inhérentes à la boulimie pour la personne atteinte, pour l'entourage, et le manque flagrant d'une prise en soins de qualité.
Merci à Lucrezia Lerro pour ce roman.
Et merci aux Editions des Lacs de nous faire découvrir ce genre de pépite.
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Lectricedemots
  28 février 2021
Mais quel livre, quelle histoire, peut on vraiment sortir indemne de cette lecture une fois le livre refermée, je ne crois pas .
J'ai encore pris une claque en lisant ce livre, c'est une histoire fusionnelle d'une mère et sa fille, elles souffrent toutes les deux de leurs histoires, de leur souffrance et de la pauvreté.
Ce roman nous oblige a regarde en face cette maladie cette souffrance, j'ai été retournée, dévastée mes larmes ont coulées, mon ventre s'est tordus de douleurs.
Ce livre mérite que l'on s'arrête sur cette maladie ou enfin ce trouble le TCA, trouble qui touche plus de personne que ne l'on croit.
Les éditions des lacs signe encore une fois un livre poignant et une auteure bourrée de talent
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leslecturesdecarmen
  26 février 2021
J'avais envie de pleurer rien qu'en imaginant ce qu'il y avait derrière le titre : tous ces jours où « je » ne l'est pas. Mon coeur de maman saigne, que cet ouvrage est rude!
Sur 144 pages on suit une mère et sa fille (c'est le fameux « petit écureuil ») atteinte de boulimie. Il ne se passe pas grand-chose et pourtant à chaque chapitre j'ai eu l'irrépressible envie de découvrir le néant du suivant. Ce quotidien difficile pourrait être le nôtre: et c'est parce que j'ai détesté cette sensation que j'ai adoré ce bouquin. Il contient tout ce qui est terrible: élever seul un enfant, les difficultés financières, la maladie de sa progéniture, le sacrifice.
J'ai levé les yeux à plusieurs reprises car il me semblait entendre le papier peint se décoller (ce qui en soi est un non-sens puisque murs et plafonds sont peints chez nous). J'ai reniflé parce que j'avais l'impression que ça sentait le moisi ou le vomi: mais ce n'était que l'ambiance misérable du livre qui m'imprégnait. Car c'est un livre poisseux, qui vous colle aux mains. Mais à la fin il y a cet espoir de guérison, comme un instant fugace mais bien réel, envers et contre tout.
Oh le petit écureuil j'ai eu envie de le baffer à maintes reprises. Et le paragraphe suivant j'ai voulu l'enlacer jusqu'à l'étouffer de l'amour qu'elle ne sait pas comment réclamer. J'ai eu envie de lui acheter ses glaces, de lui caresser les cheveux. Quelle (im)puissance dans un livre si court.
Et la mère! Mais quelle mère! Aurais-je fait différemment? Aurais-je «mieux » fait? Je l'ignore. Mais un bon roman, c'est un roman qui vous fait vous poser des questions. Un très bon roman, c'est celui qui ne vous donne pas les réponses. Pari réussi. I miei complimenti Signora Lucrezia Lerro.
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Labiblyllotheque
  12 avril 2021
Au commencement il y avait ...
Dimanche ... juste deux petites journées passées auprès de mes parents, entre les murs qui ont abrité mes rêves de petite fille, qui m'ont vu grandir et se sont refermés sur des souvenirs heureux ou d'autres plus douloureux.
Au moment de quitter cet ancrage que j'ai fui aussi violemment qu'il peut me manquer aujourd'hui, je me dis que le moment est venu de vous parler de ce roman et qu'une photo ayant pour cadre ma chambre d'adolescente est forcément le meilleur choix pour exorciser les vieux démons.
Est-ce là que tout a commencé ? Dans ce foyer où sa mère se débattait pour gérer seule après le départ du père ? Auprès de cette grand-mère qui trucidait le cochon avant de faire ripaille pour célébrer ce massacre aux allures de cérémonie familiale ? Ou bien dans sa chambrette d'étudiante où il fallait faire preuve d'ingéniosité pour vomir sans être vue ?
A force, on oublie les raisons qui nous ont conduit jusque là... le petit écureuil est devenu grand. Il est rentré au village, auprès de sa mère. Comme un dernier recours pour tenter de sauver le peu de vie qu'il lui reste. Mais que peut une mère face à cette déchéance, face à ce mal qui ronge son enfant et qui pourtant répond au besoin le plus essentiel, le plus élémentaire, celui pour lequel aucun mammifère ne saura faire de concession : nourrir sa progéniture ?
@lucrezialerro dépeint l'enfer des troubles du comportement alimentaire, du point de vue du malade mais aussi de l'entourage. Grâce à cette relation mère-fille intense et crue, elle parvient à nous faire éprouver les sentiments contradictoires qui se disputent la vedette dans ce genre de situation : amour, rage, agacement, culpabilité, espoir, dépit, lassitude ...
Selon moi, le tour de force est là. Ce roman doit être lu par tous, par les mamans, les papas, les amis, les soignants ... peut-être même plus encore que par les malades. Car eux savent que ce n'est pas un caprice, une lubie, l'envie de ressembler aux filles du poster (celles qui y ont leur place aux yeux des bien-pensants, je sais que vous savez 🤢).
Merci Morgane 🙏 Éditer ce genre de romans est d'utilité publique ❤️
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
leslecturesdecarmenleslecturesdecarmen   26 février 2021
Je m’en sortirai bientôt, je vais devoir recommencer, il me faudra « digérer cette réalité » et avoir peut-être la chance de trouver quelqu’un avec qui partager ma souffrance, à qui je puisse dire : « Tu vois, depuis que tu es là, il y a des jours où je suis heureuse. Quand je mange avec toi, je ne vomis pas. »
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EDITIONSDESLACSEDITIONSDESLACS   04 mars 2021
Personne n’a rien à obtenir de moi. En plus, c’est justement cette foutue beauté qui m’a pourri la vie. Si j’avais été moins attirante, on m’aurait peut-être acceptée plus facilement.
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Piuma_LPiuma_L   15 avril 2021
Moi, je me sens tout le temps en équilibre entre la vie et la mort. Il y a des jours où je suis heureuse, d’autres où je voudrais mourir. L’ennui me rend folle. Certains jours, je me sens écrasée, sans enthousiasme, rien ne m’intéresse, je suis seule et malheureuse. La réalité devient insupportable et je ne sais pas où me réfugier, mourir, vomir...
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Piuma_LPiuma_L   15 avril 2021
Je fais toujours ce que j’aimerais que les autres me fassent, mais ça a l’air si compliqué! Les gens sont si attachés à des choses dérisoires qui pèsent autant que leur solitude... Ah, si seulement ils avaient le courage de se montrer généreux et de penser plus souvent à la mort. Toi, tu y penses souvent à la mort?
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Piuma_LPiuma_L   15 avril 2021
J’étais une enfant triste mais il y avait des jours où j’étais heureuse, il me suffisait de manger tes frites... et à présent, je vomis pour vivre, maman, je vomis pour vivre. Je vis uniquement aux toilettes.
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