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EAN : 9782851973795
169 pages
Éditeur : L'Herne (18/09/2013)

Note moyenne : 4/5 (sur 2 notes)
Résumé :
Donnant du leurre les aperçus les plus contrastés, -depuis son extériorité artefactuelle jusqu’à sa forme la plus intransitive-, l’ensemble des réflexions rassemblées ici fait toutefois apparaître un apport théorique convergent. Toutes se fondent, pour la surmonter ou y opérer un ancrage critique, sur une structure triadique stable (leurre/leurrant/leurré) dont la valeur méthodologique s’avère, pour des raisons sensiblement différentes, aussi fructueuse dans les sci... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Nierika
  31 octobre 2013
Un grand merci à Babelio et aux éditions de l'Herne pour m'avoir permis de découvrir ces Cahiers d'anthropologie sociale, et tout particulièrement celui de juin 2013, intitulé "Leurrer la nature".
En préambule, soulignons que ce volume rassemble les actes d'un colloque tenu au Collège de France les 25 et 26 janvier 2012. Ce haut parrainage, conjugué à ma méconnaissance partielle des enjeux liés à la discipline et du sujet traité, m'a fait craindre une lecture difficile. Sur un plan d'abord formel, mon appétence pour cet ouvrage a été stimulée par la qualité et la clarté de sa présentation : l'introduction dressée par Hélène Artaud met en évidence trois ensembles de textes, que j'ai souhaité lire de bout en bout, et sur lesquels je ne m'étendrai pas dans le détail, préférant renvoyer le lecteur avide à ladite introduction et aux dernières pages de résumés.
Je me permets néanmoins de reprendre ici un élément directeur, emprunté à Hélène Artaud : toutes les réflexions rassemblées dans ce volume se fondent sur une structure triadique stable (leurre/leurrant/leurré), qui a vocation à dépasser "des oppositions substantielles - entre nature et culture, homme et animal, sujet et objet, réalité et fiction". L'extrême diversité des approches aussi bien que des sujets / objets observés démontrent cette "nécessaire érosion des champs disciplinaires", que "travaille ultimement la pensée du leurre".
Ces éléments introductifs me semblent nécessaires pour appréhender l'ensemble de cet ouvrage collectif. L'aridité de certains textes, notamment la contribution d'Andrea Luz Gutierrez Choquevilca, "Face-à-face interspécifiques et pièges à pensée des Quechua de Haute Amazonie", ne doit pas tant nous effrayer mais plutôt nous faire prendre conscience de nos "prédispositions culturelles" pour citer une nouvelle fois Hélène Artaud (p.152). Dans la mesure où nous ne voyons de la "complexité du monde du sujet leurré - humain ou non-humain - que ce que [notre] matrice culturelle [nous] aura prédisposés à voir", les enseignements que j'ai pu retirés de la lecture de ce corpus me semblent également imprégnés de mon "schéma culturel".
Aussi, je ne saurais conclure cette critique sans évoquer subjectivement (comme d'autres l'ont fait) quelques éléments de réflexion, tirés en premier lieu de la contribution de Sergio Dalla Bernardina sur le "roccolo" : sur l'interprétation de la surreprésentation des membres de l'Eglise dans le monde des oiseleurs et le parallèle avec le raisonnement qu'Alain Testart porte sur les femmes et la chasse (avec cette assertion qui depuis ne me quitte plus : "connotés du côté du sang en raison de leur physiologie, elles ne peuvent accéder directement au sang des animaux sans produire une sorte de court-circuit symbolique") puis sur le trait commun que l'auteur relève des oiseleurs professionnels : "l'inachèvement' (que je n'ai pas pu m'empêcher d'appliquer, toutes choses égales par ailleurs, à la catégorie des chasseurs titulaires d'un permis de chasse validés en France, après avoir lu quelque part que 30% d'entre eux sont "inoccupés"). Dans une toute autre mesure, je suis reconnaissante à Muriel Berthou, Julie Noirot et Frédéric Keck pour leurs réflexions sur certaines tendances de l'art contemporain.
De cet ouvrage dense, j'espère pouvoir en tirer d'autres enseignements à la relecture et à l'approfondissement de certaines réflexions.
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smad
  01 novembre 2013
"Les Cahiers d'anthropologie sociale", présentent, dans leur neuvième livraison intitulée "Leurrer la nature" un recueil de dix textes, résultat des actes d'un colloque tenu au Collège de France en 2012, sous la direction d'Hélène Artaud qui introduit la notion à la généreuse plasticité et aux questionnements multiples.
En effet l'introduction permet au lecteur de se familiariser avec un procédé dont on n'imagine pas à quel point il est partagé par différentes cultures (du chasseur Achuar en passant par les Yougakirs sibériens) et pratiques sociales. On voit que le leurre "suppose(...) une extrême labilité des logiques et des corps en interaction".
Appréhendé en premier lieu comme connaissance de l'autre, empathie à distance avec le le leurré que ce soit dans des pratiques de chasse ou d'élevage, il implique un savoir pratique de la part du leurrant. Avec une certaine insistance l'introduction souligne donc cette forme triadique leurrant-leurre-leurré, comme valeur heuristique voire théorique dont l'éthologie est à la source.
On trouve dans cet ouvrage trois grands ensembles de textes qui dessinent le corps de la notion de Leurre.
Le premier s'attache à une tentative de définition du leurre avec entre autres un texte sur la généalogie du "roccolo" un piège à oiseaux en Italie, ou bien un autre sur les techniques d'adoption et de traite dans les cheptels de France, du Maghreb et la Mauritanie.
Le deuxième ensemble va travailler le leurre sous un angle de vue plus esthétique. C'est le cas d'un artiste chinois dont la pratique consiste en un perpétuel camouflage et qui met en abyme la situation des artistes sous ce régime qui souffrent encore de censure à bien des égards.
Enfin le dernier ensemble s'apparente à la notion grecque de métis dont le leurre est "le principe dont il procède".
Difficile donc de résumer l'amplitude de cet ouvrage à caractère scientifique dont la lecture s'adresse à des amateurs avertis et habitués à la prose universitaire. le seul bémol de l'ensemble est la qualité de certaines reproductions photographiques dans un noir et blanc de piètre tenue et des vignettes minuscules. Cet accompagnement iconologique fait défaut mais les interventions sont fascinantes sur les ruses de l'humain pour arriver à ses fins.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
camilleetmilecamilleetmile   01 octobre 2013
"La liste des religieux chantant les délices de la chasse au filet est longue.... Mais d'autres indices permettent de parler du religieux comme d'un oiseleur exemplaire... le pape Léon XIII avait fait aménager un roccolo dans les jardins du Vatican. Et l'on pourrait parler de l'actualité, avec ce curé d'une vallée de Lombardie qui tout récemment a béni une statue dédiée à la vierge du "bon braconnier" ou cet autre curé dans la province du Trento arrêté en pleine action...et le congélateur plein d'espèces protégées.
" p23 Sergio Dalla Bernardina
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camilleetmilecamilleetmile   01 octobre 2013
La mobilisation contre la grippe pandémique gagnerait à être comprise,non comme une pression des industries pharmaceutiques sur les scientifiques et les gouvernants mais comme une compétition entre des sentinelles destinées à attirer les investisseurs en surenchérissant de vigilance sur les menaces à venir.
P127 sentinelles leurrées et "signaux coûteux" Frédéric Keck
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camilleetmilecamilleetmile   01 octobre 2013
Il y a encore quelques temps, en se promenant dans l'espace alpin, il était courant d'apercevoir, en marge des cultures ou à proximité des cols, de drôles de bosquets, parfaitement ronds ou en forme de fer à cheval, cachant une petite construction en pierre recouverte de lierre. Ce n'étaient pas des vrais bosquets mais des "roccoli", des énormes pièges végétaux... p16
Sergio Dalla Bernardina
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camilleetmilecamilleetmile   01 octobre 2013
Et l'oiseleur est aussi une figure liminaire. Sorte de Janus Bifrons, il a une face orientée vers la campagne l'autre vers la forêt : une face orientée vers l'agricole, l'autre vers le pré-agricole. Son profil, dans ce sens est celui d'un médiateur.
p28 Sergio Dalla Bernardina
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Vidéo de  Les Cahiers de l'Herne
Etienne Klein est physicien et philosophe. Il signe dans le "Cahier de l'Herne", consacré à André Comte-Sponville, un texte sur le temps et notre rapport à l'ennui, qui a toujours "une mauvaise réputation", mais qui peut aussi avoir des ressources, être un facteur créatif. le scientifique revient sur les définitions du vide et du néant, deux concepts bien différents qui intéressent les physiciens. Nous ne sommes pas égaux face à l'ennui, face au vide.
Retrouvez l'intégralité de l'interview ci-dessous : https://www.france.tv/france-5/la-grande-librairie/la-grande-librairie-saison-12/1448617-a-quoi-sert-la-philosophie.html
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