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ISBN : 2848051744
Éditeur : Sabine Wespieser (05/02/2015)

Note moyenne : 3.69/5 (sur 60 notes)
Résumé :
"J’ai trois ans. Un homme qui me paraît immense entre dans la minuscule cuisine de l’appartement rue du Souci à Poitiers, me prend dans ses bras, je ne l’ai jamais vu. Ma mère me demande de l’appeler papa. C’est mon père."
Des années après la mort de son père, dont l’apparition s’impose dès les premières phrases de son nouveau roman, Michèle Lesbre tente de se réconcilier enfin avec son "intime étranger", ce père qu’elle a si peu et si mal connu.
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
sabine59
  07 février 2019
Que j'aime l'univers secret, nostalgique de Michèle Lesbre! Et son écriture délicate !
Chemin d'une enfance à retrouver, dans la maison campagnarde des grands-parents. Un lieu de bonheur ensoleillé. Loin des disputes des parents.

Chemin de halage, le long du canal, où rêver en contemplant le miroitement de l'eau, où voguer sur la péniche amicale, en compagnie d'un chien .
Chemin de traverse, à la rencontre éperdue du père, cet " intime étranger", source de douleur et de manque.
Chemins de vie, multiples, égarés, retrouvés, magnifiés par les mots. Émouvants.
Chemins sur lesquels j'ai aimé accompagner la narratrice... Empruntez-les. Ils sont la beauté même.

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Zakuro
  27 août 2015
Depuis "la petite trotteuse" et à chaque nouveau roman de Michèle Lesbre, je suis délicieusement bercée par son écriture lumineuse, aérienne et d'une mélancolique beauté.
Le temps qui passe, la mémoire, le voyage façonnent une oeuvre en partie autobiographique.
Avec "chemins", Michele Lesbre nous invite à l'accompagner dans ses rêveries au gré d'un lent voyage sur un chemin de halage au bord de la Loire.
En route pour rejoindre la nouvelle maison de ses amis, elle ne prend pas une ligne droite mais des sentiers buissonniers qui la ramènent vers les images de son enfance au lieu-dit "le Pommier", à la maison de ses grands-parents et au souvenir tremblant d'un père qu"elle a connu mais dont elle ne sait rien "un intime étranger".
Less souvenirs parfois douloureux sont atténués par la tranquillité paisible de la campagne où elle rencontre des gens simples et chaleureux : une vieille femme et son chien qui font paître les vaches " Dans la transparence de l'air, je croyais voir des images d'un étang familier au bord duquel de longs après-midi m'avaient appris la douceur de l'ennui, même si le temps me paraissait trop lent, car j'étais alors une petite fille", un éclusier charmeur et un couple de mariniers amoureux qui l'invitent à dériver dans leur péniche.
Au fil de son vagabondage, la narratrice n'est pas seule, un chien qu'elle adopte sur son chemin l'accompagne et surtout un livre qu'un inconnu avant son départ avait ravivé à sa mémoire en même temps que sa silhouette lui avait semblé étrangement familière. Ce livre plein de fantaisie et de gaïeté est "Scènes de la vie de bohème" d'Henry Murger que lisait son père quand il était jeune homme, "un souvenir de jeunesse" pour lui dont il ne lui a jamais parlé et qui ressemble si peu à l'homme austère qu'elle a connu.
Après tant d'années d'attente et sur le chemin de son enfance, la narratrice est prête à le lire comme si enfin son père ouvrait son coeur.

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nadejda
  22 avril 2015
Michèle Lesbre nous entraîne dans une dérive au fil de ses souvenirs qui remontent à la surface grâce à des rencontres par lesquelles elle se laisse guider, rencontres qui vont la ramener vers son père et lui permettre de le reconnaître.
« Il me fallait mettre de l'ordre dans toutes ces images qui me hantaient depuis des années, des images enfouies dans le silence. »
Pour se rapprocher de lui, elle vagabonde au fil de pensées buissonnières entre les pages d'un livre « Scènes de la vie de bohème » d'Henry Murger, sur les berges d'un canal où elle occupe une chambre de l'hôtel des voyageurs, ou à bord d'une péniche.
« Il me semblait que le jeune homme qu'il avait été, ou plutôt celui que j'imaginais en lisant Murger, m'aurait plu, beaucoup, que je l'aurais aimé. C'était d'autant plus troublant que les hommes qui avaient compté pour moi jusque-là ressemblaient à ces bohèmes, leur fantaisie, leur amour de la vie, à ce qu'il était peut-être lorsqu'il baguenaudait dans Paris, avant de devenir un homme rugueux et désenchanté. J'en étais bouleversée. »
De belles rencontres vont jalonner ce retour vers le passé : Un éclusier, plein de fantaisie et de charme, lui conte l'histoire qu'il aurait aimé vivre comme ancien pêcheur à la morue au large de l'Islande, un couple qui la prenne sur leur péniche « Minette » où elle nous confie :
« Je m'installais dans l'étirement du temps, son infinie douceur sous un ciel pur. La première écluse m'évoqua le marin imaginaire, je me souvenais de nos baisers timides, de nos corps timides. Il avait le goût de la vie et sentait l'herbe chaude. Pas de buvette près des écluses que nous franchissions. Avais-je tout inventé ? »
Toute la beauté de ce livre vient de ce bercement entre rêve et réalité, où l'eau est tout au long présente. On en sort un peu engourdi et étranger au monde qui nous entoure, baignant dans une douce mélancolie.
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SeriallectriceSV
  14 octobre 2016
« Leur présence sur le vieux pont était une étrange
et vertigineuse ellipse entre mon enfance,
leur vieillesse et la mienne, qui me rapprochait d'eux,
de tout ce que nous avions partagé sans en avoir eu conscience,
mais plutôt avec la désinvolture des jours heureux.
Je n'avais plus d'âge, eux non plus.
Je les voyais dans leur jeunesse et j'aurais aimé qu'ils me voient vieillissante,
ainsi s'estomperait le mystère des êtres dont on ignore tout un pan de leur vie,
celui d'avant notre naissance, et d'après notre mort. »
Une douce promenade, tranquille et sereine, aux bords des canaux, au fil du temps qui passe et de celui passé, au fil de rencontres tendres et délicieuses. Michèle Lesbre convoque les souvenirs, sa pensée vogue d'images en images, d'événements en événements, la nostalgie n'étant jamais bien loin.
Un court roman, empreint d'une douce chaleur, d'une certaine tendresse, d'une luminosité poétique, qui se lit lentement, qui se savoure, un délicieux moment de réflexions sur la vie et le temps qui défile, sur les déchirures que la vie engendre ... une pause dans le cours de cette vie, pour parler de ce qui se transforme, de ce qui se perd, de ce qui manque sans que nous y prêtions attention, ou alors trop tard, pour s'imprégner des moments de l'enfance, pour retrouver ce qu'[on a] peur de ne pas reconnaître, pour aller à la rencontre d'un être insaisissable, absent, trop absent, que l'on a tous certainement autour de nous. Un être (le père, dans cet ouvrage, intime étranger, qui rêvait de bohème) qui semble si lointain, à côté duquel nous passons sans que les liens ne se tissent, un être, avec qui on a le sentiment de ne rien partager, que l'on ne comprend pas, un être enfermé dans sa vie, une vie qui nous échappe. Puis vient le temps de la réconciliation, peut-être ...
Délicat et pudique, ce roman est un petit bijou, ...douloureux et joyeux à la fois, qui donne envie de prendre le temps de savourer chaque instant, d'en apprécier, d'en humer chacun des éléments qui le définissent ... de VIVRE en somme.
Lien : https://seriallectrice.blogs..
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NicoleGiroud
  27 mars 2015
C'est un petit livre aux couleurs surannées, couverture crème, bordure marron glacé et nuances d'orange et de chocolat pour le titre: un parti pris années cinquante qui convient parfaitement à ces Chemins de Michèle Lesbre. Lacis de mémoire et de déambulations autour d'un canal, silhouettes imprécises ou improbables, aucune modernité dans ce livre, aucune intrigue; seulement un fil inlassablement tissé, un souffle ténu, la recherche impressionniste du père de la narratrice, cet « intime étranger ».
De ce qui n'est pas vraiment une rencontre (la narratrice ne parlera jamais à cet homme qui lit sous un réverbère) naît le roman de Michèle Lesbre, Chemins. L'inconnu lit Scènes de la vie de bohème d'Henri Murger, le livre de chevet du père de la narratrice. Un père énigmatique, peu présent dans la famille et quand il est à la maison le couple parental se déchire.
Tout est mis en place dès le départ : le livre que la narratrice n'a pas lu et qui va permettre la naissance de son propre livre, la maison qu'elle doit garder pour des amis et qui rappelle d'autres maisons, les personnages croisés le long du chemin évoquant d'autres personnages de son enfance.
Un éclusier menteur et séduisant auprès duquel il ne faut pas s'attarder, un vieux couple de mariniers lumineux et pleins de tendresse, l'ancienne maison des grands-parents devenue une sorte de musée, l'ancienne maison des amis qui n'est plus reconnaissable, un cahier égaré, un homme aimé… Un livre tout en tours et détours, finesse et sensibilité, une façon de se perdre pour mieux se retrouver.
Le père mort très tôt se dérobe sans cesse, comme la maison au bord du canal que la narratrice n'aime pas sans la connaître parce qu'elle était attachée à la précédente qui représentait sa jeunesse.
Le charme puissant de ce livre si simple, tout en retenue et en pudeur, tient en grande partie à l'écriture :
Dans la rumeur de la ville qui s'amplifiait soudain, et au moment où je me rapprochais de la rue où j'avais vécu plusieurs années, je pensais que nous n'avions su que nous égarer dans le mutisme et les cris.
Couple désuni, enfant témoin, enfant otage.
Au rebours de la vie chez les grands-parents :
Au Pommier, de ma chambre, je pouvais entendre les voix des adultes déjà levés, elles montaient jusqu'à moi comme un murmure. J'écoutais ce babil familier les yeux au plafond, où passaient l'ombre d'un oiseau en vol, la dérive d'un nuage, une silhouette imprécise qui traversait la cour. Puis je bondissais et surgissais dans la splendeur du matin comme une petite folle, portée par la même joie de vivre que celle qui rayonnait sur le visage des adultes. (…) Tant d'autres (matins) qui ont laissé des traces lumineuses dans la nuit opaque des chagrins et de la fuite du temps, et me guident lorsque je crois perdre mon chemin.
Superbe musique des mots qui coulent de source sans une virgule de trop, sans un adjectif superfétatoire. Une merveille poignante qui fait comprendre pourquoi on compare si souvent l'auteur à Modiano : même effilochement de riens, même atmosphère ambiguë où on peine à rejoindre ceux avec qui on n'avait déjà pas réussi à partager de l'intimité lorsqu'ils étaient présents.
Ces Chemins auxquels Michèle Lesbre nous convie, ce voyage dans la mémoire sur des eaux tranquilles traversées de trouées de lumière n'a de fiction que le nom. Ce « roman » si joliment édité par Sabine Wespieser ressemble à un cahier d'écolier ou plutôt à un journal. Cette recherche tenace et nécessairement vaine d'un père absent depuis toujours pourrait être la nôtre : il y a toujours quelqu'un qui nous échappe depuis l'enfance, quelqu'un d'important avec qui nous n'avons pas réussi à communiquer et cela nous déchire.
Un petit livre comme un chemin des écoliers et une douceur poignante d'enfance inachevée.
Lien : http://nicole-giroud.fr
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critiques presse (2)
Lexpress   10 avril 2015
En quête d'un père disparu, Michèle Lesbre emprunte les chemins buissonniers de la mémoire.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Telerama   18 février 2015
On progresse en funambule dans les détours de ce pèlerinage au charme flottant, ému par la finesse et la limpidité cristallines du texte, bouleversé par cette rencontre d'une femme et d'un père, à jamais « intime étranger ». Touché aussi par cette légère distance au monde qui semble, pour la première fois, s'installer. Il y a tant de beauté dans ce livre.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
nath45nath45   12 mars 2015
J'ai soulevé le chien dans mes bras, il était lourd, chaud, je le serrais en enfouissant mon visage dans sa fourrure, dans cet état d'exaltation qui parfois me transporte au-dessus des mots que je ne trouve pas pour exprimer ces moments radieux où le corps exulte, où il n'est plus dans la retenue, l'apparence, où une joie secrète se déploie dans le silence' il n'y a pas de mots pour ces instants-là. (P94)
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sabine59sabine59   04 février 2019
Il y avait plusieurs mois que je n'étais pas montée dans ce train qui, dès la sortie de la ville, se faufile dans une campagne douce et calme que je voyais sans doute pour la dernière fois. Je connaissais toutes les gares qui jalonnaient ce parcours et me les récitais comme une sorte de refrain qui reste en mémoire parce qu'il ouvre des horizons perdus.
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SeriallectriceSVSeriallectriceSV   14 octobre 2016
Lorsque la photographie de mon père est apparue sur sa table de nuit , je n’ai posé aucune question, je pensais qu’elle avait sans doute besoin de lui pour poursuivre un chemin, celui qu’ils n’avaient jamais trouvé ensemble. C’est sans doute ce même chemin sur lequel ils m’accompagnent.
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TomRipleyTomRipley   11 février 2015
Il s'était laissé vieillir en paix d'une bourgade à l'autre, d'un paysage à un autre, sans point d'attache, comme s'il avait décidé que la mort n'avait qu'à lui courir après si elle voulait l'atteindre. Elle avait couru longtemps avant de le rattraper.
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sabine59sabine59   07 février 2019
On ne sait quel sens donner à certains souvenirs tant leur violence, parfois, marque le temps.
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Videos de Michèle Lesbre (20) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Michèle Lesbre
https://www.librairiedialogues.fr/livre/10978327-chere-brigande-lettre-a-marion-du-faouet-michele-lesbre-sabine-wespieser 5 questions posées à Michèle Lesbre qui nous parle de son livre "Chère brigande, lettre à Marion du Faouët" paru aux éditions Sabine Wespieser. Questions posées par Morgane Ollivier. Réalisation : Ronan Loup.
Retrouvez nous aussi sur : Facebook : https://www.facebook.com/librairie.dialogues Twitter : https://twitter.com/dialogues Instagram : https://www.instagram.com/librairiedialogues
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