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ISBN : 2070336352
Éditeur : Gallimard (01/03/2007)

Note moyenne : 3.64/5 (sur 73 notes)
Résumé :
"D'un geste machinal, j'avais mis la montre en marche.
Le tic-tac avait surgi avec une violence inattendue. J'avais cru ne pas survivre à ce bruit presque imperceptible, cette course inexorable de la petite trotteuse qui me donnait le vertige. Trente ans après sa mort, mon père me quittait de nouveau. La douleur était entrée en moi d'un seul coup."
Depuis qu'elle a retrouvé cette montre, la narratrice s'est elle-même mise en mouvement: suivant une imp... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  01 février 2016
Anne visite des maisons sans jamais les acheter. Elle se contente d'explorer les lieux et de s'abandonner à quelques rêveries. Celle-ci sera la trentième et la dernière, elle en est soulagée. Au coeur du village, elle loge dans une petite auberge aux persiennes tirées pour se protéger d'une chaleur inhabituelle. La maison est à six kilomètres de là, au lieu-dit La pinède. le rendez-vous était pris pour le lendemain avec un homme de l'agence. Dans cette auberge, il y a cet homme, Alex, qui semble laisser toujours sa porte entrouverte et croit en l'éphémère, le chat orange, la jeune fille aux pieds nus de l'auberge. Tout, dans ces lieux, ces personnages, la ramènent à son passé, notamment à son père qu'elle a trop peu connu...
Michèle Lesbre se dévoile dans ce roman et fait la part belle aux sentiments, émotions et sensations passés. L'on revit avec elle ces instants du passé, parfois douloureux, souvent baignés de nostalgie. Les souvenirs s'entremêlent, le présent refait surface au détour d'une image, elle met des mots sur des non-dits. L'on avance avec elle et l'on en apprend un peu plus sur cette femme qui se cherche. Michèle Lesbre nous livre un roman profondément intimiste et nous plonge dans une ambiance ouatée dans laquelle on avance à pas feutrés, bercé par le tic-tac d'une montre si chère. L'écriture, poétique et sereine, sert à merveille ce récit délicat.
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Commenter  J’apprécie          490
paroles
  20 mai 2014
Elle visite des maisons, sans jamais les acheter. Celle-ci sera la trentième. Elle les visite suite à un héritage. Tout ce qui lui reste de ce père tant aimé, est une trentaine de dessins représentant des maisons et une montre dont le tic-tac l'accompagne depuis des années.
Elle visite des maisons pour se trouver elle, et pour le retrouver lui, ce père absent et si peu présent quand il était vivant. Ce père presque mutique, d'une grande douceur, mais au visage empreint d'une grande douleur. le bonheur n'a pas été pour lui. le couple qu'il formait avec sa mère n'avait pas d'existence.
Elle visite des maisons et fait resurgir, peu à peu, les fantômes du passé, les êtres et les lieux aimés, mais aussi les incompréhensions de l'enfance, les non-dits, les dissimulations. Au fil de sa quête, elle va combler les vides et se tourner de plus en plus vers le présent...
Un roman écrit avec beaucoup de délicatesse, sur la découverte des origines, sur l'acceptation du passé. Des mots simples, profonds et parfois d'une grande fragilité. Une héroïne attachante, plutôt perdue dans son présent, perturbée par son passé mais en convalescence.
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LiliGalipette
  29 août 2012
Roman de Michèle Lesbre.
Anne, la narratrice visite des maisons comme d'autres fuient. Elle ne veut pas les acheter, mais seulement passer un moment dans chacune d'elles. « Les endroits où je ne faisais que passer me procuraient une paix incomparable qu'aucun espace de mon propre univers ne m'avait jamais apportée. le statut de nomade que j'étais en train d'acquérir depuis quelque temps devait s'expliquer ainsi. » (p. 23) Dans ces endroits anonymes, elle est en quête d'une chose dont elle n'a pas vraiment conscience. « Je montais dans les trains et sillonnais les campagnes, à la recherche d'un endroit où je trouverais enfin ce que je cherchais et que je ne savais nommer. » (p. 24) Près de Nantes, elle prévoit de visiter une maison cachée dans une pinède. Dans l'auberge où elle est descendue, elle rencontre Alex qui mène un projet de théâtre éphémère. Sa chambre est toujours ouverte, comme une invitation à fureter et à investir une autre vie. Pour Alex, rien n'est plus précieux que l'éphémère et Anne souscrit rapidement à cette idée. « Maintenant je ne crois qu'en ce qui est provisoire. La vie me semble plus précieuse ainsi. » (p. 81)
Qu'il s'agisse du chat de l'auberge ou de la maison qu'elle visite, tout ramène Anne vers ses douleurs d'enfance. Elle garde dans sa poche la montre arrêtée de son père, celle qui a ouvert la porte du passé. Comme la trotteuse de la vieille montre, le temps semble suspendu et ses frontières, devenues perméables, s'abolissent : le passé empiète sur le présent et le futur s'inscrit dans l'immédiat. « le passé, même lointain, est toujours tapi quelque part, prêt à bondir. » (p. 99) Pour la narratrice, le passé s'incarne dans le souvenir de son père, un homme longtemps malade et trop tôt disparu. S'opposait à lui la mère, une femme dure et frivole. En marchant sur les traces des années passées, Anne veut raviver l'image perdue de son père. L'apaisement final est comme une horloge dont le balancier reprend sa course, la fin d'une parenthèse immobile.
Ce court roman de Michèle Lesbre est très troublant, voire déroutant. La plume est toujours belle, lente et mélancolique. Mais je me suis un peu perdue dans les errances de la narratrice. le puzzle est long à se mettre en place. Il faut peut-être lire ce texte en une fois pour ne pas perdre le souffle de l'histoire.
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mollymon
  08 février 2016
Une femme s'est lancée dans une quête étrange en faisant ce qu'il est convenu d'appeler du tourisme immobilier. Quand son père est mort elle a trouvé dans son bureau trente croquis représentant trente maisons toutes différentes. Trente ans après, elle décide de visiter trente maisons un peu partout en France. C'est pour elle une façon de faire un travail d'exploration qu'elle refuse de faire chez un psychiatre. En fréquentant les fantômes qui peuplent les maisons vides, elle laisse les siens remonter à sa conscience. Elle se laisse porter par les souvenirs qui la ramènent à son enfance et vers son père tant aimé dont l'absence lui pèse cruellement. C'est lui qu'elle cherche à retrouver.
Le roman ne nous fait pas visiter les trente maisons mais juste la dernière, celle qui met un point final à ce travail de deuil.
Je me suis laissée bercer par le rythme tranquille presque paresseux de ce récit à l'atmosphère parfois étrange. Le charme puissant de ce livre tient en grande partie à l'écriture éminemment évocatrice qui n'est pas sans rappeler celle de Sidonie Gabrielle Colette. J'y ai retrouvé la même sensualité dans la description de moments simples. Une belle lecture même si elle est un peu déconcertante par moments.
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SophiePatchouli
  05 avril 2016
Une bien jolie lecture, sensible, nostalgique, poétique... qui égrène le temps qui passe par un suave langage, une prose délicate.
Chiné au puces, j'ai découvert en l'ouvrant une dédicace de l'auteure : "Pour Marie-Christine, ce roman qui se faufile dans les méandres du temps. Très sincèrement. Michèle L" L'ouvrage avait déjà été gouté, exploré, savouré comme on déguste un plat gastronomique, lentement et avec préciosité...
Après le choc du Truismes de Darrieussecq, cette lecture m'a apaisée en distillant ça et là des souvenirs enfantins, des mémoires de deuil, des reliquats inavoués...
Le style de Michèle Lesbre m'a mis en appétit, et peut-être bientôt dévorerai-je La Belle inutile, le canapé rouge ou bien Nina par hasard...
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Citations et extraits (37) Voir plus Ajouter une citation
marina53marina53   01 février 2016
Les choses arrivent, les événements, les anecdotes, les soubresauts des jours. Parfois la vie semble n'être que cela, rien que cela. Elle se faufile entre une multitude d'accidents heureux ou malheureux, de rencontres et de séparations, de détails infimes dont le sens nous échappe le plus souvent. On se demande quand tout va s'organiser enfin, être tangible, évident. On attend, tout se disperse dans le désordre et pendant ce temps la vie est en marche, en fuite même, car chaque jour ou presque la mort nous chuchote, Viens, ne cherche plus, repose-toi, je m'occupe de tout. Elle non plus nous ne la reconnaissons pas, nous savons seulement qu'elle doit advenir. Son murmure se perd dans le vacarme du monde, pour mieux nous surprendre, nous saisir au vol...
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parolesparoles   20 mai 2014
Les choses arrivent, les événements, les anecdotes, les soulèvements des jours. Parfois la vie semble n'être que cela. Elle se faufile entre une multitude d'accidents heureux ou malheureux, de rencontres et de séparations, de détails infimes dont le sens nous échappe le plus souvent. On se demande quand tout va s'organiser enfin, être tangible, évident. On attend, tout se disperse dans le désordre et pendant ce temps la vie est en marche, en fuite même, car chaque jour ou presque la mort nous chuchote, Viens, ne cherche plus, repose-toi, je m'occupe de tout. Elle non plus nous ne la reconnaissons pas, nous savons seulement qu'elle doit advenir. Son murmure se perd dans le vacarme du monde, pour mieux nous surprendre, nous saisir au vol...
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marina53marina53   02 février 2016
[Mon père] est mort jeune, sans avoir eu le temps de trouver les mots pour me parler, sans nous laisser le temps de nous connaître, de nous affronter. Je pensais que la vie devait donner à chacun le temps nécessaire pour devenir ce qu'il était vraiment.
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marina53marina53   01 février 2016
Je savais, sans qu'on me l'ait dit vraiment, qu'il [mon père] était perdu, que la maladie ne lui ferait aucun cadeau et que par conséquent les instants de bonheur étaient autant de revanches prises, même si elles étaient vaines. Et si le bonheur m'était alors incompréhensible, j'en avais approché plus tard toute la subtile cruauté, cette ambivalence des choses qui nous fait si souvent douter.
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parolesparoles   21 mai 2014
Petite lumière discrète dans les entrailles obscures d'un théâtre déserté et silencieux, la servante veille. C'est ainsi qu'on la nomme. Elle veille sur le sommeil des coulisses, sur celui de la scène où les voix se sont tues jusqu'au prochain lever de rideau, sur l'immobilité des décors, la vacuité de la salle où le public a laissé derrière lui une traîne qui flotte au-dessus des fauteuils, une note suspendue, à peine audible, qui peu à peu s'évanouit.
Il me semblait être depuis toujours la servante de mon théâtre intime. Les voix m'accompagnaient, les décors me hantaient, et dans les coulisses où je tentais de me frayer un chemin pour fuir, je croisais les visages sans fard, les corps sans oripeaux qui n'entreraient plus en scène et continueraient cependant de jouer leur comédie et la mienne, derrière le rideau.
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Videos de Michèle Lesbre (20) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Michèle Lesbre
https://www.librairiedialogues.fr/livre/10978327-chere-brigande-lettre-a-marion-du-faouet-michele-lesbre-sabine-wespieser 5 questions posées à Michèle Lesbre qui nous parle de son livre "Chère brigande, lettre à Marion du Faouët" paru aux éditions Sabine Wespieser. Questions posées par Morgane Ollivier. Réalisation : Ronan Loup.
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