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ISBN : 2848050810
Éditeur : Sabine Wespieser (04/03/2010)

Note moyenne : 3.34/5 (sur 43 notes)
Résumé :
Nina est apprentie coiffeuse à Roubaix. Sa mère, Susy, travaille dans une des dernières petites usines textiles du nord de la France. Dans l’univers clos de ces deux femmes, les hommes ne sont que des passions ravageuses pour la mère, des pères impossibles pour la fille qui, au sortir de l’adolescence, a sur le monde un regard d’une singulière lucidité. Avec son premier salaire, Nina a décidé de souhaiter son anniversaire à Susy en l’emmenant au bord de la mer. C’ét... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
sabine59
  16 septembre 2016
Depuis " La petite trotteuse", j'aime beaucoup la musique intime très personnelle de Michèle Lesbre.Il y a toujours une nostalgie poétique, une douceur étrange qui émanent de ses romans.
Une toute jeune fille,Nina, un peu perdue et tout en intériorité, qui travaille dans un salon de coiffure mais se rêve actrice, raconte son quotidien avec une mère qu'elle a peur de perdre lorsqu'elle est amoureuse. Elle nous parle aussi de l'usine où travaille durement sa mère,de la lutte syndicale, de la grève ( l'histoire se déroule à Roubaix) et du patron cruel qu'elle " aidera".C'est son secret.
Elle souffre de solitude, d'un amour maternel qui ne s'exprime pas assez, ou maladroitement.Sa mère lui laisse tous les matins un mot sur la table de la cuisine, des choses souvent sans importance( mais ne trouvez-vous pas que l'amour se lit aussi à travers ces petits papiers ?). Elle qui aimerait s'échapper ailleurs, elle confie: " Pourquoi n'écrit-elle jamais" Envole-toi, ma chérie, envole-toi, laisse tomber la coiffure,rêve, gaspille ton temps, c'est si beau !"
Amertume, légèreté, tristesse et brièveté des choses se mêlent harmonieusement dans ce joli roman.
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Ziliz
  18 juillet 2015
Nina vit à Roubaix avec sa mère. Elle quitte doucement l'enfance, commence un apprentissage dans un salon de coiffure. Ce n'est pas vraiment ce dont elle rêve, mais bon... Ça ou l'usine de textile qui emploie la plupart des femmes du voisinage de génération en génération... Nina est une jeune fille douce, docile, rêveuse, insatisfaite. Pas exigeante pourtant : elle aimerait juste revoir son papa qui a disparu après avoir trempé dans des affaires louches, elle voudrait aussi avoir sa mère plus souvent pour elle toute seule, ne pas la partager avec les hommes qui se succèdent dans sa vie, et avec les copines de boulot qui l'accaparent depuis que l'usine est en grève. Que faire pour exister davantage à ses yeux ? Nina profite de son premier jour de congé pour trouver LE cadeau d'anniversaire pour sa mère qui les réunira le temps d'un week-end.
Petit roman mélancolique et sombre. Doux aussi, grâce à la jolie plume de Michèle Lesbre et à quelques moments de grâce, malgré la violence latente. On attend des drames, on en devine certains entre les lignes en italiques dont on se demande parfois si elle correspondent à des rêves, à des fantasmes, ou à la réalité. La fin dissipe ce doute, mais je reste dans un entre-deux : comme Nina qui hésite à garder son secret, je ne sais pas très bien que penser de cette histoire, émouvante et dérangeante, et de ses personnages énigmatiques.
Merci Laurence !
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bibliothequedebracieux
  20 janvier 2014

" - Vous l’avez quand même choisi ce prénom, c’est peut-être papa qui a eu l’idée.

- Ton père? Une idée? Écoute, ma chérie, je n’en sais rien du tout, c’est arrivé comme ça, par hasard. Il te plaît plus ce prénom?

- C’est pas ça, je voulais savoir

- Y a rien à savoir, les prénoms c’est assez mystérieux. Moi je trouve qu’il te va très bien celui-là. (…)

Je ne lui en voulais même pas. Je le ressentais tellement ce hasard qui m’avait posée là, dans cette vie-là; avec cette mère-là, que d’une certaine façon je pouvais admettre qu’elle n’y était pour rien, qu’elle n’avait pas choisi elle non plus. Nina, par hasard, un point c’est tout. "

Nina est apprentie coiffeuse dans une petite ville du nord. Elle vit avec sa mère dont le dernier copain en date vient de partir. Il s’appelait Ricco, Nina ne l’aimait pas beaucoup avant il y avait eu Paul, son camion et de beaux dimanches…Il y eut aussi Bob. Et puis avant le père de Nina, dont elle a de vagues et beaux souvenirs, elle a longtemps espéré qu’il reviendrait la voir.
Il y a aussi l’usine de textiles. La bande des copines de Susy, sa mère. Les rires, la solidarité, les bals du samedi soir, les confidences…
Il y a Delplat. Un vieux beau pas sympathique, le patron de l’usine qui observe tout de sa fenêtre mais qui ne fait rien pour soutenir les ouvrières. Et le contremaître, un sale type qui note des drôles de choses dans son carnet.

" Poste 7, la nouvelle, farouche et bandante,

Belle chute de rein, mais rendement médiocre

A surveiller de près si possible."

L’usine est en grève. Les femmes s’organisent. Elles n’en peuvent plus de tout ce mépris. De ces machines bruyantes qui viennent de prendre 3 doigts à une ouvrière. Des fausses accusations de cette ordure de Legendre et de son carnet rouge.

Nina raconte cette histoire, elle raconte aussi son enfance, ses rêves aussi . Elle a un amoureux depuis l’école primaire, Stéph qui l’adore mais qu’elle n’aime déjà plus…Elle ne veut pas de la vie de sa mère, elle voudrait la sortir de ce monde qui l’use et la met en danger.

C’est une semaine dans la vie de Nina. Des souvenirs, des rires, des drames. La mouette, c’est ainsi que l’appelle son ami Arnold passionné d’oiseaux, rêve de s’évader de cet univers étriqué. Les shampoings et les teintures ce n’est pas son avenir.

L’auteur nous restitue magnifiquement cette atmosphère si lourde, peuplée de moment heureux malgré tout mais aussi de larmes et de fureurs. Il y a de belles figures dans cette histoire, Louise volontaire et tendre, les grands-parents de la petite Nina, juste esquissés mais présent. Tous ces personnages à qui Nina s’est agrippé au sens propre comme au sens figuré.

"Nina par hasard" avance dans cette vie et elle sait où elle veut aller. L’auteur nous fait un beau portrait de cette jeune fille à peine sortie de l’adolescence. L’écriture est précise, les sentiments à fleur de peau. On s’immerge dans cette histoire et l’on pense au poème de Baudelaire " Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle"

Il y aussi une baignoire. Cela ne pourrait être qu’anecdotique, c’est le fil conducteur de cette histoire. Pas très beau que tout cela…
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Sharon
  28 novembre 2011
Autant élucider tout de suite une énigme : Nina s'appelle ainsi « par hasard », sa mère, Suzy, n'a pas d'explication à lui donner à ce sujet. Si j'ai choisi ce livre, vous vous doutez sans doute que le hasard n'y est pour rien.
Nina vit à Roubaix, pas par choix, mais parce que sa mère Suzy s'y est établie après avoir quitté son mari, le père de Nina. Elle est retournée dans la région de son enfance, en quelque sorte, grâce à Louise, son amie, qui lui a trouvé du travail dans l'une des dernières filatures de Roubaix. Des hommes traverseront la vie de Suzy, surtout Ricco. Cet homme, elle « l'a dans la peau », expression que Nina, encore enfant, ne comprend pas. Ce qu'elle comprend, en revanche, c'est qu'elle n'est qu'une « miette » dans la vie de sa mère, qui donnera toujours plus d'importance à ses amours qu'à sa fille. Aujourd'hui, Nina a touché son premier salaire de coiffeuse. Elle cherche un cadeau pour les 41 ans de sa mère, un cadeau qui lui fasse oublier son désastreux dernier anniversaire, la grève, les menaces de licenciement, la solitude.
Quatre jours suffisent pour bouleverser la vie de Nina. Quatre jours et une heure. Elle nous raconte la vie quotidienne qui s'oriente autour d'un point fixe : l'usine. En semaine, les femmes y travaillent et subissent les agissements de leur chef, monsieur Legendre. Dès le matin, elles ne pensent qu'au moment où elles partiront. le soir, elles accomplissent les mêmes gestes routiniers, échangeant des confidences, tissant ainsi des liens socio-affectifs.
Nina se sent encore mise à l'écart, elle les observe mais ne veut pas vivre comme elles. pendant ces quatre jours (dont le quatrième de couverture nous révèle trop), elle revit les événements marquants de sa jeunesse, rythmée par les rencontres amoureuses de sa mère. Chaque fin de chapitre se termine par un court texte en italique, nous éclairant sur l'heure que Nina a passée chez monsieur Desplat, le directeur de l'usine et sur ses rêves, ses aspirations. Si elle s'appelle Nina "par hasard", elle s'identifie beaucoup à la Nina de la Mouette, qui rêve de devenir comédienne.
La fluidité du style de Michèle Lesbre rend particulièrement lisible ce roman que j'ai lu d'une traite. Pourtant, elle montre bien la grisaille, l'abandon progressif de la ville, la peur quotidienne du chômage et du lendemain, la facilité avec laquelle un destin peut basculer. Ce livre était dans ma PAL depuis un an, je crois vraiment que j'ai choisi le bon moment pour le lire. de par son auteur et son sujet, c'est tout naturellement que j'inscris aussi ce livre au défi la plume au féminin
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Peteplume
  23 mars 2016
De tous les romans de Michèle Lesbre que j'ai lus, c'est, à mon sens, le plus abouti, le seul qui, à date, a tenu ses promesses. Il y a des constantes. J'ai retrouvé dès le début l'habileté avec laquelle elle sait nous camper le décor, les personnages, leur milieu social et leurs rêves avortés. J'ai reconnu la tristesse qui se dégage presque invariablement de ses héroïnes encore ancrées dans une enfance qu'elles ont du mal à quitter même si elle n'était pas aussi heureuse qu'elles l'auraient souhaitée.
Ici, le décor c'est Roubaix dans un passé assez lointain pour qu'il y existe encore les usines textiles mais assez proche cependant pour que le travail à la mine ne soit plus qu'un souvenir entretenu encore avec nostalgie par la génération qui meurt. Le milieu social c'est celui des ouvrières, des coiffeuses et des chauffeurs de camion. On y entre avec une affection un peu retenue : les personnages sont attachants (sauf, bien sûr, les patrons un peu caricaturaux) mais on sent un peu la distance que la narratrice met entre eux et nous, comme si on ne pouvait pas complètement les comprendre... J'ose dire que l'intrigue est bien menée, car même s'il n'y a pas de meurtrier à découvrir ni de rebondissement spectaculaire, il y a bien une intrigue au sens de celle qu'on peut trouver dans un roman noir. Et je ne peux qu'admirer la force de l'ensemble du roman qui m'a rappelé, à certains égards, ceux de Sofi Oksanen.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
ZilizZiliz   17 juillet 2015
Elle ne supportait pas le désordre [de mon père], ses mégots et la plupart de ses copains. Surtout un certain Momo, un copain d'enfance, toujours fourré à la maison. "Il est vulgaire, ce Momo !" disait-elle, ou encore : "Quel macho, ton Momo !" C'était vrai, Momo répétait souvent "couilles, nibards, fils de pute, enculés"... Il avait des costumes de toutes les couleurs et sentait l'after-shave.
Papa critiquait les parents de maman, ton père ci, ta mère là. Il n'aimait pas la campagne, il détestait le Nord, les plages du Nord et les couleurs du Nord. Il ne remarquait pas toujours quand elle préparait un nouveau plat, et il ne voulait pas qu'elle travaille. Mais ils aimaient tous les deux Eddy Mitchell, 'Couleur menthe à l'eau', la couleur des yeux de maman.
- Si tu crois que ça suffit dans la vie ! lui criait-elle quand il chantait pour se faire pardonner.
(p. 43)
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ZilizZiliz   16 juillet 2015
C'était mon premier jour de congé, il commençait bien ! Je me disais : "C'est comme un mauvais dimanche, on voudrait tout, il n'y a rien. Les heures passent."
(p. 28)
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bibliothequedebracieuxbibliothequedebracieux   21 janvier 2014
Je le fixais, je ne croyais pas ce que je voyais. Je n'avais pas peur de rencontrer ce regard dont elles parlaient toutes, ces yeux noyés dans les paupières ridées. Des yeux qui, chaque soir, derrière les rideaux de son bureau, surveillaient la sortie des ouvrières. Ces yeux qui n'avaient pas versé une larme lorsque la soeur de Louise avait eu cet accident stupide, trois doigts sectionnés par les ciseaux mécaniques. Trois doigts de la mains droite.
Ces yeux qui, un jour, fixaient sans broncher un homme et son enfant, debout sous la pluie, brandissant une pancarte.
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bibliothequedebracieuxbibliothequedebracieux   21 janvier 2014
Il était grand temps de délivrer ma mère de ce monde qui l'usait, la mettait en danger, et auquel elle finirait peut-être par ressembler en vieillissant.
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JuinJuin   20 janvier 2014
Ma mère et Madeleine étaient parties tôt. Toutes ces démarches imbéciles,après la mort. Tout ce chagrin qu'on ne peut pas vivre tranquille dans son coin. Il faut choisir des fleurs et savoir combien ça coûte. On peut pleurer tant qu'on veut, mais les autres regardent. Et puis, il y a le jour et l'heure. Il faut décider, avoir la force d'y aller, de serrer des mains et de dire merci.
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Videos de Michèle Lesbre (20) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Michèle Lesbre
https://www.librairiedialogues.fr/livre/10978327-chere-brigande-lettre-a-marion-du-faouet-michele-lesbre-sabine-wespieser 5 questions posées à Michèle Lesbre qui nous parle de son livre "Chère brigande, lettre à Marion du Faouët" paru aux éditions Sabine Wespieser. Questions posées par Morgane Ollivier. Réalisation : Ronan Loup.
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