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ISBN : 2848051353
Éditeur : Sabine Wespieser (07/02/2013)

Note moyenne : 3.86/5 (sur 14 notes)
Résumé :
« Victor, le 26 septembre 1989, à sept heures du matin, les portes de la prison de Poissy s’ouvraient pour toi, et la rue te rendait une liberté tardive… Quelques semaines après, le mur de Berlin tombait… Ah, les beaux jours de cet automne-là ! Car il faut bien que les portes s’ouvrent, que les murs s’écroulent, quand ils empêchent les hommes de vivre… »
Michèle Lesbre a rencontré Victor Dojlida à sa sortie de prison et l’a côtoyé jusqu’à sa mort en 1997. Bou... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
fanfanouche24
  15 juin 2014
Le deuxième texte que je lis de Michèle Lesbre, après un souvenir attendri de "Ecoute la pluie"...
Ce deuxième récit parle de la destinée réelle et insensée ,injuste d'un Homme vrai, et fidèle à ses idéaux jusqu'au bout, Victor Dojlida. Nom que je ne connaissais pas le moins du monde jusqu'à une flânerie impromptue à la FNAC, place d'italie ( Paris), après quelques corvées...
J'ai été happée par le 4ème de couverture, pour une fois fort explicite.
Un biélo-russe, né en 1926, arrive en Lorraine en 1929, avec sa famille; il a trois ans.... Il résistera pour la France, sera dénoncé, déporté à Dachau... Quand il revient "miraculeusement" de là-bas.... il trouvera toujours en fonction, le juge et le policier... qui l'ont envoyé à la mort...
Ce n'est pas supportable pour lui ...
Ce livre , même si il est court et ne dépasse pas 100 pages... est très dense... Il exprime de façon lapidaire et justifiée toutes les horreurs et concessions inacceptables du XXe siècle, mais malheureusement de l'histoire humaine, dans son entier !.
Un coup de coeur et de douleur ... que ce livre -hommage de Michèle Lesbre qui a rencontré Victor Dojlida, à sa sortie de prison en 1989, et l'a accompagné jusqu'à son décès, en 1997. Elle exprime merveilleusement sa colère, sa révolte et son admiration envers cet homme qui n'a jamais failli... a résisté jusqu'au bout. Je partage la même admiration envers cet homme, qui en dépit de tous les coups du sort et des indignités qu'on lui a fait subir, est resté DEBOUT...
Volontairement... je vous en dis peu... pour exciter votre curiosité... et que vous ayez envie... d'en savoir plus sur cet homme, et son parcours...en ayant en mémoire que l'insoumission justifiée de cet homme lui a valu 40 ans de prison !!!?
Le style des plus éloquents de Michèle Lesbre rend le parcours de ce résistant encore plus poignant et révoltant
" Quarante ans, c'est le temps qu'il faut à un homme pour atteindre cet âge charnière entre la jeunesse et l'âge mûr. C'est celui que la machine judiciaire a mis pour tenter de te détruire, de casser cette rage irréductible, cette détermination à vouloir refuser la loi qui protège les infâmes, celle qui autorise les hommes à entasser d'autres hommes dans des trains de misère pour les envoyer ensuite au fond des mines, puis dans des trains de détresse qui les conduisent à l'horreur. Cette rage-là me semblera toujours infiniment respectable, bouleversante et tragique.
Une morale..." (p. 93 / Folio, avril 2014)
Je termine cette note de lecture... par une des citations que Michèle Lesbre a choisi de mettre en exergue : "Les morts dépendent entièrement de notre fidélité..." ( V. Jankélévitch, "pardonner" ?), et je suis infiniment reconnaissante à Michèle Lesbre de m'avoir fait connaître la destinée et les engagements de cet homme "immigré"...
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LiliGalipette
  11 février 2013
L'auteure rend hommage à Victor Dojdila, fils d'immigrés polonais qui a passé quarante ans dans les prisons françaises pour un geste malheureux qui hurlait sa colère. Tout ce que voulait Victor, c'était obtenir réparation pour les années passées à Dachau. « Nous avons été bouleversés par cette hargne qui te poussait à vouloir régler tes comptes, jusqu'au bout, jusque dans tes derniers jours. » (p. 12) Victor n'était pas un saint et ce n'est certainement pas ainsi que Michèle Lesbre veut le présenter.
À la mort de Victor, l'auteure a voulu raconter son histoire. Pour ce faire, elle s'est rendue sur les terres d'enfance de Victor, dans une Lorraine plane et lugubre. le récit de son voyage à rebours du passé s'agrémente des souvenirs qu'elle a recueillis auprès de Victor, des textes qu'elle a lus et des souvenirs qu'elle imagine. le destin de cet homme est marqué par un poids qui semble trop lourd à secouer. « Une sentence semblait déjà peser sur toi, cette sorte de discrimination qui jette les gens dans le mauvais camp, et que tout un système y maintient. » (p. 60) Mais Victor Dojlida n'a pas laissé les camps, ni les prisons le briser : si ses actes sont condamnables, sa révolte est noble et digne.
Victor Dojlida est une victime à perpétuité des camps de la mort et d'un État français complaisant avec l'ennemi. « de tes voyages dans la nuit et le brouillard, tu reviendras meurtri et rempli d'une immense colère. » (p. 85) Certes, il n'est pas mort comme des millions d'autres moins chanceux que lui, mais où est la chance quand la justice porte une robe amidonnée pour cacher un uniforme de milicien ?
Admirez le choix de la préposition : Victor Dojlida n'a pas vécu une vie à l'ombre, mais dans l'ombre. La préposition obère la honte de la détention et présente l'homme dont on a retranché la vie derrière des grilles iniques. Je ne saurais trop vous conseiller la lecture de ce texte réédité, très court. La quatrième de couverture, comme souvent sur les livres éditions Wespieser, est trop bavarde : ne lisez que le premier paragraphe – et encore ! – et plongez dans le récit de Michèle Lesbre. D'une plume à la fois affectueuse et poétique, elle trace le portrait d'un homme dont on sent qu'il était un ami.
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Fleitour
  11 juin 2017
A peine sorti du dernier livre de Michèle Lesbre, Chère Brigande, je pioche dans ma pile Victor Dojlida. Comment prendre un livre d'une telle force sans l'amoindrir, l'écorner, sans l'altérer.
On peut prier pour que de tels cauchemars ne se reproduisent pas, mais comment témoigner pour être entendu dans le fracas de notre temps..
Je ne vais pas commenter ce récit, mais laisser s'écrire les mots de Michèle Lesbre, de Victor, et de l'éditeur.
"Le 26 septembre 1989, à sept heures du matin, les portes de la prison de Poissy s'ouvraient pour toi, et la rue te rendait une liberté tardive… Quelques semaines après, le mur de Berlin tombait… Ah, les beaux jours de cet automne-là ! Car il faut bien que les portes s'ouvrent, que les murs s'écroulent, quand ils empêchent les hommes de vivre…"

"J'avais tout de suite pensé à une phrase de Roland Barthes: "il n'est Pays que de l'enfance". Ton enfance, c'était cet avant-guerre, ce monde d'avant ma naissance, ces moments d'histoire qui nous précèdent, dont on hérite sans le savoir et qui vous hantent toute la vie". P54
L' enfance polonaise de Victor, commence par un exode, vers la France. En 32 les grèves éclatent dans les mines de Lorraine où un ouvrier Kostia est tué sous un éboulement, les événements te reviennent en mémoire ? Tu as 6 ans.
Raconter l'horreur «  jusqu'à cette douleur de vivre », était-ce vain ? Tu t'abîmais dans un profond silence. p 27
« Bientôt ce sera ton tour de tomber dans les mailles du filet, tu es arrêté le 23 février 44. »
"L'homme qui t'a dénoncé était donc un fonctionnaire irréprochable ! Mais l'obéissance est une étrange vertu lorsqu'elle camoufle le pire." P 69
Tu as 19 ans quand tu reviens de Buchenwald où ton ami Stanis est resté. Ce seront que de mauvais tirages, de mauvaises retrouvailles, face à ceux qui ont sali leur fonction. « Ah ces bandits polonais ! » disait-on à l'époque.
"De tes voyages dans la nuit et le brouillard, tu reviendras meurtri et rempli d'une immense colère. " p. 85 « Nous avons été bouleversés par cette hargne qui te poussait à vouloir régler tes comptes, jusqu'au bout, jusque dans tes derniers jours. » p 12.
A 14 ans tu rentrais aux FTP, Victor Dojlida est à lui seul plusieurs destins, un personnage hors du commun, un être attachant qu'il faut décrypter, une figure assez symbolique de notre XX ème siècle, à nous maintenant de le faire revivre, il faut y mettre ses mots, comme nous le montre si justement Michèle Lesbre.
Inoubliable Victor Dojlida .

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Missbouquin
  15 janvier 2013
Ce texte se présente comme un monologue à destination de Victor Dojlida, 64 ans, dont 40 ans derrière les barreaux. Loin d'être une biographie, Michèle Lesbre dévoile peu à peu ce qu'elle sait de ce Juif polonais, revenu de déportation puis condamné pour 2 braquages. Rencontré en 1989, elle a gardé contact avec lui jusqu'à sa disparition en 1997. Un homme fascinant, qui n'a jamais courbé la tête, qui n'a jamais oublié et qui n'a pas supporté de retrouver des collabos dans l'administration française, réintégrés après la guerre . . . «De tes voyages dans la nuit et le brouillard, tu reviendras meurtri et rempli d'une immense colère ».
On sent une certaine fascination, voire une admiration pour cet homme qui a donné sa vie pour ses idées, et l'a payé très cher. « Plus je te connaissais, plus ta vie me devenait familière, plus je mesurais à quel point elle illustrait ce pathétique anonymat des vies dites ordinaires et qui font le terreau des héros symboliques, de ceux dont les noms chargés de gloire émaillent notre histoire. Une vie dans l'hombre de ces figures emblématiques de la Résistance, du courage et de la détermination, une vie comme des milliers d'autres, inconnues, oubliées. Des héros très discrets. Des vies disparues. »
En bref, un roman atypique, réédité par Sabine Wespieser car devenu introuvable depuis sa première publication en 2001 aux éditions Noesis.
Lien : http://missbouquinaix.wordpr..
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bibliothequedebracieux
  13 juin 2014
Un récit de Michèle Lesbre tout en émotion sur les traces de Victor Dojlida, immigré, résistant et condamné à 40 ans de prison.
Un drôle d'itinéraire pour ce garçon qui arrive de Biélorussie à l'âge de 3 ans, entré au FTP-MOI à 14 ans, arrêté ( sur dénonciation) et déporté à 18 ans. A son retour Victor réglera ses comptes lui-même. Et sera très sévèrement condamné.
L'auteur qui a rencontré plusieurs fois Victor Dojlida, remonte le fil de son histoire, retourne dans le pays de son enfance, dans cette région morne et plane, gorgée d'eau et aux usines abandonnées. C'est un long monologue adressé à cet homme décédé. Pas une réhabilitation, juste une remise en mémoire de ce que fut la vie de ces hommes qui ont cru à la France et qui ont été broyés par l'injustice. Victor n'était pas un tendre certes, mais il ne méritait sûrement pas de vivre une telle disgrâce.
"En 1948, l'Est républicain titrait :
Aux assises de Meurthe-et-Moselle Dojlida le bandit.
Et dans l'article on pouvait lire : "criminel-né"
Tu sortais des camps de concentration. Tu n'a jamais été condamné pour meurtre…Tu revenais à peine de ce cauchemar de la guerre qui t'avait arraché à l'adolescence. Mais, avant même que ce cauchemar commence, une sentence semblait déjà peser sur toi, cette sorte de discrimination qui jette les gens dans le mauvais camp, et que tout le système y maintient."
Un livre très fort, juste un peu court. On aimerait en savoir un peu plus sur cet homme au destin incroyable. Michèle Lesbre d'une écriture retenue nous raconte Victor, son enfance, ses parents, son combat et sa colère.
"Certains et certaines, une fois la paix revenue, ont tenté d'oublier, le plus souvent sans y parvenir. Toi, tu n'as jamais voulu."
Une vie dans l'ombre mise en lumière et c'est douloureusement triste et révoltant.
Lien : http://bibliothequedebracieu..
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   13 juin 2014
C'est cela qui me semble intéressant dans les vies, les trous qu'elles comportent, les lacunes, parfois dramatiques. C'est peut-être dans ces trous que se fait le mouvement, comme percer le mur, pour cesser de se cogner la tête, disait Gilles Deleuze dans -pourparlers- (Folio, avril 2014, p.26)
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JuinJuin   04 février 2014
Le long du fleuve, dans les champs, les arbres abattus ne sont plus abandonnés dans le cruel désordre où je les avais vus en février. La plupart sont maintenant alignés, entassés, et cet ordre m'évoque la morne résignation des cimetières militaires, nombreux dans la région, avec leurs croix blanches et anonymes, si sages sous le ciel approbateur. Les champs de bataille ne doivent-ils pas devenir au plus vite des champs d'honneur?
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fanfanouche24fanfanouche24   14 juin 2014
Ta fidélité en amitié et en amour, outre qu'elle était émouvante, t'avait probablement sauvé du naufrage (Folio, avril 2014, p.63)
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fanfanouche24fanfanouche24   13 juin 2014
J'avais tout de suite pensé à une phrase de Roland barthes: "il n'est Pays que de l'enfance"
Ton enfance, c'était cet avant-guerre, ce monde d'avant ma naissance, ces moments d'histoire qui nous précèdent, dont on hérite sans le savoir et qui vous hantent toute la vie. (Folio, avril 2014, p, 54)
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JuinJuin   02 février 2014
Ces gamins là n'en sont plus, ils ont entre quinze et dix-huit ans, la guerre les a promis à des responsabilités d'adultes. Certains mourront avant d'avoir eu le temps de l'être. Ils sont italiens, polonais,yousgoslaves, arméniens, espagnols. Beaucoup sont juifs et communistes, et ils se battent aux côtés des français, pour des idéaux sans frontières.
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Videos de Michèle Lesbre (20) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Michèle Lesbre
https://www.librairiedialogues.fr/livre/10978327-chere-brigande-lettre-a-marion-du-faouet-michele-lesbre-sabine-wespieser 5 questions posées à Michèle Lesbre qui nous parle de son livre "Chère brigande, lettre à Marion du Faouët" paru aux éditions Sabine Wespieser. Questions posées par Morgane Ollivier. Réalisation : Ronan Loup.
Retrouvez nous aussi sur : Facebook : https://www.facebook.com/librairie.dialogues Twitter : https://twitter.com/dialogues Instagram : https://www.instagram.com/librairiedialogues
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