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ISBN : 2081338203
Éditeur : Flammarion (13/03/2014)

Note moyenne : 3.64/5 (sur 42 notes)
Résumé :
Avec Filles impertinentes Doris Lessing nous livre le récit poignant de sa genèse et de sa jeunesse. Elle s'y dévoile sous un jour nouveau et met toute sa puissance de conteuse au service d'un sujet universel : les relations mère-fille. Mordant, plein d'esprit et porté tout au long par une franchise hors du commun, Filles impertinentes est également l'autoportrait saisissant d'un des écrivains les plus libres de son époque.
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
fanfanouche24
  18 mars 2014
Un inédit de Doris Lessing, auteure découverte il y a bien longtemps avec le « Carnet d'or » !!!
Ce texte très court n'en est pas moins dense, et assez douloureux. le prix Nobel de Littérature y raconte son enfance, ses rapports difficiles et houleux avec sa mère, un père qu'elle adorait, mais qui avait été profondément traumatisé par la première guerre.
Ses difficultés de rapport avec cette mère énergique, autoritaire, mais pétrie de conventions, ayant à sa décharge, aussi supporté moult épreuves, ont été telles que la narratrice parle le plus souvent d'elle à la troisième personne… pour mettre à distance… en quelque sorte des rapports complexes, jamais pacifiés…
« Nous parlons sans cesse du fossé entre les générations. Mais fut-il jamais aussi marqué qu'entre la génération de mes parents et la mienne , Ils croyaient que l'Empire britannique était la plus grande puissance au service du bien existant au monde, et que Dieu était aussi de cet avis. Que les blancs étaient supérieurs à tous les hommes d'autres races, et que le peuple anglais était supérieur à tous les autres peuples blancs. Que la minorité blanche dans les colonies était là, avec l'assentiment de Dieu, pour civiliser et faire progresser les indigènes. Ils croyaient au Devoir. Au patriotisme. A l'Amour du travail bien fait. A la pérennité du mariage. A la vie de famille » (p.122)
Ce récit me fait songer à maints égards à un autre texte autobiographique d'une dame, écrasée par la personnalité très forte d'une mère, … je parle de Marguerite Duras, avec ce texte exceptionnel, « Un
Barrage contre le pacifique »…
Doris Lessing raconte… reconnaît son injustice envers sa mère…Mais aussi la nécessité « vitale » de s'affranchir de cette personnalité trop forte et rigide…dans un contexte colonial, de surplus .
« Ce qui m'inquiète aujourd'hui, c'est que mes pensées n'ont guère évolué depuis lors. D'un côté, cette pauvre femme n'avait commis d'autre faute que d'avoir connu une série de malheurs, à commencer par la mort de sa mère quand elle avait trois ans, et elle méritait d'être aimée, soutenue, entourée de tendresse. Pourtant je devais la combattre à tout instant, autrement elle n'aurait fait qu'une bouchée de moi. (p.130) »…
De nombreux éléments de cette enfance très riche en émotions , familialement et socialement ( par cette implantation en Rhodésie, dans une société à l'opposé de leur milieu d'origine : l'Angleterre bourgeoise et guindée…)expliquent l'esprit extrême d'indépendance de cet écrivain. Après ce récit… je lirai ou relirai ses textes , avec une autre attention, un regard autre….un texte très court mais qui narre mille choses d'une génération, d'une époque… d'une vision du monde, d'êtres fracassés par la guerre.
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artemisia02
  21 octobre 2017
Livre autobiographique sur les relations de l'auteure avec sa mère, relations qui n'ont jamais été formidables. Pourtant Doris, adulte, va essayer de comprendre les réactions de sa mère vis à vis d'elle.
Doris n'était pas une enfant facile et s'est révélée être une adolescente tout en rébellion et ce ne sont pas ses deux mariages et ses deux divorces qui ont amélioré le point de vue de sa mère sur sa fille.
Pour cela Doris remonte aux origines de sa famille, une famille bourgeoise emplie de tous les codes de la bourgeoisie anglaise, une façon d'être, de penser, de se comporter, des conventions que sa mère s'évertue à appliquer au fin fond de la Rhodesie du sud (actuel Zimbabwe ), car Doris a grandi dans ce pays loin de son Angleterre natale.
Ses parents emportent dans ce voyage des blessures physiques et psychologiques liées à la première guerre avec un père soldat et une mère infirmière.
Un livre intéressant sur une mère représentant l'empire britannique déclinant et une jeune fille rebelle, libre, représentant une nouvelle génération qui aspire à tout autre chose.
Un rendez vous mère fille manqué, un livre très instructif et très pertinent.
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Aela
  13 avril 2014
Dans ce récit autobiographique très sensible, Doris Lessing évoque sa jeunesse dans une famille de la « middle class » britannique du début du 20 ème siècle.
Son père a survécu à la guerre de 1914, mais y a perdu une jambe.
Sa mère est obsédée par le maintien de son statut social et n'a qu'une crainte, qu'elle ou ses enfants vivent une forme de déclassement.
La famille habite d'abord en Perse où le père a un poste important dans le secteur du pétrole ; ensuite direction l'Afrique Australe où Doris va découvrir un monde fabuleux et sera passionnée par la nature africaine.
Le récit est court mais très dense, c'est une évocation très intéressante de la société britannique du début du 20 ème siècle avec ses préjugés, ses duretés et ses hypocrisies.
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Nadael
  07 avril 2014
Ce récit autobiographique de Doris Lessing qui paraît pour la première fois en France a été écrit au début des années quatre-vingt. de sa naissance en Perse (Iran) en 1919 à la parution de son livre Vaincue par la brousse en 1950, l'auteure raconte trente ans de sa vie ; la rencontre de ses parents, leur origine sociale (sous l'ère Victorienne), les relations conflictuelles qu'elle a toujours entrenues avec sa mère, son impertinence envers le puritanisme, sa liberté, son anticonformisme, son anticolonialisme, ses engagements politiques (adhésion au parti communiste)...
On entrevoit dans ce récit le grand écrivain que sera Doris Lessing, on comprend son cheminement vers l'écriture, son combat contre l'injustice et l'intolérance.
Son père, mutilé de guerre (amputé d'une jambe) rencontre sa future femme sur le front. Issue de la bourgeoisie, elle était devenue infirmière pour s'occuper des autres et surtout pour être aimée, ayant reçue une éducation rigide sans affection. À la fin des hostilités, lui n'a qu'un désir : quitter l'Angleterre au plus vite. Affaibli physiquement, touché moralement, il en veut terriblement au gouvernement anglais. le couple part en Perse où l'attend un poste de directeur dans un grand établissement bancaire. Sa femme est ravie, elle emporte avec elle une malle emplie de robes de soirée.
Mais rapidement, les désillusions de sa mère vont émerger : la déception tout d'abord de donner naissance à une fille, et la toquade de son mari de partir pour l'Afrique... Les voilà dans une ferme (culture de mais et tabac) en pleine brousse entourés par une faune sauvage, vivant dans une ferme décrépite, isolés (les premiers voisins sont à dix kilomètres)... Endettés au bout de cinq ans, lui n'est plus que l'ombre de lui-même – avec une occupation pourtant : la recherche d'or – elle, qui aimait tant parader s'ennuie mortellement. Elle envoie sa fille en pension, que celle-ci quitte de son plein gré à quinze ans, commence à écrire, enchaîne plusieurs petits métiers (qui font honte à sa mère), se marie, a des enfants, divorce, se remarie, donne naissance à un autre enfant, devient communiste,... Inutile de dire que sa mère est outrée de la vie dissolue de sa fille...
Le regard que pose Doris Lessing sur son histoire et sur sa mère en particulier est empli de sincérité, ce qui rend ce livre très émouvant. Au commencement du récit, elle utilise les mots de « colère » et « pitié » quand elle parle de sa mère. Au fur et à mesure, au gré des souvenirs d'enfance, et avec ses yeux d'adultes, elle apporte des nuances, elle comprend que celle-ci avait eu une vie douloureuse. Cet affrontement mère-fille est d'autant plus poignant que l'oeuvre de l'auteure sera marquée par cette relation tumultueuse.

Lien : http://lesmotsdelafin.wordpr..
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clairejeanne
  14 mai 2014
Eblouissante et clairvoyante Doris Lessing quand elle dissèque les "ressentis": les siens et ceux de sa mère essentiellement. Ce livre écrit dans les années quatre-vingt, qui vient seulement d'être publié en français, est un récit de la jeunesse de l'auteure et de sa relation - tumultueuse - avec sa mère. Une enfance originale, d'abord en Perse puis en Afrique, auprès de parents qui n'attendent pas du tout la même chose de la vie: le père, un ancien combattant de la première guerre mondiale, au cours de laquelle il a perdu une jambe et a été soigné par sa future femme, est tout le contraire du mondain; c'est un homme qui a une importante vie intérieure, une grande largesse de vue et d'esprit, mais finalement aucun sens pratique; comme beaucoup de ses compatriotes, il lui était impossible de revivre en Angleterre après la fin de la guerre. La mère, Emily Maude, est issue de la grande bourgeoisie anglaise: "Ma mère était le produit d'un lieu et d'un temps: Londres, la Grande-Bretagne, l'Empire britannique". Elle était très intelligente et plutôt rebelle dans sa jeunesse, elle décida par exemple de faire des études d'infirmière contre l'avis de son père; et on retrouvera cette attitude plus tard, mais de sa part à elle et contre ce que veut faire sa fille. Elle aime les belles tenues, les mondanités, rêve d'une vie dans la société londonienne. Enceinte, elle attendait un garçon et ce fut ... Doris. le petit frère, Harry né deux ans et demi plus tard, fut lui, passionnément aimé; "Le vrai problème, c'était qu'elle n'avait pas d'affinité avec moi. Ce n'était pas sa faute. Je ne puis imaginer quelqu'un moins capable que moi de lui plaire. Mais elle ne l'aurait jamais reconnu. Une mère aime son enfant, un enfant aime sa mère - un point c'est tout !" Une ferme loin de tout en Rhodésie, un mari affaibli, de plus en plus malade qui s'obsède sur la recherche de l'or au lieu de travailler à sa ferme, des enfants qui ne souhaitent rien tant que courir dans la jungle comme des petits sauvages ... D. Lessing reconnaît à sa mère une force et un courage hors du commun pour lutter contre tout ce que la vie lui fait endurer; c'est ce qui est aussi très intéressant dans ce récit, le regard de l'adulte qui éclaire et adoucit les souvenirs de l'enfant; "A présent, je comprends très bien son état d'esprit. Elle souffrait de ce mal fréquent chez les gens arrivés au milieu de leur vie, qui ont l'impression que tout leur échappe. Il lui semblait qu'elle ne pouvait rien saisir ni retenir." Et jusqu'à la fin de la vie de sa mère, D. Lessing vécut d'une façon qui l'ulcérait et qu'elle croyait destinée à la blesser. C'est un récit sans concession que nous livre Doris Lessing qui prend clairement sa part de responsabilité dans l'échec de cette relation; comme le constat d'une impossibilité dès le départ qu'il puisse y avoir jamais entente entre elles deux.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   17 mars 2014
Autant le dire une fois pour toutes: mes souvenirs de ma mère sont marqués par un antagonisme, une révolte, un sentiment d'exclusion, à quoi s'ajoutait la souffrance de voir que le bébé né deux ans et demi après moi était passionnément aimé, contrairement à moi. (...)
Le vrai problème, c'était qu'elle n'avait pas d'affinité avec moi. Ce n'était pas sa faute. Je ne puis imaginer quelqu'un moins capable que moi de lui plaire. Mais elle ne l'aurait jamais reconnu. Une mère aime son enfant, son enfant aime sa mère-un point c'est tout ! (p.35-36)
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fanfanouche24fanfanouche24   18 mars 2014
Mon frère est récemment venu d'Afrique me rendre visite et nous avons parlé de notre enfance, dans cette vieille chaumière en pleine brousse. Quelle chance prodigieuse !
Nous étions sur des terres qui n'avaient jamais été cultivées auparavant, dans une brousse encore épargnée par les imbéciles blancs ou noirs, entourés d'une faune sauvage, libres de vagabonder à notre guise sur des milliers d'hectares, en jouissant de notre trésor le plus précieux, la solitude...

Mais notre mère restait éveillée la nuit, malade de chagrin parce que ses enfants étaient déshérités, n'étaient pas des bons petits bourgeois dans une banlieue quelconque de Londres. (p.89)
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fanfanouche24fanfanouche24   18 mars 2014
C'était comme si souvent, quand meurent des vieillards-tout le monde sait qu'ils ne seraient pas morts s'ils avaient réellement eu de quoi s'occuper, s'ils s'étaient sentis désirés, si quelqu'un avait eu besoin d'eux. (p.137)
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artemisia02artemisia02   21 octobre 2017
Ma mère, Émily Maude, était l'aînée des enfants. Elle fut suivie de l'oncle John, puis de Muriel, laquelle se déshonora - et couvrit de honte la famille - en réintégrant la classe ouvrière par son mariage. Ce qui n'était guère surprenant, jugeait ma mère, car Muriel s'était toujours plu avec les domestiques. En d'autres termes, elle ne se plaisait pas dans l'atmosphère d'effort et de compétition imposée par l'exigence de progresser et de réussir.
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NadaelNadael   07 avril 2014
« Nous parlons sans cesse du fossé entre les générations. Mais fut-il jamais aussi marqué qu'entre la génération de mes parents et la mienne ? Ils croyaient que l'Empire britannique était la plus grande puissance au service du bien existant au monde, et que Dieu était aussi de cet avis. Que les Blancs étaient supérieurs à tous les hommes d'autres races, et que le peuple anglais était supérieur à tous les autres peuples blancs. Que la minorité blanche dans les colonies était là, avec l'assentiment de Dieu, pour civiliser et faire progresser les indigènes. Ils croyaient au Devoir. Au Patriotisme. À l'amour du travail bien fait. À la perennité du mariage. À la vie de famille. »
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Doris Lessing, the Nobel prize-winning author of more than 50 books including "The Golden Notebook" and "The Grass is Singing", dies at the age of 94.
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