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Marianne Véron (Traducteur)
ISBN : 2253064629
Éditeur : Le Livre de Poche (01/09/1993)

Note moyenne : 3.82/5 (sur 225 notes)
Résumé :
Pour Harriet et David, couple modèle, qui a fondé une famille heureuse, l'arrivée du cinquième enfant inaugure le temps des épreuves. Fruit d'une grossesse difficile, anormalement grand, vorace et agressif, Ben suscite bientôt le rejet des autres enfants, tandis que les parents plongent dans la spirale de l'impuissance et de la culpabilité. La romancière du Carnet d'or, prix Médicis étranger 1976, mêle ici de façon impressionnante réalisme et fantastique, dans une f... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (40) Voir plus Ajouter une critique
viou1108
  03 juin 2014
Lu dans le cadre du challenge Nobel.
Harriet et David étaient faits pour se rencontrer. Personnalités semblables, un peu ternes, même conception de la vie, conformistes, ils rêvent de fonder la famille idéale, nombreuse, chaleureuse, un vrai foyer de convivialité. Et donc, ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants.
Mais surtout ne vous imaginez pas que le reste de l'histoire est un conte de fées tout en roses et violettes. Cela n'aurait aucun intérêt. Sous des apparences heureuses, c'est au contraire le début d'une descente aux enfers.
Cela commence par la maison, immense, achetée sur un coup de coeur malgré la dépense déraisonnable. Puis Harriet qui tombe enceinte et doit renoncer à travailler. Mais le jeune couple peut compter sur l'aide de la famille. Et après quelques années, le rêve semble en passe de se réaliser, malgré l'épuisement d'Harriet et la crise financière des années 70 : les 4 enfants sont adorables, la maison grouille de monde à chaque période de vacances.
C'est alors que, malgré les précautions, Harriet comprend qu'elle attend un cinquième enfant, et que la grossesse va mal se passer. le foetus fait preuve d'une force et d'une rage inouïes, torturant sa mère de l'intérieur comme s'il voulait se venger de ne pas avoir été désiré. A sa naissance, cet enfant étrange provoque le malaise, puis la peur, de son entourage. Différent, froid, ne manifestant aucune émotion hormis des accès de rage destructrice, sa mère voit en lui un monstre venu des temps anciens.
Difficile d'en dire plus sur cette graine de sociopathe sans dévoiler la trame de l'histoire, mais sachez que ce roman est brillant. Mais brillant comme l'acier, et tout aussi glacial. En moins de 200 pages, il amorce plusieurs pistes de lecture : sort réservé aux enfants « différents » dans la famille, à l'école, dans la société. Dilemme d'une mère qu'on culpabilise d'avoir enfanté ce monstre, tiraillée entre un reste d'instinct maternel et une aversion pour son rejeton, entre cet enfant qui la phagocyte littéralement et le reste de la fratrie délaissée. Désarroi du corps médical, résistance du couple. On s'interroge aussi sur la nature du Mal, inné ou acquis, sur son origine. Pourquoi un tel coup du sort sur cette famille parfaite ? Critique féroce de la middle-class britannique trop orgueilleuse et condescendante ? Métaphore de la crise économique et des années sombres de l'IRA dans lesquelles le pays va bientôt basculer ?
Ce roman court mais très riche ne fait pas vraiment dans le bon sentiment. Réaliste et sans fioritures, il se lit comme un thriller. Angoisse et malaise suintent à toutes les pages. Il est saisissant, effrayant. En peu de mots, il vous marque pour longtemps. Je pense que c'est ce qu'on appelle le talent…
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palamede
  25 août 2014
Harriet et David travaillent dans la même société, elle est graphiste et lui architecte. Ils s'aiment, décident de se marier et se promettent d'avoir beaucoup d'enfants.
Pour accueillir leur future grande famille, leur choix s'est arrêté sur une immense bâtisse dans la banlieue de Londres. Rapidement les grossesses se succèdent dans une maison joyeuse toujours pleine, les fêtes de famille réunissant les parents ainsi que frères et soeurs du couple, chacun attiré par l'harmonie qui y règne. La naissance de Ben, le cinquième enfant, arrivé trop vite après la dernière naissance, fait basculer la vie de tous dans un malaise aussi puissant qu'indéfinissable. Déclaré normal par les médecins, Ben ne ressemble pas à un bébé classique et allie une force inouïe à une grande violence, d'ailleurs sa mère ne peut s'empêcher de le comparer à un troll.

Ce roman n'est pas sans rappeler Rosemary's baby, même si Ben n'est pas l'émanation du Diable comme dans la nouvelle d'Ira Levin, il transforme la vie familiale en enfer. Avec une tension allant crescendo, le Cinquième Enfant nous plonge dans un monde d'autant plus effrayant qu'il est banal : celui des enfants inadaptés, mal acceptés dans une société conservatrice et individualiste où l'animalité de Ben, présente en tout homme, ne peut s'exprimer que par la violence. Une très belle fable de Doris Lessing sur le mythe de la famille parfaite.
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Yassleo
  29 novembre 2015
La famille revue et corrigée par la grande Doris Lessing.
Harriet et David Lovatt forment le couple parfait. Envie d'une grande maison, ils achètent une grande maison. Envie d'être entourés de leurs proches, pas de problème on les réunit à Noël, Pâques et les vacances d'été dans la grande maison. Envie d'une grande famille, allez zou, on enchaîne les gosses, et un, et deux, et trois, et quatre.
Purée, mais ça demande du boulot tout ça quand même. Heureusement grand-mère Dorothy est là pour faire la nounou et grand-père James pour subvenir aux besoins.
Alors? Mais on continue pardi. Et hop, de cinq. Ben. L'enfant de trop... flûte, pas comme les autres celui-là. Laid, brutal, asocial, limite sociopathe. Et la théorie du bonheur vient de prendre un sacré coup dans sa face. 
La quiétude du foyer s'effrite, les rires s'éteignent, l'enthousiasme des premières années laisse place aux doutes et aux tensions, la famille explose. Boum.
Doris Lessing, par sa plume magique, nous entraîne dans la descente aux enfers de ce couple. Pas de grand discours, pas de jugement, juste un regard précurseur sur la place de la différence dans la société. Les liens sociaux et familiaux sont decortiqués jusqu'à la moëlle, les relations humaines apparaissent dans toute leur complexité.
Véritable tour de force en si peu de pages.
Et le personnage de Harriet, tiraillé entre amour et devoir maternels et son profond dégoût de ce cinquième enfant, est tout simplement une perle de la littérature contemporaine.
Famille digne de Confessions Intimes: au secours, notre foyer est en péril.
Mais surtout auteur digne d'une reconnaissance internationale. Genre un prix Nobel tiens. Ah c'est déjà fait?
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pyrouette
  14 septembre 2014
L'enfer de cette femme et mère est très bien décrit par l'Auteure. Pourtant Harriet et David énerve tout leur entourage. Ils veulent être heureux, habiter une grande maison et avoir beaucoup d'enfants. Un conte de fée moderne ou l'antichambre de l'enfer ? Tout commence bien : les grossesses d'Harriet se succèdent, grâce à l'aide financière de leurs parents, ils réussissent à acheter leur maison grandiose et cette dernière sert de maison familiale de vacances pour les cousins et la famille. Ils sont critiqués ouvertement et l'annonce de la cinquième grossesse d'Harriet n'arrange rien. Malheureusement après une gestation horriblement douloureuse et cauchemardesque, Harriet met au monde un enfant différent. Les médecins le trouveront normal année après année, il mange bien, grandit bien, est fort et vigoureux et le fait qu'il ne parle pas ne veut rien dire. L'aide qu'ils refuseront à cette femme décuplera son sentiment de culpabilité. Bon inutile de vous dire que la famille s'est détournée d'eux, la différence fait peur, et même les autres enfants feront tout pour quitter la maison. La cellule familiale va éclater après bien des aventures et malgré les années. J'ai souffert pour Harriet mais pas une seule page ne m'a donné l'envie de fermer le livre, bien au contraire. Je voulais savoir si, à un moment ou un autre quelqu'un tendrait la main à cette femme.

Challenge prix Nobel 7/12
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Junie
  14 février 2012
ce roman fait partie de ceux qu'on n'oublie pas; la présence d'un enfant différent au sein d'une famille jusque là sans histoire va faire exploser le cadre des relations. Une mère affectueuse devient pleine d'angoisse et de haine, un père exemplaire traite son fils comme une bête sauvage, un enfant devient violent, asocial et criminel.
Et pourtant nous sommes fascinés par le destin de cette créature souffrante, qui ne trouve sa place nulle part. Il ne trouve que la mort, après des années d'exclusion et d'exil
"Frères humains qui après nous vivez, N'ayez les coeurs contre nous endurcis.....De notre mal, personne ne s'en rie, Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre!"
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Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   27 mars 2014
Harriet et David partageaient cet instant avec eux, communiquaient avec eux par l'imagination et la mémoire, du fond de leur propre enfance : ils se voyaient clairement, deux adultes assis là, domptés, domestiqués, pitoyables même dans leur éloignement de la sauvagerie et de la liberté. (Albin Michel, 1990, p.117)
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pyrouettepyrouette   06 septembre 2014
Ils défendaient obstinément une certaine vision d'eux-mêmes, qui était la banalité et le droit à la banalité, sans pour autant avoir à subir de critiques pour leurs exigences émotionnelles et leur abstinence simplement parce que c'étaient là des qualités passées de mode.
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Peluche0706Peluche0706   15 novembre 2013
Ce matin-là, couchée dans le noir avant le réveil des enfants, elle avait senti des coups dans son ventre, réclamant son attention. Incrédule, elle s'était redressée à moitié pour regarder son ventre encore plat, mais mou, et avait senti le tapotement impérieux, comme un petit tambour.
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pyrouettepyrouette   12 septembre 2014
On eût dit que les tensions de sa vie l'avaient dépouillée d'une couche de chair - pas de vraie chair, mais peut-être d'une substance métaphysique et invisible, insoupçonnée jusqu'à sa disparition.
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VioletteBeauregardVioletteBeauregard   18 octobre 2011
L'offrande au monde de quatre petits humains ne l'avait guère changée. Elle trônait au bout de la table, le col de son chemisier bleu largement écarté, laissant voir un peu de son sein blanc veiné de bleu, et la tête de Paul qui tétait énergiquement. Elle serrait les lèvres dans une moue caractéristique, et observait tout, : c'était là une jeune femme saine et séduisante, pleine de vie. Mais fatiguée...
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Doris Lessing, the Nobel prize-winning author of more than 50 books including "The Golden Notebook" and "The Grass is Singing", dies at the age of 94.
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