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ISBN : 9782081257757
Éditeur : Flammarion (12/10/2011)

Note moyenne : 3.55/5 (sur 19 notes)
Résumé :
Quatrième de couverture:
Au terme de sa longue vie, Goethe affirmait qu’il venait tout juste d’apprendre à lire. Dans ce recueil des meilleurs essais de Doris Lessing, rassemblés pour la première fois, on retrouve la sagesse et la passion d’un auteur qui a elle-même appris, au cours de son intense et longue vie, à lire le monde autrement. Depuis les expériences sexuelles secrètes de Tolstoï jusqu’aux mystères du soufisme, en passant par la critique des grands... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Bookycooky
  11 avril 2017
"Le Temps mord" est un passionnant recueil d'articles de Lessing, particulièrement centré sur la littérature, la seule croyance qu'elle garda à la fin de sa vie, -"les livres m'ont faite ce que je suis".-
Les sujets sont aussi divers que colorés; de la Vieillesse, à Jane Austen et sa conception de la liberté de la femme, une notion abscons à l'époque / de la vraie personnalité de Virginia Woolf qui transparaît tout autre dans son oeuvre, au " féminisme simple et naïf "de D.H.Lawrence / de la vie sexuelle insatiable de Tolstoy ( 13 enfants dont 9 survécurent ) qui prône en bon chrétien l'abstinence sexuelle, à l'utilité pratique de la littérature / de la tyrannie du "politiquement correcte", à l'accaparement des sources vives du savoir et de la sagesse par des institutions religieuses de toutes sortes (L'ecclésiaste ) / de Boulgakov ( un de mes écrivains de prédilection )qu'elle qualifie de " grand écrivain de science fiction"( moi qui ne l'ai jamais considéré tel, plutôt écrivain d'un fantastique et d'un imaginaire, parabole sur la nature du communisme soviétique) et sur lequel elle pose la question de, s'il
"aurait recouru à l'allégorie et le camouflage s'il n'avait pas été soumis à la censure ?",
à Anna Kavan, romancière anglaise dont l'oeuvre est la métaphore de sa vie......
L'article sur Boulgakov est un bel hommage faites à l'écrivain. Qui ne connaît pas encore ses oeuvres , à sa lecture n'aurait qu'une envie, le découvrir au plus vite.
Alors que dans un autre article sa pique à Graham Greene est vénéneuse, -"On ne peut s'empêcher de penser qu'il s'est converti au catholicisme afin d'avoir un terrain propice où épanouir son don pour les satisfactions lugubres de la culpabilité."-
Une pique aussi à Virginia Woolf, à propos de son oeuvre initiatique, des textes de "La maison de Carlyle ", qu'elle admire pourtant comme écrivaine ,-"Il est toujours instructif de voir sur quelles grossièretés originelles un écrivain a conquis son équilibre –sa maturité.-"

Doris Lessing est un electron libre, une liberté qu'elle a payé au prix fort, une liberté de pensée que j'admire.
Sans concession elle nous livre ses réflexions sur divers grands auteurs et leurs livres ( dont quelques inconnus, du moins pour moi ), des sujets sociaux et politiques, les grand maux de ce monde et sur ses passions, entre autres, le soufisme et les chats.......intelligent, brillant !
Un livre fort intéressant que je recommande vivement, et par la même occasion, voudrais conseiller la lecture passionnante de deux de ses livres autobiographiques,
" Dans ma peau " et " La marche dans l'ombre ", si ce n'est déjà fait.

« J'ai ma Voie qui me suffit, en accord avec ma place dans le monde et dans la partie du monde où je me trouve. »( propos de derviche )
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mireille.lefustec
  18 juillet 2016
Un bel ouvrage qui ne se lit pas d'une traite puisqu'il n'est pas un roman, mais quel plaisir d'en apprécier la qualité de l'écriture , de découvrir des auteurs que je ne connaissais pas et toutes les réflexions mesurées et sensées que je savoure au fil des pages.
Un achat que je ne regrette pas !!
Je limite les phrases que j'ai envie de recopier : il y en a trop
je laisse seulement dépasser les papiers marque-pages qui me permettront de les retrouver aisément.
"Un livre hérisson" comme dirait une amie blogueuse !
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ileana
  09 septembre 2017
Des fonds de tiroir et de textes de commande ennuyeux à mourir. Un exemple, le fragment sur la nouvelle La Sonate à Kreutzer de Tolstoï. Il s'agit d'une préface datant de 2005. Sur une dizaine de pages, Lessing évoque la bio du romancier russe - des lieux communs : il est question notamment du conflit entre ses pulsions et son exigence morale.
Pareil pour la préface à Souvenirs d'égotisme de Stendhal datant de 2003 – les critiqueurs et critiqueuses de babelio font dix fois mieux.
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nbocklandt
  10 juin 2018
Une critique acerbe et lucide des écrivains de son temps. Doris Lessing nous parle avec franchise, après tout, elle peut se le permettre.
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critiques presse (3)
Lexpress   04 novembre 2011
Le temps mord, c'est aussi une incursion dans l'intimité de la romancière (sa chambre sous les combles, ses chats adorés) et c'est surtout une exploration de son jardin secret: tous les auteurs qu'elle dévore depuis l'adolescence.[...] C'est donc aussi un exercice d'admiration que l'on découvre dans ce recueil, à la fois mordant et fraternel - les deux mots qui définissent le mieux l'auteur du Carnet d'or.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LePoint   28 octobre 2011
Dans son recueil d'articles Le temps mord, elle ne cherche pas à se hisser à la hauteur de Tolstoï, Woolf ou Austen, qu'elle admire, mais à transmettre aux nouvelles générations, incarnées par deux jeunes filles qu'elle rencontre dans une librairie, un chemin par lequel se faufiler dans la littérature mondiale.
Lire la critique sur le site : LePoint
LeMonde   16 juin 2011
Empoigner le réel, en refuser les dogmes, l'aimer et en rire... telle est bien la leçon de Lessing qui, décidément, n'a jamais été vieille !
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
BookycookyBookycooky   08 avril 2017
En 1986, je me suis rendue au Pakistan avec une délégation pour examiner la situation dramatique des Afghans ayant fui l'invasion russe. À la périphérie des villes et principalement de Peshawar, près de la frontière, les camps de réfugiés abritaient surtout des femmes et des jeunes filles, car les hommes étaient restés en Afghanistan pour se battre. Toutes étaient prisonnières de ces camps, sous la surveillance des mullahs, lesquels sont des hommes frustes et sans éducation. Les jeunes filles n'avaient aucune possibilité de s'instruire. Il n'en allait pas de même des garçons, qui apprenaient à réciter le Coran à longueur de journée sous la direction des mêmes mullahs. C'était là toute l'instruction qu'ils recevaient. Que ce soit dans les camps ou dans les rues de Peshawar, nous étions entourés de nuées de garçons de tous âges, sous-alimentés mais pleins de vie, qui nous imploraient de leur donner un livre, un stylo, un morceau de papier. Ils voulaient apprendre. Ils savaient qu'au-delà des tentes et des masures des camps s'étendait un monde dont l'instruction pourrait leur donner la clé. Mais ce qu'on leur enseignait ne les initiait nullement au monde moderne. Tous ces garçons délicieux, drôles et intelligents –ils nous brisaient le cœur. Ils ne tardèrent pas à devenir des talibans. Ignorants, obsédés, fanatiques, souvent cruels, ces jeunes hommes effrayants avaient été ces enfants si charmants. Et ils sont toujours là, exclus du monde moderne où ils ne peuvent trouver leur place. Ayant reçu l'éducation que l'islam réserve aux pauvres depuis toujours, qui se réduit à la psalmodie rituelle du Coran, ils pourraient aussi bien venir du quatorzième siècle. Ces jeunes gens, bientôt des hommes mûrs, sont qualifiés de terroristes. Ils sont le résultat direct de l'invasion soviétique, que les Afghans ont surnommée à bon droit la Catastrophe. Ils constituent encore un danger. À la première occasion, ils pourraient se laisser aller à un accès de destruction aveugle, comme lorsqu'ils ont fait sauter les statues géantes du Bouddha. Ils pourraient se remettre à persécuter les femmes. Mais c'est cela qu'on leur a enseigné : ils n'ont jamais eu le choix.
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BookycookyBookycooky   05 avril 2017
En Afrique, dans une région éloignée de toute ville, se trouvait une école de brousse dont les élèves ne pouvaient guère espérer qu'une demi-douzaine d'années d'études. C'est là qu'on surprit un garçon de dix ans avec un livre volé sous son lit. Il s'agissait d'un ouvrage de physique pour cours supérieur, dont il ne pouvait comprendre un seul mot. « Pourquoi l'as-tu volé ? lui demanda-t-on. –Je veux un livre, répondit-il. Je n'ai pas de livres. J'en voulais un pour moi tout seul. –Mais pourquoi avoir volé un livre aussi compliqué ? –Je veux être médecin ! », lança-t-il en pleurant à chaudes larmes et en serrant le volume contre lui.
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BookycookyBookycooky   11 avril 2017
Assurant avec zèle la promotion de mon livre, Rires d'Afrique, j'ai accompli mon devoir d'écrivain en arpentant la côte est des États-Unis, d'entretiens téléphoniques en interviews diverses. Je suis parvenue à la conclusion que les Américains imaginent l'Afrique comme une sorte de Long Island nanti d'un gouvernement unique et situé quelque part au sud (L'océan Indien ? Qu'est-ce que c'est ?). À New York, j'ai eu le public le plus inerte et le plus ignorant que j'aie jamais vu. Après cette expérience décourageante, j'ai parlé le lendemain à Washington devant trois cents assistants incroyablement brillants et bien informés. Il est inutile d'essayer d'envisager « l'Amérique » comme un tout homogène,.....
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BookycookyBookycooky   07 avril 2017
La vision que l'on a de notre propre vie ne cesse d'évoluer avec l'âge. Si j'avais écrit sur moi-même à vingt ans, le résultat aurait été un texte aussi agressif que combatif. À trente ans, confiant et optimiste. À quarante, plein de remords et d'autojustification. À cinquante, en proie au doute et à la confusion. À partir de soixante, cependant, un aspect nouveau est apparu. On commence alors à regarder sa vie passée avec distance. Même si l'on peut à tout instant se glisser dans la peau de celle qu'on était à dix ou à vingt ans, on regarde cette enfant ou cette jeune femme comme quelqu'un d'autre, ou presque. L'élément personnel s'éloigne de vous. C'est qu'on a reçu ce don merveilleux de la vieillesse : le détachement, l'impersonnalité.
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BookycookyBookycooky   08 avril 2017
Il est vain de légiférer contre des groupes terroristes une fois qu'ils se sont formés, mais on peut prévenir leur formation. La solution, c'est une bonne éducation moderne. Il suffirait d'y consacrer quelques-uns des milliards que nous dépensons pour la guerre. Mais je doute que les gens qui manient les armes et s'enrichissent avec elles soient sensibles à ce raisonnement.
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Doris Lessing, the Nobel prize-winning author of more than 50 books including "The Golden Notebook" and "The Grass is Singing", dies at the age of 94.
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