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ISBN : 2290070793
Éditeur : J'ai Lu (11/09/2013)

Note moyenne : 4.06/5 (sur 72 notes)
Résumé :

Rhodésie, fin des années 1940. Mary, une jeune citadine blanche et indépendante, épouse sans désir Dick, un petit fermier. Dans cette vie rurale du veld, tout lui déplaît : l'isolement, la chaleur accablante, les tâches de la ferme, les Noirs qui travaillent pour eux. Jusqu'au jour où arrive Moïse, un domestique noir avec qui débute une relation complexe et perverse de domination, marquée par un ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Donna22
  30 octobre 2014
Lu dans le cadre du challenge Nobel 2013 / 2014.
Lecture 12/15.
Mary, jeune anglaise frêle, banale, conventionnelle et indépendante, sortie d'une enfance pauvre et malheureuse, épouse par convention plus que par envie Dick, un bonhomme au sens premier du terme, gentil fermier fauché, bonne poire, très attachée à sa terre mais, ironie du sort, très incapable d'en vivre. Mary quitte alors son poste confortable de secrétaire en ville pour s'isoler du monde avec Dick dans sa ferme en ruine au milieu de la brousse suffocante de l'Afrique du Sud. Devenue femme au foyer désoeuvrée et complexée, elle se passionne pour des broutilles, méprise son mari et les hommes en général, fuie ses camarades « blancs » et voue un dégoût passionné aux indigènes, fait monstrueusement courant et scandaleusement ordinaire entre les siens. On était pourtant dans les années 40 …
Je lui attribue 3 étoiles car je suis d'humeur indulgente et que je ne retiens que le meilleur, à savoir la seconde moitié du bouquin, la première étant lourde, redondante et étirée à souhait. le livre m'est tombé des mains plusieurs fois au début mais, ayant été familiarisée au style étiré de l'auteur avec le Carnet d'Or (et puis Challenge Nobel oblige !), j'ai tenu bon. J'en suis contente car je suis retombée avec plaisir, après la très longue entrée en matière, dans cet océan de confusion, de faiblesse et d'antipathie dans lequel Doris Lessing aime plonger ses personnages. Des personnages que je ne comprends pas toujours, dont la souffrance, les obsessions et les choix me laissent souvent perplexe. Et pourtant, j'aime ces êtres complexes, leur esprit torturé, leur goût pour l'autodestruction et même leur côté détestable. Car Mary est détestable, vraiment. Détestable et folle. D'ailleurs, beaucoup de protagonistes féminines nées de la plume de Doris Lessing semblent être en proie à la folie et promises à un avenir douteux. Les femmes de Doris Lessing sont particulières et ne ressemblent à aucune autre héroïne littéraire de ma connaissance. Elles sont en constante lutte contre elles-mêmes et incapables d'aimer les hommes. Dans sa plume féministe, je retrouve en Mary et Dick un de ces couples d'hommes et femmes si mal assortis, incompris, perdus par leurs idéaux et enfoncés dans le malheur et le désespoir. Des cas psychologiques de taille qui font des personnages noueux de plus grande taille encore.
Je le conseille, mais pas en première lecture de Doris Lessing.
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madamelafee
  15 février 2017
L'histoire commence par la mort de Mary. Moïse, le domestique noir se dénonce, nous sommes en 1940 en Rhodésie. Un domestique noir qui tue sa maîtresse pour ses bijoux c'est un peu simpliste mais cela convient à tous. Pourquoi ce dénouement tragique ? nous allons découvrir au fil du récit que l'histoire n'est pas si simple. Avec Mary Turner nous entrons dans un roman noir où les personnages sont broyés par leurs démons.
Mary est élevée dans une famille pauvre avec un père alcoolique. Après la mort de ses parents, Mary s'installe en ville, elle est libre, travaille et a beaucoup d'amis, mais il a suffit d'une réflexion de l'un des ses amis pour qu'elle se marie car une femme d'une trentaine d'années toujours célibataire c'est bizarre et choquant pour l'époque. Elle épouse "le premier venu", un fermier qui s'appelle Dick Turner. Elle le suit dans la brousse, elle s'isole dans cette ferme, son mari est incapable de la faire vivre décemment, il est couvert de dettes. Elle souffre de la solitude, de la chaleur, de l'incapacité de son mari, elle renonce, elle ne se bat plus, elle n'en est plus capable. de plus, Mary exècre les noirs, elle reporte son mal être sur ses serviteurs. Son mari finit par lui imposer un jeune noir, Moïse comme domestique, car il ne supporte plus les sautes d'humeur de celle-ci. Mais Moïse n'est pas comme les autres, très rapidement les rôles s'inversent, de dominé il devient le dominant. Moïse s'occupe d'elle, l'habille, la coiffe, la touche. On n'en saura pas plus sur leurs relations mais on se doute qu'ils ont des relations inavouables. le physique de Moïse fascine Mary... Puis Mary sombre peu à peu dans la folie elle est hantée par ses démons. Comment en est-elle arrivée là ? en fait Mary a toujours été soumise, soumise au regard des autres, soumise à son mari, puis soumise à son domestique, elle est soumise à son destin et elle se laissera vaincre par la brousse.
Ce livre décrit magnifiquement bien le système colonisateur où tous les hommes souffrent car celui qui ne veut pas être dominé, doit dominer. ¨Moïse souffre aussi car il ne supporte pas que Mary lui échappe, il veut Mary pour lui seul. La domination doit être totale.
Doris Lessing sait merveilleusement bien décrire la rudesse et la cruauté de la nature humaine.
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stcyr04
  18 juillet 2019
Afrique du Sud. Savane, veld et kopje. Une femme nommée Mary Turner est poignardée par un domestique noir qui avoue immédiatement son forfait Point donc d'enquête policière ici , on est plutôt invité à connaître les raisons qui ont mené à ce qu'un noir tue une blanche et encore ce n'est peut être pas vraiment le propos. Revenons en arrière. Mary, citadine pleine de rêve et d'a priori décide d'épouser un fermier, Dick Turner. Elle n'a pas misé sur le bon cheval, elle déchante rapidement. Ce dernier est un pauvre diable qui à la faculté de transformer en plomb tout ce qu'il touche. Il essaye toute les cultures et élevage imaginables, porté par un bel enthousiasme qui fait long feu, il échoue immanquablement et le couple s'appauvrit. Alors que Dick est un maître arrangeant qui traite relativement bien sa main d'oeuvre en ces temps de colonisation, Mary à des préjugé raciaux de son temps, elle n'évite aucune occasion pour houspiller les noirs, les tyranniser et les maltraiter. Dick semble s'accommoder de ses ratages; Mary récrimine et endure. Elle est progressivement et finalement vaincue par l'inertie, la torpeur et le fatalisme puis sombre dans une forme d'hystérie C'est peut être cela qui la tue, elle semble fasciner par la fin qu'elle présent, elle l'appelle et l'embrasse.
Le roman dénonce l'absurdité et l'hypocrisie du colonialisme, où la peur et la fascination, le désir et la haine tissent les relations ambiguës entre les coloniaux et les indigènes.. Une belle réussite pour le premier livre de la prix Nobel de littérature 2007.
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fanfan50
  01 septembre 2015
J'ai commencé par lire "Un enfant de l'amour" et j'avais trouvé que le sujet qu'elle avait choisi était fort. Mais ici, c'est psychologiquement insoutenable : une jeune fille de la ville qui choisit par dépit de suivre un jeune fermier désargenté dans le veld, loin de tout et entouré de serviteurs noirs ! C'était sûr qu'elle allait droit au mur. C'est "L'amour est dans le pré" à la façon tragique. Cette femme aime se maquiller, s'habiller pour sortir et elle a beaucoup d'amis en ville avec qui elle coquette sans se fixer. Là elle change radicalement d'existence et n'arrive pas à s'adapter. Je ne lui jette pas la pierre car qui pourrait dans les conditions sordides que l'écrivain nous dépeint la petite maisonnette que son mari, Dick, a bâti de ses propres mains : "Elle fit le tour de la maison et constata qu'elle formait un rectangle. Les deux pièces q'elle connaissait occupaient la largeur de la façade. Derrière il y avait la cuisine, le débarras qui servait d'office et la salle de bains. Au bout d'un petit sentier sinueux tapissé d'herbe s'élevait une sorte d'étroite guérite : le lavoir ; on voyait d'un côté le poulailler avec un grand enclos grillagé où s'ébattaient des poussins d'un jaune presque blanc et de l'autre une troupe de dindons qui raclaient la terre sèche et brune tout en gloussant..." L'extérieur, la beauté des paysages est à couper le souffle mais c'est une femme et elle devra vivre dans ce taudis. Avec ses maigres économies, elle a le courage de rendre la maison un peu plus coquette mais il y aura toujours ce plafond qui n'a jamais été fait et la chaleur étouffante qui règne sous les tôles du toit de fortune. On se demande pourquoi elle est restée et qu'elle n'a pas fuit en courant et retour vers la case départ, la ville et son confort. Mais sinon, il n'y aurait pas eu ce drame.
J'ai été sous le charme de la personnalité de Mary qui au départ fait tout ce qui est en son pouvoir pour redresser la situation (elle construit un nouveau poulailler et en tire profit) mais qui malheureusement s'est appariée avec un looser qui va d'échec en échec.
En lisant au début que Moïse, son serviteur noir, l'avait tué, j'ai cru à une erreur judiciaire mais à la fin, on comprend bien son geste et je pense même qu'il a voulu la sauver d'elle-même, de son désespoir et il a mis fin à ses souffrances de la manière la plus radicale possible : par charité !
Tous les romans de Doris Lessing débattent de la condition des noirs en Afrique du Sud et celui-ci, s'il est le premier qu'elle a écrit, n'en est pas le moins violent.
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le-mange-livres
  26 septembre 2013
A la fin des années 1940, dans la Rhodésie coloniale, Mary, une jeune femme indépendante, épouse un peu hasard Dick, un fermier. Elle part s'installer avec lui dans les étendues désolées du veld. Cette vie frustre, monotone, sous le soleil accablant des étés de l'Afrique australe intérieure, effiloche progressivement son appétit de vivre. Les journées tournent au cauchemar dans une ambiance de plus en plus poisseuse, et alourdie par les rapports orageux qu'une Mary pas encore tout à fait apathique entretient avec les domestiques noirs. Chaque page précipite un lecteur oppressé vers une issue fatale connue dès l'incipit.
"Ainsi, à présent, de nouveaux rapports se nouaient entre eux : elle se sentait irrémédiablement en son pouvoir, bien qu'en fait rien ne justifiât cette impression."
Premier roman de Doris Lessing, ce Vaincue par la brousse contient en germe l'oeuvre de la grande romancière, dominé qu'il est par une dimension biographique et psychologique au travers d'un portrait de femme bouleversant révélant son talent. La déchéance de Mary, sombrant dans la dépression et la folie, est analysée avec une minutie étonnante (et, partant, plutôt angoissante), sans que la dimension sociale soit exclue, avec des pages très puissantes sur les rapports Noirs-Blancs au crible de l'apartheid.
Lien : http://le-mange-livres.blogs..
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
cathcorcathcor   15 février 2012
Il est terrible de détruire l'image qu'un être humain se fait de lui-même, fût-ce au nom de la vérité ou de toute autre abstraction; nul ne peut affirmer qu'il sera capable de lui substituer une autre image qui permettra à cet être de continuer à vivre.
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fanfan50fanfan50   01 septembre 2015
C'était vraiment une merveilleuse journée avec ces bouffées d'air parfumé et le soleil qui brillait si gaiement. Le ciel lui-même paraissait différent vu d'ici entre les maisons familières qui paraissaient nettes et fraîches avec leurs murs blancs et leurs toits rouges. Ce n'était plus ce dôme d'un bleu implacable qui là-bas englobait la ferme dans l'immuable cycle des saisons.
Ici, le ciel était d'un bleu de fleur, que Mary, dans son exaltation, avait le sentiment qu'il lui suffirait de le vouloir pour s'envoler loin de la terre vers tout ce bleu et y voguer sans nulle contrainte dans la félicité. La rue qu'elle suivait était bordée de bahinias dont les fleurs roses et blanches s'épanouissaient au milieu des branches comme des papillons parmi les feuilles et toute l'avenue semblait vouée au blanc et au rose sous le ciel d'un bleu pur. C'était un monde tout différent de celui d'où elle sortait : son monde à elle.
Au club, elle fut accueillie par une nouvelle directrice qui lui déclara qu'elle n'acceptait pas les femmes mariées. Tout en parlant, elle l'observait d'un air curieux et ce regard brusquement dégrisa Mary. Elle avait totalement oublié cette règle. Il est vrai qu'elle ne pensait jamais à elle-même comme à une femme mariée.Quand elle retrouva ses esprits elle était dans le hall où elle avait rencontré Dick quelques années auparavant. Elle jeta un coup d'oeil autour d'elle : les meubles étaient les mêmes qu'autrefois, mais pourquoi lui paraissaient-ils si étranges ? Tout autour d'elle respirait la propreté, l'ordre et la beauté.
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LiliealuLiliealu   02 novembre 2013
Elle était consumée de haine. Et en même temps, elle se promettait en secret de ne pas se montrer aussi exigeante envers le prochain domestique. Celui qu'elle engagea était tout différent. Il avait une longue expérience des femmes blanches qui l'avaient fait travailler pendant des années en le traitant comme un esclave, et il avait appris à rester impassible, répondant poliment à tout ce qu'elle disait : "oui missus", sans la regarder. Elle s'irritait de ne jamais rencontrer son regard. Elle ignorait que cela faisait partie du code de la politesse chez les indigènes : ne jamais regarder un supérieur en face. Elle pensait que c'était une preuve de plus de la fausseté de leur nature, c'était comme si l'homme lui-même n'était pas là : il n' avait qu'une carcasse noire prête à obéir à ses ordres. Et elle en était toute aussi enragée que s'il lui désobéissait ou n'en faisait qu'a sa tête. Elle avait envie de ramasser une assiette et de la lui flanquer à la figure afin de le voir au moins exprimer un sentiment humain, ne fût-ce que la souffrance...
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joellesencejoellesence   22 novembre 2013
C'est "the Grass Is Singing", n'est-ce pas ? L'un des romans qui m'a mise le plus mal à l'aise dans mon existence de lectrice. Et l'un des meilleurs aussi. Cette romancière infiniment douée a su parler du racisme avec une subtilité et un trouble rarement égalés.
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le-mange-livresle-mange-livres   08 octobre 2013
Et pourtant les évènements étaient rares dans cette région agricole où les blancs et leur famille vivaient isolés, ne se rencontrant que de loin en loin. Chacun était alors ravi de bavarder un moment, de discuter, de déchirer allègrement son prochain, bref de tirer le maximum d'un contact d'une heure ou deux. Après quoi, ils rentraient dans leurs fermes solitaires où, pendant d'interminables semaines, les uns et les autres ne verraient que leurs propres visages et ceux de leurs serviteurs noirs.
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Doris Lessing, the Nobel prize-winning author of more than 50 books including "The Golden Notebook" and "The Grass is Singing", dies at the age of 94.
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