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Critique de AuBazartDesMots


AuBazartDesMots
  26 janvier 2019
Clairement mes amours premiers vont vers le fantastique et les romans historiques. Mais après avoir lu quelques dystopies réussies ( je pense à Hunger Games ou aux Ames Vagabondes), j'ai eu envie de continuer à remettre en question mon style de lecture et, le résumé me plaisant beaucoup, je me suis jetée sur l'occasion de recevoir La Nouvelle Arche.
Ca a été une petite prise de risque qui a porté ses fruits, car j'ai finalement plutôt bien aimé ce livre, à part quelques bémols que je vais évoquer.
Je ne connaissais rien de Julie de LESTRANGE. Renseignements pris, j'ai découvert qu'elle avait une trentaine d'années, et qu'elle est l'auteur de 3 autres livres. Cela se ressent dans son style d'écriture, on sait qu'on n'a pas affaire à une novice, les mots sont clairs, les phrases affutées et l'ensemble très cohérent, sans être alambiqué. Une écriture parfaite pour le public young adult auquel le livre est destiné.
Cet ouvrage est le tome 1 d'une saga en cours d'écriture, et cette introduction à un nouvel univers est très bien faite. Si on devait résumer en une phrase le synopsis, disons qu'on suit la vie de Mathilde, jeune fille née dans une société post apocalyptique où la gestation d'un enfant dure 15 ans et se déroule dans un lieu protégé, appelé le Centre, afin de préserver les embryons de tout danger. Si l'idée n'est pas extrêmement originale, il faut admettre qu'elle peut donner naissance à des développements emplis de rebondissements… et qu'elle fait froid dans le dos, tout simplement.
Niveau construction des personnages, j'ai heureusement aimé celui de Mathilde, qui tient le rôle principal de ce récit. Si j'ai eu très peur du triangle amoureux dans lequel elle est entraînée au début de l'ouvrage, j'ai été vite rassurée, LESTRANGE n'étant pas tombée dans les poncifs habituels du genre, ouf.
Si le personnage de Mathilde est très travaillé, j'y reviendrai dans le paragraphe suivant, j'ai eu hélas le sentiment que c'était au détriment des autres protagonistes, qui m'ont tous paru un peu fade. Impossible de citer une caractéristique de Marie ou de Marc, seuls les parents de Mathilde sortent légèrement du lot, et je l'ai vraiment regretté.
Si cet ouvrage est axé « young adult », il n'est pas dénué de réflexions extrêmement matures, et incite le lecteur à réfléchir.
Ces questionnements sont développés au travers de l'évolution du personnage de Mathilde, métamorphose des plus intéressante. La demoiselle commence tout doucement à se poser des questions sur ce qu'elle est, et sur la notion éthique de mettre au monde des enfants qui, à 15 ans, n'en sont plus vraiment. le questionnement principal est axé sur les sentiments de ces « spécimens » en gestation. Ont-ils un esprit éveillé ou ne sont-ils que des êtres inertes sans âme ? Mathilde étant elle même le résultat de ce mode de naissance, elle se demande si elle arrive réellement à vivre sa vie comme elle le devrait, et se questionne sur l'amour qu'elle suppose ressentir, sur les choix qu'elle prend qui ne sont peut-être que le fruit de la société dans laquelle elle évolue… et qui lui sont induits par le Centre.
Cours de Sciences Economiques et Sociales bonjour, nous sommes en plein débat sur le libre arbitre. Petite pensée à SPINOZA, selon qui personne n'est libre, car les choix que nous avons à notre disposition sont liés à notre contexte social.
La réflexion sur la gestation et sur les sentiments du foetus font clairement écho au débat sur l'avortement et sur le transhumanisme. le transhumanisme correspond au fait de dépasser notre condition humaine grâce à la technologie, et cet ouvrage laisse le champ libre à maintes questions.

La suite est sur le Baz'Art!
Lien : https://aubazartdesmots.word..
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