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ISBN : 2849490911
Éditeur : Petit à Petit (20/09/2007)

Note moyenne : 3.92/5 (sur 52 notes)
Résumé :
"Tous les jours pareils. J'arrive au boulot (même pas le travail, le boulot) et ça me tombe dessus, comme une vague de désespoir, comme un suicide, comme une petite mort, comme la brûlure de la balle sur la tempe. Un travail trop connu, une salle de contrôle écrasée sous les néons, et des collègues que, certains jours, on n'a pas envie de retrouver. Même pas le courage de chercher un autre emploi. Trop tard. J'ai tenté jadis... et puis non, manque de courage pour ch... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
gill
  21 janvier 2015
Tous les jours pareils. J'arrive au boulot. Et ça me tombe dessus comme une vague de désespoir, comme un suicide, comme une petite mort, comme la brûlure de la balle sur la tempe.
Ne travaillez Jamais !
"Putain d'usine" est d'abord un roman écrit par Jean-Pierre Levaray.
Il est publié, en 2002, aux éditions de l'insomniaque dont le but est d'affirmer la vitalité persistante de l'esprit critique en éditant des textes dissidents que les épiciers d'un marché de la lecture toujours plus normalisé vouent à l'obscurité.
Le livre rencontre un grand succès.
Puis, par le biais d'une rencontre "Putain d'usine" devient une BD.
C'était dans les années 70. On quittait l'école, diplôme en poche.
Après le temps des amours, il fallait entrer dans le monde du travail : "La vie active !".
Le trip classique de deux mômes des "seventies".
A l'époque, ils ne parlaient que de soleil et de farniente.
Depuis, 27 ans ont passé, les rêves ont disparu....
Jean-Pierre Levaray nous raconte la vie désespérante d'un travailleur à l'usine.
Efix, de sa plume talentueuse, illustre le propos.
Le résultat, sincère, teinté d'anarchie et empli d'humanité, est magnifique.
L'album est sombre, souvent triste, tragique parfois.
Il est un cri de révolte.
Si on avait un peu de jugeote, on déguerpirait vite fait.
Entre le chômage et la mort, y a pas photo. Morceau d'alternative !
Pourtant, je sais que demain j'irai encore bosser....Putain d'usine !
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marina53
  12 septembre 2015
Une vague de désespoir s'abat sur lui dès qu'il pénètre dans l'usine. Un travail subi plus que choisi. Un vie bouffée. Pas le courage de chercher un autre boulot. Un malaise qui le touche, lui et ses collègues. Pourtant, tous les jours, il y retourne dans cette usine classée Seveso. Il raconte son quotidien au travers d'une quinzaine de chapitres. La pénibilité du travail, les horaires, le rythme infernal des machines, les accidents mortels, l'usure des corps et des âmes, les manifs, les grèves, l'apéro avec les collègues, les syndicats...
Adapté du roman éponyme de Jean-Pierre Lavaray, cet album raconte simplement la vie d'un salarié. Son quotidien morne et gris. Malgré l'envie de tout plaquer, il semble résigné. Un ton résolument sombre, presque désespérant tant l'avenir semble bouché. L'auteur nous livre un témoignage profondément sincère et brut. le dessin de Efix sert à merveille ce quotidien morose et rude : un noir et blanc tout en justesse et des personnages croqués au vif.
Putain d'usine!!
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Ziliz
  20 mars 2012
En une quinzaine de zooms, appelés 'chapitres nouvelles' par le dessinateur, les auteurs nous montrent le quotidien difficile des ouvriers d'une usine classée Seveso.
Fatigue des "senior", pénibilité des 3/8, impression de gâcher sa vie, envie de tout plaquer mais en même temps peur du chômage, accidents du travail parfois mortels, peur, alcoolisme, hiatus manoeuvres/cadres... Quelques moments de trêve : les amitiés viriles, l'apéro (à consommer avec modération car la déprime pousse vite vers l'abus), le soutien des syndicats, les grèves et manifs.
A l'instar du propos, la forme de cette BD est très sombre : le fond et le cadre sont souvent noirs, et cette couleur est également prégnante dans les dessins chargés.
Un album très intéressant sur la condition ouvrière mais aussi plus généralement sur le malaise au travail, susceptible de toucher tout le monde, a fortiori en période de crise économique. De quoi relativiser encore une fois sur sa propre vie mollassonne de fonctionnaire, émaillée d'autres difficultés certes, mais de gravité moindre.
Pour couronner le tout : une postface riche sur chacun des deux auteurs, on aimerait avoir ce genre d'informations plus souvent dans les BD.
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jamiK
  04 mars 2019
Voici une bande dessinée édifiante qui parle sans concession du monde de l'industrie, du travail qui use, qui tue, du travail pénible, et de l'économie sans éthique, et cela se passe chez nous, en France. Les auteurs nous racontent la vie au quotidien dans ce type d'usine qui ont fait parler d'elle au début des années 2000, vous vous souvenez sans doute de l'explosion de l'usine AZF de Toulouse. C'est bien ce ça dont il est question.
Les illustrations sont souvent au crayon, sans encrage, pour donner une ambiance de reportage, de témoignage, l'encadrement noir des pages leur donne un aspect funéraire, ce n'est pas fortuit, les accidents dramatiques sont fréquents, plus tous les suicides, les pétages de plombs, les cancers dus aux produits dangereux et au non respect des normes de sécurité. C'est un constat terrible. C'est surtout une bande dessinées que tous les cadres, les politiques devraient lire absolument, et tout ceux qui croient encore aux sirènes de l'émancipation au travail, du développement de soi par le travail et autres foutaises.
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Vexiana
  13 mars 2018
J'avais choisi cette BD à la bibliothèque pour son titre, sans trop savoir ce que j'allais découvrir.
A peine débuté, j'ai compris que cette BD (adaptée du roman éponyme, j'allais bientôt l'apprendre) était écrite par quelqu'un qui savait de quoi il parlait et pour cause : ancien ouvrier, syndicaliste, anarchiste, Jean-Pierre Levaray ne nous sert pas une vision déformée de la vie d'ouvrier d'usine, c'est bien sa vie, son quotidien qu'il décrit.
Les chapitres sont courts, prenants, souvent tristes, parfois même tragiques. Levaray donne sa vision du travail, de la sécurité, des négligences, sans omettre les moments plus légers et pose les questions qui dérangent.
Le dessin de Efix est très très bon, maitrisé, régulier et très efficace, dans un noir et blanc du meilleur effet.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
gillgill   21 janvier 2015
L'alcool rend nostalgique, aussi...Il fait remonter le passé à la surface.
A 14 ans, Yves était entré dans la marine nationale !
A 25 ans, il regagne la terre ferme, le plancher des vaches, comme on dit.
Il ne s'habitue pas. Alors il boit...comme un marin au port.
Et il nous raconte...les bateaux. Il nous fait visiter les océans.
Il nous raconte les tempêtes, la peur, le courage, l'amitié virile.
L'exotisme s'invite à notre table.
On y est. Avec le jaja, rien n'est trop cliché, juste beau.
En revanche, passé le quatrième verre, Yves devenait violent.
Il est mort, lui aussi.
A 48 ans, son coeur ne l'a plus supporté.
Trop de trop.
Il ne reverra pas la mer et nous non plus...
On ne verra plus celle-là. Sa mer.
Depuis on boit un peu moins....
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ChezLoChezLo   12 août 2011
Tous les jours pareils. J'arrive au boulot (même pas le travail, le boulot) et ça me tombe dessus, comme une vague de désespoir, comme un suicide, comme une petite mort, comme la brûlure de la balle sur la tempe. Un travail trop connu, une salle de contrôle écrasée sous les néons, et des collègues que, certains jours, on n'a pas envie de retrouver. Même pas le courage de chercher un autre emploi. Trop tard. J'ai tenté jadis... et puis non, manque de courage pour changer de vie. Ce travail ne m'a jamais satisfait, pourtant je ne me vois plus apprendre à faire autre chose, d'autres gestes. On fait avec, mais on ne s'habitue pas. Je dis " on " et pas " je " parce que je ne suis pas seul à avoir cet état d'esprit : on en est tous là...
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marina53marina53   12 septembre 2015
Si le travail était une si bonne chose, les riches se le garderaient pour eux!
Vieux dicton catalan
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alouettalouett   22 janvier 2012
Est-ainsi que les hommes vivent ? Où sont passés nos rêves de mômes ? Tu la voyais comme ça, toi, ta vie ? Alors aux grands maux les grands remèdes… Eh oui ! Paradoxalement, c’est pour tenir debout que l’homme se défonde. Ainsi soit-il
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JaraMedJaraMed   13 mai 2013
« Tous les jours pareils. J’arrive au boulot (même pas le travail, le boulot) et ça me tombe dessus, comme une vague de désespoir, comme un suicide, comme une petite mort, comme la brûlure de la balle sur la tempe..."
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