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Nathalie Bauer (Traducteur)Marco Belpoliti (Auteur de la postface, du colophon, etc.)
EAN : 9782264034199
127 pages
Éditeur : 10-18 (01/03/2002)
3.59/5   29 notes
Résumé :
Un inédit de Primo Levi ! Rien que ça ! Un recueil de nouvelles qui n'avait jusque là jamais été traduit en français, et que l'auteur italien avait rédigé dans les dix dernières années de sa vie, entre 1977 et 1987. Ici, Primo Levi confirme d'abord son goût pour la forme courte, les textes brefs, qu'il avait justifiés par l'exigence d'écrire "des contes moraux déguisés en nouvelles de science-fiction". Treize nouvelles constituent ce recueil, dont la cinquième donne... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Annette55
  29 novembre 2020
Ce recueil est le dernier livre de l'auteur , écrit en 1986 , début 1987 où il mettra fin à ses jours.
«  Buffet » , la première est un rêve, un pur fantasme où le narrateur se présente en kangourou , une étrangeté , celle du sentiment que l'on éprouve en présence d'inconnus lors d'une réception par exemple.
«  En une nuit » décrit la violente démolition minutieuse d'un train : des hommes et de femmes menus » s'acharnant sur tous les éléments à l'aide de haches et de scies : tôles , bois , wagons, matrice , traverses, une imagination féconde comme une nappe éruptive qui intrigue la lecteur, entre réalisme et fantastique , montrant l'agressivité des hommes sous forme de conte cruel .
Ses récits fantastiques , un peu déroutants cachent une morale à l'odeur de soufre mais aussi sa connaissance des changements d'états à propos de l'homme animal , des innovations déjà développées dans «  Si cest-un-homme » : il se déguise en journaliste et va recueillir les déclarations d'une fourmi - Reine, d'une taupe mâle, d'une bactérie intestinale , d'un goéland , d'une girafe, et d'une araignée , laborieuse, patiente, admirable tisseuse mais se livrant à des rituels cannibales....il interprète comme un biologiste amateur....( il était chimiste de profession ) .
Ces nouvelles animalières déroutent , intriguent , désarçonnent , aux conclusions interrogatives , brutes ..
«  État civil » : un homme nommé Arrigo décide de la mort des gens ,( à rapprocher des camps de concentration ) , une sorte d'administration tentaculaire , sans âme , mettant en fiches la mort des gens, en toute
Impunité , un appareil glaçant,.... effrayant .
«  Dernier-Noël de guerre » rédigée à la première personne est consacrée aux souvenirs personnels de l'auteur au Lager à Monowitz , près d'Auschwitz.
Ce recueil à la fois autobiographique doublé de contes moraux déguisés en nouvelles de science fiction montrent le sentiment d'étrangeté que ressent l'écrivain dans le monde.
Imagination féconde, témoignage inédit , créations , rêveries , créatures fantastiques , narration originale , présence constante des animaux selon la tradition des contes valent la peine de se plonger au coeur de ces nouvelles .

Je dois dire que j'ai eu du mal avec le côté fantastique , désarçonnant , tout à fait inhabituel pour moi!
Encore un livre oublié au fond de la caisse redécouverte lors du deuxième confinement , acheté en 2002!
En tout cas l'auteur maîtrise parfaitement l'art de la nouvelle , si difficile .
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Aurel82
  20 mai 2017
Ce recueil de treize nouvelles de Primo Levi est son dernier livre. Mélangeant récits autobiographiques et récits fantastiques, ce recueil a été un peu déroutant. Ses nouvelles autobiographiques sont toujours aussi touchantes et participent à notre devoir de mémoire. Ses récits fantastiques cachent une morale mais aussi, je pense, son "questionnement" sur l'homme-animal développé dans "Si c'est un homme" (surtout dans les nouvelles où un journaliste interview des animaux).
Après "Lilith", "Dernier Noël de guerre" est aussi un beau recueil de nouvelles et prouve que Primo Levi savait aussi bien écrire des textes longues que courts.
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brigittelascombe
  11 mars 2013
Dernier noël avant la guerre est un recueil de treize nouvelles (souvent fantastiques ou parfois autobiographiques) de Primo Levi dont le titre concerne la nouvelle éponyme émouvante démontrant qu'un Juif déporté fait son Noël comme un Chrétien lorsqu'il reçoit un cadeau pouvant apaiser sa faim et relancer son appétit de vivre.
Treize nouvelles, treize leçons de vie, treize morales.
Certaines mettent en avant le monde animal, car qui dit animal dit animalité (cet envers de la médaille de tout homme), dit lutte pour la survie, dit vie en société. Kangourou, très à l'aise dans une réception mondaine, caressé par une dame dont le geste mécanique trahit ses pensées pour un homme aimé. Interviews journaliste-animaux aux (double je): taupe mâle misogyne mais philosophe (rester dans l'obscurité pour "avoir la paix"), escherichia coli destructrice mais bonne conseillère ( "ne pas gaspiller des idées négligeables), goéland mangeur de rats mais grande âme ("donner l'occasion aux gens de retrouver leur dignité"), girafe en cage mais noble, araignée cannibale mais laborieuse. Et puis,de ci de là, on retrouve des idées pacifistes chères à Primo Levi.
D'autres nouvelles touchent à divers sujets mais sont toujours à valeur pédagogique. La violente démolition d'un train est suivie d'une agressivité des hommes sur leur environnement et sur eux-mêmes.Les lois administratives absurdes poussent aux mensonges. Les extraterrestres femelles "Léphéides" amateurs de petits mâles sans têtes veulent bien (entre autres "anti") tester de "l'antisémite". Un milicien peut le devenir par simple amour du groupe ou de l'uniforme. Une bombe est parfois humaine (à la fois destructrice et donneuse de vie). le goût de la liberté s'acquiert parfois dans la montagne.
Primo Levi (chimiste juif de nationalité italienne déporté à Auschwitz, auteur engagé qui a dénoncé le nazisme et les droits de l'homme enfreints) manie dans Dernier Noël avant la guerre un humour noir et une lucidité sans failles. L'écrivain couronné par le prix Campiello pour La Trêve en 1963, par le prix Strega pour La Clé à molettes en 1978, par le prix Bagutta pour Histoires naturelles, croit toujours, ici, en l'homme mais en un homme respecté dans ses droits et l'on repense alors à l'émouvant Si c'est un homme.
Car un homme traité de sous-homme, de moins que rien, bafoué dans sa dignité d'homme...n'est plus un homme!
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Herve-Lionel
  06 octobre 2014
N°812 – Octobre 2014.
DERNIER NOËL DE GUERREPrimo Levi – 10/18.
Traduit de l'italien par Nathalie Bauer.
L'univers des nouvelles est complexe. Quand on parcourt un recueil, instinctivement on recherche le point commun de tous les morceaux qui le composent. Ici cet ouvrage publie des textes demeurés inédits ou parus dans divers journaux ou revues de 1949 à sa mort en 1987, ce qui peut donner une impression d'inégalité.
Primo Lévi est avant tout un conteur. Dans ce recueil il mêle des fables (Amours sur toile) et des textes autobiographiques (Dernier Noël de guerre) ou inventés(État-civil). Il y met en scène des animaux, soit épris de liberté (goélands, girafes kangourous), soit invisibles à l'oeil nu (bactéries) qu'il fait interviewer par des humains, généralement des journalistes. Ces textes, généralement brefs, sous des dehors anecdotiques et parfois humoristiques, ont toujours une fonction moralisatrice, mettent le doigt sur un dysfonctionnement de la société qu'ils évoquent et qui bien souvent ressemble fort à la nôtre, comportent un message, des références à l'humain, à l'écologie, à l'évolution des choses et des gens, à la nécessité de s'adapter, aux craintes qu'on peut légitimement former pour l'avenir mais aussi de la science -fiction... Comme le faisait La Fontaine, il met souvent ne scène des animaux qui, singeant les hommes, nous assènent des vérités sur nous-mêmes. Ils ont même, si on veut le voir ainsi, une fonction pédagogique et il est parfois préférable de les lire à haute voix pour en goûter toute la musique que ne trahit pas la traduction. L'humour qu'il emploie à l'envi est, à mon sens, la marque d'une connaissance et d'une compréhension profonde de l'esprit humain qui préfère rire des choses plutôt que d'avoir à en pleurer, simplement parce le spectacle du quotidien autant que de l'humain fait qu'il y a bien de quoi ! C'est à tout le moins une invitation à réfléchir !
Son écriture est variée ; soit l'auteur se présente en position de témoin dans son récit, soit il s'engage à travers des souvenirs personnels (« Fra Diavolo sur le Pô »), soit il pratique carrément l'autobiographie (« Dernier Noël de guerre ») - (A ce moment-là, il choisit la rédaction à la première personne).
Pour autant, l'imagination de Lévi se nourrit de matière profonde et même parfois obscure (« En une nuit » s'inspire des années noires du terrorisme qui secouèrent l'Italie) mais prend aussi sa source dans l'inconscient collectif fait de tabous et de fantasmes (« Amours sur toile »).
Je choisis de privilégier dans ce recueil deux nouvelles. Dans l'une (« Le buffet »), L'auteur met en scène, dans une réception mondaine, un personnage qui se révèle être un kangourou, qui n'y est vraiment pas à sa place et finit par quitter les lieux en « de longs sauts élastiques et heureux". En fait il fuit un monde qui n'est pas fait pour lui et où il n'a pas sa place. Quant à l' « État-civil », il évoque un monde déshumanisé où personne ne connaît personne, où une administration tentaculaire décide de tout et surtout de la mort des gens. Arrigo, un des rouages anonymes de cette société absurde, prend conscience de cet état de chose et devant la mort programmée d'une petite fille de huit ans refuse de faire son office « Si elle devait mourir, elle mourrait sans lui. Il ne participerait pas à sa mort ». Il est difficile de ne pas voir ici une allusion aux camps d'extermination nazis mais aussi peut-être au mal que peut faire gratuitement, et parfois pour le plaisir, un homme à un autre.
©Hervé GAUTIER – Septembre 2014 - http://hervegautier.e-monsite.com
Lien : http://hervegautier.e-monsit..
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Allaroundthecorner
  28 juin 2017
Ce livre est un recueil de 13 nouvelles allant de la nouvelle animalière aux fragments autobiographiques - comme c'est le cas dans la nouvelle éponyme.
J'ai trouvé ce recueil assez inégal. Les premières nouvelles ne m'ont pas particulièrement captivée, en revanche d'autres valent largement le détour : Dernier Noël de guerre par exemple. Celle-ci met en scène un juif déporté qui fête Noël à la façon chrétienne. J'ai vraiment beaucoup aimé cette nouvelle, je l'ai trouvé touchante, différente des témoignages habituels sur la Seconde Guerre mondiale.
Je trouve donc dommage qu'elle soit la seule dans cette veine (j'entends par là une veine clairement historique), mais on trouve d'autres nouvelles qui font penser à l'oppression, c'est le cas de cette nouvelle absolument géniale nommée "État-civil" qui nous entraîne dans un monde dystopique, où la mort est contrôlée.

Il y a aussi "Le buffet" qui met en scène un kangourou et traduit l'étouffement, la volonté de fuir le monde, elle est vraiment bien écrite, l'auteur prouve ici qu'il n'est pas simplement un "écrivain-témoin", mais également un écrivain tout court.
Autrement, certaines nouvelles animalières m'ont beaucoup amusé notamment l'interview avec l'araignée, mais au-delà de ces appréciations pour certaines nouvelles, on ne trouve pas d'homogénéité dans le recueil, ce sont plus des nouvelles qui ont été regroupées sans qu'il y ait une véritable cohérence, ce qui rend le recueil assez inégal, malheureusement.

Mon avis est en intégralité :

Lien : http://allaroundthecorner.bl..
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
CalibanCaliban   18 avril 2017
...vers la fin octobre, nous avions eu l'occasion d'observer "au premier plan" une singulière école de fanatisme,exemple typique de l'éducation nationale-socialiste . Sur un terrain inculte,voisin de notre Lager, avait été érigé un cantonnement de la Jeunesse Hitlérienne . Il y avait là deux cents adolescents qui étaient encore des enfants, ou presque; le matin, ils hissaient les couleurs,chantaient des hymnes féroces, s'entrainaient à la marche et au tir, armés de mousquetons vétustes . Plus tard, nous comprimes qu'on les préparait à l'enrôlement dans leVolkssturm, cette armée de bric et de broc, composée de vieillards et d'enfants qui,selon les plans démentiels du Führer, était censée opposer une ultime défense contre l'avancée des Russes . Mais l'après-midi, leurs instructeurs, des vétérans des SS, les conduisaient parmi nous, qui étions occupés à déblayer les décombres provoqués par les bombardements,ou à ériger hâtivement d'inutiles murets de protection au moyen de briques ou de sacs de sable .
Ils les conduisaient parmi nous en "visite guidée" et leur donnaient des cours à voix haute comme si nous n'avions pas d'oreilles pour entendre ni d'esprit pour comprendre . " Voyez, ce sont les ennemis du Reich, vos ennemis . Regardez-les bien : pouvez- vous les qualifier d'hommes ? Ce sont des Untermenschen, des sous-hommes ! ils puent parce qu'ils ne se lavent pas; ils sont dépenaillés parce qu'ils ne prennent pas soin de leur personne . Nombre d'entre eux ne comprennent pas l'allemand . Ce sont des subversifs, des bandits, des voleurs de rue issus des quatre coins d'Europe , mais nous les avons rendus inoffensifs; maintenant, ils travaillent pour nous, mais ils ne sont bons qu'aux travaux les plus primitifs . Du reste, il est juste qu'ils triment pour réparer les dommages de la guerre; ce sont eux qui l'ont voulue . Eux, les Juifs, les communistes et les agents des ploutocraties" . Les soldats-enfants écoutaient d'un air dévot et déconcerté . Vus de près, ils suscitaient à la fois la pitié et l'horreur . Ils étaient décharnés et effrayés, pourtant ils nous regardaient avec une haine intense; nous étions donc les coupables de tous les maux, des villes en ruine, de la famine, de leurs pères morts sur le front russe . Le Führer était sévère mais juste; il était juste de le servir .
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Annette55Annette55   28 novembre 2020
«  Il faisait très froid et l’air était immobile.
Le soleil s’était couché quelques minutes plus tôt, s’enfonçant obliquement derrière un horizon que l’atmosphère limpide semblait rapprocher, il avait laissé derrière lui un sillon lumineux jaune - vert qui s’étendait jusqu’au zénith . À l’est, en revanche le ciel était opaque, violacé, assombri par de gros cumulus couleur de plomb qui avaient l’allure de ballons mal gonflés reposant sur le sol gelé. L’air était sec , il sentait la glace »......
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brigittelascombebrigittelascombe   10 mars 2013
Nous consommerions nous-mêmes le reste du colis en petites rations quotidiennes,dans le plus grand secret possible.
Mais la foule,la promiscuité,les racontars et le désordre étaient tels dans le Lager que le secret se réduisait à peu de choses.Nous nous en aperçûmes en l'espace de quelques jours:compagnons et Kapos nous regardaient d'un autre oeil.Ils nous regardaient justement comme on regarde un objet ou un être qui tranche sur la normale,qui ne fait plus partie de l'arrière-fond mais qui est passé au premier plan.
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brigittelascombebrigittelascombe   10 mars 2013
Entretenir des rapports humains avec un individu de "l'autre camp" impliquait un péril, une promotion sociale et aussi de la nourriture supplémentaire à court et moyen terme.En un instant j'effectuai l'addition algébrique des trois termes;la faim prévalut largement et j'acceptai sa proposition.
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Herve-LionelHerve-Lionel   06 octobre 2014
Karen, fille unique, pas de maladie connue, écolière, devait mourir le lendemain. Arrigo se figea. Il l'imagina blonde comme le chanvre, gentille, gaie, sereine, sur fond de montagnes solennelles et pures: si elle devait mourir, elle mourrait sans lui. Il ne participerait pas à sa mort.
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Vidéo de Primo Levi
Primo Levi (1919-1987), l’homme en soi : Une vie, une œuvre (France Culture). Photographie : Primo Levi, en 1980. • Crédits : MARCELLO MENCARINI / Leemage - AFP. Un documentaire de Lénora Krief, réalisé par Julie Beressi. Diffusion sur France Culture le 16 novembre 2019. Primo Levi, l'écrivain italien survivant des camps de concentration, a mis fin à ses jours le 11 avril 1987. Avant d’être écrivain, c’était un témoin, un témoin professionnel. Il avait en lui cette urgence et ce besoin irrépressible de transmettre. Avec un style analytique, pur, Primo Levi nous a raconté l’horreur des camps. Le 21 janvier 1946, il commence à travailler à la DUCO, une compagnie de peintures et vernis située en dehors de Turin. C'est là qu'il écrit, sans relâche, ses souvenirs et, sans imaginer en faire un livre, le premier jet de “Si c'est un homme”. Il était habité par ce désir impérieux de ne laisser personne indifférent. Primo Levi racontera plus tard dans “La Trève”, l’impression de rejet qu’il avait ressenti dans le train face aux passagers polonais, à son retour des camps. Plus il parlait de sa condition de juif, plus les gens s’éloignaient. La simplification des faits et la peur de l’oubli le hanteront toute sa vie. Avant d’être déporté, le 22 février 1944, à l’âge de 24 ans, Primo Levi avait obtenu en 1941 un doctorat en chimie avec la plus haute mention. C’était un homme de sciences. À Auschwitz, dans les camps, Primo Levi n’a cessé d’observer, analyser. “Si c'est un homme”, nous met au défi de comprendre l’impossibilité de juger. L’écrivain propose une réflexion objective et lucide sur ce que l’homme est capable de faire à l’homme dans des situations extrêmes. Il refuse de heurter le lecteur et préfère rester en-deçà de l’horreur pour privilégier la réflexion à l’émotion. La tragédie juive contient en elle une portée universelle évidente. La Shoah, bien qu’étant un unicum, comme l’expliquait Primo Levi, est porteuse de leçons sur le comportement humain. Une partie de Primo Levi est définitivement restée à Auschwitz. Même si ses écrits reflètent un certain calme, il demeure dans la douleur de l’expérience concentrationnaire. On peut s’en rendre compte en lisant ses poèmes où, exceptionnellement, il hurle et s’emporte, offrant une image de lui très différente. En citant Jean Améry, il expliquait d’ailleurs : « Qui a été torturé reste torturé. » Sans appartenir à aucune école ni à aucun mouvement littéraire reconnu en Italie, Primo Levi a imposé son propre style et ses propres priorités éthiques et littéraires qui ont fait de lui un auteur à part et très respecté. Son oeuvre a une valeur pédagogique et intemporelle.
Avec : Myriam Anissimov, journaliste et écrivaine, auteur de “Primo Levi ou la Tragédie d’un optimiste” ; Philippe Mesnard, professeur de littérature comparée et de littérature française, auteur de “Primo Levi, le passage d’un témoin” ; Sophie Nezri-Dufour, maître de conférences en littérature italienne contemporaine à Aix-Marseille Université, membre du laboratoire de recherche CAER, Centre Aixois d’Études Romanes, et vice-présidente de l’IECJ, Institut inter-universitaire d’études et de cultures juives ; Daniela Amsallem, ancien maître de conférences d’italien à l’Université Savoie Mont Blanc et spécialiste de la littérature de la Shoah, auteur de l’ouvrage “Au miroir de son œuvre, Primo Levi : le témoin, l’écrivain, le chimiste”.
Lectures : Nicolas Raccah et François Teste.
Archives INA : Hervé Evanno. Recherche internet et documentation : Annelise Signoret. Collaboration : Suzanne Saint-Cast et Julia Martin. En partenariat avec le Centre Primo Levi, expositions rencontres le 15 et 16 novembre : 107 Avenue Parmentier, 75011 Paris.
Source : France Culture
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