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André Maugé (Traducteur)
ISBN : 2070715116
Éditeur : Gallimard (04/04/1989)

Note moyenne : 4.43/5 (sur 64 notes)
Résumé :
" C'est arrivé et tout cela peut arriver de nouveau : c'est le noyau de ce que nous avons à dire. " Primo Levi (1919-1987) n'examine pas son expérience des camps nazis comme un accident de l'histoire, mais comme un événement exemplaire qui permet de comprendre jusqu'où peut aller l'homme dans le rôle du bourreau ou dans celui de la victime. Quelles sont les structures d'un système autoritaire et quelles sont les techniques pour anéantir la personnalité d'un individu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
mireille.lefustec
  05 avril 2016
Lu en italien : "I sommersi e i salvati" .
Primo Levi composa cet ouvrage dans un contexte public spécifique.
le livre sortit en juin 86 et fut pour toute l'année un point de discussion publique.
"I sommersi e i salvati" est un cahier de travail dans lequel Primo Levi a synthétisé les questions cruciales qui se sont posées autour de Auschwitz.
De deux façons : d'une part, les comportements qui y sont advenus; de l'autre, ce qui en reste, et ce qui peut revenir.
"Nous ne pouvons pas le comprendre; mais nous pouvons et nous devons comprendre d'où il naît et rester sur nos gardes."
La connexion entre le système concentrationnaire comme exercice du pouvoir absolu et ce que cet exercice met à nu dans le comportement individuel et relationnel à l'intérieur du Lager est l'argument central du livre.
Enquête à travers la mémoire et le témoignage.
Le titre I sommersi e i salvati est celui d'un chapitre de "Se questo è un uomo".
Ce livre lui est complémentaire.
"Se questo è un uomo" présente la découverte de la propre spécificité à partir d'une dimension universelle; "i sommersi" représente l'inverse : c'est la propre expérience spécifique qui permet de trouver les traits universels de l'histoire des individus et de leurs possibilités de comportements.
On ne dira jamais assez la violence inutile, la destruction psychologique de l'individu avant sa destruction physique; la non-rebellions des détenus, leur manque de solidarité réciproque, la honte des survivants, le suicide de certains.
L'éternelle question: comment se comporterait chacun de nous s'il était poussé par la nécessité et, en même temps attiré par la séduction ?
C'est donc un témoignage du Lager et aussi une analyse des comportements sociaux.
J'en recommande la lecture.
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Allaroundthecorner
  16 mars 2017
Voilà quarante ans que Primo Levi est revenu du lager, qu'il a repris une vie ayant un semblant de normalité. Celui-ci nous livre un roman rempli d'interrogations, de réflexions personnelles, de rétrospection aussi. On retrouve donc tout un tas de questionnement au sujet des bourreaux - j'ai particulièrement aimé le chapitre où l'auteur explique qu'il a reçu un bon nombre de lettres d'Allemands après la publication de Si c'est un homme en Allemagne. Cette "exploration" et ces tentatives d'explications ne sont pas réellement satisfaisantes, même si l'on comprend qu'il faut s'en contenter, car il n'y en aura pas d'autres.
J'ai aimé aussi le chapitre au sujet des Sonderkommandos, ces commandos chargés de sortir les morts des douches, de les mettre dans les crématoires, etc. Ce chapitre fait énormément réfléchir sur la culpabilité de ces hommes. D'un côté, ils acceptaient de "participer" au massacre, d'un autre, c'était ça ou la mort, mais il faut savoir que dans tous les cas, la mort leur était destinée puisque chaque membre de ces commandos étaient remplacés tous les quatre mois environ.
Il y a aussi tout une réflexion sur l'oubli, sur les souvenirs qui ne sont peut-être pas toujours très fiables surtout après un certain nombre d'années.
Une fois encore, Primo Levi s'interroge sur l'humanité en tant que tel, sur la cruauté sans nom présente dans les camps. Néanmoins, à la fin de cette lecture, une question subsiste : lui qui voyait le lager comme une expérience "pédagogique", lui qui a survécu quarante ans après sa libération, pourquoi décider de mourir maintenant ?
Contrairement à d'autres récits de témoignage (pas forcément sur la WWII) qui sont désespérés et dégoutés de la vie, Primo Levi choisi le parti de l'optimisme - si je puis dire - pour finalement s'ôter la vie, non, vraiment, l'incompréhension demeure.
Mon avis en intégralité :
Lien : http://allaroundthecorner.bl..
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Marpesse
  01 mars 2015
Quarante ans après Auschwitz, Primo Levi a écrit Les Naufragés et les Rescapés. C'est un essai sur la mémoire des camps de concentration et d'extermination.
Dès le début du livre, il s'interroge sur la complexité de la mémoire : ne déforme-t-on pas les choses? Qu'en sera-t-il de ce fait historique horrible quand ceux qui l'auront vécu auront tous disparu? Il dit même que les meilleurs témoins ne sont pas les survivants, puisque les survivants, par définition, ne sont pas morts et ne sont pas allées jusqu'au bout de cet enfer.
Lien : http://edencash.forumactif.o..
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vdujardin
  19 juillet 2015
Les naufragés et les rescapés est un livre très fort, peut-être plus pour moi que Si c'est un homme. Il retrace ici tout son parcours dans les camps, comment il a échappé à la « sélection », passé une sorte « d'examen » qui a confirmé qu'il était bien chimiste et lui a permis d'intégrer le Kommando de Monowitz, un camp annexe affecté à la construction d'une usine de caoutchouc synthétique appartenant à IG Farben, la Buna. La violence inutile, comme la mise à nu, le rasage et le tatouage, servent à déshumaniser le prisonnier, mais un semblant de société réussit néanmoins à se reconstituer. Il explore surtout la « zone grise », celle où il est impossible de classer un homme parmi les « gentils » ou les « méchants ». Une zone où parmi les prisonniers, certains luttent pour leur survie en sacrifiant quelqu'un d'autre, où certains gardiens se font moins durs. le rapport gardien / prisonnier, la hiérarchie établie par l'administration même du camp sont analysés avec beaucoup de recul. Les prisonniers « privilégiés » (affectation à certains Kommandos, responsables de telle ou telle tâche) ont plus de chance de s'en sortir. [la suite sur mon blog]
Lien : http://vdujardin.com/blog/le..
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thisou08
  01 août 2017
Cette lecture m'a marquée au fer rouge.
Je ne me sens pas autorisée à commenter ce livre.
Tout est dit et même disséqué dedans.
J'espère que ceux qui l'ont lu me comprendrons.
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Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
PecosaPecosa   20 février 2018
C'est avec le sourire que je me rappelle l'aventure qui m'est arrivée il y a quelques années dans une cinquième élémentaire où j'avais été invité à commenter mes livres et à répondre aux questions des élèves. Un gamin à l'air éveillé, apparemment le premier de la classe, m'adressa la question rituelle: "Mais pourquoi ne vous êtes-vous pas échappé?" Je lui exposai brièvement ce que j'ai écrit ici; lui, peu convaincu, me demanda de tracer au tableau un plan schématique du camp, en indiquant l'emplacement des miradors, des portes, des réseaux de barbelés et de la centrale électrique. Je fis de mon mieux, sous trente paires d'yeux attentifs. Mon interlocuteur étudia le plan pendant quelques instants, me demanda quelques explications supplémentaires, puis m'exposa le plan qu'il avait imaginé: ici, de nuit, il fallait étrangler la sentinelle, ensuite, revêtir son uniforme, aussitôt courir à la centrale et couper le courant électrique: les projecteurs se seraient alors éteints et le réseau de fils électriques à haute tension mis hors de service, après quoi, j'aurais pu partir tranquillement. Il ajouta très sérieux: "Si cela devait vous arriver une autre fois, faites comme je vous l'ai dit, vous verrez que ça réussira."
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PseudoPseudo   22 février 2011
Le meilleur moyen de se défendre contre l'invasion des souvenirs accablants est d'empêcher leur entrée, d'élever un barrage sanitaire le long de la frontière. Il est plus aisé d'interdire à un souvenir d'entrer que de s'en délivrer après qu'il a été enregistré. C'est à cela que servaient principalement nombre d'expédients imaginés par les commandements nazis pour protéger les consciences des hommes commis aux plus sales besognes et s'assurer des services qui étaient désagréables même aux scélérats les plus endurcis. Afin que le massacre fût embrumé par l'ivresse, on distribuait de l'alcool à volonté aux Einsatzkommandos chargés, à l'arrière du front russe, de mitrailler les civils au bord des fosses communes que les victimes avaient été forcées de creuser elles-mêmes. Les euphémismes bien connus (« solution finale », « traitement spécial », le terme même d'Einsatzkommando, qui signifiait littéralement « unité d'intervention », mais masquait une réalité effrayante) ne servaient pas seulement à égarer les victimes et à prévenir des réactions de défense, ils visaient encore, dans la limite du possible, à empêcher l'opinion publique, ainsi que les unités de l'armée non directement impliquées, de prendre connaissance de ce qui était commis dans tous les territoires occupés par le IIIème Reich.

Du reste, l'histoire entière du « Reich millénaire » peut être relue comme une guerre contre la mémoire, une falsification de la mémoire à la Orwell, une négation de la réalité allant jusqu’à la fuite définitive hors de la réalité. Toutes les biographies de Hitler, divergeant sur l'interprétation à donner de la vie de cet homme tellement difficile à classer, sont d'accord sur cette fuite de la réalité qui a marqué ses dernières années, surtout à partir du premier hiver russe. Il avait interdit et refusé à ses sujets l'accès à la vérité en empoisonnant leur morale et leur mémoire, mais, dans une mesure croissante jusqu'à la paranoïa du Bunker, il s'était barré aussi à lui-même le chemin de la vérité. Comme tous les joueurs de hasard, il avait construit autour de lui une scène de théâtre faite de mensonges superstitieux à laquelle il avait fini par croire avec la même foi fanatique qu'il exigeait de chaque Allemand. Son effondrement final n’a pas été seulement une délivrance pour le genre humain mais aussi une démonstration du prix à payer lorsqu’on manipule la vérité.
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MarpesseMarpesse   01 mars 2015
Nous, les survivants, ne sommes pas les vrais témoins. C'est là une notion qui dérange, dont j'ai pris conscience peu à peu, en lisant les souvenirs des autres et en relisant les miens à plusieurs années de distance. Nous, les survivants, nous sommes une minorité non seulement exiguë, mais anormale : nous sommes ceux qui, grâce à la prévarication, l'habileté ou la chance, n'ont pas touché le fond. Ceux qui l'ont fait, qui ont vu la Gorgone, ne sont pas revenus pour raconter, ou sont revenus muets, mais ce sont eux, les "musulmans", les engloutis, les témoins intégraux, ceux dont la déposition aurait eu une signification générale. Eux sont la règle, nous, l'exception.
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thisou08thisou08   31 juillet 2017
De plus, jusqu'au moment où j'écris, et malgré l'horreur de Hiroshima et de Nagasaki, la honte des goulags, l'inutile et sanglante campagne du Viêt-nam, l'autogénocide cambodgien, les disparus d'Argentine, et toutes les guerres atroces et stupides auxquelles nous avons assisté ensuite, le système concentrationnaire nazi demeure une chose unique, tant par les dimensions que par la qualité. Dans aucun autre lieu ni temps on n'a assisté à un phénomène aussi soudain et aussi complexe : jamais autant de vies humaines n'ont été éteintes en aussi peu de temps, et avec une combinaison pareillement lucide d'intelligence technique, de fanatisme et de cruauté.
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mireille.lefustecmireille.lefustec   06 avril 2016
Ainsi je m'aperçus que l'allemand du Lager, squelettique, hurlé, constellé d'obscénités et d'imprécations, avait seulement une vague parenté avec le langage précis et austère de mes textes de chimie, et avec l'allemand mélodieux et raffiné des poésies de Heine que me récitait Clara, une de mes compagnes d'études.
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Vidéo de Primo Levi
La Story : Primo Levi, l’histoire de son chef-d’œuvre
Enquête sur un best-seller pas comme les autres : « Si c’est un homme », de Primo Levi. Le récit autobiographique d’un jeune juif italien qui raconte l’horreur de la déportation à Auschwitz. Une œuvre majeure de la littérature qui a pourtant failli ne jamais voir le jour. Stupéfiant ! vous raconte son histoire.
>Histoire de l'Europe depuis 1918>Seconde guerre mondiale: 1939-1945>Histoire sociale, politique, économique (169)
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