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EAN : 9782752906731
443 pages
Phébus (13/09/2011)
4.17/5   191 notes
Résumé :
Cette fiction (1956), qui fit comparer Meyer Levin à une sorte de Dostoïevski américain, se fonde sur un fait-divers authentique auquel l'auteur en sa jeunesse avait été mêlé malgré lui.
Dans le Chicago des années 20, deux garçons surdoués, promis à un brillant avenir, croient pouvoir exécuter un crime parfait... et y réussissent presque.

"Crime", qui suscita l'enthousiasme de Hemingway (et inspira un film fameux avec Orson Welles), avait dispa... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (33) Voir plus Ajouter une critique
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Ce Roman Inimaginable Magistralement Ecrit


EBÉ, quelle lecture !

Si je devais résumer CRIME de Meyer Levin en trois mots, je qualifierai ce roman à la fois d'Exigent, de Bouleversant et d'Éblouissant.

Exigent…

Touffu, très détaillé, philosophique même dans lequel Nietzsche et Freud sont omniprésents. Ce livre, édité chez Phébus libretto, qui plus est avec une police de caractère spéciale, n'est vraiment pas un livre de plage !

J'ai démarré cet ouvrage par les notes de l'éditeur et l'avant-propos, fort intéressantes au demeurant mais que je conseille de lire après coup en même temps que la postface également remarquable. J'ai donc enchainé sur le début du roman saturé d'informations et j'ai eu du mal à rentrer dans le récit. J'ai craqué et j'ai repris cet ouvrage une vingtaine de jours plus tard frais et disponible pour tordre le coup à ce roman vraiment spécial. Malgré la kyrielle de prénoms ou noms à assimiler, j'ai réussi à franchir le cap qui permet de savourer pleinement l'oeuvre étonnante de Meyer Levin.

Bouleversant…

Si certains ont lu « de sang-froid » de Truman Capote, « Crime » est de la même veine et raconte l'histoire d'un crime perpétré par deux adolescents Leopold et Loeb le 21 mai 1924 à Chicago. Tout est presque connu dès le début du récit, hormis le verdict final, et le roman va s'attacher à dérouler en détails l'assassinat, l'enquête et le procès des meurtriers. Différence notable avec le roman de Capote, l'auteur connaissait déjà les deux adolescents car ils étaient camarades de classe durant leur scolarité. En outre, Levin a décidé d'inscrire son propre personnage dans l'histoire en étant le journaliste d'un journal local, le Globe, pour survenir à ses besoins et participer activement à l'enquête.

Pour prendre des distances avec les faits réels, l'auteur a décidé de changer les noms des personnages ou d'en créer de nouveaux, imaginaires; les deux criminels juifs sont appelés Judd Steiner et Artie Straus tandis la victime, beaucoup plus jeune dans le roman, se nomme Paulie Kessler, fils de milliardaire. Ces deux étudiants, débarquant à l'école en limousine avec chauffeur, sont des fils de riches familles juives de la haute société américaine. Artie Strauss, adepte de romans policiers, indigne de son rang à l'époque (voir citation), était le plus jeune diplômé de l'histoire de l'université du Michigan. Judd Steiner, étudiant en droit, féru d'ornithologie et parlant quelques quatorze langues, s'apprête à être reçu à l' université d'Harvard. Bref, deux êtres extrêmement intelligents !
Comment ces deux individus ont-ils bien pu perpétrer un acte aussi horrible avec préméditation et avec une froideur aussi implacable ?

Eblouissant…

Contrairement à Capote, la liberté d'écriture de Levin a permis à l'auteur de romancer les nombreux dialogues entre les deux protagonistes et le reste des personnages qui les entourent, avant et même après le meurtre. Avec un brio incroyable…

Pour ma part, l'enquête située au deuxième tiers du roman est tout simplement extraordinaire. Peut-être la meilleure que je n'ai jamais lue. Les passionnés de Sherlock en auront pour leur argent.

Pour conclure, Meyer Lévin, a réussi à mêler, avec audace et talent dans une même oeuvre, polar, philosophie, religion, psychologie et sociologie. Magistral et unique.

Il est des lectures qui vous marquent pour une vie.

« Crime » me marquera assurément.


PS : J'avais été épaté par le roman "De sang-froid" qui joue fortement sur l'émotion suscitée alors que "Crime" focalise l'attention sur une enquête grandiose qui rend le livre unique et incomparable. Deux ouvrages à lire absolument même si on n'aime pas traditionnement les polars.
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On a tous rêvé de tuer quelqu'un.

Du triste gland slalomant sur la route, un A vissé au cul et une dangereuse passion pour la queue de poisson, au flic venant vous coller une prune en vous souhaitant finalement une bonne journée en passant par l'incontournable client(e) de grande surface hurlant dans son portable pendant que ses articles s'amoncellent sans que cela semble lui poser le moindre problème, c'est pas le boulot qui manque !

Artie Straus et Judd Steiner l'ont fait.
La différence entre vous z'et moi ? La préméditation.
La volonté, pour ces deux génies en herbe issus de la très haute bourgeoisie, de réussir le crime parfait.

S'appuyant sur des faits authentiques et particulièrement marquants, l'auteur appartenant alors à la même université que les deux criminels en puissance à l'origine de l'enlèvement et de l'assassinat du tout jeune Bobby Franks le 21 mai 1924, Meyer Levin relate froidement ce que furent, possiblement, les psychologies perturbées de ces tout jeunes adultes tout en s'appuyant sur une enquête au cordeau que n'aurait pas renié Columbo.

Si le sujet est rude, il n'en reste pas moins fascinant d'intelligence et de subtilité.
Levin dépeindra ainsi une jeunesse dorée jusqu'au-boutiste, pleinement consciente de ses actes, beaucoup moins de la violence de ses conséquences dramatiques.
Un sentiment d'immunité légitimé par une intelligence nettement supérieure à la moyenne qui n'est pas sans rappeler Raskolnikov, personnage dont se réclame ouvertement l'auteur.

Crime est un roman brillant s'adressant au plus grand nombre, ce qui m'arrange franchement.
N'hésitant pas à verser dans la psychanalyse pour tenter d'appréhender les motivations réelles des deux tueurs, Levin, habité par le profil atypique de son duo d'anti-héros, délivre une partition riche en émotions tout en tentant d'interpréter sans jamais juger.

A vous de vous faire votre propre opinion.
Ce Crime était presque parfait...
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Artie Straus et Judd Steiner sont de brillants voire très brillants élèves. Agés de 18 et 19 ans, issus de familles millionnaires, ces gamins sont nés avec une cuillère d'argent dans la bouche. Tout les promettait à un avenir glorieux et à des études réussies haut la main. Mais, serait-ce le manque d'adrénaline dans ce monde si parfait et si lisse à leurs yeux qui les a poussés à commettre l'irréparable ? Une soif de vivre ? Un besoin de se prouver qu'ils sont des surhommes, ainsi qu'ils se qualifient eux-mêmes ? Leur seule envie : commettre le crime parfait. Pour cela, ils kidnappent un gamin de milliardaires, tant qu'à faire, autant que cela leur rapporte un peu d'argent en réclamant une rançon. Tout était étudié depuis des mois, le moindre détail fignolé : les lettres anonymes envoyées aux parents, l'endroit où le père devait remettre l'argent, la voiture de location pour passer inaperçu, l'usage de faux noms, déposer le corps de l'enfant dans un lieu peu fréquenté... Ils avaient tout prévu. Sauf que le corps a été retrouvé très vite, la remise de l'argent ne s'est pas faite étant donné que l'enfant a été très vite identifié grâce (ou à cause, c'est selon) à Sid, l'apprenti journaliste et accessoirement un camarade de classe de Judd et Artie. Malheureusement pour les deux jeunes hommes, la population, la police et les journalistes ont été chamboulés et horrifiés par ce meurtre gratuit et vont se lancer à corps perdu dans la recherche des assassins. Une paire de lunettes est retrouvée sur les lieux du crime et la machine s'enclenche irrémédiablement pour Judd et Artie...

Meyer Levin relate dans ce polar ce qu'il a vécu dans les années 20. Cette histoire défraya la chronique puisque ces deux jeunes hommes n'avaient qu'une envie: commettre le crime parfait. Tuer pour tuer, rien d'autre. L'auteur s'est beaucoup attardé sur la personnalité des meurtriers, l'enfance qu'ils ont eue, leur mode de vie, leur insouciance, leur façon de penser et le fait de croire qu'ils étaient au dessus des hommes et de la loi. L'auteur ayant vécu cela de très près, il a réussi à relater les faits d'une façon assez neutre et c'est bien là le point fort de ce polar. Avec son écriture terriblement efficace, Meyer Levin nous plonge réellement dans cette Amérique des années 20. Il décrit avec précision et avec une attention toute particulière pour les tueurs les faits en eux-mêmes et les conséquences qui en découlèrent. Avec une seconde partie accrocheuse, notamment les différentes plaidoiries, ce polar nous tient en haleine et nous montre une bien sombre image de la jeunesse dorée.

Un crime... presque parfait...
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Qu'est-ce qui nous pousse à lire des histoires abominables, tirées de surcroît de faits réels ? Car il faut le dire, ce roman est abominable et pourtant...tellement bien écrit, enivrant et si captivant que le lecteur ne peut que s'y accrocher avec qu'une seule envie : savoir l'issue de l'histoire. Sommes-nous tous un peu fous ? Je ne le pense pas car, pour mon cas, moi qui suis une fan inconditionnelle des ouvrages de Truman Capote, on aurait dû me délivrer un certificat depuis longtemps...

Ici, nous avons face à nous deux jeunes hommes, Artie Strauss et Judd Steiner, tous deux âgés de 19 et 18 ans. Cette histoire se déroule dans les années 1920 à Chicago et tous deux sont donc encore considérés comme mineurs car, à l'époque, la majorité était fixée à l'âge de 21 ans. Tous deux sont fils de parent milliardaires et sont doués d'une intelligence hors du commun. Pourquoi alors puisqu'ils sont à l'abri du besoin financier, vont-ils enlevé un jeune garçon afin d'en demander une rançon au père avant de l'assassiner de sang-froid (j'adore cette expression, même si elle est horrible à proprement parler, car elle ramène sans cesse à mon cher Truman Capote) ?
C'est ce que le lecteur va tenter de découvrir tout au long de cet ouvrage. L'histoire nous est contée par l'un de leurs amis, ou du moins, camarades de classe -ce serait plus exact -, reporter pour le journal "Le Globe". C'est d'ailleurs le narrateur qui identifiera le corps puisque les pistes ont été brouillées par nos deux assassins qui avaient défigurer ce dernier avec de l'acide et qu'une paire de lunettes avait été repêchée (eh oui, le corps a aussi été noyé) alors que l'enfant n'en portait pas. Si ce n'était pas celles du jeune garçon, c'étaient alors forcément celles de l'un des assassins...

Cet ouvrage emmène le lecteur vers un long voyage, au coeur de l'Illinois, sur les suites d'un meurtre et puis d'un procès qui paraît interminable tant le lecteur a envie de savoir la sentence qui leur sera imposée. Seront-ils pendus comme semble le réclamer le procureur de l'accusation Horn ou enfermés "ad vitam eternam" comme le demande leur avocat, Jonathan Wilk ?
Les noms ont bien entendu été changés pour les besoins de l'histoire mais il n'en reste pas moins que cette histoire fait plus vraie que nature (c'est logique puisqu'elle est tirée d'une histoire vraie), que ce genre de crime a toujours été monnaie courante, l'est encore de nos jours (malheureusement) et le sera encore. Attention, ne vous méprenez pas, je ne me fais pas l'avocat du diable car s'il y a bien une chose que j'exècre (tout comme chacun d'entre vous), ce sont bien les crimes de quelque nature qu'ils soient mais il n'empêche que je n'ai pas pu m'empêcher de m'attacher aux personnages et de tenter de les comprendre, si pareille chose est possible...). A découvrir !
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Tout d'abord, je tiens à remercier Jeranjou qui m'a mise sur la piste de ce livre,j'ignorais absolument tout de cet auteur et de cette sordide histoire.

Belle couverture, chez Libretto, Edward Hopper , qui nous plonge d'emblée avec Room in NewYork , aux Etats-Unis, mais à Chicago en 1924.

Qu'est-ce que ce roman? L'auteur précise dans son avant-propos avoir voulu suivre la " grande tradition littéraire de Stendhal, dans le Rouge et le Noir, de Dostoïevski dans Crime et Châtiment, de Théodore Dreiser dans Une tragédie américaine..
Par opposition aux romans à clef, je pense que Compulsion pourrait être classé dans la catégorie des romans historiques contemporains, ou dans celle des romans documentaires.
Bien que l'action soit empruntée à la réalité, il va de soi que les pensées et les sentiments des personnages sont imaginés par l'auteur."

Il s'est aidé pour cela de tous les détails connus de cette affaire, des rapports psychiatriques, a recopié des extraits entiers des plaidoiries, et était donc particulièrement bien placé pour être bien documenté, car d'une part il était à l'époque " apprenti journaliste" pour son université et a participé activement à l'enquête, et d'autre part, il connaissait ces deux garçons.
Mais c'est un roman, pas dans les faits eux-mêmes, incontestables, mais plutôt dans l'interprétation des caractères des principaux protagonistes, qui lui est propre, et c'est pour cela qu'il n'a pas utilisé les véritables noms de ces protagonistes.
' Telles sont la vérité et la réalité à mes yeux. Car, dans le domaine de l'émotion, il n'y a pas de vérité absolue ni définie, la réalité passe toujours à travers un être, et ce qui va suivre est la réalité à travers moi."

L'histoire elle-même a déjà été racontée, deux très jeunes hommes enlèvent un enfant et demandent une rançon à la famille. Mais ils le tuent tout de suite. Aucun suspense, donc, mais le récit de l'enquête, et du procès.
Pourquoi ont-ils fait cela?

La deuxième partie, c'est le procès et là.. il faut lire attentivement la plaidoirie de leur avocat qui était donc en fait Maître Clarence Darrow, qui est une merveille dans la dénonciation de la peine de mort. Tous les arguments connus sont énoncés , mais nous sommes en 1924..

"Cette question du crime et du châtiment, aussi vieille que l'humanité, suivez-là à travers les âges , devant les bûchers, les croix, les roues, les pals, les gibets et les échafauds, aux temps où la populace assemblée venait se repaître des supplices! …
Est-ce à moi de rappeler à Votre Honneur que la cruauté n'engendre que la cruauté? ..
Votre Honneur, je suis obsédé par la tempête de haine et de fureur qui secoue ce pays! Je me bats contre la tempête jusqu'à en perdre la raison. Ce n'est pas tant pour ces garçons que je me bats et que je plaide devant vous. Je plaide pour eux qui viendront après eux, la foule des autres qui affronteront peut être sans secours l'orage et la tempête. C'est en leur nom que je supplie la Cour de renoncer aux barbaries et aux cruautés du passé! "

Très longue plaidoirie, très grand moment d'éloquence pleine d'une humanité qui réconforte.Mêlée de poèmes, dont celui, très touchant , d'Alfred Edward Housman, cité par Jeranjou:

Voilà comme le jeu finit
Qui n'aurait pas dû commencer
Mes pères et mère ont eu un fils
Sans y penser.

Je me suis demandée si Maître Badinter la connaissait? Je suppose..
Lisant cela, je me suis dit, naïvement, que l'Illinois, avec de tels avocats, avait dû être un des états américains qui avaient supprimé la peine de mort rapidement.. Pas du tout, elle n'a été abolie qu' en 2011.

En tout cas, très bon moment de lecture!


Lien : http://fr.wikipedia.org/wiki..
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Citations et extraits (44) Voir plus Ajouter une citation
Je me souviens d'un petit poème de Housman qui me semble fait pour ces enfants :

La nuit où mon père me fit naître
Mon père n'a pas pensé à moi
Pas songé que je pourrais être
Le fils que voilà.

Le jour où ma mère me fit naître
C'était un jour plein de chansons
Ma mère était folle, étourdie,
Ivre d'avoir donné la vie
A son garçon.

Mes père et mère sont couchés
Si, si profond
Que nul n'est allé les chercher
Là où ils sont.
Et c'est moi qu'ils ont enchaîné
Dans la prison.

Il ne faut pas qu'on se souvienne
De l'enfant que Dieu oublia :
Allez dire au bourreau qu'il vienne,
Vienne pendre le pauvre gars
Qui n'attend de miséricorde
Que de la corde.

Voilà comme le jeu finit
Qui n'aurait pas dû commencer,
Mes père et mère ont eu un fils
Sans y penser.


Magnifique poème extrait de la plaidoirie de Jonathan Wilk (Clemence Darrow en vérité) pour défendre les adolescents Judd et Artie coupables de meurtre d'un enfant
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Faites-les mourir : cela empêchera-t-il d'autres jeunes gens, d'autres hommes, d'autres femmes de tuer encore ? Vous savez bien que non.

Les pendaisons d'hier n'ont pas prévenu le crime d'aujourd'hui.



Extrait de la plaidoierie de Jonathan Wilk (Clemence Darrow dans la réalité)
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« Telles sont la vérité et réalité à mes yeux. Car dans le domaine de l’émotion, il n’y a pas de vérité absolue ni définie, la réalité passe toujours à travers un être, et ce qui va suivre est la réalité à travers moi »


Un avant-propos qui justifie pourquoi l’auteur a notamment changé le nom des personnages pour raconter sa vérité, même si elle s'inpire grandement des faits avérés.
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Mais que leur reste-t-il à espérer ? ... Rien !

Puisque tous les feux sont éteints
Dans la vallée,
Il est temps de quitter les tiens
Pour t'en aller.
Prends ton sac, et serre les mains.
Ô vous autres, ne craigniez rien :
Rien à craindre ni espérer,
Sur la route où l'homme s'en va,
Rien que son pas,
Sur la route où l'homme s'enfuit,
Rien que la nuit.
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Cette question du crime et du châtiment, aussi vieille que l'humanité, suivez-la à travers les âges, devant les bûchers, les croix, les roues, les pals, les gibets et les échafauds, aux temps où la populace assemblée venait se repaître des supplices ! Vous verrez que, petit à petit, la loi s'est adoucie, et qu'au fur et à mesure qu'on renonçait aux châtiments barbares le crime décroissait au lieu de s'élever.
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