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EAN : 9782290332856
372 pages
J'ai lu (10/03/2003)
4.01/5   709 notes
Résumé :
Dans le futur, les nations ont aboli les guerres et la misère. Mais à quel prix ? Gouvernés par un ordinateur géant, les hommes sont - à l'aide d'un traitement hormonal mensuel adéquat - uniformisés, privés de toute pensée originale. Dans un univers où il n'existe que quatre prénoms différents pour chaque sexe, le jeune Li RM35M4419 va hériter de son grand-père d'un étrange cadeau : un surnom, Copeau. Ce sera le début pour lui d'une odyssée qui va l'amener d'abord à... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (90) Voir plus Ajouter une critique
4,01

sur 709 notes
Une relecture, 25 ans après, d'un possible classique du genre dystopique, avec comme question centrale, incontournable : « comment a t-il vieilli ? »

Pas très bien, non… et ce pour plusieurs raisons… ( je n'ai pas lu sa nouvelle traduction, de 2018, ce qui ne devrait pas changer grand chose à mon appréciation, le coup de vieux venant principalement du fond )

Le contexte historique de sa création a bien-sûr radicalement changé. Publié en 1970, deux avant le première sortie du livre-charnière « Les limites à la croissance » des époux Meadows, on se situait alors encore dans un idéal de développement infini basé sur le progrès technique ; l'informatique entrait dans un âge équivalant à nos maternelles, sans que l'on imagine clairement son avenir ; des deux grands modèles politiques, on commençait à pressentir le déclin du rouge (pour ceux qui l'eurent pris au sérieux ne serait-ce qu'un temps) sans avoir bien conscience de la maladie incurable portée par l'autre.
Les histoires de liberté à tout prix fleuraient encore bon le progrès.

Les possibilités offertes par la surveillance informatique actuelle y sont largement sous-évaluées, et manquent de fantaisies ; elle semble contournable bien trop facilement.
Cela pose surtout le problème d'une quête où tout se déroule trop commodément, malgré un héros pas franchement d'exception, bien que l'auteur ait une idée derrière la tête…
Les différents et obligés « twist » de l'intrigue ne viennent pas vraiment réparer cette sensation de platitude ; les descriptions de ce nouveau monde ne sont pas plus évocatrices qu'un parking de supermarché ; la standardisation de la société seule ne justifie pas cette sécheresse allusive, bien que les individus y soient quasiment des clones.

La bienveillance forcée, assurée par des traitements chimiques (comme chez Philip K. Dick), résonne quant à elle plutôt bien avec la situation actuelle ; néanmoins, ce vernis de mensonges policés ne couvre que peu de surface, laissant béante au milieu une bien étrange scène de viol, quasi-vidée de son dramatique.

Le peu d'ambivalence ne permet pas d'imaginer le fonctionnement d'un tel système, laissant le lecteur sur le bord de l'histoire. Il aurait peut-être fallu étoffer, sans pour autant basculer dans ce que l'on nomme « hard S-F », où le fonctionnement de l'intelligence artificiel, sujet au demeurant passionnant, aurait pris l'unité centrale du roman.
Notre réalité actuelle n'autoriserait une telle simplicité malgré l'épilogue…

Ce qui me confirme dans l'idée qu'il est dangereux de retourner vers une oeuvre aimée en jeunesse : revoir «Les Goonies » n'est toujours pas à l'ordre du jour !
...
P.S : Je rejoins donc l'avis du bien-nommé BalthazarTableraze, dont la critique explore plus profondément l'évolution de ce roman. On aurait tous intérêt à le voir écrire d'autres billets...
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La dysptopie par excellence ...

Quand ce bouquin est sorti j'étais assez surpris car je le croyais perdu à jamais ..... !!

C'est un grand classique du genre tout à fait à la hauteur du Meilleur des mondes entre autres ...
Un très bon roman dystopique certes ! : mais il faut savoir qu'il y en a d'autres de cette qualité qui sont encore perdu dans les limbes ...

Copeau le personnage principal vit dans un monde théoriquement parfait et surtout parfait dans la pratique ..
Ce monde est réglé au millimètre près :
Tous les besoins primaires sont satisfaits .. la vie sociale des individus est gérée par une entité plus vaste .. pas de guerres .. pas d'argent ..travail pour tous ....
Pour éviter tous désagréments un peu de drogue donne un petit coup de main bien sympathique aux gestionnaires de cette société très réglée ...

C'est un monde qui est le meilleur des mondes donc ...

Mais copeau partant d'une expérience très personnelle pourra de plus en plus s'affranchir de cette désespérante et redoutable uniformité ..

L'univers comme les personnages sont très solides ...
Beaucoup de questions sont intelligemment posées et le dénouement en apporte pas mal également ...

Un roman qui soigne autant le fond que la forme ... Un roman qui est très rythmé avec un réel souci de ménager le suspense et de générer l'inquiétude du lecteur ...
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Dans la lignée des grands classiques de la dystopie (1984, le Meilleur des Mondes…) voici un roman dont je n'avais jamais entendu parler, et qui mérite pourtant d'être connu.

Ici, le monde est gouverné par un super-ordinateur, et les êtres humains subissent une uniformisation grâce à un traitement hormonal qui supprime toute violence, mais aussi toute volonté. Pour chaque sexe, il n'existe que quatre prénoms suivis de numéros. Mais grâce à son grand-père, notre héros va hériter du surnom de Copeau, ce qui va le pousser à remettre en question cette société « parfaite ».

Plus je lis ces dystopies classiques, plus je me dis que ces romans semblent toujours d'actualité. Ils ont beau avoir été écrits il y a 40 ou 50 ans, les futurs qu'ils imaginent n'ont jamais l'air irréalistes. Bien que j'en aie aimé certaines, je ne suis pas sûre que les dystopies modernes pour adolescents vieillissent aussi bien…

Bref, fermons cette parenthèse façon c'était-mieux-avant pour parler de ce livre.

La première chose qui m'a frappé ici, c'est le talent de l'auteur pour nous rendre sympathique un héros qui ne possède aucune émotion (du moins au début du livre). On s'attache beaucoup à ce petit Copeau que l'on voit grandir, s'interroger, et alterner les périodes de conscience et celles où il est plongé dans son cocon chimique.

J'ai également trouvé ce roman très riche en péripéties, malgré certains passages plus mous. On reste en alerte tout au long du livre, et l'univers très crédible conçu par l'auteur nous permet de comprendre rapidement les enjeux et les dangers encourus par Copeau dans sa quête de liberté.

Chaque question posée par ce roman apporte une réponse dérangeante, qui amène à son tour de nouvelles questions. Même la fin nous laisse songeurs, et on referme ce livre avec une conscience accrue de l'importance de notre libre arbitre, et le soulagement d'en avoir encore suffisamment pour réfléchir au sens de cette histoire.

En conclusion, c'est un excellent roman à lire et à faire lire, écrit par un auteur très talentueux. Il mérite d'être cité au même titre qu'Orwell ou Huxley comme l'un des pères fondateurs de la dystopie, et je regrette que ça ne soit pas le cas.
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Well well well- et oui , je maitrise egalement parfaitement la langue de Goethe-en voila un bon p'tit roman futuriste..

Le theme , loin d'etre novateur dans le domaine de l'anticipation , est que la vie de tout etre humain est desormais regie par Uniord , tete pensante informatique de ce joli petit monde.

L'on decide absolument de tout pour vous : choix entre 4 prenoms ( quand meme ..) , boulot attribué d'office , relations sexuelles controlées ( 1 le we , comme quoi ,il y a quand meme des similitudes avec le monde actuel hein...) , bref , vie regie de A a Z sans avoir absolument quoi que ce soit a y redire...S'il vous venait le moindre embryon de rebellion et que ça venait a se savoir (le plus souvent par le biais de la delation , une planete , une pensée unique , telle est la volonté de Skippy le Grand Gourou mais je m'egare..) , vous seriez immediatement "ramenés a la raison" grace a la gentille piqure du bon Dr Feelgood.

Ce livre n'est pas sans me rappeler cette excellente serie le Prisonnier dans laquelle Pat (on se connait donc je me permets ) Mc Goohan ne cessait de clamer : je n'suis pas un numeroooooooo , je suis un homme libreeeeeeeeeeeee !!!

Ce livre se decompose en 2 parties plutot equilibrées : la 1 ere et la 2e.
Bon d'accord , je developpe...l'auteur pose l'histoire en nous depeignant un monde inhumanisé ou la pensée par soi-meme est devenue dangereuse , puis survient Copeau ( jeune Ché en herbe ) qui , poussé inconsciemment par son grand-pere , va commencer a se poser des questions (est-ce bien raisonnable ?) et s'interroger sur son existence actuelle et en devenir...Puis sonnera l'heure du combat entre ce jeune revolutionnaire et l'ordre etabli .A ma droite Copeau , short vert , gants blancs , a ma gauche , Uniord , prise peritel rouge rebootant en mode sans echec !! qui l'emportera , suspeeeeeense..

Pour conclure , une bonne histoire , bien ecrite qui plus est , et poussant meme a certaines reflexions bien actuelles, sommes nous reellement aussi libres que nous le croyons...
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C'est un peu sceptique que j'ai commencé la lecture de "Un Bonheur Insoutenable" même si je trouve la traduction française du titre superbe et que j'avais été bouleversé à la lecture de "1984" et secoué à lecture de "Le Meilleur des Mondes". C'est d'ailleurs là que se tapissait mon angoisse car le début fait énormément penser aux 2 titres susnommés (quel drôle d'adjectif quand même…) mais c'est apparemment l'apanage des dystopies, mot qui figure depuis très peu de temps dans mon cerveau… Mais c'est la beauté de la lecture, à un moment on décide d'accorder sa confiance à l'écrivain, ou pas. En ce qui me concerne, je me suis dit: "Allez vas-y Ira, emmène moi où tu veux..." et j'ai bien fait car le récit, une fois le décor planté, s'éloigne des 2 romans susnommés (j'adore l'humour de répétition) et la trame narrative est très accrocheuse et on a pas du tout envie de quitter Copeau. Ça vaut donc la peine de surmonter ses préjugés (si jamais d'aventure on en a) car le roman recèle de belles surprises. Bon, je reste un 1948ien convaincu mais "Un Bonheur Insoutenable" est également un roman qui chamboule… À bon entendeur…
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
Ici, c’est toujours vide, d’un bout de l’année à l’autre. Vide et froid et dénué de vie. Laid. Ils étaient à l’intersection de deux couloirs ; les crevasses d’acier s’éloignaient devant et derrière eux, à gauche et à droite. Papa Jan secoua la tête et fit une grimace désabusée. — C’est mal, dit-il. Je ne sais pas pourquoi ni comment, mais c’est mal. Des plans morts dressés par des membres morts. Des idées mortes et des décisions mortes. — Pourquoi fait-il si froid ? demanda Copeau en regardant son haleine. — Parce que c’est mort, dit Papa Jan en secouant la tête.
.../...
Mais tes dessins sont de première. C’est une honte que tu n’aies pas été classifié comme artiste. Karl le regarda un moment en silence, puis : — Mais je ne l’ai pas été. Alors je ne dessine que les dimanches, les jours de fête et pendant l’heure libre. Cela n’interfère jamais avec mon travail ni avec mes autres obligations.
.../...
Qu’as-tu découvert jusqu’à présent ? Des choses intéressantes ? Copeau le regarda dans les yeux. — Oui, dit-il. Une grande partie de ce qu’on nous apprend est vrai. Le crime existait, de même que la violence, la stupidité et la faim. Toutes les portes avaient des verrous. Les drapeaux jouaient un grand rôle, de même que les frontières territoriales. Des enfants attendaient la mort de leurs parents pour pouvoir hériter. Il y avait un gaspillage fantastique de travail et de matières premières.
.../...
— Mais, malgré tout cela, les membres semblaient plus forts et plus heureux que nous. Ils allaient où ils voulaient, faisaient ce qu’ils désiraient, « gagnaient » des choses, « possédaient » des choses, et surtout choisissaient, choisissaient encore et toujours – et à cause de cela ils étaient en quelque sorte plus vivants que les membres ne le sont aujourd’hui.
.../...
— Je sais que tu penses avoir un esprit ouvert, Bob, mais essaie de l’ouvrir encore davantage, de réfléchir, et de m’écouter pendant quelques minutes comme si j’étais réellement en aussi bonne santé que je l’affirme. Veux-tu ? — D’accord, dit Bob. C’est promis. — Bob, nous ne sommes pas libres. Ni toi ni moi. Aucun membre de la Famille n’est libre. — Comment veux-tu que je t’écoute comme si tu étais en bonne santé, quand tu dis des choses pareilles ? Évidemment, que nous sommes libres ! Libres de la guerre, du besoin et de la faim, libres du crime, de la violence, de l’agressivité, de l’ego… — Oui, oui, nous sommes libres de certaines choses, mais nous ne sommes pas libres de faire des choses. Tu dois comprendre cela, Bob. Être « libre de quelque chose » n’a rien à voir avec la liberté.
.../...
— Bien, dit Bob, tandis qu’ils descendaient. Je t’ai écouté, Li, et maintenant écoute-moi. (Sa main se resserra légèrement autour de son bras.) Tu es très, très malade. Mais c’est entièrement ma faute, et je m’en veux énormément. Il n’existe pas d’îles ne figurant pas sur les cartes ; les traitements ne nous abêtissent pas ; et si nous avions le genre de « liberté » auquel tu penses, ce serait le désordre, la surpopulation, la pauvreté, le crime et la guerre. Oui, je vais t’aider, frère. Je vais tout dire à Uni, et tu seras guéri, et tu m’en remercieras.
.../...
— Pourquoi la Famille ne peut-elle pas prendre ses décisions elle-même ? demanda Copeau. Wei mâcha et avala. — Parce qu’elle n’en est pas capable. Pas capable de le faire raisonnablement, pour être plus précis. Si elle n’est pas traitée, elle est… bon, vous en avez eu un échantillon sur votre île ; mesquine, stupide et agressive, motivée avant tout par des considérations égoïstes. Et par la peur.
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Une puissante Famille
Une race parfaite
Libérée de l'égoïsme
De l'agressivité
De l'avidité
Chacun donnant tout ce qu'il a
Et recevant tout ce qu'il lui faut

Non, pensa-t-il. Ils ne forment pas une famille puissante, mais une famille faible et pitoyable, abêtie par des traitements chimiques et déshumanisée par des bracelets. Seul UNI est puissant.
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- Ecoute-moi, Li RM 35M26J449988WXYZ, lui dit Papa Jan. Ecoute-moi bien, car je vais te dire une chose fantastique, une chose incroyable. De mon temps - tu m'écoutes? - il y avait plus de vingt noms différents rien que pour les garçons! L'aurais-tu cru? Par l'Amour de la Famille, c'est la vérité. Il y avait Jan et Jean, Amu et Lev, Higa, Mike et Tonio! Et du temps de mon père, il y en avait encore davantage, peut-être quarante ou même cinquante! Tu ne trouves pas ça grotesque? Tant de noms, alors que les membres se ressemblent tous et sont parfaitement interchangeables? As-tu déjà entendu chose plus stupide?

Copeau marmonna un vague assentiment, sentant que Papa Jan voulait dire juste le contraire, et qu'en fait ce n'était ni stupide ni ridicule d'avoir quarante ou cinquante noms rien que pour les garçons.
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_Bob, nous ne sommes pas libres. Ni toi ni moi. Aucun membre de la Famille n'est libre.
_Comment veux-tu que je t'écoute comme si tu étais en bonne santé, quand tu dis des choses pareilles ? Évidemment que nous sommes libres ! Libres de la guerre, du besoin et de la faim, libre du crime, de la violence, de l'agressivité, de l'égo...
_Oui, oui, nous sommes libres "de" certaines choses, mais nous ne sommes pas libres de "faire" des choses. Tu dois comprendre cela, Bob. Être "libre de quelque chose" n'a rien à voir avec la liberté.
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Que faites-vous continua-t-il en les regardant avec intensité, lorsqu'un ordinateur est programmé pour maintenir une société parfaitement efficace, parfaitement stable, parfaitement unie ? Que faites- vous des variations biologiques, des "incurables", des éventuels faiseurs d'ennuis ?
Vous laissez quelques îles "non unifiées" ici et là dans le monde. Vous laissez des cartes dans les musées et des bateaux sur les plages. L'ordinateur n'a pas besoin d'éliminer la mauvaise graine : elle s'élimine d'elle même. Tout heureux, ils se fraient un chemin jusqu'à la plus proche institution pénitentiaire, ou les attendent les dadais , sous la direction éclairée d'un général Costanza, pour leur prendre leur bateau, les fourrer dans les immivilles et veiller à ce qu'ils ne puissent faire aucun mal et cela par des moyens auxquels aucun idéaliste disciple de Christ, Marx, Wood et Weed ne songerai à s'abaisser.
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Vidéo de Ira Levin
Bande annonce (VO) de la série Rosemary's baby, adaptation du roman d'Ira Levin.
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