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Jacques Rolland (Éditeur scientifique)
EAN : 9782246469711
278 pages
Éditeur : Grasset (28/04/1993)

Note moyenne : 4.33/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Deux cours. Les deux derniers professés par Emmnuel Lévinas en Sorbonne, durant l'année universitaire 1975-1976. Deux cours qui sont comme une glose méditative autour de quelques mots : Dieu, la mort, le temps. En ouverture, la mort et le temps. Pour la première fois, ces deux notions qui parcourent l'oeuvre entière du philosophe sont longuement explicitées. Parallèlement, Lévinas renoue avec sa recherche sur le mot Dieu, inversant les termes du diagnostic heidegger... >Voir plus
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
PilingPiling   03 juillet 2010
Pour que le savoir sorte effectivement de l'étonnement, pour que l'ignorance soit reconnue comme telle, pour que l'être advienne en tant qu'être, il fallait aussi que la lumière du ciel éclairât la ruse et l'industrie des hommes. La lumière dont les yeux ont admiré la brillance est celle-là même qui dirige ses yeux vers le donné.Et ces yeux, liés à leur convoitise innée, qui visent et perçoivent, ces yeux rusés de chasseurs, apprennent la patience et se font alors regard industrieux. Il y a alors convenance entre la sécularisation de l'idolâtrie devenant ontologie (l'intelligibilité du cosmos, la représentation et la présence se mesurant et s'égalant) et le bon sens pratique des hommes tenaillés par la faim, se tenant dans leur maison, habitant et bâtissant. Toute relation pratique avec le monde est représentation, et le monde représenté est économique. Il y a une universalité de la vie économique qui l'ouvre à la vie de l'être. La Grèce est le lieu de cette jonction, et, malgré la diversité des cultures, Messer Gaster, compagnon de Prométhée, est le premier maître ès arts du monde. Rien n'est ainsi plus compréhensible que la civilisation européenne avec ses techniques, sa science et son athéisme. En ce sens, les valeurs européennes sont absolument exportables.

Nul n'est assez fou pour méconnaître les contradictions de la technique – mais le bilan des pertes et des gains que l'on dresse habituellement ne repose sur aucun principe rigoureux de comptabilité. La condamnation de la technique est devenue une rhétorique confortable. Or la technique, en tant que sécularisation, est destructrice des dieux païens. Par elle, certains dieux sont morts : dieux de la conjonction astrologique et du fatum, dieux locaux, dieux du lieu et du paysage, tous dieux habitant la conscience et répétant dans l'angoisse et la terreur les dieux des cieux. La technique nous enseigne que ces dieux sont du monde, et donc qu'ils sont des choses, et qu'étant des choses ils ne sont pas grand-chose. En ce sens, la technique sécularisatrice s'inscrit parmi les progrès de l'esprit humain. Mais elle n'est est pas la fin.
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PilingPiling   04 juillet 2010
On peut appeler bonté ce qui se noue dans cette intrigue : sous exigence de l'abandon de tout avoir, de tout pour-soi, je me substitue à l'autre. La bonté est le seul attribut qui n'introduit pas une multiplicité dans l'un. Si elle se distinguait de l'un, elle ne serait plus bonté. Être responsable dans la bonté, c'est être responsable en deçà ou en dehors de la liberté. L'éthique se glisse en moi avant la liberté. Avant la bipolarité du Bien et du Mal, le moi se trouve commis avec le Bien dans la passivité du supporter. Le moi s'est commis avec le Bien avant de l'avoir choisi. Ce qui veut dire que la distinction du libre et du non-libre. Ce qui veut dire que la distinction du libre et du non-libre ne serait pas l'ultime distinction entre l'humain et le non-humain, et pas non plus entre le sens et le non-sens.

Comme s'il y avait dans le moi, toujours irréductible à la présence, un passé en deçà de tout passé, un passé absolu et irreprésentable. Le présent est le lieu de l'initiative et du choix. Mais le Bien n'a-t-il pas, avant tout choix élu le sujet, d'une élection qui est celle de la responsabilité du moi, lequel ne peut s'y dérober et tient d'elle son unicité ? Cette antériorité de la responsabilité par rapport à la liberté signifie la bonté du Bien : le Bien doit m'élire avant que je ne puisse le choisir ; le Bien doit m'élire le premier.

Il y a donc au fond de moi une susception préoriginaire, une passivité antérieure à toute réceptivité – un passé qui ne fut jamais présent. Passivité qui transcende les limites de mon temps et antériorité antérieure à toute antériorité représentable. Comme si le moi, en tant que responsable d'autrui, avait un passé immémorial, comme si le Bien était avant l'être, avant la présence.
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PilingPiling   01 juillet 2010
Le temps n'est pas la limitation de l'être mais sa relation avec l'infini. La mort n'est pas anéantissement mais question nécessaire pour que cette relation avec l'infini ou temps se produise.
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SharingSharing   22 mai 2018
La peur de mourir, c'est la peur de laisser une œuvre inachevée, et donc de n'avoir pas vécu. Il y a échec dans toute vie, et la mélancolie de cet échec est sa façon de se tenir dans l'être inachevé.
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JacyerJacyer   28 juin 2019
...la relation avec la mort, la façon dont la mort frappe notre vie, son impact sur la durée du temps que nous vivons, son irruption dans le temps - ou son irruption hors du temps -, pressentie dans la crainte ou dans l'angoisse, peut-elle être encore assimilable à un savoir et donc à une expérience, à une révélation? p.18
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Vidéo de Emmanuel Levinas
Grand entretien avec Alain Finkielkraut, à l?occasion de la parution de son ouvrage « À la première personne » (éditions Gallimard).
Le philosophe et écrivain y retrace son parcours, interrogeant le passé et mesurant ses dettes envers un legs intemporel. #Finkielkraut
https://www.laprocure.com/premiere-personne-alain-finkielkraut/9782072853197.html
Alain Finkielkraut est un philosophe français qui est passé d'une recherche métaphysique à une analyse parfois critique des comportements de la société d'aujourd'hui, dont la manifestation la plus caractéristique est son livre paru en 1987, "La défaite de la pensée".
Alain Finkielkraut est né à Paris en 1949. Son père juif d'origine polonaise réfugié en France dans les années 30 est un rescapé d'Auschwitz. Finkelkraut prépare Normale Sup à la khâgne du lycée Henri IV mais échoue à Ulm et est reçu à Saint Cloud. Il réussit l'agrégation de lettres modernes en 1974 et après deux ans d'enseignement dans le secondaire, part aux Etats-Unis où il enseigne la littérature française à l'université de Berkeley en Californie. A son retour en France, il enseigne la philosophie et l'histoire des idées à l'Ecole polytechnique. Il se fait connaître du grand public dès 1974 avec le nouveau désordre amoureux écrit en collaboration avec Pascal Bruckner. C'est la période de réflexion métaphysique de Finkelkraut, influencée par la pensée d'Emmanuel Lévinas. Avec La défaite de la pensée paru en 1987, Finkelkraut aborde une analyse critique des comportements sociaux. Il se dit anti-moderne et critique le tout-culturel qui banalise la culture. La démarche intellectuelle de Finkelkraut est toujours anti-conformiste et engagée.
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Dans la catégorie : FranceVoir plus
>Philosophie et disciplines connexes>Philosophie occidentale moderne>France (324)
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