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EAN : 9782729616465
208 pages
Éditeur : Interéditions (26/10/2016)

Note moyenne : 4/5 (sur 1 notes)
Résumé :
Dans cet ouvrage, l'auteur, fondateur de la Somatic Experiencing, explore le lien fondamental qui existe entre la mémoire et le traumatisme. En effet si notre corps et notre cerveau n'avaient pas cette capacité de mémoire, le traumatisme n'existerait pas. Traumatisme et mémoire sont donc liés et comprendre le fonctionnement de cette interaction est fondamental dans le traitement du traumatisme.
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Bruno_Cm
  04 avril 2018
Livre très très intéressant que je recommande presque sans réserve. Même pour ceux qui ont déjà beaucoup lu sur ces questions et thématiques et problématiques, du trauma, de la mémoire, de la conscience, des thérapies diverses. Il résume à sa façon tout ce qu'il semble utile de savoir et propose des pistes praticables et des pistes de croissance dans la connaissance, des pistes de recherche.
« Ce livre porte sur comment nous pouvons apprendre à nous réconcilier avec les souvenirs qui nous obsèdent et nous libérer de leur tyrannie. »
« L'hypothèse centrale de ce travail est le fait que notre état émotionnel du moment est peut-être le principal facteur déterminant ce dont - et comment - nous nous souvenons d'un événement particulier. »
Levine met un accent essentiel sur les souvenirs procéduraux :
« L'existence de souvenirs procéduraux se situant bien au-dessous de la conscience en état d'éveil est la clef du travail clinique sur les souvenirs traumatiques et constitue le thème centra de ce livre. »
Levine et sa si intéressante Somatic Experiencing :
« Bien que la Somatic Experiencing [...] travaille sur les souvenirs procéduraux avec bien plus de douceur, aucune thérapie n'est infaillible. Je dirais cependant que le processus davantage progressif et titré de la SE présente une plus grande marge de sécurité, ce qui diminue les risques de re-traumatisation par rapport à l'EP et aux autres thérapies cathartiques,. J'espère sincèrement que les thérapeutes qui utilisent les méthodes d'exposition vont se servir de quelques-uns des outils présentés ici pour enrichir et faire progresser leur travail thérapeutique. »
Sont insérées des séances de cas cliniques avec des photos (qui sont trop pour moi trop nombreuses et ajoutent peu au propos ; c'est un de mes rares voire mon seul bémol), où l'on voit-comprend fort bien le processus déployé.
Le corps, le corps, le corps, le corps, le corps.
Levine nous met en garde concernant l'hypnose et la capacité à provoquer, à créer des faux-souvenirs, l'importance de la suggestion :
« Pour ceux qui pratiquent l'hypnothérapie (ou hypnoanalyse), il y a souvent un facteur suggestif intrinsèque. L'hypnose est en effet quelques fois définie comme un état accru de suggestibilité. de ce fait, ce type de thérapies nécessite une formation poussée, des compétences et beaucoup de prudence. »
Levine critique et repose toute la question des faux-souvenirs :
« Quoi qu'il en soit, le travail d'Elizabeth Loftus et ses collègues [...] montre que l'implantation de faux souvenirs, de même que celle de "faux souvenirs traumatisants", est relativement facile à faire par différentes techniques suggestives. Même si les thérapeutes doivent rester vigilants quant à la possibilité d'induire de faux souvenirs, ce que Loftus semble ne pas comprendre pleinement est la nature essentielle et l'importance (et fixité) des souvenirs procéduraux dans le cas du traumatisme. Elle ne semble pas non plus considérer suffisamment les implications thérapeutiques de la façon dont les souvenirs sont intrinsèquement en flux constant, sans cesse réécrits tout au long de notre existence à mesure qu'ils progressent vers plus de sentiment de puissance et de paix. La véritable question est la suivante : dans quel but et par qui les souvenirs sont-ils réécrits ? »
Concernant le « rêve » d'effacer la mémoire, Levine nous fait comprendre à la fois que c'est possible (ou presque ou bientôt) et que c'est quasi impossible également. La science, les scientifiques, les labos pharmaceutiques, les valeurs de la société, comment on a déjà pensé cela, comment on l'a figuré (passages du film Eternal Sunshine of the Spotless Mind...)
« Nous vivons à une époque où l'effacement des souvenirs traumatiques ou autres est une possibilité bien réelle. Toutefois, nous allons voir que les médicaments pour "effacer la mémoire" sont plein de pièges, d'inconvénients intrinsèques, et de courants dissimulés dans le meilleur des mondes qu'est celui de la médecine moléculaire de la mémoire. »
« Les groupes pharmaceutiques avancent à grands pas dans la recherche sur les médicaments susceptibles d'effacer la mémoire (dans le but d'effacer les peurs et les phobies des patients) et il n'u a aucune raison de penser qu'ils ne vont pas dépenser des centaines de millions (pour ne pas dire des milliards) de dollars pour fabriquer et commercialiser de tels produit. Il est probable qu'une pression sera ensuite exercée sur le Congrès pour que l'encadrement de leur utilisation soit minimal et que la publicité téléviser et sur internet soit irrésistible - et ce malgré les effets secondaires et les abus possibles. La possibilité d'une manipulation de masse en vue de gain politiques et financiers ne peut pas non plus être écartée ou ignorée. »
« L'effacement de la mémoire est aussi peut-être significatif de la tendance de notre société à une forme de paresse qui ne cherche de solution que médicamenteuse, que ce soit des antidépresseurs, des stimulants, des traitements contre l'anxiété ou l'insomnie, etc., au lieu de faire appel à sa propre créativité pour développer sa résilience et son autorégulation. »

« Enfin, ainsi que Henry Ward Beecher est sensé l'avoir dit : "Le malheur ne vient pas à nous pour nous attrister mais pour nous rendre pondérés ; non pour nous désoler mais pour nos rendre sages". Je conclus avec l'espoir que cet ouvrage contribue, à sa faible mesure, à notre sagesse collective de la compréhension de la façon dont nous nous réconcilions avec nos souvenirs et nos sentiments pénibles. »

L'utilité voire l'exigence de se souvenir même des « malheurs » pour progresser, pour ne pas reproduire ces erreurs, pour grandir, pour évoluer. On ne doit pas effacer, on doit vivre avec, soigner les blessures, grandir encore, tel est plutôt le message de ce beau livre riche. Plein d'espoir aussi.
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Citations et extraits (153) Voir plus Ajouter une citation
Bruno_CmBruno_Cm   05 avril 2018
... dans mon travail clinique avec des enfants et petits-enfants rescapés de la Shoah, j'ai souvent remarqué et pisté des symptômes d'anxiété et de dépression généralisées. J'ai aussi remarqué que ces personnes décrivent des images, des sensations et des émotions horribles, de façon étonnamment spécifique, à propos d'événements qui semblent réels mais qu'elles ne peuvent pas avoir vécus. J'ai pu vérifier qu'un grand nombre de ces événements spécifiques avaient été vécus par les parents de ces patients et ne pouvaient l'avoir été par ces patients eux-mêmes. Mais les enfants vivent les souvenirs traumatiques de leurs parents comme s'ils étaient les leurs. Il est significatif de noter que la plupart des parents et des grands-parents n'avaient pas partagés ces souvenirs avec leurs enfants.

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Bruno_CmBruno_Cm   02 avril 2018
Quand nous sommes capables de "regarder en arrière" et de faire face à un souvenir traumatique à partir d'une base solide, le souvenir est remis à jour comme si cette capacité avait été disponible et pleinement fonctionnelle au moment du traumatisme. Cette expérience nouvellement reconsolidée devient alors le nouveau souvenir remis à jour et l'expérience incarnée dans le moment présent (donnant un sentiment de puissance et de maîtrise) modifie profondément le souvenir (passé). Ces ressources émergentes deviennent le point entre le passé et le présent - le passé "remémoré". Cette actualisation du souvenir ne retire rien au fait qu'un événement traumatisant particulier s'est véritablement produit, qu'il a entraîné un dommage considérable, et que chagrin et d'indignation sont nécessaires pour restaurer la dignité et l'honneur du Self A partir de cette plate-forme présente d'auto-compassion, les souvenirs peuvent progressivement s'adoucir, se remodeler et être de nouveau tissés dans l'étoffe de l'identité. Ce qui rappelle cette vieille tradition japonaise qui consiste à réparer les pièces de porcelaine anciennes cassées en refixant les morceaux avec des joints en or. Ce procédé de restauration permet de créer de magnifiques et nouveaux chefs d'oeuvre, exactement comme la guérison des blessures de traumatisme donne le jour à un monde naturel de flux et de reflux, dans lequel les sentiments de maîtrise, d'harmonie, d'auto-compassion et de dignité sont restaurés. Que pourrait-il y a voir de plus beaux et de plus précieux.
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Bruno_CmBruno_Cm   04 avril 2018
La plupart des thérapeutes ont observé chez leur client (ou chez eux) ce type de confusion transférentielle, qui les pousse à choisir un partenaire semblable à leurs parents - ou à transformer leur partenaire en un parent. Paul Ekman a justement observé que "c'est comme si un grand nombre d'entre nous transportait avec lui le scénario d'une pièce, d'un drame qu'il surimpose continuellement aux situations quand elles lui en donnent l'opportunité.
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Bruno_CmBruno_Cm   29 mars 2018
Morris critique aussi, dans la méthode d'EP [Exposition Prolongée], sa focalisation sur un seul événement - ce qui équivaut, écrit-il avec perspicacité, "à passer directement à une seule scène d'un film d'action et à juger tout le film à partir de cette scène". Cette observation brève et lapidaire souligne un point très important de l'EP et des autres thérapies cathartiques : ces thérapies dramatiques se fondent sur la croyance implicite que tout souvenir traumatique serait comme une île isolée, une tumeur" spécifique qu'il serait nécessaire d'ôter, d'extirper. Cette vision réifiée et trompeuse du souvenir traumatique qui postule qu'en étant revécu en boucle il serait extirpé, ignore la gestalt organique formée par le corps, l'esprit et le cerveau, cette gestalt qui intègre la totalité des situations vécues par une personne, aussi bien celles de stress et de traumatisme que celles de triomphe, de bonheur et de bonté - en réalité, l'intégralité de l'arc du développement de la vue d'un être humain. Je pense que c'est sur ce point que les thérapies de type Exposition Prolongée ratent leur cible.
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Bruno_CmBruno_Cm   01 avril 2018
Quoi qu'il en soit, el travail d'Elizabeth Loftus et ses collègues [...] montre que l'implantation de faux souvenirs, de même que celle de "faux souvenirs traumatisants", est relativement facile à faire par différentes techniques suggestives. Même si les thérapeutes doivent rester vigilants quant à la possibilité d'induire de faux souvenirs, ce que Loftus semble ne pas comprendre pleinement est la nature essentielle et l'importance (et fixité) des souvenirs procéduraux dans le cas du traumatisme. Elle ne semble pas non plus considérer suffisamment les implications thérapeutiques de la façon dont les souvenirs sont intrinsèquement en flux constant, sans cesse réécrits tout au long de notre existence à mesure qu'ils progressent vers plus de sentiment de puissance et de paix. La véritable question est la suivante : dans quel but et par qui les souvenirs sont-ils réécrits ?

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Video de Peter Levine (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Peter Levine
Guérir par-delà les mots - Comment le corps dissipe le traumatisme et restaure le bien-être http://bit.ly/1KVByH3
Après avoir décrit dans Réveiller le Tigre le processus naturel qui permet de se reconstruire après un traumatisme, Peter Levine développe son approche, la Somatic Experiencing, dans ce manuel, qui démontre avec force que la clé de la guérison d?un traumatisme se trouve « par-delà les mots » dans notre corps et dans nos instincts. « Ce deuxième livre de Peter Levine élargit et précise les concepts évoqués dans son premier ouvrage. Tous les lecteurs pourront y trouver de nombreuses idées originales, pour eux et pour leurs proches, afin de faciliter la résolution de leurs traumatismes. Tous y trouveront également des exercices simples et efficaces leur permettant de commencer à résoudre certaines de leurs difficultés post-traumatiques. Tous trouveront enfin dans ce livre des cas cliniques très touchants, venant de la longue pratique thérapeutique de Peter Levine et illustrant concrètement sa méthode. » « Les praticiens amenés à prendre en charge des personnes traumatisées trouveront en plus dans ce livre des parties plus ??techniques?? utiles à leur pratique. » Pr. Michel Schittecatte Peter A. Levine Docteur en sciences médicales et biologiques (Berkeley, Californie), docteur en psychologie, il a étudié le stress et le traumatisme pendant des années et a contribué à de nombreuses publications scientifiques et médicales sur le sujet. Il fut consultant pour la NASA lors du développement de la navette spatiale et a enseigné dans des hôpitaux et des cliniques de la douleur en Europe et aux USA. Il a fondé le Somatic Experiencing Trauma Institute (Boulder, Colorado). Comme l?EMDR, la Somatic Experiencing a révolutionné le traitement du traumatisme.
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