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Fanchita Gonzalez-Batlle (Traducteur)
ISBN : 2867463696
Éditeur : Liana Lévi (03/09/2004)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.96/5 (sur 384 notes)
Résumé :
Une petite ville américaine ravagée par la fermeture de l'unique usine, délocalisée au Mexique. Jake Skowran a non seulement perdu son travail, sa télé, son aspirateur, mais aussi sa petite amie, partie vers des cieux plus cléments... Pour ne pas perdre aussi sa propre estime, il est prêt à accepter n'importe quel "petit boulot", y compris celui que Ken Gardocki, bookmaker mafieux, lui propose: tuer sa femme. Avec sérieux et application, il s'attelle à son nouveau t... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (80) Voir plus Ajouter une critique
Crossroads
  12 juillet 2016
C'est l'histoire d'un mec, il a pas eu de bol.
Plus de taf, plus de femme. Faire sans télé et aspi, il gère encore, question de volonté.
Histoire de pas sombrer aussi sec et définitivement que le Titanic, Jake va décider de se reconvertir.
Pas con.
Ding dreling, c'est m'dame la chance qui vient toquer à ta porte.
Naaan, c'est surtout le mafieux du coin qui vient solliciter tes penchants naturels pour le flouze.
Tu veux du blé, tu flingues bobonne.
Le deal est aussi simple que ça.
Allez, qu'il s'est dit notre Jake, on a vu des porte-flingues bien plus nases que moi. Une bastos à bout portant et rebonjour copain banquier, best friend for ever avec pouces et index joints en forme de coeur sur fond de Céline Dion.
Et puis ce nouveau boulot au magasin d'essence, chez mon pote Tommy, devrait me filer un alibi en béton armé, lui aussi, pour peu que Patate, mon comparse de station tenant bien plus du clochard intellectuel que du futur prix nobel, ne foire pas tout dans les grandes largeurs qui lui servent habituellement de jalon.
Levison, c'est bon !
Ce type possède l'art et la manière de taper là où ça fait mal avec une légèreté déconcertante.
Et dire qu'il s'agit là de son premier roman, j'en reste comme deux ronds de cake.
Jake Skowran, en anti-héros sympatoche, se pose là.
Levison, habité par une verve caustique communicative, réussit le tour de force de faire passer un salopard opportuniste qui s'ignore pour le mec que l'on souhaiterait tous avoir comme pote de chambrée.
A l'abri de tout début d'embryon de réflexion existentialiste, ce type, dans le fait de buter autrui, n'y verra jamais rien d'autre qu'un job grassement payé qu'il exécutera d'ailleurs avec une conscience professionnelle kouasi mystique. Ah si, il cogitera quand même dur dans le but de ne jamais se faire pincer.
Curseur empathique, zobi sur toute la ligne.
Une cible, une balle. C'est comme ça qu'il fera son trou.
L'on se doute bien que tueur à gage, comme roue de secours, ça laisse à désirer niveau sécurité de l'emploi et pérennité dans la profession.
En grossissant le trait à l'extrême, Levison aborde la problématique des exclus à fond de point mort sur l'autoroute du bonheur. Normal, plus de ronds pour foutre de "les sens" dans le palpitant et le ciboulot.
Outre un récit jubilatoire, mention spéciale à la galerie de portraits.
Ami Patate, si tu savais lire, tu découvrirais que cet hommage appuyé t'est personnellement destiné.
Petit Boulot, énorme panard de lecture !
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Marymary
  11 mars 2015
Un petit boulot : une petite pépite...
Bien sûr il y a le froid, l'hiver, le chômage, le désespoir et la misère chaque jour plus envahissante, cette petite ville victime de la course aux profits pourrait se situer n'importe où aux Etats-Unis ou en Europe...
Mais il y a surtout l'impuissance, la révolte, l'écoeurement face à toutes ces vies volées. Personne n'appelle plus Jake au téléphone sauf la boîte de recouvrement des créances, il n'a plus de chauffage et l'avenir s'annonce encore plus sombre.
Plus encore que la misère sociale, il y a la solitude et la perte des repères.
Jake va retrouver sa dignité grâce à ce petit boulot, et aussi une place dans la société, lui qui ne servait plus à rien va retrouver la considération et la satisfaction de faire quelque chose.
Quel personnage peut moins inspirer l'empathie qu'un tueur à gages ?
Iain Levison réussit ce tour de force, on aime Jake, on a peur pour lui et on veut qu'il gagne sur ce monde absurde dépourvu d'humanité, dominé par la cupidité et la bêtise.
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marina53
  16 août 2016
Jake traîne sa misère depuis que sa copine est partie avec un concessionnaire, que l'usine qui l'employait a fermé, qu'on lui a coupé le câble et qu'il a mis sa télé en gage. Endetté auprès du mafieux et bookmaker local à qui il doit pas mal de thune, il attend patiemment, vivant de ses maigres allocations, certain qu'une nouvelle usine va à nouveau s'implanter. Lorsque ce fameux mafieux, Gardocki, le contacte pour faire appel à ses services, Jake, prêt à faire n'importe quel boulot, accepte aussitôt. Même si c'est pour buter la femme de ce dernier, soupçonnée d'adultère. Tueur à gages, ça paie visiblement bien. Pour ce qui est de la morale, on repassera. Au même moment, son pote, Tommy, gérant d'une station-service, lui propose de remplacer son salarié qui s'est fait descendre. Jake accepte aussi, considérant ce boulot comme une couverture...
Iain Levison, dont c'est ici le premier roman, traite avec cynisme, humour noir et un certain détachement, une société américaine désoeuvrée et en manque de repères. L'on fait ainsi connaissance avec Jake Skowran, endetté jusqu'au cou et dont les seuls appels proviennent des sociétés de recouvrement. Prêt à tout pour se faire de l'argent et retrouver un semblant de dignité et de satisfaction d'un travail bien fait, il va accepter de bosser pour le mafieux local. Tueur à gages (à mi-temps!): un petit boulot comme un autre! Ce roman, déconcertant et mordant à souhait, dépeint, avec une certaine légèreté confondante, la fracture sociale et la perte de repères dès lors qu'on prive quelqu'un de son travail. Jake en est le parfait exemple. Une critique jouissive de la société américaine portée par une écriture vivante, drôle et caustique...
A noter que ce roman a été adapté au cinéma par Pascal Chaumeil avec Romain Duris et Michel Blanc.
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Laurence64
  23 février 2013
Un petit boulot dans une petite ville des Etats-Unis, du côté des grands lacs.
Du côté des grands lacs parce qu'une seule fois, Iain Levison livre un indice. le lac Michigan n'est pas loin. Je m'octroie donc le satisfecit de la lectrice attentive, apte à ne pas seulement relever les bourdes diverses qui entravent mes lectures (acronyme anachronique chez Gillian Flynn, poutre syntaxique chez Eric-Emmanuel Schmitt).
Après la minute de Monsieur Cyclopède, c'était la minute d'auto-encensement. D'autant que je n'ai pas souvenir d'avoir lu que l'action se passait dans le Wisconsin. Je compenserai prochainement avec une minute d'auto-dérision.
Une petite ville industrielle donc, comptant une industrie. Sans moutons, chevaux, plantes potagères qui nous feraient subodorer une quelconque activité agricole. Une petite ville industrielle qui serait un Détroit lilliputien, pareillement touchée par la crise. Une unique usine ferme ses portes et c'est son lot d'habitants-travailleurs qui tombe dans la précarité. Lorsque les lendemains consistent à attendre les allocations chômage, ils chantent moins.
A coup de crises économiques successives, le rêve américain ne séduit plus que les laissés-pour-compte du monde qui crèvent de faim ou les grands actionnaires qui hésitent sur la taille de la louche à caviar. Les laissés-pour-compte locaux décryptent mieux les discours lénifiants lorsque leurs cartes de crédit ne leur font plus crédit.
Jake Skowran perd son boulot, sa copine, sa jolie voiture, son abonnement au câble et conserve son intelligence et ses dettes auprès de son bookmaker. Lequel lui propose un job de tueur à gages.
Entre meurtres commandités dont la justification trouve sa source dans le salaire promis et meurtres nés du libre arbitre de l'ex-responsable d'un quai d'embarquement d'usine, Iain Levison épingle l'inhumanité d'un système économique qui broie sans un regard pour ses victimes.
A l'immoralité de l'apprenti tueur répond l'amoralité d'une société qui vire un employé de magasin pour facing inadapté (les chips Wenke sur l'étagère du haut!) et une blouse absente.
Face à l'immoralité de Jake soucieux de sauver ses fesses, Levinson raconte la falsification des statistiques policières.
Ici, la moralité fuit à chaque ponctuation du texte. Lequel enchaîne situations cocasses, fusil à baïonnette, Budweiser par pack de six, causticité. Ici, on se fiche comme d'une guigne de la crédibilité de certaines actions puisque la réalité dans ce qu'elle a de plus mordant baigne les deux cents pages de ce premier roman fort réussi.
Iain Levinson a le sens de la débâcle joyeuse, le talent de la lucidité échevelée et cynique. Il conduit son héros sur les rives d'un anarchisme qui se prendrait les pieds dans le tapis de la nécessité individuelle, tissé par un Groucho Marx à la sociopathie sélective.
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Renod
  03 avril 2018
Plus de boulot, plus de voiture, plus de télévision, plus de copine… Jack Skowran est dans la dèche. Son sort n'a rien d'exceptionnel dans sa ville sinistrée. Tout a basculé le jour où l'usine a fermé pour s'installer sous d'autres cieux où la main d'oeuvre est moins coûteuse et plus docile. Jack n'a aucune perspective et il ne sera plus indemnisé par le chômage dans quelques mois. Alors quand Ken Gardocki qui exerce les nobles professions de bookmaker et de trafiquant de drogue lui propose de l'argent pour abattre sa femme, Jack accepte. Les responsables politiques et les chefs d'entreprise sont cyniques et violents, alors pourquoi pas lui. Jack qui a toujours été un travailleur consciencieux va se révéler être un tueur à gage des plus compétents. Et étrangement ce « petit boulot » va permettre à Jack de reconquérir sa dignité.
Iain Levinson nous livre une vision désenchantée des Etats-Unis à travers le portrait d'une ville en plein marasme peuplée de «petits blancs ». Une usine ou un commerce peuvent être fermés du jour au lendemain même s'ils sont rentables. Dans les points de vente, de petits chefs imposent mille et une règles pointilleuses aux employés qu'ils exploitent. Alors le lecteur comprend sans peine la réorientation de Jack. le roman baigne dans le cynisme, l'immoralité et l'ironie grinçante. "Un petit boulot" est un polar à l'intrigue efficace et un roman social qui dépeint une société postindustrielle désenchantée. Un roman grinçant et jouissif.
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critiques presse (2)
Actualitte   07 novembre 2013
Cette déconstruction du rêve américain se fait avec un certain humour. L'intrigue rocambolesque et invraisemblable détend l'atmosphère : Un petit boulot ne tombe pas dans le réalisme social pesant et étouffant.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Telerama   02 octobre 2013
Quelle bonne idée de fêter le numéro 100 de la collection Piccolo avec la réédition de ce formidable roman noir et loufoque, paru en 2003, et en poche l'année suivante.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (43) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   16 novembre 2012
- Il n’y aura pas de nouvelle usine. Qui voudrait une foutue usine ici ?

- J’ai entendu dire que les papiers Scott étudiaient le site. » Tommy m’avait téléphoné pour me dire qu’il l’avait lu dans le journal. De grosses compagnies étaient intéressées, je le savais. Il y avait une réserve d’ouvriers qualifiés, un bâtiment déjà équipé pour produire des pièces de tracteurs. Quelques transformations, et ça tournerait en produisant autre chose. Nous savions tous ça.
Gardocki rigole de nouveau. « Les papiers Scott. » Il secoue la tête. « C’était une usine de construction mécanique. Tu penses qu’ils vont la transformer en moulin à papier ? Et remettre ça avec les conneries de syndicats ? Plus personne ne veut avoir affaire aux syndicats. On veut des Mexicains. On veut des gens qui seront contents avec sept dollars de l’heure et qui ne rouspèteront pas pour en toucher dix-sept. L’usine, ici, c’est fini, Jake. » Il se laisse aller contre son dossier et allume une cigarette. « Qu’est-ce qui est arrivé à cette jolie fille avec qui tu sortais ?

- Je t’emmerde.
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marina53marina53   17 août 2016
Je suis un sacré fêlé ? Regarde autour de toi, Ken, un monde sans règles. Il y a des gens dont le boulot consiste à faire passer des tests anti-drogue à des employés de magasin. Des gens qui veillent à ce que d’autres n’apportent pas d’arme au boulot. Des gens dans des immeubles de bureaux qui essaient en ce moment même de calculer si licencier sept cents personnes leur fera économiser de l’argent. Quelqu’un est en train de promettre la fortune à d’autres s’ils achètent une cassette vidéo qui explique comment améliorer leur existence. L’économie c’est la souffrance, les mensonges, la peur et la bêtise.
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le_Bisonle_Bison   29 février 2012
- Tu pourrais m’avoir un silencieux ? J’aime pas le bruit du coup de feu. C’est dangereux, et ça me fait mal aux oreilles.
Il grimace. « C’était bruyant à l’usine. Comment tu faisais ?

- Je portais des boules Quies.

- Porte des boules Quies, alors.

- Le bruit est quand même là. Des gens peuvent l’entendre. Je voudrais vraiment un silencieux. » En plus, c’est chic, un silencieux. Tous les tueurs à gages en ont. Quel homme de main se trimballe avec un flingue merdique qui fait un bruit d’enfer ?
« Je le leur demanderai. Ils te donneront une arme. Mais s’ils en ont pas, tu peux en trouver un ?

- Je ne sais pas où trouver un silencieux. On en vend au supermarché ? »
Ken hausse les épaules. « Tu as demandé ? Ils vendent des fusils de chasse. » Nous nous regardons, et nous éclatons de rire.
Être tueur à gages, c’est comme tout, on a ses moments de rigolade.
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SauveterreSauveterre   14 janvier 2013
Les hôpitaux ferment, les restaurants ferment, même les soldeurs ferment. Pourquoi les postes de police restent-ils ouverts ? Le besoin de punir la populace locale est visiblement plus important que celui de la soigner, la nourrir et l'habiller.
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ZilizZiliz   12 avril 2013
Je déteste qu'on m'appelle monsieur alors qu'on veut dire ducon. Ça se voit à l'attitude des gens. "Monsieur" était un mot qui impliquait le respect, mais ces gens-là le disent avec mépris. Les videurs et les flics font beaucoup ça. (p. 135)
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Rencontre avec Iain Levison au festival America 2016
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