AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Anatole Muchnik (Traducteur)
ISBN : 2070341798
Éditeur : Gallimard (23/08/2007)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 150 notes)
Résumé :
Quel lien entre la législation de l'avortement et la baisse de la criminalité aux États-Unis ? Quelles sont les vraies motivations des agents immobiliers ? Pourquoi les revendeurs de drogue vivent-ils plus longtemps chez leur mère ?
L'économie, vue sous cet angle, incongru en apparence, mais qui est celui de la plus sérieuse rationalité des agents, des comportements, des causes et effets, traite de sujets peu conventionnels. Elle a reçu un nom : freakonomics... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
YvesParis
  07 novembre 2012
"Freakonomics" - néologisme qu'on pourrait traduire par "L'économie saugrenue" - est porté par un bouche-à-oreille laudatif
Et il le mérite amplement
Rares sont les ouvrages de microéconomie appliquée d'une lecture aussi distrayante.
Suivant une recette typiquement anglo-saxonne, le jeune et brillant économiste Steven Levitt s'est adjoint les services du brillant - quoique vieux - journaliste au NYTimes Stephen Dubner pour rendre vivante une matière qui ne l'est pas toujours.
Steven Levitt ne s'intéresse pas aux sujets sérieux qui encombrent les revues économiques : l'inflation, les taux de change, les perspectives de croissance du PIB le font bailler d'ennui. Et nous aussi. Au contraire, cet esprit malicieux pose des questions faussement naïves sur les mille et un faits de notre quotidien : combien gagne un delaer ? pourquoi devient-on architecte plutôt que prostitué ? faut-il faire confiance aux agents immobiliers ?
Il démontre par exemple que la baisse de la criminalité enregistrée aux Etats-Unis depuis les années 90 n'a rien à voir avec le retour de la croissance ou le durcissement des peines. Il révèle, avec une provocation gourmande, qu'elle s'explique en fait .... par la légalisation de l'avortement qui a évité la naissance d'enfants non désirés qui, s'ils étaient nés, auraient eu une probablilité plus forte de devenir criminels que leurs congénères nés dans des milieux plus favorisés !
Il démontre ausi - ce qui est immensément réconfortant pour les mauvais parents que nous sommes - que les efforts déployés pour éduquer nos enfants importent moins que le patrimoine (génétique, culturel ... et financier) que nous leur léguons. Pour ce seul chapitre - sur la base duquel j'ai décidé d'aller plus souvent au cinéma que d'aider mes garçons à faire leur devoir - le livre de Levitt et Duibner mérite d'être loué !

On peut estimer que cette lecture si divertissante redonne un nouvel intérêt à une science souvent décrédibilisée par ses erreurs de prévisions. On peut aussi y trouver la confirmation de ses limites. Car, comme le souligne Levitt, si l'analyse régressive permet dans des forêts de statistiques d'isoler des corrélations, la mise à jour d'une relation de causalité elle dépasse l'analyse économique. L'économiste démontrera qu'il neige plus les jours de grand froid que de grande chaleur ; mais seul le météorologue saura déterminer si cette corrélation a un sens.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          180
deuxquatredeux
  25 mars 2018
Dans les années 1990, les radios californiennes des campus universitaires s'emparent de « Loser », le titre du jeune Beck Hansen (qui se fera appelé plus tard Beck) :
« In the time of chimpanzees I was a monkey
Butane in my veins so I'm out to cut the junkie
With the plastic eyeballs, spray paint the vegetables
Dog food stalls with the beefcake pantyhose
Kill the headlights and put it in neutral
Stock car flamin' with a loser and the cruise control
Baby's in Reno with the vitamin D
Got a couple of couches sleep on the love seat
(…)
Soy un perdedor
I'm a loser baby, so why don't you kill me? »
En 2005, l'économiste Steven D. Levitt et le journaliste Stephen J. Dubner publient Freakonomics: A Rogue Economist Explores the Hidden Side of Everything (qui donnera Freakonomics lors de sa publication en français en 2007), vulgarisation des articles de Steven Levitt et d'autres économistes.
Quel est le rapport entre le titre de Beck et Freakonomics ? Premier rapport, avec « Loser », le premier fait preuve d'une belle créativité en mêlant hip-hop et grunge avec des paroles totalement saugrenues et barrées ; les deuxièmes développent un genre particulier *, celui de « l'économie saugrenue ». Deuxième rapport, un des sujets saugrenus traités dans Freakonomics porte sur le lien entre le choix d'un prénom et le destin de celui qui le porte et la décision de Robert Lane d'appeler respectivement deux de ses enfants, Winner et Loser*.
Une des ambitions de Levitt et Dubner est de rompre avec le qualificatif de « lugubre » associé à la science économique. Depuis les travaux de Malthus, il est de coutume de qualifier l'économie politique puis la science économique de « science lugubre » (« dismal science »). En fait, ce qualificatif a été utilisé par l'historien Thomas Carlyle dans Discours de circonstance sur la question noire (Occasional Discourse on the Negro Question, 1849) :
« Truly, my philanthropic friends, Exeter Hall Philanthropy is wonderful; and the Social Science—not a ‘gay science,' but a rueful—which finds the secret of this universe in ‘supply-and-demand,' and reduces the duty of human governors to that of letting men alone, is also wonderful. Not a ‘gay science,' I should say, like some we have heard of; no, a dreary, desolate, and indeed quite abject and distressing one; what we might call, by way of eminence, the dismal science. These two, Exeter Hall Philanthropy and the Dismal Science, led by any sacred cause of Black Emancipation, or the like, to fall in love and make a wedding of it,—will give birth to progenies and prodigies; dark extensive moon-calves, unnameable abortions, wide-coiled monstrosities, such as the world has not seen hitherto! ».
Ainsi à la « Gay science » - celle que l'on retrouve chez Nietzsche mais qui deviendra savoir dans la version française -, Carlyle opposait la « Dismal science » mais pas directement au sujet de l'économie politique puis de la science économique, ni de Malthus***.
Entouré d'une hype très forte à sa sortie - il sera suivi d'une suite et même d'un film -, le livre de Levitt et Dubner est également intéressant car il traite de sociologie avec les outils de l'économiste et constitue au final une source convaincante pour approcher la science économique de façon ludique et iconoclaste.
N'oublions pas néanmoins que Nietzsche considérait qu'une « Une chose qui convainc n'est pas vraie pour autant. Elle est seulement convaincante ».
* Je n'ai pas fait de recherche sur ce « courant » et ne sait pas si l'on ne pourrait pas trouver des pionniers bien avant Levitt et Dubner.
** http://articles.chicagotribune.com/2002-07-31/news/0207310310_1_prep-school-burglary-case-criminal-justice-system
*** De Malthus, dans la dixième partie de Chartism (1839), Carlyle écrivait « The controversies on Malthus and the 'Population Principle,' 'Preventive check' and so forth, with which the public ear has been deafened for a long while, are indeed sufficiently mournful. Dreary, stolid, dismal, without hope for this world or the next, is all that of the preventive check and the denial of the preventive check. »
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
sevm57
  13 juillet 2016
Ce livre d'économie se lit comme un roman! Il est drôle, passionnant, il apprend à se poser les bonnes questions et à regarder les choses autrement à la lumière de l'analyse des statistiques notamment.
Il donne envie de faire de l'économie, mais attention à la déception, ce n'est pas toujours aussi amusant et intéressant que dans Freakonomics!
Commenter  J’apprécie          172
avisdupublicnet
  25 août 2014
Avec Freakonomics, Steven D. Levitt (journaliste au New York Times et au New Yorker) et Stephen J. Dubner (professeur d'économie à l'université de Chicago) nous offrent une présentation des sciences économiques d'un nouveau genre. C'est en 2003 qu'a lieu la RENCONTRE entre les auteurs. Stephen J. Dubner venait de recevoir la médaille John-Bates récompensant le meilleur économiste de moins de quarante ans. Pourquoi une telle médaille ? Et bien parce que Stephen J. Dubner n'est pas un économiste comme les autres. L'économétrie ne l'intéresse pas, la Bourse est un milieu qui lui est hermétique… Lui ce qui le passionne ce sont les petits faits de tous les jours. C'est d'étudier notre société avec la loupe de l'économiste afin de mieux comprendre les interactions entre agents et les possibilités de chacun. Mais pas pour en faire des théories, non, pour justement prendre du recul sur les préjugés et les relations de causalité souvent mis en valeur. L'économie est alors vue sous un nouvel angle. La rationalité des agents, des comportements, des causes et effets sont transposés à des terrains d'étude qui peuvent rapidement être qualifiés de saugrenue ! Cette étude des petites choses étranges grâce à la méthodologie des sciences économiques possède un nom : Freakonomics !
Ce livre peut s'apparenter à de la maïeutique. Il ne propose pas une méthodologie propre. Il nous guide, par les questionnements des auteurs, pour nous permettre de remettre en question nos idées reçues. Au fil de notre lecture, on va donc passer du lien entre la législation de l'avortement et la baisse de la criminalité aux États-Unis, à l'étude de la motivation des agents immobiliers dans une vente, en passant par le lien entre réussite personnelle et prénom, ou encore répondre à la simple question : pourquoi les revendeurs de drogue vivent-ils plus longtemps chez leur mère ? Comme vous pouvez le constater le panel est large !
Les auteurs l'admettent en conclusion : ce livre ne possède pas de fil conducteur clair. Les transitions de fin de chapitre amènent toujours à la réflexion suivante, mais à la fin de sa lecture on peut facilement ressentir un sentiment de flottement… Je trouve que le mieux est de le lire chapitre par chapitre pour éviter l'impression de s'être perdu au sein d'une importante digression. Cependant Freakonomics reste un très bon livre pour se (re)plonger dans les théories et raccourcis des sciences économiques d'un point de vue ludique, clair et concis. Ce livre est parfait pour aiguiser son esprit critique et remettre en cause certaines vérités qui peuvent sembler irréfutables.
Lien : http://avisdupublic.net/crit..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
Litterature_et_Chocolat
  26 septembre 2011
Freakonomics est un coup de poing aux idées reçues, un grain de sable dans les rouages de la pensée uniforme. Cet essai se lit aussi facilement qu'un roman, les propos y sont exposés de façon didactique avec cette touche d'humour que savent si bien manier les américains au milieu des démonstrations les plus sérieuses.
On peut faire dire tout et son contraire aux chiffres, a fortiori lorsqu'on est économiste. Steven Levitt se donne pour mission de vulgariser (un minimum) l'analyse économique pour nous donner les moyens de nous poser les bonnes questions et conserver un esprit critique sur les informations que nous recevons.
Il faut se méfier des raisonnements simplistes et des conclusions rapides dans la prise de décision. Par exemple, les auteurs nous prouvent que si on fait payer une amende aux parents en retard pour récupérer leur enfant à la crèche… le nombre de retard va augmenter! Dans un monde de plus en plus complexe, comment imaginer que les logiques binaires puissent encore être de mise?
Les exemples sont cependant très américains et le propos est un peu répétitif : on peut être tenté d'abréger la lecture avant la fin du livre… sans toutefois que ça nuise à la bonne compréhension de l'ensemble.
Lien : http://litteratureetchocolat..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
sevm57sevm57   27 juin 2016
Dans l'univers des rencontres sur internet, une chevelure blonde vaut à peu près autant pour la femme qu'un diplôme universitaire. Entre une décoloration à 100 dollars et un cursus universitaire avoisinant les 100000 dollars, le calcul est vite fait.
Commenter  J’apprécie          80
sevm57sevm57   27 juin 2016
En sachant lire les données avec pertinence, vous serez en mesure d'expliquer certaines choses qui vous auraient autrefois semblé inexplicables. Rien ne vaut la force brute des chiffres pour décaper des couches entières de confusion et de contradictions.
Commenter  J’apprécie          60
Litterature_et_ChocolatLitterature_et_Chocolat   26 septembre 2011
Yes we can!

La sagesse populaire se trompe souvent. La criminalité n’a pas augmenté dans les années 90, l’argent ne suffit pas à remporter les élections et – ô surprise – il n’a jamais été prouvé que boire huit verres d’eau par jour soit bénéfique pour la santé. Bien que la sagesse populaire s’appuie souvent sur des fondements inconsistants, il est extrêmement difficile d’y résister. Mais c’est toutefois possible.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
Litterature_et_ChocolatLitterature_et_Chocolat   26 septembre 2011
Et si en plus nos idées deviennent brillantes…

Voir les choses sous ce prisme améliorera-t-il votre quotidien d’un point de vue matériel? Probablement pas.[...] Vous montrerez certainement davantage de scepticisme face à la sagesse populaire; vous commencerez à flairer les indices témoignant que les choses ne sont pas ce qu’elles paraissent; vous débusquerez quelque filon de données que vous éplucherez, en déployant force intellectuelle et intuition, pour en tirer telle ou telle conclusion brillante.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
sevm57sevm57   25 juin 2016
La morale, dit-on, reflète la façon dont nous voudrions voir tourner le monde alors que l'économie représente son fonctionnement réel.
Commenter  J’apprécie          90
Video de Steven D. Levitt (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Steven D. Levitt
Conférence de Steven D. Levitt au TEDx ou pourquoi les ceintures de sécurité ne sont pas efficaces pour réduire les accidents de voiture.
>Sciences sociales : généralités>Culture et normes de comportement>Comportements économiques (131)
autres livres classés : économieVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Retrouvez le bon adjectif dans le titre - (5 - essais )

Roland Barthes : "Fragments d'un discours **** "

amoureux
positiviste
philosophique

20 questions
408 lecteurs ont répondu
Thèmes : essai , essai de société , essai philosophique , essai documentCréer un quiz sur ce livre