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ISBN : 2743625848
Éditeur : Payot et Rivages (21/08/2013)

Note moyenne : 3.84/5 (sur 28 notes)
Résumé :
Hélène est la petite nièce de Daniel Roche, l'auteur, sous le pseudonyme de H. R. Sanders, d'une fameuse série de romans d'aventures à succès, La Marque noire. Quand elle s'installe à Paris pour y étudier l archéologie, l'écrivain lui prête sa chambre de bonne.

Elle est alors amenée à fréquenter ce personnage un peu loufoque qu'elle n'apprécie guère et dont elle n'a jamais lu les livres. Son ami Guillaume en est, lui, un lecteur fanatique et tente de ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
sandrine57
08 février 2014
Etudiante en archéologie, Hélène s'installe à Paris dans la chambre de bonne de son grand-oncle Daniel Roche. Elle n'est pas très proche de cet éternel enfant qui faisait la joie des plus jeunes lors des réunions de famille en racontant avec force gestes et mimiques ses voyages aux quatre coins de la planète. Ses talents de conteur, il les a aussi mis au service de Peter Ashley-Mill, le héros de la Marque noire, une série à succès de romans d'aventures pour adolescents dont il est l'auteur, sous le pseudonyme de H.R. Sanders. Mais Hélène n'a jamais réussi a dépassé le troisième chapitre du premier tome de ces livres qui ont fait frémir toute une génération. Daniel, à l'instar de son héros, voyage beaucoup, Hélène n'a donc que très peu de contacts avec lui et elle s'en félicite. Pourtant, à force de côtoyer ses fans, dont son petit-ami Guillaume est un bel exemple, ses voisins et amis, elle finit par s'intéresser et aux livres et à l'homme. Elle découvre ainsi que derrière Daniel Roche se cache Daniel Ascher, un petit garçon juif qui a fui l'Occupation et les rafles pour trouver refuge en Auvergne chez ses arrière-grands-parents. Intriguée, Hélène part sur les traces de son grand-oncle, à la recherche de ce qu'il fut et aussi de ce qu'elle est.

En même pas 200 pages, dans un roman qui ne paie pas de mine, un premier roman qui plus est, Déborah LEVY-BERTHERAT réussit avec beaucoup de douceur et de pudeur à évoquer des sujets graves sans tomber dans les clichés ou le pathos. On y suit une jeune fille sérieuse, à peine sortie de l'adolescence, et qui en garde encore les préjugés et les jugements à l'emporte-pièce, qui au fil d'une enquête au coeur des non-dits familiaux, va mûrir et se révéler à elle-même. Face à Hélène la pondérée, le fantasque Daniel roche, alias H.R. Sanders, semble frivole et pourtant...De la rue d'Odessa à Paris jusqu'à New-York, en passant par l'Auvergne, Hélène va découvrir l'histoire d'une famille juive décimée par la guerre, d'un enfant tiraillé entre le souvenir des siens et son nouvel attachement à ceux qui l'ont recueilli, sauvé, adopté et qui n'a eu d'autre choix que de s'évader et de se raconter à travers ses romans. Car c'est dans La Marque noire qu'Hélène va trouver les cailloux semés par Daniel pour aller vers la vérité. Chez les Roche le parcours de Daniel n'est pas un secret, plutôt un non-dit, un épisode recouvert du voile de l'oubli; les Justes sont discrets. Mais Daniel, bien sûr, n'a pas oublié le petit Ascher, ses parents, sa soeur, la boutique de photographe qu'ils habitaient et la nostalgie de ce bonheur saccagé par les nazis n'a jamais cessé de le hanter. C'est cette histoire, intimement mêlée à la sienne, qui va faire grandir Hélène, la réconcilier avec sa part d'enfance, lui donner les ailes pour s'envoler vers l'avenir.
Un roman tendre et sensible qui révèle une auteure brillante et prometteuse. A découvrir.
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Seraphita
26 août 2013
Hélène a vingt ans, un grand-oncle – Daniel Roche – qu'elle a toujours trouvé farfelu, dont elle a souvent eu secrètement honte, tant ses manières n'avaient rien d'un adulte, mais évoquaient plutôt des gamineries d'un autre âge. Et pourtant… Ce grand-oncle est aussi un écrivain célèbre, auteur d'une série jeunesse « La Marque Noire » qui se décline, à ce jour, en 23 volumes. Hélène va avoir l'occasion de se rapprocher de Daniel à la faveur de ses études d'archéologie à Paris : ce dernier lui a, en effet, proposé de l'héberger dans son appartement. Cet homme décalé, rarement présent à ses côtés puisque toujours en partance vers des contrées lointaines, va intriguer Hélène qui décide de mener l'enquête. Et celle-ci la transformera de l'intérieur, lui permettant de basculer de « la pénombre bénie de l'enfance » vers l'âge adulte, et sa contrepartie, l'accession à une vérité qu'elle n'avait pas demandé à connaître.
« Les voyages de Daniel Ascher » est un roman riche d'une palette d'émotions contrastées, notamment la nostalgie d'un avant qui ne reviendra pas. C'est aussi un roman tout en pudeur, en retenue, qui explore très finement la mutation de l'enfance vers l'âge adulte. C'est le personnage d'Hélène qui va servir de fil rouge à l'auteur pour illustrer l'oscillation d'un être qui semble hésiter, à l'orée de l'âge adulte, à quitter un état d'enfance, cocon douillet où les vérités d'un autre âge n'ont pas encore pénétré.
Le roman porte, en lui-même, ces hésitations, puisqu'il navigue entre des genres variés : tantôt roman d'aventures jeunesse, tantôt roman historique, qui explore les tourments de la seconde guerre mondiale, la persécution des Juifs et l'engagement des Justes, tantôt encore roman sentimental. Si le personnage d'Hélène est un premier fil rouge de l'intrigue, l'archéologie semble constituer le second : la jeune femme tente ici d'exhumer les vestiges enfouis d'un passé familial qu'on s'efforce de taire sous les faux-semblants du quotidien. Mais les non-dits ont la force de savoir ressurgir, à l'improviste. Et quand Daniel Ascher surgit, se découvre, au détour d'une écriture inédite, le lecteur assiste de l'intérieur à la mutation d'Hélène, et participe à son vertige, à ses côtés dans l'avion qui la ramène en France : « Et elle qui n'avait jamais eu peur de l'altitude, elle a senti, pour la première fois, les trente mille pieds de vide au-dessous d'elle » (p. 138).
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argali
11 août 2015
Hélène, étudiante en archéologie, est logée dans la chambre de bonne de l'immeuble de son grand oncle Daniel. Hélène la réservée, la trop sage, n'a jamais été proche de cet oncle facétieux, joyeux, exubérant qui racontait des aventures invraisemblables aux enfants lors des repas de famille. Tous étaient suspendus à ses lèvres sauf elle.
En vivant dans le même immeuble, elle va être amenée à rencontrer ses voisins, ses amis, à partager quelques moments intimes avec lui. Elle va alors découvrir une autre facette de cet étrange personnage. Plus authentique, plus touchante. Et ses rapports avec lui vont prendre une autre tournure. A la manière d'un détective, elle va remonter son passé, marcher dans ses pas et reconstituer son histoire.
Bien que la trame soit déjà vue et l'intrigue classique, ce roman, mettant en scène des secrets de famille, est particulièrement touchant et juste. Ni larmoyant, ni exagérément sentimental, il nous plonge dans une période sombre de l'Histoire pour mieux nous expliquer le mystère que représente cet oncle Daniel. de courts chapitres au rythme soutenu nous plongent très vite au coeur de l'intrigue et nous tiennent en haleine jusqu'au terme de l'histoire. Bien que la multitude des événements rende le récit complexe, le fil conducteur est clair, simple je dirais, et permet de deviner certains faits sans éventer le dénouement assez inattendu.
Mêlant habilement les histoires écrites par Daniel, sa vie et celle de son héros, l'auteure nous invite en quelque sorte à un jeu de piste au cours duquel les indices sont disséminés pour nous permettre de résoudre l'énigme en même temps qu'Hélène. Et cela fonctionne incroyablement bien. Elle nous offre aussi une réflexion intéressante sur l'écriture qui permet d'échapper au quotidien. Grâce à ses romans d'aventures, Daniel a trouvé le moyen de guérir ses blessures, de se recréer à travers son héros, Peter Asley Mill (proche de « schlémihl » qui signifie « malchanceux » en yiddish).
Ajoutons à cela une plume élégante, ludique et classique à la fois et nous avons un récit aux multiples facettes qui séduira petits et grands. Je pense que j'en ferai le premier livre à lire pour mes élèves en cette nouvelle année.
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donatella
27 mai 2014
Ce très beau roman, qui se déroule principalement entre Montparnasse et l'Auvergne, est construit autour d'une énigme. Au fil des pages émerge la vie passée de Daniel Ascher, dont beaucoup d'aspects sont mystérieux. Pourquoi est-il si solitaire et insaisissable, quel est son le secret? La réponse à ces questions reste le point de fuite vers lequel converge le récit, au suspense de plus en plus intense. le dénouement est inattendu et émouvant.
Le fil de l'histoire est déroulé par la petite-nièce de Daniel Ascher, Hélène Roche, jeune étudiante d'archéologie, qui va habiter dans une chambre de bonne sous les toits de Paris, prêtée par son grand-oncle. Elle entend mener sa vie de façon indépendante loin de sa famille auvergnate et orléanaise. Des pages très réussies évoquent le petit groupe des copains de fac d'Hélène, leur vie insouciante à Paris avec piqueniques et fêtes. En filigrane, son histoire d'amour avec Guillaume, un garçon farceur et éternel ado, fan inconditionnel des romans de « La marque noire », dont l'auteur au pseudonyme subtil de H. R. Sanders n'est autre que Daniel Ascher. Hélène, accompagnée de Guillaume, découvre petit à petit dans une enquête passionnante la face cachée de la vie de son grand-oncle: son voyage inattendu à New York à 18 ans, ses attachements parisiens et auvergnats, ses amis : un vieux couple de Montparnasse, un marabout de Belleville, un photographe des Puces de St-Ouen. Ce sont des personnages attachants, des portraits vivants et souvent drôles. La recherche d'Hélène est ponctuée par le surgissement d'images saisissantes: la reproduction d'un tableau de Chaim Soutine, les mosaïques d'une chapelle romane, une photo de classe d'un village auvergnat des années 40, des photos de familles jaunies - la photographie reste un leitmotiv du roman. Des souvenirs des uns et des autres font ressusciter des objets du passé de Daniel Ascher, enfant juif de Montparnasse: un crayon, une enseigne de commerce, un pullover d'enfant. Ce sont des épiphanies d'une vie passée, engloutie.
Avec subtilité, le récit principal est mêlé aux extraits des romans d'aventure fictifs de « La marque noire », dans un jeu de miroirs et d'échos qui cachent et dévoilent successivement l'énigme de leur auteur Daniel Ascher. L'écriture du roman, très belle et poétique, est pourtant ancrée dans le réel, avec des évocations suggestives de lieux concrets (les Puces de St-Ouen, le quartier de Montparnasse, un voyage transatlantique) et de moments vécus, admirablement denses et vivants (la grande tempête de 1999, un réveillon entre étudiants, des fêtes de famille très dissemblables dans une famille auvergnate et dans une famille juive new-yorkaise). Différentes familles sont en effet représentées: dispersées et multiples, proches et présentes, tissées d'amour, d'amitié, de conflits et de secrets. Hélène devra démêler les fils de ces différents univers.
Ce qui sous-tend le roman entier de façon émouvante, c'est l'expérience que face au pire, il y a eu des hommes et des femmes dont l'amitié, la compassion et le courage ont été plus forts que la terreur et la haine.
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nilebeh
11 février 2015
Dans chaque famille, il y a un « petit rigolo », celui qui fait le clown aux fêtes de famille, chante fort « le temps des cerises » pour plaire à Maurice (il y a souvent un Maurice!), amuse ou exaspère les autres, selon. Dans la famille Roche, c'est Daniel, Oncle Daniel, l'original, le globe-trotter, l'écrivain pour jeunes qui met en scène des épisodes exotiques aux noms prometteurs pour la collection « La marque noire ». Vingt-trois livres pour jeunes ont déjà été publiés, le vingt-quatrième est en cours et ce sera le dernier, l'ultime aventure de Peter- Ashley Mill. Les fans s'arrachent les nouveaux écrits et les autographes, parmi eux, Guillaume, l'amoureux d'Hélène. Et c'est Hélène qui occupe le premier rôle dans ce roman de Déborah Lévy-Bertherat, étudiante en archéologie, jeune femme de vingt ans que son plaisantin d'oncle n'amuse plus depuis longtemps même si elle apprécie de recevoir des cartes postales de tous les lieux qu'il visite, même si elle apprécie de loger dans sa chambre de bonne du côté de Montparnasse, même si elle se lance dans la découverte du parcours du « vrai » tonton Daniel.
Car ce monsieur d'un certain âge a d'abord été un enfant caché, un enfant adopté par une famille française, un petit garçon juif polonais traumatisé par la disparition de sa famille victime des nazis. Et nous assistons à la patiente reconstitution du passé de Daniel par Hélène, photos, objets, texte en yiddish, quartier de Paris démoli pour permettre la création de cette curiosité esseulée dans le quatorzième arrondissement, la Tour Montparnasse, survivance de certains vieux Parisiens, de certains petits coins de Paris, pas encore massacrés. L'archéologue en formation trouve une sorte de terrain de recherche dans le terreau de sa propre histoire : avec angoisse, avec émotion, elle rassemble les fils de l'histoire de sa famille entre Paris, l'Auvergne et New-York. Elle y gagne un passage plus ou moins en douceur de l'enfance à l'âge adulte, elle y éclaircit – plus pour le pire que le meilleur – sa relation avec son amoureux. de savoureux passages sur les étranges courriers reçus, sur la vieille tante américaine Mala archi-maquillée et plus ou moins sénile, sur la fête de la Pâque juive vécue à New-York, sur la fête d'anniversaire finale.
Distraction de ma part ? Je n'ai pas toujours trouvé limpides les relations entre les personnages et le parti-pris du discours rapporté m'a parfois semblé un peu lourd. Mais dans l'ensemble un moment agréable de lecture.
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Citations & extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
nathavhnathavh02 février 2014
L'avion est passé au-dessus des nuages, l'océan a disparu. C'était peut-être ça devenir adulte, émerger des nuages, quitter la pénombre bénie de l'enfance, entrer dans la clarté aveuglante d'une vérité qu'on n'avait pas demander à connaître. Et elle qui n'avait jamais eu peur de l'altitude, elle a senti, pour la première fois, les trente mille pieds de vide au-dessous d'elle.
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SeraphitaSeraphita26 août 2013
L’avion est passé au-dessus des nuages, l’océan a disparu. C’était peut-être ça, devenir adulte, émerger des nuages, quitter la pénombre bénie de l’enfance, entrer dans la clarté aveuglante d’une vérité qu’on n’avait pas demandé à connaître. Et elle qui n’avait jamais eu peur de l’altitude, elle a senti, pour la première fois, les trente mille pieds de vide au-dessous d’elle.
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SeraphitaSeraphita26 août 2013
En basculant dans l’âge adulte, elle saurait enfin reconnaître la part d’enfance qui reste en chacun de nous, comme le cœur d’un arbre sous l’écorce.
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nathavhnathavh02 février 2014
De toute façon, se disait Hélène, la ressemblance non plus ne veut rien dire, le père, c'est celui qui se lève la nuit quand on a peur, qui retrouve la pièce du puzzle perdue. C'est celui qui passe des savons. Celui qui est là.
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zazyzazy15 septembre 2014
Elle venait d’emménager dans une petite chambre sous les toits, rue Vavin, tout près de l’Institut d’archéologie de la rue Michelet. L’oncle de son père la lui prêtait, il habitait au rez-de-chaussée, mais depuis qu’elle était là elle ne l’avait jamais vu, il était parti en voyage. Comme elle n’avait guère d’affinités avec lui, cette absence lui convenait.
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Videos de Déborah Lévy-Bertherat (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Déborah Lévy-Bertherat
Déborah Lévy-Bertherat - Les voyages de Daniel Ascher .Déborah Lévy-Bertherat vous présente son ouvrage "Les voyages de Daniel Ascher" aux éditions Rivages. Rentrée littéraire 2013. http://www.mollat.com/livres/levy-bertherat-deborah-les-voyages-daniel-ascher-9782743625849.html Note de Musique : 3 Mahler/ Symphony #6 In A Minor, "Tragic" - 3. Andante Moderato (fcp1)
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