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Frédéric Faure (Traducteur)
ISBN : 2070346641
Éditeur : Gallimard (19/06/2008)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 67 notes)
Résumé :
1948, l'Angleterre est encore secouée par la guerre. Au 21 Nevern Street vit Queenie Bligh, une belle femme de tempérament, élevée à la dure dans les Midlands. Son mari, Bernard, n'est pas rentré des Indes, où il servait dans la Royal AirForce. Pour survivre, Queenie est contrainte de prendre des locataires, dont un couple de jamaïquains, Gilbert et Hortense. Gilbert Joseph vient lui aussi de faire la guerre sous le drapeau de l'Empire et l'uniforme bleu de la RAF. ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
mollymon
  27 décembre 2014
A la vue du titre et de l'illustration de couverture, on pourrait croire qu'Hortense et Queenie est l'histoire d'une belle amitié entre femmes. Il n'en est rien, le thème principal de ce roman est la ségrégation, qu'elle soit sociale, religieuse ou raciale.
A travers l'histoire peu banale de deux couples: Hortense et son époux Gilbert qui débarquent de la Jamaïque , de Queenie et Gilbert les londoniens, Andréa Lévy montre comment le racisme anglais est déchirant pour ses victimes coloniales en anéantissant leurs illusions et leurs idéaux.
Gilbert est étonné de découvrir que même s'il peu réciter les noms des canaux d'Angleterre , la plupart des anglais ne peuvent même pas situer la Jamaïque sur une carte. La formation d' Hortense comme enseignante ne compte pour rien en Angleterre, et alors qu'elle a gagné un prix pour avoir récité '' Ode à un rossignol '' de Keats à l'école, elle ne peut pas se faire comprendre par un chauffeur de taxi londonien. Ils se pensaient enfants de l'empire britannique mais se découvrent l'objet de moquerie, de mépris et et de haine. Seule Queenie, leur logeuse, fera preuve d'ouverture d'esprit à leur égard.
Hortense la noire et Queenie la blanche ont des points communs: toutes les deux sont nées sur une île (mais pas la même) et dotées d'un fichu caractère, elles se sont mariées plus par commodité que par amour. Mais elle partagent aussi autre chose sans le savoir....
Si le roman démarre à Londres en 1948 à l'instant où Hortense, Gilbert, Queenie et Bernard vont se retrouver réunis, une grande partie du récit se passe avant ce moment. Andréa Lévy intitule d'ailleurs ces chapitres "avant " ce qui permet au mouvement de va-et-vient dans le temps de rester clair. Dans ces chapitres "avant" chaque personnage prend la parole pour raconter son histoire et nous fait voyager de l'Angleterre rurale aux Indes en passant à la Jamaïque.
J'ai beaucoup apprécié ce roman que j'ai trouvé ingénieux: au départ aucun des quatre protagonistes n'est sympathique: Hortense est orgueilleuse, Gilbert grossier, Queenie mêle-tout et ne parlons même pas de l'horrible Bernard. Mais au fur et à mesure que chacun déroule son récit, on découvre petit à petit chez eux des failles qui les rendent plus humains et ce qui rend l'écriture de Levy si attrayante est son impartialité. Tous ses personnages peuvent être faibles, sans espoir, courageux, bon, mauvais - quelle que soit leur couleur.
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maevedefrance
  29 mars 2017
Nouvelle traduction d'après celle de Frédéric Faure
En 1948, Hortense, Jamaïquaine, rejoint Gilbert, son mari, à Londres. Gilbert est un ancien soldat de la R.A.F., un Jamaïquain engagé dans l'armée britannique pendant la Seconde Guerre mondiale, au service de la "Mère Patrie". Hortense était institutrice dans son île natale.Qu'elle n'est pas sa surprise de découvrir que Gilbert habite dans une chambre et que c'est là-dedans qu'il compte la faire vivre ! La jeune femme prend plutôt mal la chose, elle qui est coquette et élégante, elle n'en revient pas de voir dans quelle crasse vit cet homme qu'elle n'a rencontré que quelques mois auparavant. Gilbert n'est pas le seul dans cette situation. Queenie, la propriétaire de la maison, loue les chambres pour pouvoir s'en sortir. Son mari, Bernard, est parti à la guerre en Indes et n'est pas revenu. Elle est montrée du doigt par le voisinage parce que ce sont des hommes mais surtout parce qu'ils sont des Noirs.
Nous découvrons à travers le regard de ces trois personnages, l'ambiance londonienne du lendemain de la Seconde Guerre mondiale. le récit alterne entre deux époques : 1948 et "avant" et Andrea Levy laisse alternativement, à plusieurs reprises, la parole à Hortense, Gilbert, Queenie et puis, Bernard. Chacun amène sa pierre angulaire au récit. Au fil des pages les personnages gagnent en profondeur en dévoilant au lecteur leur histoire particulière.
C'est avec pas mal de stupeur que le lecteur découvre l'ambiance de racisme et de préjugés qui règne encore en Grande Bretagne, avant, pendant et même après la guerre, où les mentalités n'ont pas changé. Ce récit résonne aussi comme un écho avec ce qui se passe actuellement. La Jamaïque, alors colonie britannique, a vu s'engager en masse des soldats jamaïquains dans les rangs de l'armée, venant prêter main forte à ce qu'ils appellent leur "Mère Patrie". Ils sont plein d'illusion et vont déchanter.
Andrea Levy donne à voir ce pan de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale méconnu. Son tour de force littéraire est, en outre, d'y insuffler humour et tendresse pour mieux mettre à jour une réalité honteuse.
Hortense et Queenie ont en commun un fort caractère et agacent un peu : Hortense a la dent dure envers Gilbert qu'elle regarde un peu de haut, en se demandant si cet énergumène ne se ficherait pas un peu de sa poire à vouloir la faire vivre dans un taudis pareil : elle était institutrice en Jamaïque, se rend-t-il compte ?
Queenie, qui est fille de bouchers et vivait dans une ferme, enfant, s'adresse à Hortense comme à une demeurée, s'étonnant qu'en Jamaïque, il y ait aussi des boutiques... Regard croisé sur les préjugés... Pourtant, elles ont beaucoup plus de point en commun qu'elles n'imaginent.
Gilbert a été pour moi le personnage le plus sympathique de l'histoire : pris au piège, il fait ce qu'il peut pour s'en sortir, essuie le racisme ordinaire et les remontrances de son épouse. Lui, l'ancien aviateur de l'armée de la Mère Patrie !
Quant à Bernard, que Queenie croyait mort et qui déboule cinq ans après la fin de la guerre, c'est vraiment le personnage détestable du roman. On croit pendant 30 secondes qu'il va changer...
Je ne veux pas "spoiler" le dénouement mais c'est vraiment un moment fort et qui renverse la donne. L'avenir semble meilleur en Jamaïque que dans la Grande Bretagne ruinée, crasseuse, raciste, et prise dans ses carcans du "qu'en dira-t-on ?"...
Je me suis plongée dans ce petit pavé de plus de 500 pages et une fois le nez dans ma lecture, il m'a été difficile d'en sortir, charmée par la prose d'Andrea Levy, son humour et son humanisme. J'avais lu d'elle Une si longue histoire, que j'avais beaucoup aimé. Je ne peux pas en dire moins de celui-ci : c'est un crève-coeur que de savoir qu'on arrive à la dernière page...
J'espère, un jour, un troisième roman de cette auteure !
Extraits :
"Pour les dents et les lunettes. C'était la raison pour laquelle tant de gens de couleur venaient dans ce pays, d'après le voisin d'à côté, M. Todd. "Cette sécurité sociale - ça les attire, mademoiselle Bligh. Ils continueront de venir tant qu'on leur fera ce cadeau, et à nos frais", disait-il."
(Aheum ! Ca ne vous rappelle pas rien, en ce moment, ce genre de discours raciste ?)
"Mon rêve était, et à toujours été de trouve un poste d'enseignante à la Church of England School à Kingston. Car c'était là que les filles à la peau claire venaient chercher l'aubaine d'un curriculum anglais. Mais lors de mon entretien d'admission, le directeur de cet établissement fronçait les sourcils et semblait plus préoccupé par les étapes de mon éducation que par les qualifications que j'avais acquises."
"Il est de couleur.
- Il est quoi ?
- de couleur.
- Ah merde. de couleur, vous dites ?
- Noir, monsieur.
- Ouais, merci sergent. Je sais ce que c'est, de couleur. Bordel, à quoi ils jouent ? Putain de Rosbifs !"
(Le racisme dans l'armée américaine n'est pas en reste... )
Lien : http://milleetunelecturesdem..
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Shan_Ze
  12 février 2014
En 1948, l'Angleterre sort tout juste de la guerre. Queenie est une jeune femme qui attend toujours le retour de Bernard, son mari qui s'est engagé dans la RAF. En attendant, elle héberge Gilbert, un jamaïquain et sa jeune épouse, Hortense. Ce sont ces quatre personnes qu'on suit sur deux époques, l'avant et l'après-guerre.
Vraiment, j'ai beaucoup aimé ce livre ! Un roman à quatre voix, très bien mené par Andrea Levy. Levy navigue entre les époques, Hortense vient d'arriver en Angleterre pour rejoindre son époux Gilbert. On découvre sa jeunesse à la Jamaïque, ses ambitions d'enseigner dans une grande école. Tour à tour, on suit chacun des quatre protagonistes, on apprend son passé et sa place dans le présent.
Malheureusement, cette époque est marquée par le racisme car bien que la Jamaïque soit considérée comme anglais (membre du Commonwealth), les gens, civils ou militaires, n'en pensent pas autrement. Andrea Levy réussit à parler de ce sujet difficile avec beaucoup de finesse et d'humour.
J'ai dévoré ce livre même si je regrette les époques un peu vagues et des coïncidences assez fortes, c'est un roman qui prend aux tripes parce que chaque personnage permet de se faire une image de l'ambiance de l'époque. L'auteur, d'origine jamaïcaine, a reçu de nombreux prix pour ce livre (son quatrième mais premier traduit en français) dont le prestigieux Orange Prize en 2005. C'est sans conteste un coup de coeur que je recommande à tous !
(Le titre français est moins parlant que le titre original, Small Island.)
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minilaure
  03 janvier 2012
Le roman se construit autour de deux couples, quatre personnages que l'on suit tour à tour à travers deux époques, "avant" et "1948". Il faut comprendre avant la guerre, bien sûr. La guerre qui est aussi un personnage à part entière, parce qu'elle façonne la vie de ces quatre personnes. Gilbert, le Jamaïquain, qui vient se battre pour la Mère patrie, Queenie, l'Anglaise condamnée à se débrouiller seule dans un pays en ruine, pendant que son mari, Arthur, est au combat en Inde et Hortense, qui débarque en Angleterre pleine de rêves et de certitudes et qui n'est pas du tout préparée à ce qu'elle va y trouver.
Les personnages sont tout en nuances, mais c'est vrai qu'ils ne sont pas très attachants... Cela dit, je n'avais jamais lu de roman qui traitait de l'immédiat après-guerre, ni du racisme ordinaire que subissait les soldats noirs. Deux sujets qui valent la lecture. Et puis, la fin, surprenante, qui laisse un peu d'espoir, ce qui est toujours bon à prendre !
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livresetbonheurs
  22 mai 2017
Ce roman nous dévoile quatre personnages, quatre destins que la vie n'aurait sans doute jamais fait se croiser si la Seconde Guerre Mondiale n'était pas passée par là.
Gilbert et Hortense ont rêvé, ont fantasmé leur vie en Angleterre, bien loin de leur Jamaïque.
La réalité a davantage des allures d'enfer terrestre, en cette période d'après-Guerre.
Queenie, elle, a choisi d'épouser Bernard pour essayer de gravir les échelons de la petite bourgeoisie londonienne.
Ce dernier disparaît à la fin de la guerre, et pour survivre, elle est contrainte d'ouvrir sa (trop) grande maison et accueille le jeune couple.
Peu à peu, les personnages se construisent et se déconstruisent, nous prouvant encore une fois que l'Humain n'a de cesse d'évoluer et de nous dévoiler ses multiples facettes.
Que les failles sont parfois terriblement bien cachées.
Que les nuances s'insinuent toujours entre le tout noir et tout blanc.
Le racisme ordinaire frappe de plein fouet, imbibant une Angleterre encore meurtrie.
Les certitudes tremblent, les déceptions s'accumulent, l'arrogance en prend pour son grade.
De nombreux va-et-vients dans le temps nous plongent au coeur de la guerre ou nous conduisent sur la terre jamaïcaine.
Un joli roman porté par l'histoire et les destins.
Lien : https://livresetbonheurs.wor..
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
livresetbonheurslivresetbonheurs   22 mai 2017
C’est comme ça que les Anglais vivent ? » Combien de fois elle m’a posé cette question ? J’ai vite arrêté de compter.
« Ils vivent comme ça ? ». Cette question est devenue une triste lamentation qu’elle porte sur chacune des choses qu’elle voit.
« C’est comme ça que les Anglais vivent ?
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maevedefrancemaevedefrance   29 mars 2017
Mon rêve était, et à toujours été de trouve un poste d'enseignante à la Church of England School à Kingston. Car c'était là que les filles à la peau claire venaient chercher l'aubaine d'un curriculum anglais. Mais lors de mon entretien d'admission, le directeur de cet établissement fronçait les sourcils et semblait plus préoccupé par les étapes de mon éducation que par les qualifications que j'avais acquises.
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claerclaer   23 décembre 2012
Il y a des mots qu'on dit et qui coupent le monde en deux. La vie n'est plus la même avant ou après qu'on les a prononcés.
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minilaureminilaure   03 janvier 2012
[...] en grammaire anglaise une apostrophe est un signe qui indique une absence. Et c'est bien ainsi que je voyais le père de Benard, Arthur : une apostrophe humaine. Il était là, mais seulement pour nous montrer que quelque chose de précieux en lui s'était égaré. (p336)
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corinnejackcorinnejack   23 mai 2011
Un rideau à la fenêtre s'est entrouvert, un tout petit peu, suffisamment pour imaginer que ce n'était pas l'effet d'une simple brise. Je n'y ai pas fait attention et je me suis retournée en tirant sur mon manteau pour me protéger du froid.
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Videos de Andrea Levy (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Andrea Levy
Bande annonce de la série The Long Song (2018 - BBC), adaptation du roman de Andrea Levy.
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