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EAN : 9782246401711
346 pages
Grasset (07/09/1988)
2.99/5   80 notes
Résumé :
ici, Charles Baudelaire sera le héros bien réel d'un roman aussi fidèle aux exigences de la vérité qu'à celles de l'imagination. Il sera, surtout, cet homme misérable surpris à la fin de sa vie, dans une chambre de l'hôtel du Grand-Miroir, à Bruxelles, pendant les quelques jours où usés par la syphillis, il va perdre une partie de sa raison et l'usage de sa parole... Pour le romancier, il y avait là un pari et un mystère : que s'est-il vraiment passé pendant ces jo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique


N°352– Juillet 2009.
LES DERNIERS JOURS DE CHARLES BAUDELAIREBernard-Henri LEVY – GRASSET[1988].
 
Le genre roman attaché au nom et à la personnalité de Baudelaire ne pouvait qu'attirer mon attention.

Nous sommes en 1866, en Belgique où Baudelaire a entamé, depuis 1864, une tournée de conférences. BHL s'attache ici à imaginer ce qu'ont été les derniers jours du poète qui, torturé par la syphilis, est logé à l'hôtel bruxellois du Grand Miroir. Baudelaire est malade, a perdu l'usage de la parole et de l'écriture. Nous ne savons évidemment rien sur cette période, ce qui permet au romancier d'imaginer ce que le poète aurait pu dire et penser pendant ce temps qui précède sa mort. Pour cela, et ainsi qu'il l'avait fait pour « Le diable en tête », il confie cette rédaction à un narrateur dont il nous dit, d'ailleurs tardivement [pas avant la page 227] qu'il a un peu plus de 22 ans, qu'il est un fils de famille, qu'il est svelte, déjà opiomane... assez effacé donc, mais dont le rôle se révèle décisif à la fin. Pour que le portrait soit complet, l'auteur a recours en alternance, à différentes autres voix, celle de sa logeuse, Mme Lepage, de son éditeur Poulet-Mallasis, de la propre mère de Baudelaire, le photographe Charles Neyt, et, bien sûr Jeanne Duval... Chacun à sa manière et avec ses mots évoque le poète et choisit de mettre en lumière des épisodes de sa vie. Mais revenons au narrateur [qui me paraît avoir quelques ressemblances avec BHL] qui devient le secrétaire du poète,et du malentendu qui est esquissé sur la tentation de s'approprier l'oeuvre du maître [«  Pauvre Belgique »] au motif qu'il l'a recueillie de sa bouche. Il rend compte d'un parcours intéressant dans l'imaginaire du l'auteur des « Paradis artificiels » et dans ce qui sera son lot toute sa vie : la solitude, la souffrance, l'écriture!

Choisir Baudelaire comme un héros de roman me paraît judicieux. Cela sied au personnage qui a toujours été un marginal, à la fois ennemi de son siècle et des conventions sociales en général [symbolisé par « la bande à Hugo »et dans le refus du remariage de sa mère], mais aussi abandonné de tous dans cette vie un peu lamentable qu'il traîne en Belgique entre fréquentation des bordels et rejet du monde. Fixer ce « récit » à la fin de la vie de l'auteur des « Fleurs du Mal » suggère pour le lecteur une sorte de bilan avec, en contre-point, la mort qui pointe le bout de son linceul mais aussi des retours en arrière inévitables et avec eux les regrets et les remords, des relents d'une mémoire sélective, les paradis artificiels, le naufrage aussi perceptible dans cet abandon de son corps.

Chaque roman est une création, une somme de supputations qui, certes ici s'appuient sur des données historiques et documentaires, mais nous livre aussi un personnage recomposé au gré des « pages blanches » ou des zones d'ombre qui existent dans la biographie du modèle. Ce dernier n'a évidemment pas été choisi par hasard par l'auteur qui lui prête peu ou prou ses propres réflexions sur son temps. Une complicité existe donc entre eux [on songe bien sûr au mot de Flaubert « Mme Bovary, c'est moi »] et Lévy, même s'il peut s'en défendre, habite son personnage. Il y a là une sorte de fantasme qui trahit [heureusement] le parti-pris de l'auteur, son art personnel du roman qui reste une fiction c'est à dire un voyage dans l'imaginaire intime avec ses données, ses contradictions parfois, mais dont le lecteur reste le seul juge. C'est aussi l'occasion pour BHL de donner son opinion [et pas forcément celle de Baudelaire] sur le panorama culturel de l'époque du poète, mais aussi sur la religion et les tourments d'un prêtre défroqué, sur l'écriture, sur la notoriété...ce qui donne des formules personnelles en forme d'aphorismes.


Alors, roman? A mon sens oui, évidemment, mais aussi le résultat d'une documentation sérieuse et complète sur un sujet qu'il connaît et maîtrise parfaitement [même si parfois on sent un peu trop l'universitaire] mais l'occasion de faire parler de lui, déjà!


© Hervé GAUTIER – Juillet 2009.http://hervegautier.e-monsite.com





Lien : http://hervegautier.e-monsit..
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J'espérais en achetant ce livre avoir une biographie revisitée sur la fin de vie de Baudelaire, découvrir par les yeux d'un autre ce que cet auteur à vécu ou non et peut-etre comment l'a t-il vécu. Bien sur ce genre de roman doit etre compliqué à écrire.
Hélas en lisant le roman j'ai très vite été déçue, les phrases s'enchainent rapidement mais j'ai constamment cette impression de lire sans vraiment lire, comme quand on regarde un film tard le soir quand on est fatigués, les phrases sont logiques mais le sens au final nous échappe.
J'ai aussi la nette impression que Bernard-Henri Levy souhaite plus montrer ses philosophie et ses manières de pensées que celles de Baudelaire. Contrairement aux autres livres du même style que j'ai lu, je n'ai pas l'impression de rentrer dans la tête, dans la peau du personnage central mais plus de l'auteur. Si c'est pour cela pourquoi publier un roman plutôt qu'un essai ?
Bref, j'ai eu du mal a lire ce livre et je n'y ait pris aucun plaisir. Il ne m'a pas vraiment touchée et je pense que je l'oublierais bien vite.
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BHL avec ses chemises à la Lagardère et ses allures de poseur héroïque m'a toujours agacé, je ne suis pas le seul, je sais.

Ce livre, sans effacer les griefs que l'on peut concevoir à son encontre, illustre parfaitement une problématique récurrente lorsque nous abordons le travail d'un artiste : dissocier ou non l'oeuvre et l'homme, l'image qu'il donne ou qui nous en est donnée.

Cette lecture date, seule subsiste le sentiment puissant d'un style fluide et précis au service d'une admiration respectueusement indulgente pour Charles Baudelaire.

Faut-il donc se faire violence, passer outre les a priori et apprécier l'oeuvre pour ce qu'elle est ? ou rester droit dans ses bottes au risque de se priver d'un morceau de choix.

BHL m'agace toujours, mais son Baudelaire reste bien présent dans ma mémoire depuis des années.
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BHL, par delà l'impression qu'il laisse souvent dans les médias est un grand écrivain et un penseur pas si inutile que certains voudraient le faire croire. Et cet opus sur Baudelaire en est un nouvel exemple, cette plongée dans les eaux troubles d'un écrivain en fin de vie mais aussi dans ce qui fit le coeur de son écriture ce regard sur ses semblables, sur le genre humain, loin de tous les lendemains qui chantent que BHL a lui aussi tant mis au piloris. Un très beau livre donc, qui donne envie de se replonger dans les Fleurs du mal et de partir à la découverte de toutes les bribes que Baudelaire a laissées derrière lui.
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Pourquoi romancer ainsi l'agonie d'un écrivain célèbre? Pourquoi se baser sur des pseudo-documents fabriqués?
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
Il pense à Bruxelles, à Paris. Une fois de plus, il se demande ce qu'il fait ici, dans cette ville odieuse, quand c'est là-bas, Poulet l'a dit, que se jouent sa gloire, sa fortune.
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Charles Baudelaire a souvent dit qu'il n'écrivait que pour les morts. Il a dit, répété, que la vraie littérature n'était possible que sous le contrôle, le bienveillant regard de ces morts.
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