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EAN : 9782264074911
480 pages
Éditeur : 10-18 (19/09/2019)

Note moyenne : 3.59/5 (sur 39 notes)
Résumé :
Appalaches, années 1950 à 2000. Alors qu’il s’était promis de ne jamais revenir dans son village natal, Henry Aster, bientôt père et apprenti écrivain décide de retourner vers le foyer familial et sa mère vieillissante…Installé avec sa femme et leurs enfants dans une maison superbe mais maudite, il tente d’écrire le roman de sa vie. Le décès de sa mère l’anéantit. Son fils tentera de lui redonner goût à la vie mais il disparaît avec son manuscrit. Bouleversé par le ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (29) Voir plus Ajouter une critique
Bazart
  28 janvier 2019
Le livre de mon père, dans la région pauvre du sud des Appalaches. Une grande maison gothique, lugubre demeure en haut de la colline. Harry junior, le narrateur raconte son enfance auprès d'un père fantasque, un avocat dilettante et perpétuel futur écrivain du grand roman américain.
Un père qui rêvait d'écrire une grande saga, Sudiste évidemment, dans la lignée de William Faulkner ou Mark Twain et que toute la famille attendait avec impatience.
Un père trop tôt disparu qui laisse un vide abyssale et fracture cette famille déjà fragile. Harry devra partir, quitter lui aussi le nid pour s'aguerrir, se renforcer et pouvoir revenir pour affronter sa vie.
Résultat de recherche d'images pour "sudiste américain"
Qu'est-ce qu'un roman Sudiste ? Simplifions les choses : une saga familiale très littéraire, poétique même, gothique et surtout très mélancolique.
Si en plus, le fils joue Mozart ou Chopin sur le grand piano à queue de la grande et sombre salle de musique, tandis que le père transpire sang et eaux sur sa vieille Remington et que la petite soeur assise sur l'escabeau de l'immense bibliothèque découvre Edgard Allan Poe sous l'oeil attendri mais inquiet de la mère, nous avons là le grand roman américain qu'Harry sénior n'écrira jamais.
Sacrée mise en abyme littéraire qui fait se demander au chroniqueur : « bon sang ! comment donner envie de lire ce roman élégiaque formidablement triste et mélancolique ? ».
C'est simple, il est prouvé que la littérature mélancolique est un excellent remède à la mélancolie. Et croyez-moi je suis un expert en mélancolie.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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mumuboc
  21 octobre 2018
Ce premier roman de Phillip Lewis est pour moi une belle découverte et une réussite. Je me suis laissée porter dès les premières pages par le narrateur, Henry Aster Junior, qui revient sur l'histoire de sa famille. Les origines de ses grand-parents, fermiers pauvres, pauvreté dont son père Henry, a pu s'extraire et lorsque sa mère Maddy montrera des signes de faiblesse, décidera d'acheter une sinistre maison là-bas, où il s' installe avec sa femme Eleonore, son fils Henry Junior et où naîtra, neuf ans plus tard, sa fille Threnody (Bird).
Depuis qu'un drame s'est déroulé dans cette bâtisse (maison-vautour), elle est  inhabitée, voir hantée et considérée par les villageois comme maudite, nous sommes dans l'Amérique profonde, rurale, mais elle possède une immense bibliothèque qui décidera Henry Aster à l'acquérir malgré tout. En effet celui-ci en dehors de son métier d'avocat se rêve écrivain, travaillant à l'écriture du Roman de sa vie, mais aussi un lecteur passionné. Il a presque lu tous les livres qu'elle abrite et est même capable d'identifier un roman à l'écoute d'un passage.
Les livres et la musique vont tenir une place très importante dans la vie de cette famille, à la différence de la génération précédente, plus terrienne, mais où on se parle peu, où les sentiments sont peu évoqués, exprimés. Il y a toujours une certaine distance maintenue entre parents et enfants.
J'ai ressenti dès le début de ma lecture une souffrance portée par le narrateur. La disparition de ce père sans explication, sans motif apparent, qui était son modèle, son phare, son mentor, dont il admirait sa capacité de travail, sa culture, mais qui restait un mystère :
Il me manquera quand je lui aurai pardonné. (p154)
La maison deviendra le symbole de cette douleur et il n'aura qu'une envie c'est de s'en éloigner, malgré l'amour qu'il porte à sa mère et sa soeur. Il n'aura de cesse de se tenir éloigner de Old Buckram*
Il lui faudra pourtant y revenir, accompagné de Story, le jeune fille qu'il aime, afin d'être en paix avec cet absent, d'honorer la promesse faite à sa soeur et pour comprendre que l'on ne peut se construire qu'en comprenant son passé et celui de sa famille.
A la pensée de tout ce qui avait mal tourné, j'éprouvais une amertume mêlée de haine à cause de son absence dans ma vie, de mon incapacité à le comprendre et de son indifférence envers mon incapacité à le comprendre. (p161)
Dans ce récit les livres, l'écriture tiennent une grande place.
C'était une règle dans notre famille que nul ne se déplace jamais sans un livre.
J'ai été très touchée par ses trois générations :
- les grand-parents, couple très uni, très pauvre, dont un seul des cinq enfants ne travaillera pas la terre
- les parents (partie la plus captivante pour moi) dont la figure marquante est ce père sombre depuis la mort de sa mère, s'enfermant des nuits entière à lire ou écrire, buvant beaucoup, trop, dépressif, maniaque quand il s'agit des livres qui l'entourent, ne refusant pas la présence de son fils dans le lieu mais veillant à ce qu'il en fasse bon usage. Sa mère, passionnée par la nature, les fleurs, les animaux est discrète, effacée, attentive à son mari et ses enfants.
- le fils et sa quête de comprendre l'absence de son père, de se construire mais gardant en lui les préceptes de celui-ci, ce père, cet inconnu, si présent même dans l'absence.  Plus il cherche à s'éloigner de celui-ci plus il s'en rapproche et lui ressemble. Etudes similaires, difficulté à exprimer ses sentiments, retour vers la terre natale.
J'ai trouvé que le parallèle fait entre la recherche de son père biologique par Story, la petite amie de Henry Junior, et sa recherche personnelle de savoir qui était son père, que lui connaît était très intéressant. Lui a compris les évidences que Story ne voulait pas voir, mais se voilait sur ce qu'il avait vu ou était sous ses yeux.
La littérature est omniprésente dans ce récit : les livres, comme je l'ai dit, mais aussi l'ignorance, l'inculture, la peur en particulier à travers le personnage du prêtre, poussant à la haine et à l'autodafé des livres de Faulkner en place publique et contre lequel le père d'Henry entrera en révolte :
Avant de brûler des livres, ouvrez-les au moins, et jugez par vous-mêmes. 
C'est très bien écrit mais ce qui m'a le plus touchée c'est ce père, Henry, cet être tourmenté, taiseux, complexe, absent parmi les siens mais pouvant se révolter contre l'ignorance, l'injustice, lecteur passionné, initiant son fils à la littérature, à la musique mais incapable d'exprimer de l'amour à celui-ci.
Certains personnages sont assez caricaturaux en particulier les parents adoptifs de Story, le "beauf" riche et la poupée Barbie, mais tellement à l'opposé ce que le narrateur a pu connaître auparavant. Et pourquoi dans autant de romans est-il nécessaire de trouver la présence de l'alcool, jusqu'aux marques de bière, à presque toutes les pages....
Je pense qu'il y a peut être quelques problèmes au niveau de la traduction, la construction de certaines phrases nécessitant parfois d'y revenir, l'emploi à quelques pages de distance d'un même terme, peu usité (par exemple cryptique....), peut-être quelques longueurs mais sûrement représentant les tergiversations du narrateur en quête de réponse.
Mais j'ai passé malgré tout un joli moment de lecture dans cet univers familial où les mots sont moins dits que lus ou écrits.
J'ai pensé à plusieurs reprises que ce roman pouvait être en partie autobiographique....
*bruckram : grossière étoffe de lin ou de coton raidie à la colle ou une substance similaire, et notamment utilisée pour fabriquer des couvertures de livres.

Lien : http://mumudanslebocage.word..
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KateMoore
  16 septembre 2018
« Les jours de silence » est un roman d'apprentissage. Il se déroule dans les Appalaches, en Caroline du Nord, dans les années 1950 à 2000.
Henry Senior Aster revient à Old Buckram car sa mère, Madeline, est gravement malade.
« Old Buckram, où débute cette histoire, est une petite ville de montagne achromatique, nichée très haut au coeur des Appalaches. Elle se situe en position précaire, aussi loin que l'on puisse aller au nord et à l'ouest tout en restant à l'intérieur des frontières officielles de la Caroline du Nord. En 1799, la ville comptait 125 habitants, et, en 1939, le nombre avait grimpé jusqu'à 400. C'est une ville aux rues et trottoirs solitaires, rarement empruntés. Ses quelques misérables commerces - une quincaillerie désuète, un comptoir d'aliments pour bétail, un cordonnier, une boutique de vêtements dégriffés, un café et un tailleur de pierres tombales…. C'est une ancienne ville ferroviaire, où le train ne passe plus depuis des années…… C'est une ville de fantômes et de superstitions. » (pages 15 - 16).
Avec sa femme, Eleonore, ils ont eu trois enfants : Henry Junior, Threnody, la cadette, et Maddy qui est morte dans sa prime jeunesse.
Henry Senior tombe sous le charme d'une maison incroyable, faite de verre et d'acier. Les habitants du coin la prétendent hantée. Mais il en faut plus pour faire peur aux Aster.
« Sur un contrefort élevé, à demi cachée par une rangée d'arbres fantomatiques et vieux comme le temps, se dressait une immense demeure tout en verre et fer forgé. de jour, c'était une étrange curiosité architecturale. Par un jeu subtil des arêtes et des plissements de la montagne, elle semblait toujours être dans l'ombre, même quand le soleil brillait dans un ciel sans nuages….. de nuit, elle ressemblait à un oiseau de proie à l'oeil d'ambre, tapi dans le noir au bord du plateau… Elle avait vu le jour en 1918 à la demande d'un vice président de la compagnie du tabac RJ Reynolds…. (pages 47 - 48).
Le père est avocat mais il passe surtout ses nuits à écrire le roman de sa vie, avec toujours à la main un verre d'alcool fort.
« Mon père avait quitté Old Buckram avec des plans ambitieux. Il croyait disposer du matériau brut (l'intellect, l'instinct, l'oreille) qui lui permettrait, avec le temps, de devenir un auteur américain adulé de tous. Il allait lire tout ce qui avait été produit jusqu'à ce jour et, comme il le comprenait en profondeur, ferait avancer l'art d'écrire d'une façon dont lui seul était capable, pour un jour s'élever jusqu'au rang de Wolfe, Faulkner, Fitzgerald. Il écrirait une oeuvre de fiction sans égale, qui tenterait de redéfinir la nature même du langage. » (page 42).
A la mort de sa mère, Henry Senior est désemparé, complètement détruit. Un jour, noyé par son chagrin, il s'évanouit dans la nature avec son manuscrit. Il ne donnera plus jamais signe de vie.
Henry junior est, lui aussi, déboussolé par le vide laissé par la disparition de son père. Ce dernier était tout pour lui : il a été son guide en littérature et dans la vie. Il perd son identité et la famille avec.
Cette famille n'est jamais arrivée à travers les mots à définir leurs sentiments les uns envers les autres, incapables aussi de verbaliser leurs grandes joies comme leurs douleurs.
Mais avec la disparition du père tout se désagrège, se délite et chacun part de son côté, en sachant qu'ils ne reviendront plus jamais dans cette demeure, peut-être, en effet, maudite.
Dans la première partie de son livre, Phillip Lewis, laisse une large part à la littérature. Mais peut-elle régler tous les problèmes, être une solution que l'on puiserait dans tel ou tel livre ? Peut-on vivre qu'à travers elle ?
La littérature, certes, peut nous aider à mieux nous comprendre, à mieux comprendre les autres.
Elle peut nous soulager dans la vie de tous les jours.
Elle est une joie, un bonheur.
Mais c'est à nous de vivre notre propre vie. Les romans ne le feront pas à notre place.
Le livre est un vecteur. Mais il ne doit pas nous submerger.
Ce qui a été le cas d'Henry Senior. Il a cru pouvoir dompter la littérature et donc sa vie mais il s'y est perdu.
Cette première partie du livre est, aussi, très intéressante car elle nous raconte la vie de famille des Aster.
Les moments de tendresse, de complicité entre le frère et la soeur. Les échanges entre le père et le fils sur tout et n'importe quoi.
Personnellement, à partir du moment où Henry Senior disparaît de l'histoire, la lecture de « Les jours de silence » s'essouffle : Henry Junior part à la faculté. Il y rencontre son premier amour (Story), sa mère, Eleonore et sa soeur, Threnody déménagent à Charlotte.
On s'éloigne de la littérature et donc d'un sujet majeur traité dans ce roman qui m'a le plus fait vibrer.
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LiliGalipette
  13 août 2018
« Je suppose que j'ai de la chance que mes parents se soient rencontrés et aient éprouvé suffisamment d'attirance l'un envers l'autre pour avoir des enfants. Je me rends pourtant compte aujourd'hui qu'il eût mieux valu pour eux que ce ne soit jamais arrivé. » En Caroline du Nord, une famille vit et tente de s'éloigner, sans y parvenir, de la ville d'Old Buckram et d'une vieille et grande maison maudite. Henry Aster fils raconte son enfance et l'abandon de son père, puis sa jeunesse étudiante loin des siens, avec un remords persistant. À l'université, il s'éprend de Story dont le passé est plutôt flou. Il leur faudra un long chemin pour apaiser leur coeur, résoudre leur histoire familiale et se tourner résolument vers le futur en embrassant pleinement le passé. « J'ignore pourquoi diable je suis revenu. Je sais à présent que l'on ne peut jamais complètement partir. »
À Old Buckram, il règne une ignorance butée et bornée qui va jusqu'à l'autodafé. « Tu ne l'as pas lu ? […] / Non, je ne l'ai pas lu, […] et je n'en ai pas l'intention. […] Mais je sais ce qu'il y a dedans ! » Quant à la mélancolie lourde et noire qui pèse sur la famille Aster, elle découle d'une impossibilité à exprimer ses sentiments, et ce alors que chacun a été nourri de littérature et est parfaitement capable de sonder son âme. « J'écris […] parce que c'est l'une des seules choses qui me semblent réelles. »
Les jours de silence est un premier roman d'une immense qualité, très bien écrit et dans la droite ligne de grands auteurs classiques du sud des États-Unis. C'est brutal, âpre et poussiéreux, et forcément très beau et délicat. Je serai très étonnée que ce roman passe inaperçu au sein de la rentrée littéraire 2018. « Avant de brûler des livres, ouvrez-les au moins, et jugez par vous-mêmes. »
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elodiekretz
  25 septembre 2018
UN GRAND ÉCRIVAIN EST NÉ
Mon deuxième partenariat avec le Picabo River Book Club et la chance d'avoir été sélectionnée pour un petit déjeuner avec l'auteur dans le cadre de Festival America.
Je me suis lancée un peu à l'aveuglette pour postuler à ce partenariat car je ne connaissais pas du tout l'auteur (ce qui est fort logique car c'est son premier roman !).
J'ai du me le rappeler au fil de ma lecture tant le livre est abouti et l'écriture vraiment remarquable. Une lecture relativement complexe, nous ne sommes pas ici dans un "page turner" mais dans une oeuvre littéraire
(tant mieux !) .
Nous sommes aussi dans les Appalaches, terre de naissance de l'auteur (nous le sentons vraiment) dont la rudesse et la beauté imprègnent toute l'histoire.
L'histoire donc : une famille du Vieux Sud, trois générations, avec des personnages forts, profonds, totalement inoubliables.
Deux figurent occupent l'espace :
Le père, Henry senior, lecteur insatiable, bibliophile ou bibliovore compulsif, capable de réciter des paragraphes entiers des centaines (milliers ?) de livres qu'il a aimés, non par ostentation mais car il peine à les quitter.
Un lecteur qui amasse des livres pour les lire "au bon moment" (toute ressemblance avec l'auteur, Phillip Lewis lui-même donc, ou avec les membres du Picabo River Book Club n'est absolument pas fortuite).
Un avocat également (comme l'auteur là encore) engagé et bienveillant.
Un écrivain surtout ou plutôt un homme qui s'efforce d'écrire un livre à nul autre pareil et qui respecte tant le livre qu'il se montre envers lui même d'une discipline et d'une exigence terrible voire terrifiante.
Toutes ses facettes - surtout son aspiration dévorante à écrire - l'accaparent et l'empêchent d'être un père au sens plein du terme. Il est pourtant le centre obscur et lumineux de la famille, objet (sujet ?) d'amour pour sa femme (tout sauf mièvre et effacée), et ses enfants, la touchante Threnody (qui porte le prénom d'une nouvelle qu'il a écrite ) et l'aîné, le narrateur, Henry junior (il porte le prénom de son père, ce qui n'est pas anecdotique), qui passe des soirées dans le bureau-bibliothèque de son père à l'observer écrire sans faire aucun bruit.
Le fils, Henry junior, donc, écrasé par la personnalité du père et par l'admiration inconditionnelle qu'il lui porte, qui peine à se reconstruire, lorsque arrive l'absence aussi soudaine que mystérieuse du père.
Phillip Lewis excelle car déboussolée par la disparition du père du roman, inattendue, et dont la personnalité illuminait ma lecture, je me suis très vite tout autant intéressée au parcours de vie du fils. L'auteur évite toute simplification. le fils a des facettes dérangeantes, agaçantes : sa faiblesse, son incapacité à assumer son passé et à tisser des relations avec les autres, sa froideur fréquente. Cela lui donne une vraie épaisseur.
Et les personnages féminins, même s'ils n'occupent pas le devant de la scène, sont tout aussi travaillés. Ils ne sont pas là pour "faire déco" : la mère toujours forte, la petite Threnody qui peine à trouver ses marques, Story (quel prénom magnifique !), l'amour d'Henry junior (qui porte elle aussi un prénom très fort). Même les personnages secondaires - les parents de Story - sont incroyablement présents.
Et il y a la maison Les Barrowfields (titre anglais) remarquablement décrite et qui imprègne l'oeuvre de Phillip Lewis.
Et il y a l'écriture, juste magnifique, ciselée, poétique, quasi musicale (une traduction totalement éblouissante d'Anne-Laure Tissut).
Je ne voudrais pas donner l'impression que c'est un livre contemplatif. le rythme est parfois lent, parfois rapide mais l'histoire est construite, la narration progresse et le lecteur ne s'ennuie nullement.
Un livre BEAU et exigeant car il évite toute facilité. Il demande de la concentration. Il se démarque (volontairement nous a dit l'auteur qui a refusé le travail de"lissage" marketing) des "codes" actuels et quel bonheur car c'est ce qui le rend unique et incomparable. Que je n'avais pas envie de le refermer... La bonne nouvelle est que Phillip Lewis - qui a failli perdre son job d'avocat tant l'écriture dévorait ses journées comme Henry senior et qui a vu son salaire réduit par ses associés, n'étant "pas assez productif" ! - écrit un nouveau roman. Qu'il me tarde...
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critiques presse (1)
LeSoir   28 décembre 2018
C'est le premier roman de Phillip Lewis. Et c’est formidable.
Lire la critique sur le site : LeSoir
Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
BazartBazart   26 janvier 2019
L’attitude de mon père envers la religion était complexe et rarement formulée en ma présence. De nombreux membres de sa famille étaient ce que l’on nommait des baptistes primitifs, et il ne serait pas injuste, selon les critères les plus raisonnables, de les déclarer d’une spiritualité excessive. Pris collectivement, ils se situaient entre le fondamentaliste et le fanatisme sur l’échelle de la religiosité, certains d’entre eux approchant d’une dévotion frénétique d’ordinaire réservée aux malades mentaux ou aux malades simulateurs qui exploitent la religion pour quelque profit personnel.
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KateMooreKateMoore   16 septembre 2018
"Helton, tu savais que la petite Ola Hamilton est malade ?" ... "Mais non. Qu'est-ce qui s'est passé ?"
- Déjà, elle ne peut plus se lever. Il paraît qu'elle a de l'arthrose aiguë et les articulations enflammées. Il serait peut-être temps de lui envoyer la Brigade des baumes."
Tel était le nom donné au groupe de vieilles femmes pieuses qui fondaient sur les demeures des malades telle une meute de paons, chargées de nourriture, de pain et de plus de terrines qu'une personne ne pourrait avaler en l'espace d'une vie. Une faction dissidente, le Bataillon des psaumes, débarquerait plus tard si le patient semblait sur le point d'être rappelé à Dieu.
+ Lire la suite
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KateMooreKateMoore   16 septembre 2018
- Et pourquoi passes-tu autant de temps à écrire ?"
Je vis qu'il réfléchissait. Je lui avais posé une question dont il ignorait la réponse, mais qu'il avait passé sa vie à chercher.
"J'écris, dit-il, en me regardant dans les yeux, ce qu'il ne faisait presque jamais, parce que c'est l'une des seules choses qui me semblent réelles." Il réfléchit encore quelques instants avant d'ajouter. "A part la mort, c'est la seule façon d'arrêter le temps." Ce n'était pas une version simplifiée pour un enfant de dix ans. C'était sa vérité.
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KateMooreKateMoore   16 septembre 2018
Un an et neuf mois plus tard, Mère, debout à la fenêtre de la cuisine, me regardait marcher jusqu'à la voiture. Celle-ci était chargée pour mon départ à l'université. Je gardai le dos tourné pour qu'elle ne me voie pas pleurer. A l'étage, Threnody, allongée sur son lit, la tête enfouie dans l'oreiller, refusait d'allumer la lumière ou d'ouvrir les rideaux. Elle ne voulut pas me dire au revoir. Je lui dis que je reviendrais souvent la voir et elle répondit "Non, c'est faux. Tu ne reviendras jamais....
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MadameTapiocaMadameTapioca   17 septembre 2018
A ma connaissance, il ne fit rien d'extraordinaire, à part travailler cinq jours par semaine et rester marié à ma grand-mère, Madeline, malgré d'innombrables hivers d'un froid glacial et une pauvreté chronique. Il n'accumula ni argent ni bien significatifs. A sa mort, il ne possédait rien qui ait de valeur réelle, excepté une ferme médiocre qui penchait sous le vent et un bout de terrain stérile acheté aux enchères cinq dollars l'acre.
+ Lire la suite
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