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ISBN : 2709629976
Éditeur : J.-C. Lattès (02/01/2008)

Note moyenne : 4.09/5 (sur 37 notes)
Résumé :
Zhuang Zi et le logicien Hui Zi se promenaient sur le pont de la rivière Hao. Zhuang Zi observa : " Voyez les petits poissons qui frétillent, agiles et libres ; comme ils sont heureux ! " Hui Zi objecta : " Vous n'êtes pas un poisson ; d'où tenez-vous que les poissons sont heureux ? - Vous n'êtes pas moi, comment pouvez-vous savoir ce que je sais du bonheur des poissons ? - Je vous accorde que je ne suis pas vous et, dès lors, ne puis savoir ce que vous savez. Mais ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
MarianneL
  24 août 2014
Sous-titré «Lettres des Antipodes», ce recueil de Simon Leys paru en 2008, qui rassemble une trentaine de chroniques parues dans des magazines littéraires dans les années 2000, est une lecture jubilatoire d'un auteur d'une curiosité et d'une clairvoyance rare sur la littérature, nourrie de son esprit aventureux et de ses grandes passions pour la Chine et la mer.
«Lettres des Antipodes» ne fait pas tant référence à l'Australie, dernier lieu de résidence de l'auteur, qu'à cet antipode que représente la Chine dans l'esprit occidental et dont Simon Leys n'a cessé d'explorer l'altérité, reprenant à son compte ces mots du sinologue anglais Joseph Needham : «La civilisation chinoise présente l'irrésistible fascination de ce qui est totalement «autre», et seul ce qui est totalement «autre» peut inspirer l'amour le plus profond en même temps qu'un puissant désir de le connaître».
Simon Leys fait ici l'éloge de la beauté et de l'inutile, l'éloge de ces impressions et observations accidentelles si fécondes, de ces moments vides en art qui précèdent le geste créateur, l'éloge de la puissance expressive des blancs ou de l'art de la litote, et combat un empire purement utilitaire et marchand où la laideur et la bêtise ne cessent de s'étendre.
«Un prince voulait faire exécuter des peintures dans son palais ; une foule de peintres répondirent à son invitation et, après avoir présenté leurs respects, ils s'affairèrent aussitôt devant lui, léchant leurs pinceaux et broyant leur encre. Un seul, toutefois, arriva après tous les autres ; sans se presser, il salua le prince au passage, puis disparut en coulisses. Intrigue, le prince chargea un serviteur d'aller voir ce qu'il faisait. le serviteur revint, tout perplexe : «Cet individu s'est déshabillé et il est assis demi-nu, à ne rien faire. – Splendide ! s'écria le prince, celui-là fera l'affaire c'est un vrai peintre !» (récit de Zhuang Zi cité dans «Cosa mentale, Action supérieure de l'inaction»)
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sylvie
  28 mai 2008
J'ai lu ce livre très doucement et par bribes, sans doute en m'adaptant à sa forme : c'est un recueil de chroniques parues dans le Magazine Littéraire.
Les chroniques sont des textes courts, liés à l'actualité, et ici elles prennent parfois les contours de billets d'humeur...
C'est souvent brillant, plein d'esprit et de finesse, parfois un brin agaçant, mais ça sonne juste,c'est parfois drôle et quelque fois profond. A nous de nous plier à l'exercice et de passer du coq à l'âne en souriant et sans nous attarder trop sur ce que nous aurions aimé voir approfondi. J'avoue que ça n'a pas toujours été facile pour moi.
C'est tout de même un livre plaisant à lire, plein de références et de citations intéressantes que chacun s'amuse à sélectionner.
J'en ai trouvé un certain nombre qui m'ont particulièrement plu sur des sujets aussi variés que le sens de la vie et la place de l'art dans une existence, l'éloge de la paresse, la loi anti-tabac, la littérature...
J'ai adoré lire "les cigarettes sont sublimes", ce texte m'a fait rire et m'a fait plaisir, vraiment lisez le! c'est excellent!
J'ai beaucoup aimé aussi "Des mensonges qui disent la vérité", parce que l'oeuvre de fiction y est présentée à sa juste valeur et que ce texte ne cesse de nous dire qu'on apprend beaucoup de la littérature...
http://sylvie-lectures.blogspot.com/2008/05/le-bonheur-des-petits-poissons-simon.html
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VanessaV
  05 mars 2008
Simon LEYS, dans ses chroniques littéraires, prend à part la culture, la digère et se la réapproprie avec sagacité et pertinence. Il est vrai que l'auteur fait continuellement références aux écrivains, philosophes ou artistes et que pour comprendre en profondeur sa position il nous (me) faudrait chercher plus loin. Seulement, la juxtaposition des pensées d'autrui se mêle à la qualité de la réflexion de LEYS. (...)
Les lettres rappellent une méditation à la création tout entière. Loin des sentiers battus, cette lecture est salutaire, elle fait le pont entre toutes les formes de création (musicales, littéraires ou artistiques) et allie pensées occidentales et asiatiques. Quelques anecdotes, des incongruités prises ici et là, rendent vivant le rapport de la création au réel : du bon goût, apanage des personnes sensible au beau et non à la proximité créative, des rapports vitaux des écrivains à leurs critiques littéraires (comme une femme nue offerte à la vue, même laide, l'on se surprend à désirer la regarder), aux vies des écrivains non décalquées dans leurs oeuvres, en passant par le manque d'inspiration. (...)
Beaucoup plus ici http://iam-like-iam.blogspot.com/2008/03/pche-enthousiasmante-de-petits-poissons.html
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CeCedille
  09 octobre 2012
C'est en lisant le bonheur des petits poissons -lettres des antipodes- que l'on apprend que Joseph Conrad ne savait pas nager et qu'il était sujet au mal de mer. On y découvre que Patrick O'Brian, l'ermite de Collioure, l'auteur magnifique des aventures de Jack Aubrey, ( en 20 volumes) "maître de l'aventure maritime et détenteur d'un trésor de savoir nautique, n'avait absolument aucune expérience de la mer, ni de la voile ou des bateaux". C'est ce que constate avec stupéfaction un multimilliardaire américain amateur de voile qui avait invité l'écrivain vieillissant sur son splendide ketch. "A la barre, il n'avait même pas notion de la direction d'où soufflait le vent !". Simon Leys, depuis Canberra où il vit, remet les choses au point : "Nul connaisseur de la littérature ne s'étonnera jamais de l'écart qui sépare un écrivain de ses écrits; d'ailleurs ce ne sont pas les exploits de la vie active qui produisent les grandes oeuvres, mais bien plutôt l'échec, les peines obscures, l'ennui, l'acide insignifiance des jours." ( in Vérité du romancier).
C'est toujours un plaisir subtil de lire les petits textes de Leys. Il y pratique l'art malicieux du contrepied, où l'érudition le dispute au bon sens et au goût du paradoxe. Il vagabonde dans le trésor de la littérature mondiale, sans oublier les auteurs chinois et orientaux qui lui sont si familiers.
On se souvient de ses "Habits neufs du président Mao" parus au début des années 1970 où le grand sinologue appliquait son esprit critique à démonter les dessous de la Révolution culturelle célébrée par des maoïste dévots, de Philippe Sollers à Maria-Antonietta Macciocchi. Les massacres de Tien'anmen et L Histoire lui ont donné raison. Il y a donc tout intérêt à suivre ce maitre de sagesse, d'autant que son propos prend volontiers le ton familier et ironique qu'affectionnait Socrate. Mais un Socrate qui aimerait passionnément la mer et les bateaux. Car ce bel écrivain consacre une grand partie de son activité à traduire, préfacer, écrire des livres sur l'aventure maritime.
La suite sur :
http://diacritiques.blogspot.fr/2012/07/simon-leys-ecrivain-de-marine.html
Lien : http://diacritiques.blogspot..
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Siladola
  21 décembre 2014
Avec Simon Leys, sinologue récemment disparu et dont quelques chroniques du Magazine Littéraire sont rééditées ici, redécouvrons le bonheur de la littérature, qui ne réside ni dans l'abondance ni dans le jargon. Un humour tout belge, un caractère bien trempé (voir ce qu'il passe à Barthes, coupable de n'avoir rien dit sur la Révolution Culturelle de Mao, dans le lien ci-dessous "Barthes et la Chine"), une érudition discrètement tempérée par une modestie d'honnête homme: comme c'est rafraîchissant ! le bonheur des petits poissons, on vous dit.
Lien : http://www.pileface.com/soll..
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
Alice_Alice_   19 décembre 2014
La tante d'Emerson, une femme remarquable qui s'était éduquée elle-même, s'était prise d'enthousiasme pour un ouvrage en vers dont elle n'avait trouvé qu'un exemplaire dépareillé, sans couverture ni page de titre. Elle n'apprit que bien plus tard, et par hasard, qu'il s'agissait en fait du Paradis perdu de Milton. Cette anecdote m'enchante, car elle touche à l'essence même de la culture: l'honnête homme ne se laisse pas impressionner par la signature au bas de l'œuvre, mais seulement par la qualité de l'œuvre elle-même.
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sylviesylvie   28 mai 2008
Aujourd'hui, par un paradoxe ironique, le Lumpen-prolétariat est condamné aux loisirs forcés d'un chômage chronique et dégradant, cependant que les membres de l'élite éduquée, dont les professions libérales ont été transformées en démentes machines à faire de l'argent, se condamnent eux-mêmes à l'esclavage d'un travail accablant qui se poursuit jour et nuit, sans relâche - jusqu'à ce qu'ils crèvent à la tâche, comme des bêtes de somme écrasées sous les fardeau."

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Alice_Alice_   20 décembre 2014
Hillaire Belloc dans The Cruise of the "Nona" (1925) a formulé là-dessus une conclusion qui mérite d'être citée en entier:
"Pour ceux qui pratiquent la littérature comme leur métier (et ceci fut mon cruel sort depuis l'âge de vingt-cinq ans), c'est certainement le plus dur, le plus capricieux et effectivement le plus abominable de tous les métiers, pour la bonne raison que ce n'aurait jamais dû constituer un métier. Un homme n'est pas plus censé vivre de sa plume, qu'il n'est censé vivre de sa conversation, ou de la façon dont il s'habille, dont il se promène ou dont il voyage. Il n'y aucun lien entre la fonction des lettres et leur effet économique. Il n'y a aucune relation entre la qualité, ou la médiocrité, ou l'importance d'un ouvrage littéraire, et les sommes qu'on paie pour cet ouvrage. Pareille relation ne serait pas naturelle et en fait elle n'existe pas. Quand les gens disent que la bonne littérature ne se vend pas, ils sont à côté de la question. Parfois la bonne littérature se vend bien, et parfois la très mauvaise littérature se vend tout aussi bien. Il arrive que des livres importants se vendent bien, et il arrive que des livres absurdes, ridicules et faux se vendent fort aussi bien. Le fait est simplement que les ventes d'un livre n'ont rien à voir avec les qualités d'un livre. La relation entre l'excellence ou la pertinence d'un ouvrage littéraire et le nombre de ses lecteurs à un moment donné n'est pas une relation causale: c'est un caprice imprévisible."
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nadejdanadejda   01 mars 2011
Zhuang Zi et le logicien Hui Zi se promenaient sur le pont de la rivière Hao. Zhuang Zi observa : "Voyez les petits poissons qui frétillent, agiles et libres ; comme ils sont heureux !" Hui Zi objecta : "Vous n'êtes pas un poisson ; d'où tenez-vous que les poissons sont heureux ?
--- Vous n'êtes pas moi, comment pouvez-vous savoir ce que je sais du bonheur des poissons ?
--- Je vous accorde que je ne suis pas vous et, dès lors, ne puis savoir si les poissons sont heureux.
--- Reprenons les choses par le commencement, rétorqua Zhuang Zi, quand vous m'avez demandé "d'où tenez-vous que les poissons sont heureux " la forme même de votre question impliquait que vous saviez que je le sais. Mais maintenant, si vous voulez savoir d'où je le sais -- eh bien, je le sais du haut du pont.
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Alice_Alice_   19 décembre 2014
Nul connaisseur de littérature ne s'étonnera jamais de l'écart qui sépare un écrivain de ses écrits; d'ailleurs ce ne sont pas les exploits de la vie active qui produisent les grandes œuvres, mais bien plutôt l'échec, les peines obscurs, l'ennui, l'aride insignifiance des jours. Et le génie du romancier réside - comme Orwell le disait à propos de D.H. Lawrence - dans "l'extraordinaire capacité de connaître par l'imagination ce qu'il ne peut connaître par l'observation".
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Videos de Simon Leys (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Simon Leys
Le 24 février 2018, nous avons eu le plaisir d'accueillir à la librairie, le chercheur Patrice Fava pour la sortie de son dernier ouvrage "L'usage du Tao" publié aux éditions JCLattès.
Avant que la rencontre ne commence, il a répondu à quelques petites questions pour en savoir plus sur ses lectures en cours, ses coups de c?ur, et plus encore.
En espérant que ce nouveau type de contenu vous plaise !
"L'usage du Tao", Patrice Fava (JCLattès, 2018) : http://www.librairielephenix.fr/livres/l-usage-tao-recit-voyage-interieur-entre-orient-occident-9782709661669.html
Patrice Fava, bibliographie : http://www.librairielephenix.fr/auteurs/fava-patrice-486.html
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Livres mentionnés dans la vidéo :
"Cultures", Philippe Descola (Coédition, 2017) : https://www.decitre.fr/livres/cultures-9782355362675.html
"La philosophie morale de Wang Yang-ming" (Youfeng, 2015) : http://www.librairielephenix.fr/livres/la-philosophie-morale-wang-yang-ming-9782842797164.html
"La religion de la Chine", Kristofer Schipper (Fayard, 2008) http://www.librairielephenix.fr/livres/la-religion-chine-9782213631912.html
"Anabase", Saint-John Perse (1924) , disponible sous plusieurs éditions
L'oeuvres de Simon Leys http://www.librairielephenix.fr/auteurs/leys-simon-585.html
Vidéo réalisée par Laura, libraire du Phénix Vidéo tournée et montée par Clémence, libraire du Phénix Soyez indulgents, nous débutons !
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