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EAN : 9782851841773
320 pages
Ivrea (24/06/1987)
4.08/5   18 notes
Résumé :
Les Habits neufs du président Mao. Chronique de la Révolution culturelle est un livre de Simon Leys publié en 1971 par Champ Libre. Il fait partie de sa série d'essais sur la Chine. Le titre est une référence au conte de Hans Christian Andersen, Les Habits neufs de l'empereur.

La chronique traite des événements qui se sont déroulé en République populaire de Chine de février 1967 à octobre 1969, au plus fort de la Révolution culturelle, alors que l'aut... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
pierre31
  01 mai 2020
Sous le nom de Simon Leys se dissimule un insecte nuisible de la pire espèce : un intellectuel contre-révolutionnaire, bouffi de science bourgeoise, à la solde de la clique capitaliste internationale. Ce répugnant valet de l'impérialisme ose se présenter comme un ami du peuple chinois, mais il cache bien mal sa peur, son dégoût et sa haine des ouvriers et des paysans pauvres et moyens-pauvres... En crachant son venin contre la ligne révolutionnaire-prolétarienne du président Mao, ce démon croit pouvoir instiller la déviance droitiste dans l'âme pur du prolétariat mondial. Quel orgueil ! Un sincère ami du peuple chinois pourrait-il agir ainsi ?
L'élan unanime des masses enthousiastes pour la Grande Révolution Culturelle conduite par notre bien aimé leader le président Mao ne saurait être brisé par ce livre grotesque et perfide tissé de grossières calomnies directement téléguidées par la CIA ! La vicieuse flèche empoisonnée décochée par la bête puante visait le glorieux soleil rouge de la Révolution : elle est piteusement retombée dans le marais putride de la réaction !
Brandissons haut le grandiose étendard rouge de la pensée de Mao Zedong !
Vive l'invincible marxisme-léninisme-pensée de Mao Zedong !
Vive, vive, vive notre grandiose leader le président Mao !
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Henri-l-oiseleur
  22 avril 2020
Ce livre d'histoire consacré à la révolution culturelle chinoise, paru en 1971, est lui-même un événement historique. Cela se voit aux nombreuses annexes, notes et mises au point que l'auteur a ajoutées au fil des années, en réponse aux attaques des "maoïstes mondains" d'Occident, qui persécutèrent l'auteur coupable de dire la vérité sur leur idole du moment, coupable du même crime que la petite fille du conte d'Andersen, seule à voir que les habits neufs du roi n'existent pas et qu'il est nu.
Simon Leys, à la différence de ses détracteurs, savait le chinois et put suivre les événements qu'il relate depuis Hong Kong, puis sur des sources originales. Son analyse de la révolution culturelle n'en conte pas seulement le déroulement mois par mois, acteur par acteur (voir le petit dictionnaire biographique en fin de volume), mais en dégage les causes profondes : Mao perdait le pouvoir, suite à la catastrophe du Grand Bond en Avant, et il le reconquit en s'appuyant sur une jeunesse fanatisée, qui élimina ses adversaires et le remit en selle. Il put ensuite se débarrasser de ses jeunes exécutants grâce à l'armée. Il ne s'agit donc ni d'une révolution, puisque "les masses" furent employées à des intrigues de Palais, ni de "culture", puisque la civilisation chinoise eut à souffrir énormément du vandalisme fanatique des communistes.
Trois points me semblent notables, entre autres qualités : d'abord, l'étude, en début de volume, de la mégalomanie de l'artiste raté Mao, poète et calligraphe médiocre, semi-intellectuel jaloux de ses collègues, frustré, prenant la Chine pour la feuille blanche où il écrira ce qu'il voudra. Simon Leys ouvre une piste de réflexion remarquable sur le rôle historique des artistes ratés, qui se vengent en politique de leur échec personnel : on pense évidemment à Hitler, mais on rencontre en sa compagnie, à des degrés différents d'échec ou de réussite esthétique, Jules César, Frédéric II, Napoléon, Churchill, De Gaulle ; Néron, Louis II de Bavière, Li Yu, Song Huizong (héros du merveilleux Palais des Nuages de Patrick Carré), sont à l'inverse des gouvernants ratés mais des artistes, au moins en ambition. L'autre enseignement précieux du livre est l'analogie entre la politique de Mao et ses modèles chinois antérieurs : l'impératrice mandchoue Cixi organisa elle aussi une révolution culturelle, celle des Boxers, pour éliminer ses ennemis et rester sur le trône ; et enfin l'empereur Qin Shihuang, (Mao ne manquait pas de s'y référer) qui fonda dans le sang et la terreur le premier empire chinois unifié au III°s av.J.C. D'ailleurs, Qin, lui aussi, extermina la classe intellectuelle et tenta de brûler tous les livres (Mao se vanta de faire plus et mieux que lui). Si la dynastie Qin dura peu, et fut violemment rejetée par le peuple, son idée impériale, nous dit Simon Leys, dura deux mille ans. Enfin, en troisième lieu, on a pieusement enseigné et appris dans les universités occidentales que ce ne sont pas "les grands hommes" qui font l'histoire, mais "les masses" ou des processus inconscients et de longue durée. Soit. Ce livre administre cependant la preuve que l'histoire de la Chine communiste, comme celle de la Russie soviétique ou du Cambodge de Pol Pot, sont l'oeuvre d'individus d'exception, et ces "grands" hommes faisaient des masses, prétendument actrices de l'histoire, ce qu'ils voulaient.
Alors, je laisse à d'autres le soin de déplorer le dévoiement du mot "révolution" : les idéalistes pleurent sur les leçons du réel (même parfois Simon Leys, tributaire du langage de son temps). On sort de ce livre un peu moins naïf, un peu moins bigot, en somme un peu moins de gauche. C'est une lecture salubre.
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steka
  27 décembre 2014
Quand en 1971, en plein délire maoïste en France, les enthousiastes de la "Révolution Culturelle" se ramassèrent ce pavé sur les doigts de pied, leurs cris et lamentations envahirent l'espace médiatique de l'époque avec la réaction caractéristique des idéologues de toutes tendances, le déni. le plus difficile étant d'apparaitre en pleine lumière pour les jobards intégraux qu'ils étaient, complices d'un des épisodes criminels les plus monstrueux de l'histoire de l'humanité. Ayant cru voir des révolutionnaires dans ce qui dans ce livre apparaissaient clairement comme les membres corrompus d'une oligarchie d'assassins.
On aurait pu penser que la leçon leur aurait servi, les amenant à adopter les règles d'une certaine modestie intellectuelle; il n'en est rien pourtant, puisque un nombre non négligeable continue, 45 ans plus tard, à encombrer les plateaux de télévision et à déverser ses certitudes sur les bienfaits de la domination contemporaine. Domination dans laquelle personne ne se surprendra plus de reconnaitre un régime prétendument "communiste" mettant en oeuvre la politique du plus brutal capitalisme de notre époque.
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Villebard
  17 avril 2015
Un des premiers à dénoncer la maoisme
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critiques presse (1)
LePoint   03 août 2021
Simon Leys dénonce la dérive sanguinaire de la Révolution culturelle. Saint-Germain-des-Prés prend les armes.
Lire la critique sur le site : LePoint
Citations et extraits (5) Ajouter une citation
Henri-l-oiseleurHenri-l-oiseleur   22 avril 2020
Post-scriptum de 1976 : le maoïsme momifié.
Qu'il ait été essentiellement désamorcé et rendu inopérant en tant que recette politique a été dramatiquement illustré par la chute de Jiang Qing et de tout le groupe des radicaux maoïstes - un événement si bien venu tant pour les cadres que pour les masses (c'est bien la première fois que dirigeants et dirigés se sont trouvés aussi spontanément en harmonie) qu'il fit danser de joie dans les rues à peu près tout le monde. Une telle réaction n'était que trop compréhensible : pour le peuple, le maoïsme pur signifie la substitution d'une mystique politique austère et fanatique aux légitimes expériences matérielles, intellectuelles et émotives de la nature humaine, l'imposition d'un état permanent de mobilisation quasi militaire, la destruction impitoyable de toutes les valeurs traditionnelles, l'établissement d'un désert culturel, une universelle bigoterie, une aridité et un ennui ininterrompus seulement par de périodiques explosions de violence et d'activisme hystérique. Pour les cadres, constamment en butte à la critique, harcelés, apeurés, épuisés, le maoïsme était synonyme de menace et d'incertitude perpétuelles, de lutte incessante, de tension et d'insécurité, et ils aspiraient à un système de gouvernement plus stable, plus sûr et plus conventionnel.
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pierre31pierre31   01 mai 2020
L'instant le plus heureux, que, de notre vie entière, nous n'oublierons jamais, est arrivé! L'orient est rouge, le soleil paraît! Notre grandiose maître à penser, grandiose chef, grandiose général en chef, grandiose pilote, le président Mao le visage rose et radieux, le corps robuste, s'avance d'un pas ferme et prend place sur l'estrade. A cet instant les cris d'enthousiasme forment comme un raz de marée, mille et dix mille cœurs rouges se tournent vers le soleil rouge, mille et dix mille sourires de bonheur accueillent le soleil rouge [ ... ] . Ô suprêmement bien-aimé président Mao, dix mille hymnes ne suffiraient pas à chanter l'amour sans limites que les combattants révolutionnaires éprouvent pour vous. Dix mille plumes rouges n'en finiraient jamais de décrire la foi sans limites que les combattants révolutionnaires placent en vous, dix mille vagues de l'océan ne suffiraient pas à exalter l'adoration sans limites que les combattants révolutionnaires ont pour vous, les étendues infinies de l'espace ne suffiraient pas à contenir les sentiments de fidélité sans limites que les combattants révolutionnaires éprouvent pour vous ... (Suit alors une description des insomnies des soldats qui, ayant appris qu'ils verraient Mao le 3 [juin 1968], ne pouvaient plus dormir tant ils étaient excités, etc.)
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stekasteka   26 décembre 2014
La "Révolution culturelle" qui n'eut de révolutionnaire que le nom, et de culturel que le prétexte tactique initial, fut une lutte pour le pouvoir, menée au sommet entre une poignée d'individus, derrière le rideau d'un fictif mouvement de masses.
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pierre31pierre31   02 mai 2020
Les océans s'assécheront, les rochers se liquéfieront plutôt que change jamais notre rouge cœur, fidèle au président Mao. La terre peut trembler, les montagnes peuvent vaciller, mais notre volonté de conserver la ligne révolutionnaire du président Mao ne s'ébranlera jamais! L'amour de notre père et de notre mère ne valent pas l'amour du président Mao !
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stekasteka   26 décembre 2014
Que Mao Zedong eût effectivement perdu le pouvoir a pu paraître, à distance, difficile à admettre par des observateurs européens. C'est pourtant bien pour le récupérer qu'il déclencha cette lutte.
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