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ISBN : 2869596235
Éditeur : Arléa (09/06/2004)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 70 notes)
Résumé :
En 1629, le Batavia, orgueil de la Compagnie hollandaise des Indes orientales, fit naufrage en bordure d'un archipel de corail, à quelque quatre-vingts kilomètres du continent australien.

A peine sauvés de la noyade, les trois cents rescapés tombèrent sous la coupe d'un des leurs, un psychopathe visionnaire, qui, secondé par une poignée de disciples, entreprit méthodiquement de les massacrer.

En son temps cette tragédie du Batavia frapp... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
gouelan
  17 mars 2016
« Tout ce qu'il faut pour que le mal triomphe, c'est que les braves gens ne fassent rien. »
En 1629, le Batavia, Indiaman affrété par la compagnie néerlandaise des Indes orientales, fait naufrage à proximité de la côte australienne. Les rescapés trouvent refuge sur des ilots. Ce naufrage qui est déjà une catastrophe en soi, devient très vite un enfer. Un enfer animé par un triste personnage, Cornelisz. Il n'est pourtant qu'un lâche, il ne tient ni du conquérant ni de l'aventurier, pourtant, il va semer la Terreur sur son petit royaume.
L'ilot où se sont mis à l'écart certains rescapés qui obéissent à l'autorité naturelle et juste du courageux militaire Hayes, leur aurait permis de vivre tranquillement, on peut même dire de trouver le bonheur, en attendant les secours. La solidarité, l'amitié, l'ingéniosité auraient pu naître à travers cette épreuve.
Pourquoi des hommes ont-ils laissé leur sauvagerie prendre le dessus, sous l'emprise de Cornelisz ?
Pourquoi un seul homme, à la doctrine diabolique, un psychopathe libéré des lois de la société a-t-il pu régner en maître ainsi ?
Hélas il n'y a pas de pourquoi à la bestialité de l'homme. On ne peut pas expliquer sa perte d'humanité, son aveuglement.
Ce qui s'est passé sur ses ilots en 1629, ressemble, à une plus petite échelle, à la barbarie orchestrée par Hitler à une autre époque.
Les siècles se suivent, les scénarios se répètent … Les braves gens laissent faire.
Une courte histoire qui invite à lire l’œuvre de Mike Dash, le livre que Simon Leys aurait voulu écrire, si Mike Dash ne l'avait pas devancé.
La seconde histoire, Prosper, nous apaise après la lecture de ce terrifiant naufrage.
Prosper est l'un des derniers voiliers, à la haute voilure rouge, qui fait fièrement face aux nouvelles pinasses. Le capitaine n'arrive pas à décrocher. Il navigue à l'estime. Il ressemble à son voilier. Son équipage est composé de vieux marins, qui, une fois la "marée" faite, font le tour de tous les bars du port d'Etel. Ils sont un peu rustres mais ils sont braves. Une belle histoire d'un thonier breton et d'hommes solides comme des rocs, formant une famille, partageant des secrets, des bonheurs et des épreuves. Une balade sur Prosper, ce voilier que seuls les vents et les vagues gouvernent. Un peu les hommes aussi … Il a fière allure ce Prosper.
Une histoire qui nous montre les hommes autrement. Des hommes qui respectent les règles, même si elles sont coriaces.
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GabySensei
  16 janvier 2012
Ce petit livre est édifiant. Il évoque l'histoire vraie des naufragés du Batavia, échoués en 1629 au large de l'Australie.
Dans leur malheur les passagers ont eu de la chance. Ils ont presque tous survécus au naufrage en se réfugiant sur un petit archipel proche du lieu de la catastrophe. Disposant d'eau potable ils pouvaient survivre plusieurs mois si nécessaire. Une partie des matelots va embarquer dans des chaloupes pour aller chercher du secours et faire plusieurs centaines de kilomètres à la rame.
Pendant ce temps le reste des passagers doit prendre son mal en patience. Une micro société va s'organiser et se structurer autour d'un chef et de ses lieutenants. Malheureusement l'homme va se révéler être un psychopathe paranoïaque et va méthodiquement assassiner, avec l'aide de ses assistants, presque tous les survivants du naufrage. Quand les secours arriveront ils ne pourront que constater avec effroi ce terrible massacre.
Simon Leys voit dans ce drame une préfiguration des grands génocides du XX ème siècle. Si des hommes de bien ne s'élèvent pas contre la tyrannie, la catastrophe est inévitable. Ce livre fait en tout cas froid dans le dos.
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Floyd2408
  26 octobre 2016
Ce petit livre de Simon Leys Les naufragés du Batavia suivi de Prosper est fractionné en deux histoires distinctes où l'univers de la mer baigne ces deux intrigues l'une le récit historique d'un naufrage du Batavia en 1623, l'autre une marée de l'auteur pendant sa jeunesse en Bretagne.
Simon Leys articule son récit sur des faits précis et son envie d'écrire cette histoire avec sa genèse.La chronologie de ce désir en osmose avec cette terrible histoire catalyse notre attention pour la prolonger au delà de l'histoire, cet écho lointain de ce massacre resurgit de l'au delà tel un spectre immuable.
Les naufragés du Batavia est un avant bouche de L'archipel des hérétiques: La terrifiante histoire des naufragés du Batavia ouvrage de Mike Dash selon Simon Leys dans son préambule
­«Et maintenant, en publiant les quelques pages qui suivent, mon seul souhait est qu'elles puissent vous inspirer le désir de ce livre»
Le Batavia, bateau de la flotte Hollandaise fait route en direction des Indes néerlandaises pour venir s'échouer le 4 juin 1629 proche des côtes Australienne.Tel Robinson Crusoé les naufragés trouvent refuge dans des îles coralliennes paradisiaque pour y survivre avec légèreté d'un paysage et climat idyllique mais la cruauté d'un psychopathe hérétique va assombrir ce tableau pour un massacre des passagers par égocentrisme dictatorial.
Le voyage maritime à l'époque était dangereux, la vie à l'intérieur était une geôle où l'on pouvait se noyer.la navigation était à ses balbutiement.le scorbut était l'épidémie des passagers....
Simon Leys tel un profiler creuse l'origine de la folie meurtrière sanguinaire de ce tueur égocentrique dictatorial.cet homme avec une poignée de disciples tueront avec ingénierie, violeront, torturons, asserviront, affameront, utiliseront des méthodes machiavéliques avec les trois cent survivants.
­«Un récit éblouissant de maitrise et de profondeur» écrit Philippe Sollers résume parfaitement ce roman
Prosper est un récit autobiographique d'une partie de pêche de l'auteur. un écrit de jeunesse, Simon Leys retrouve un vieux texte de 45 ans pour le retravailler, y laissant l'esprit initial, une marée d'une époque révolue, une pêche aux thons avec un voilier, sans moteur, sans électricité, sans appareil de navigation, une épopée vers cette mer de tous les dangers avec des hommes du crue, des navigateurs de naissances, des bretons aux caractères bruts sans concessions, une virée d'hommes à la virilité océane...Simon Leys diffuse l'odeur iodée de l'océan dans ses mots, l'atmosphère dense, putride, poisseuse de poissons, de vinasse, de sueur, de mots salaces, de grossièretés d'ivrognes, de solitude, d'histoires mondaines sur le qui dira-t-on....
Ses mots s'écoulent comme le vent chavirant le chalutier au grès des vagues tintant la coque de bois, l'océan caresse la volonté de ses hommes prisonnier de leur passion, mercenaire de l'océan, fantôme des mers, le récit brut et intense de ces pêcheurs d'une autre époque....
Un conte d'hommes.
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le_Bison
  02 février 2012
J'aime la littérature marine, celle qui me fait naviguer sur les flots, celle qui me fait sentir les embruns, celle qui me fait veiller sous les étoiles, celle qui me fait vomir toute la bile par temps de forte houle. Je crois que je rêverais d'être un marin, petit mousse avec son pompon rouge ou capitaine barbu, bourru et bourré. Une vie à bord d'un bateau, cela a quelque chose de fantastique, une grande aventure qui entre deux escales fouette et chevauche les flots.
Bien avant le Titanic, un naufrage marqua aussi fortement l'imaginaire du public. Nous sommes en 1629.
Le Batavia, navire marchand hollandais, fait la route vers Java, mais sombra au large des côtes australiennes. L'histoire aurait pu s'arrêter là : un banal naufrage comme il y en eu tant à l'époque. Des noyés certes, mais aussi des survivants, qui auraient peut-être mieux fait de se laisser aller à la noyade, car leur destin fut encore bien plus cruel qu'une agonie sous-marine de quelques minutes.
Simon Leys retraça l'histoire de ce naufrage et surtout de l'après… L'île sur laquelle se réfugient les naufragés a tout pour être paradisiaque. Aux alentours, on y trouve de l'eau potable, des fruits sauvages, des kangourous, des poissons et de succulentes langoustes. Et pour organiser cette nouvelle vie, un chef parmi les naufragés se désigne tout naturellement… Ce chef sera autoritaire, sanguinaire, totalement dépourvu de bon sens et sombrera dans la folie dictatoriale. Mais je ne vous en raconte pas plus… « Les Naufragés du Batavia », montre l'Homme, tel qu'il est lorsqu'il s'éprend du pouvoir, comment une idéologie peut transformer le Paradis Terrestre en enfer damné loin de toute rationalité.
Lien : http://leranchsansnom.free.f..
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cathe
  20 septembre 2015
En 1629, au large de l'Australie, un navire hollandais fait naufrage. Trois cents rescapés se massent sur les îlots avoisinants. Mais alors que le capitaine part chercher du secours, les deux tiers des survivants sont massacrés par un membre de l'équipage devenu fou ! Cette tragédie a marqué les esprits et de nombreux ouvrages y ont été consacrés. Simon Leys, mieux connu pour ses essais sur la Chine, voulait depuis longtemps écrire un livre sur le sujet. Ce ne sera finalement que ce petit récit qui retrace cette incroyable histoire et donne envie, c'est l'auteur qui le confirme, d'en lire davantage sur le sujet.

Le second récit, Prosper, est aussi très intéressant et surtout très bien écrit. Simon Leys a accompagné un voilier thônier breton pour une campagne de pêche. C'était en 1958, les bateaux n'avaient pas encore les équipements modernes que l'on connaît, et c'était vraiment l'aventure de partir ainsi plusieurs semaines à la pêche au thon. Leys décrit très bien le monde de la pêche en mer, les hommes, le navire, les tempêtes, la vie à bord telle qu'on l'a vue dans de nombreux films.....

En général j'aime bien les récits maritimes sauf s'ils utilisent un vocabulaire trop spécialisé (la série des Patrick O'Brian est trop indigeste pour moi) . Leys n'étant pas marin de métier, même s'il connaît bien le sujet, il décrit ce monde de manière très vivante et précise sans nous assommer de mots inconnus (enfin.. quelques uns quand même pour moi..) et j'ai passé un bon moment à lire ses deux petits récits.
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
gouelangouelan   17 mars 2016
Le mousse a treize ans : c'est sa première campagne de pêche. Les hommes sont pour lui ce que la mer est pour les hommes : une puissance d'une inexorable indifférence, que l'on ne peut se concilier que par la patience et l'adresse. [...]
La dureté n'est pas le fait individuel des matelots, elle découle plutôt de la force même des choses, comme une loi qui s'impose à tous et que nul ne juge bon de lui épargner en raison de son jeune âge. [...]
Son mal de mer disparaîtra bientôt - son enfance aussi ; au retour, il sera un dur petit adulte de treize ans, sans rêves et sans jeux.
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gouelangouelan   16 mars 2016
... puis d'autres victimes furent individuellement sélectionnées au jour le jour sous des prétextes divers, ou sans raison aucune - car c'est son arbitraire même qui constitue l'essence efficace et sans appel de toute Terreur. ( "Ici, il n'y a pas de pourquoi", répondront au XXè siècle les bourreaux d'Auschwitz à l'interrogation des innocents qu'ils conduisaient à la mort.)
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andreas50andreas50   18 novembre 2018
Le fait est qu'ils ont partagé les mêmes expériences et connu la même existence : la mer depuis l'âge de douze ou treize ans, et la mer avare de son poisson, et les saisons avares de leur clémence, et la chance avare de ses sourires ont eu à peu près le même visage pour tous.
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andreas50andreas50   09 novembre 2018
Tout ce qu'il faut pour que le mal triomphe, c'est que les braves gens ne fassent rien.
Edmund Burke
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le_Bisonle_Bison   02 février 2012
Même dans les meilleures conditions possibles, la vie en mer apparaissait aux terriens, à juste titre, comme une épouvantable épreuve. Samuel Johnson résuma bien ce sentiment : « Nul homme ne voudrait se faire marin, à moins de n’être même pas capable de se faire jeter en prison. Car la vie à bord d’un navire est tout simplement celle d’une geôle où l’on serait de surcroît exposé à la noyade. »
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Videos de Simon Leys (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Simon Leys
Le 24 février 2018, nous avons eu le plaisir d'accueillir à la librairie, le chercheur Patrice Fava pour la sortie de son dernier ouvrage "L'usage du Tao" publié aux éditions JCLattès.
Avant que la rencontre ne commence, il a répondu à quelques petites questions pour en savoir plus sur ses lectures en cours, ses coups de c?ur, et plus encore.
En espérant que ce nouveau type de contenu vous plaise !
"L'usage du Tao", Patrice Fava (JCLattès, 2018) : http://www.librairielephenix.fr/livres/l-usage-tao-recit-voyage-interieur-entre-orient-occident-9782709661669.html
Patrice Fava, bibliographie : http://www.librairielephenix.fr/auteurs/fava-patrice-486.html
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Livres mentionnés dans la vidéo :
"Cultures", Philippe Descola (Coédition, 2017) : https://www.decitre.fr/livres/cultures-9782355362675.html
"La philosophie morale de Wang Yang-ming" (Youfeng, 2015) : http://www.librairielephenix.fr/livres/la-philosophie-morale-wang-yang-ming-9782842797164.html
"La religion de la Chine", Kristofer Schipper (Fayard, 2008) http://www.librairielephenix.fr/livres/la-religion-chine-9782213631912.html
"Anabase", Saint-John Perse (1924) , disponible sous plusieurs éditions
L'oeuvres de Simon Leys http://www.librairielephenix.fr/auteurs/leys-simon-585.html
Vidéo réalisée par Laura, libraire du Phénix Vidéo tournée et montée par Clémence, libraire du Phénix Soyez indulgents, nous débutons !
+ Lire la suite
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