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ISBN : 2070762831
Éditeur : Gallimard (20/09/2001)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 9 notes)
Résumé :
Dieu marin de la mythologie grecque, Protée possédait un vaste savoir mais se dérobait aux questions en revêtant les formes les plus diverses. On comprend qu'André Gide ait vu dans cette figure changeante une sorte de miroir, lui qui, prenant toujours la forme de ce qu'il aimait, n'était jamais longtemps le même. La permanente disponibilité qu'il affichait traduisait la discontinuité essentielle de sa nature. D'où l'abécédaire auquel se résout Simon Leys pour tenter... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Chouchane
  01 septembre 2011
Simon Leys (critique, essayiste, auteur, sinologue...) belge, vivant en Australie, nous régale de sa connaissance de la littérature. Très disparate cet essai nous livre une démystification de nos croyances sur la littérature et les auteurs. On début sur les mascarades que peuvent être les "ouvertures" de roman, parfois vendeuses au détriment du reste du livre. On passe ensuite à Don Quichotte mais surtout à Cervantès un écrivain vieillissant et sans succès (peut-être même sans talent) qui fait un coup de génie avec son héros parce qu'i doit vivre et qu'il a besoin d'argent. On fait, ensuite, un saut sur le "génie spécial" de Victor Hugo qui est qualifié de "sot" par Henry James. Pour longuement chercher une réponse sous forme d'abécédaire à l'énigme Gidienne. Prix renaudot des essais, Protée et autres essais se lit facilement et apporte beaucoup.
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Colchik
  18 novembre 2017
Trois essais sur trois écrivains : Victor Hugo, Cervantès, Gide. Presque conçus comme de petites chroniques, ces textes se lisent avec gourmandise. L'érudition de Simon Leys n'est jamais pesante, il nous guide dans la maison de ces « grandes figures de la littérature » en posant un éclairage changeant sur leur oeuvre ou sur leur vie.
J'ai particulièrement dévoré les textes consacrés à Gide. Aimant peu l'homme et l'écrivain, j'ai parfois chaussé les lunettes de Leys pour essayer de comprendre la personnalité complexe de l'individu. Je n'ai pas changé d'avis sur Gide, il ne m'apparaît ni plus sympathique ni plus excusable pour sa conduite, mais je perçois mieux ses interrogations et ses doutes.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
lexotelexote   17 juillet 2009
Degas confia un jour à Mallarmé qu'il avait des tas d'idées de poèmes, mais qu'il était morfondu de ne pas réussir à les écrire; et Mallarmé de répondre : "Mais, Degas, ce n'est point avec des idées que l'on fait des vers, c'est avec des mots." Dans la mesure où la poésie moderne peut se définir par cette conscience que le poème est engendré par les mots plutôt que par les idées - que c'est l'"impulsion linguistique" qui motive le poète - elle relève d'une esthétique directement tributaire de la leçon de Hugo. "Tout poète tant soit peu sérieux sait bien ce qu'il écrit, c'est le langage qui le lui dicte"; cette déclaration de Joseph Brodsky mais elle pourrait aussi bien caractériser la révolution hugolienne.
Avec Hugo, pour la première fois, le langage est placé au poste de commande : "Le mot, c'est le Verbe, le Verbe c'est Dieu." Il se laisse délibérément mener par les mots, car "les mots sont les passants mystérieux de l'âme". Gardien des mots, le poète est investi de pouvoirs prophétiques : il est le guide qui conduira l'humanité à la Vérité.
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lexotelexote   17 juillet 2009
La plupart de ses chefs-d'oeuvre datent de cette période, culminant en 1862 avec le monumental Les Misérables, qui est moins un roman, au sens conventionnel du mot, qu'un immense poème en prose, peut-être la dernière épopée de l'âge moderne. La passion que Hugo nourissait pour le langage a trouvé là son déversoir le plus vaste et le plus fou. Le livre est un Niagara de mots, écumant et mugissant; c'est aussi une ahurissante bigarrure de pièces rapportées : non seulement le fil du récit est constamment interrompu par des considérations socio-politico-philosophiques, mais il y a encore d'innombrables morceaux de comédie, de drame, de satire, des épisodes d'une action haletante; il y a de tendres élégies, des croquis réalistes, d'immenses fresques historiques; des essais sur les sujets les plus hétéroclites (la structure de l'argot, l'économie du recyclage des égoûts), un prodigieux étalage de curiosités encyclopédiques (sur un modèle dont Jules Verne se souviendra); et en même temps, ces mille fragments hétérogènes sont tous charriés par l'élan unanime d'un vaste fleuve aux affluents innombrables.
[...]
Le livre fut d'abord publié à Bruxelles (1er avril 1862); d'autres éditions suivirent rapidement, de façon presque simultanée, à Paris, Madrid, Londres, Leipzig, Milan, Naples, Varsovie, Saint-Pétersbourg, Rio de Janeiro. D'emblée, son succès fut universel; la publication originale avait été retardée à l'imprimerie par les larmes des typographes qui s'étaient plongés dans la lecture des pages dont ils devaient composer les épreuves; leur émotion et leur enthousiasme furent bientôt partagés par les lecteurs les plus divers, français et étrangers, jeunes et vieux, naïfs ou blasés. A l'autre extrémité de l'Europe, Tolstoï se procura un exemplaire sans tarder et fut conquis. On peut dire sans exagération que Les Misérables ont précipité la création de La Guerre et La Paix. Les géants engendrent les géants.
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lexotelexote   17 juillet 2009
La thèse principale de Van Doren est que, nonobstant ce que Cervantès a pu lui-même penser là-dessus, Don Quichotte n'était nullement fou. Simplement, les mystifications dont il faisait l'objet lui donnèrent l'impression trompeuse que son entreprise était vraiment réalisable; et cette illusoire perspective de succès prolongea artificiellement sa carrière. Mais, à n'importe quel moment, il aurait parfaitement pu renoncer à son aventure et tranquillement rentrer chez lui; tandis qu'un fou véritable est prisonnier de sa folie et ne dispose jamais d'un pareil choix.
[...]
Si Don Quichotte avait simplement été fou, ou s'il avait joué la comédie, nul ne se souviendrait de lui, observe Van Doren : "Si aujourd'hui encore nous continuons à parler de lui, c'est parce que nous avons le sentiment qu'en fin de compte, il est vraiment devenu un chevalier."
"L'homme est un animal qui se façonne des images de lui-même et puis finit par ressembler à l'une d'elles." Iris Murdoch a formulé cette remarque dans un contexte différent, mais elle identifie très précisément un trait fondamental de la nature humaine. C'est ce trait qu'a incarné Don Quichotte de la façon la plus mémorable - et c'est cela qui donne au roman de Cervantès sa portée universelle.
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ColchikColchik   18 novembre 2017
L'invasion nazie et l'occupation de la France soumirent Gide à sa seconde épreuve historique. Cette fois, heureusement pour lui, il n'eut pas à passer le test en public – la vigilance de son entourage firent que ses inquiétantes vacillations demeurèrent strictement privées ; mais ses bons amis eurent amplement raison de s'alarmer, comme l'attestent les observations quotidiennes de la Petite Dame. Par exemple, en octobre 1940, comme il s'était réfugié dans le midi de la France, il commença à caresser le projet de regagner Paris occupé, afin de relancer la Nouvelle Revue Française : un jeune officier allemand venait de lui écrire une lettre charmante qui lui donnait à penser qu'il serait idéalement qualifié pour négocier avec les autorités allemandes ! La Petite Dame dut aussitôt le mettre en garde contre l'imprudence d'un pareil plan.
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ColchikColchik   18 novembre 2017
Assurément, les circonstances matérielles de son existence n'avaient pas peu contribué à développer en lui [Gide] un perpétuel sentiment d'irréalité. En 1935, sous l'influence de son bref engouement pour le marxisme, il eut une soudaine illumination et s'aperçut pour la première fois – à l'âge de soixante-sept ans ! – ce que c'est que de devoir travailler pour vivre. Il nota dans son Journal : "Je sens aujourd'hui, gravement, péniblement, cette infériorité de n'avoir jamais eu à gagner mon pain." Mais cette découverte tardive ne semble pas avoir retenu son attention très longtemps : il n'en fit plus jamais mention par la suite.
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Videos de Simon Leys (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Simon Leys
Le 24 février 2018, nous avons eu le plaisir d'accueillir à la librairie, le chercheur Patrice Fava pour la sortie de son dernier ouvrage "L'usage du Tao" publié aux éditions JCLattès.
Avant que la rencontre ne commence, il a répondu à quelques petites questions pour en savoir plus sur ses lectures en cours, ses coups de c?ur, et plus encore.
En espérant que ce nouveau type de contenu vous plaise !
"L'usage du Tao", Patrice Fava (JCLattès, 2018) : http://www.librairielephenix.fr/livres/l-usage-tao-recit-voyage-interieur-entre-orient-occident-9782709661669.html
Patrice Fava, bibliographie : http://www.librairielephenix.fr/auteurs/fava-patrice-486.html
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Livres mentionnés dans la vidéo :
"Cultures", Philippe Descola (Coédition, 2017) : https://www.decitre.fr/livres/cultures-9782355362675.html
"La philosophie morale de Wang Yang-ming" (Youfeng, 2015) : http://www.librairielephenix.fr/livres/la-philosophie-morale-wang-yang-ming-9782842797164.html
"La religion de la Chine", Kristofer Schipper (Fayard, 2008) http://www.librairielephenix.fr/livres/la-religion-chine-9782213631912.html
"Anabase", Saint-John Perse (1924) , disponible sous plusieurs éditions
L'oeuvres de Simon Leys http://www.librairielephenix.fr/auteurs/leys-simon-585.html
Vidéo réalisée par Laura, libraire du Phénix Vidéo tournée et montée par Clémence, libraire du Phénix Soyez indulgents, nous débutons !
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