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EAN : 9782080686176
221 pages
Flammarion (17/08/2004)
3.31/5   39 notes
Résumé :
" Selon les critères moraux ordinaires, Claude aurait eu tort de n'avoir pas su protéger Marina. Mais pourquoi la protéger alors qu'une faiblesse aussi stupéfiante constituait l'essentiel de sa grâce ? II y aurait eu de la lourdeur pour lui à vouloir préserver un lien privé, et pour elle à vouloir qu'on la défende lorsqu'elle sortait presque nue à quinze ans et demi sur des talons de douze centimètres. Quel manque de fidélité à leur style et quelle insulte à la Prov... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique

Claude, un allien des nuits parisiennes, parcourt les souvenirs cocaïnés et alcoolisés de sa jeunesse, période habitée d'une longue fuite en avant, à la recherche des paradis artificiels, des rencontres dangereuses qui ont cannibalisé sa condition d'immortel et englouti sa soeur Marina et sa copine Niki. Les fantômes de ce passé irréel, fantasmé et pourtant bien vivant ressurgissent au fil des pérégrinations de sa mémoire. Epoque bénite où la liberté se monnayait en billets d'insouciance et en monnaie de rébellion. Sexe, mensonge et trahison formaient le triptyque gravé au frontispice d'existences dont la dimension n'égalait que l'ampleur de leur misérabilité.

Claude vagabonde de l'assistante sociale à Ibiza, en passant par les beaux quartiers de Paris où il michetonne et St Tropez pour ses nuits blanches.

Un premier roman dans lequel se reconnaitra toute une génération post beatnik, écartelée entre chômage, sida et boites de nuit. Des gens qui jouent les équilibristes sur la frontière entre l'ordre sociétal et la transgression, plaisirs charnels anti-conventionnels.

Simon Liberati a un talent certain pour écrire sur ce qui irrite, hérisse, offusque, indigne l'angélisme des bonnes consciences, il est le « gratte-cul » des grenouilles de bénitier.

Editions Flammarion, « J'ai lu », 156 pages.

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Drôle de bouquin, lu après la lecture d' "Eva" du même auteur, qui y évoquait cette "Anthologie des apparitions" écrite 20 ans auparavant (vous suivez ?).

"Eva" m'avait laissé un goût mitigé, mélange d'attraction-répulsion pour cette jeunesse déglinguée de la fin des 70's/début des 80's, qui mettait un point d'honneur à paraître et disparaître, plutôt qu'à être. Mais avec le recul, force m'est de constater que Simon Liberati a été plutôt doué en ressuscitant tous ces fantômes, puisqu'il m'a donné envie de retourner dans ce monde distordu.

Dans ce très court récit, il raconte un frère qui raconte sa soeur disparue et tous les autres, jeunes et beaux qui, dès l'adolescence, choisissent de ne vivre que pour "la frime, les belles coiffures et les chiffons", en côtoyant les pipoles de l'époque dans les boîtes les plus courues de la capitale, sans un sou en poche mais de l'héroïne plein les veines, et disposés à donner leur corps à qui en veut. Ca m'a fascinée, ce désintérêt pour leur intégrité physique ("Si le corps n'était rien pour eux, les atours, les coiffures dont ils se paraient représentaient à leurs yeux l'essentiel.") lié à un nihilisme absolu ("Si l'on n'est pas capable de se déshonorer, si l'on sait dire non, c'est qu'on accorde de la valeur aux choses de ce monde, et par exemple au confort, à la sécurité, à l'estime de soi ou à la santé."). Liberati répond à toutes mes interrogations sur cette jeunesse perdue qui, malgré sa morgue, fait finalement pitié.

C'est dense, parfois poétique, et totalement amoral -je ne suis pas sûre que ce livre pourrait être publié aujourd'hui-, tout en étant empreint d'une grande tristesse et d'une forme de pudeur décadente.

Un roman punk sous la pacotille, et plutôt réussi dans son genre ; c'est suffisamment rare pour se laisser tenter.

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Commençons par le pire:

"Sylvie était une négresse anglophone qui avait échoué, Dieu sait comment dans le petit cercle de l'avenue Georges Mandel. Elle dérangeait les habitudes de sa race par deux qualités assez rares: elle était silencieuse et possédait un grand nez"

"Le lecteur progressiste criera au poncif mais les négresses font souvent commerce de ce charme-là"

Ah mince! Naïvement, j'aurais parié qu'il crierait au racisme mais qu'importe... Voilà qui donne dans sa pire expression le ton du livre, caractéristique des auteurs qui projettent le profond dégoût de soi ( très légitime) sur les autres.

J'imagine que je devrais user du galvaudé"un regard sans concession" mais je dirais plutôt, un regard dégueulasse et faussement innocent et détaché sur une histoire bien dégueulasse. Au milieu des formules qui se veulent éblouissantes on peut en trouver des drôles et des bien écrites.

C'est l'histoire d'un homme hanté par des spectres. Ceux d'enfants physiquement sublimes dont il a fait partie...qui sont jetés en pâture à de riches et pervers prédateurs qui vont jusqu'à les mutiler

Etrange coïncidence, aujourd'hui, 30 mois après avoir coupé les ponts avec une de ces beautés de Lucifer,

dont je n'avais que faire,

dans son éperdue fuite en avant,

faite de dépravation,

dont j'avais compris en filigrane que des fait similaires l'avaient brisé.

Comme notre heroïne sa fragilité faisait sa grâce qui le rendait si attachant mais aussi si malfaisant.

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Beaucoup aimé le style de Liberati pour cette histoire de déglingues. J'ai suivi avec intérêt le parcours presque immobile du personnage à la beauté luciférienne qui michetonne ici ou là. Poésie à la fois sombre et lumineuse pour un livre très beau.

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Le livre s'ouvre sur un personnage mélancolique des jours perdus, de sa jeunesse : Claude à la cinquantaine, et il a perdu depuis longtemps tout contact avec sa soeur Marina. Claude a connu la gloire mondaine des soirées arrosées, sa belle figure lui a ouvert de nombreuses portes et il a été l'amant d'un soir de beaucoup d'hommes et de femmes. Il a vécu dans les folles années post-soixante-neuf où l'alcool, la drogue et les corps de mélangeaient sans qu'on y fasse plus attention. Il a goûté aux fêtes d'Ibiza, celles de New-York, aux tapis rouges et connu les "grands" de cette époque. Mais voilà que nous le retrouvons à faire les courses pour dans un Monoprix d'un quartier pas bien glamour du Paris de notre temps. Où les paillettes se sont-elles envolées ?

Résigné sans être amer, Claude avec l'aide de son ami Ali se remémore leurs souvenirs, ceux d'une époque révolue. Comment lui et Marina ont été pris sont l'égide d'un psychiatre pervers, menteur et proxénète d'enfants. La rencontre de Nicki qui plongera Marina corps et âme dans ce monde, qui la perdra définitivement à son frère. La découverte des drogues, des sniffs et des piqûres de nombreuses substances rock'n'roll, en un mot : la déglingue.

Simon Liberati a certainement écrit ce livre grâce à son expérience personnelle, lui qui, comme Claude, a vécu de nuit les années soixante-dix, les villas au bord de mer et les soirées de beau monde. Il en a tiré un récit philosophique de rue, où la perspective de son héros âgé raconte l'énergie et la curiosité de la jeunesse pour un monde qui leur semblait merveilleux, et dans lequel ils ont plongé tête la première. On découvre une autre mentalité, une façon de voir le monde qu'on trouve évidemment répugnante de nos jours voire carrément dangereuse. Pourtant, notre philosophe des caniveaux, qui ne manque pas de bons mots et d'une perspective intelligente sur ce qu'il raconte manque trop souvent son objectif : regarder en arrière, épousseter les clichés et remettre comme il se doit les folies de jeunesse de son héros.

Parce qu'en digressant chronologiquement du présent dans les flashbacks et entre différents souvenirs, on perd trop souvent le fil de ce que l'auteur aimerait raconter. le style est sage et réfléchi mais n'est pas tout le temps agréable, et certaines phrases à rallonge font trop penser à une prise un peu trop importante de cocaïne qu'à un discours travaillé. A vouloir en faire trop, Simon Liberati détruit par moments ce qu'il a lui-même créé quelques paragraphes plus tôt. Il en résulte un livre plaisant par moment, mais qui ne croche pas son lecteur comme il aurait pu le faire. Malgré qu'il soit concis, on ne lit pas rapidement Anthologie des Apparitions. Enfin, il s'agit d'un récit sous drogue, parlant de drogues. Il faut laisser à Liberati son monde et sa façon de le raconter.

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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
Les frères Hassan s'intéressaient aux aspects techniques et financiers de l'existence humaine. Le matériel hi-fi, la grande joaillerie et plus particulièrement les montres d'hommes, les automobiles haut de gamme, le prix de l'immobilier d'exception constituaient l'essentiel de leurs préoccupations.
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- Lilith, tu l'as pas connue, elle m'avait branlé sur la piste du Flash-back. Pendant un spectacle de Thierry Paulin.
- Le tueur des vieilles dames ?
- Oui il se faisait appeler "Haussmann" à l'époque. Comme le boulevard.
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Rien de plus contagieux que le cynisme lorsqu'il prend les allures de la sincérité.
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"... bref prêts pour les boîtes de nuit et le commerce de leurs derrières"
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Les bouches des hommes et des femmes sont comme les baignoires d'hôtel, on oublie qu'elles ont beaucoup servi quand on a besoin d'elles.
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Videos de Simon Liberati (40) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Simon Liberati
Le prix Goncourt 2022 est décerné à Brigitte Giraud pour son roman "Vivre vite", publié le 24 août aux éditions Flammarion. le prix Renaudot, lui, est attribué à Simon Liberati pour son roman "Performance" paru chez Grasset.
Nos invitées pour en parler : Annabelle Guénéguès coordinatrice à l'action culturelle et à la communication pour les bibliothèques de Montreuil et Marie-Rose Guarniéri, libraire.
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