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ISBN : 2246798698
Éditeur : Grasset (17/08/2016)

Note moyenne : 3.33/5 (sur 138 notes)
Résumé :
« En 1969, j’avais neuf ans. La famille Manson est entrée avec fracas dans mon imaginaire. J’ai grandi avec l’image de trois filles de 20 ans défiant les tribunaux américains, une croix sanglante gravée sur le front. Des droguées… voilà ce qu’on disait d’elles, des droguées qui avaient commis des crimes monstrueux sous l’emprise d’un gourou qu’elles prenaient pour Jésus-Christ. Plus tard, j’ai écrit cette histoire le plus simplement possible pour exorciser mes ter... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (49) Voir plus Ajouter une critique
Coriolis
22 août 2016
Certains d'entre eux ont été malmenés durant leur enfance, d'autres recherchent juste un maître à penser, un guide, une voie à suivre dans cette Amérique puritaine se disloquant sous l'essor du mouvement hippie. Ils sont les disciples de Charles Manson, des paumés venus grossir les rangs de la Famille de Spahn Ranch ; un ancien plateau de cinéma planté dans le désert à quelques kilomètres d'Hollywood. Là, ils endurent la saleté, la faim, recherchent l'amour de l'autre dans l'orgie. Août 1969, Manson leur passe en boucle le White Album des Beatles auquel il prête des messages subliminaux. Cette vie en vase-clos et les drogues aidant, tous boivent ses paroles et attendent l'Apocalypse imminent dont Manson les sauvera. Déifié, le gourou incrimine la population noire et prêche un racisme d'une rare violence. Il entend initier une guerre entre les blancs non-initiés à sa philosophie qu'ils nomment « cochons » et les noirs. Pour se faire, Manson ordonne à certains de ses membres de commettre des meurtres afin de faire accuser les Black Panthers auxquels il voue une haine indescriptible. Gary Hinman, professeur de musique sera la première victime désignée pour une sombre histoire de drogue. Durant la nuit du 9 août, sur les injonctions de Manson, des membres De La Famille rebaptisés Tex, Sadie, Katie et Linda gagnent Beverly Hills et s'introduisent au 10050 Cielo Drive pour se venger de Terry Melcher, un producteur américain ayant brisé les rêves de gloire musicale de Manson. L'ancienne demeure de Melcher est occupée depuis quelques mois par Roman Polanski et Sharon Tate. Ce soir-là, le cinéaste est absent. Sharon Tate, enceinte de huit mois et demi est en compagnie de Voytek, ami d'enfance de Polanski, Jay Sebring, un coiffeur et Gabie, une riche héritière. Les quatre occupants sont torturés et mis à morts avec une brutalité rare. La Famille écrit son histoire en lettres de sang tandis l'Amérique entière, abasourdie et effrayée, retient sa respiration. Derrière les murs de leurs foyers, les américains tremblent et espèrent ne pas faire partie des prochaines victimes. La peur gagne le pays. Les achats d'armes à feu se multiplient. Pendant ce temps, Manson, lui, entre dans la légende à coups de baïonnettes aiguisées et de rituels sanglants.
Simon Liberati signe une oeuvre d'une noirceur implacable. Si les scènes de violences ne sont pas reléguées au deuxième plan, elles ne versent pas pour autant dans le voyeurisme pur. Fiction fondée sur des faits réels, California Girls permet de mieux appréhender ce drame et d'avoir une vision globale de sa genèse. Par son extrême documentation et sa construction parfaitement maîtrisée, la trame de ce roman ponctuée d'hallucinations dues à la prise de drogues et d'informations purement journalistiques plonge le lecteur dans la mouvance des années soixante ; période de mutation souhaitant balayer le conservatisme. du quotidien à Spahn Ranch où étaient logés Charles Manson et ses disciples, aux délires apocalyptiques de ce gourou en passant par les étapes ayant conduits ces jeunes en perdition à lui vendre leurs âmes, California Girls fascine autant qu'il révulse. On se relève, bel et bien sonné de ces quelques pages, se rappelant que Manson, ordonnateurs de massacres, a toujours oeuvré pour que la réalité la plus inconcevable dépasse la fiction. Leader délétère, monstre charismatique, il a marqué la fin de cette année et les autres à venir du sceau de la mort et relégué le California Dreamin' au rang de cauchemar.
Un grand merci aux éditions Grasset pour leur confiance.
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Endymion_70
25 août 2016
Août 1969, le soleil darde des rayons d'acide en pleine vallée de la mort au rythme du White album des quatre cavaliers de l'Apocalypse et de versets bibliques. L'écho de la prophétie tinte à nouveau dans les oreilles du maître. L'heure du helter skelter, du grand chamboulement dont il serait l'élu, lui le proscrit des années cinquante, le rejeté de la pop. le power flower insuffle un nouvel élan à sa vie, le marginal est devenu gourou, patriarche d'une famille réunie autour de lui à Spahn Ranch. « Depuis qu'il avait investi ces décors avec sa tribu, il se faisait l'effet d'un metteur en scène de cinéma qui tournait un film avec la vraie vie, il n'avait qu'à décider et les choses prenaient forme. Les acteurs jouaient leur rôle. Ça en devenait presque ennuyeux ». En cette nuit du 9 août, la vie de la famille va basculer, le mal, la violence auront des visages humains. Charles Manson, Charles Watson,  Susan Atkins, Patricia Krenwinkel marqueront Los Angeles du sang des cochons, « What they need a damn good whacking ».
Simon Liberati retrace les jours qui frappèrent l'Amérique, et jetèrent l'opprobre sur les cendres du mouvement hippie californien. du quintuple meurtre chez les Polanski à celui du couple LaBianca, California girls humanise un bref instant « les sorcières de Manson » et de leurs accolytes. « Les coups de pétoire qu'il avait tirés quelques minutes plus tôt sur le jeune type en voiture avaient réveillé en lui une personnalité enfouie. Une digue s'était rompue et sa conscience était divisée en deux entités distinctes. L'une suivait les ordres de Charlie pendant que l'autre, le bon vieux Watson d'autrefois, Square Charles, continuait de vivre à ses côtés, bien au chaud, se livrant à de petites observations paisibles et amusées ». Entre horreur et vie bourgeoise, tout est bon pour s'approprier les faveurs, les lumières du « Christ ». Dans les entrailles de l'humanité, entre enfer et paradis la route des paumés camés en quête de spiritualité et de nouveaux repères s'avèrent un bain de sang,
Can you hear them in the darkness ? Helter skelter, spiral madness (yeah) Bloodbath in paradise But there's nowhere you can run to baby Bloodbath in paradise Forever sleep in paradise... (Bloodbath in paradise Ozzy Osbourne)
Lien : https://calameheros.wordpres..
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michfred
25 août 2016
Si les croûtes d'Hitler avaient eu du succès, celui-ci serait resté un barbouilleur sans talent mais ne serait peut-être pas devenu le mondial killer que l'on sait.
Si Charles Manson avait réussi dans la musique, s'il avait pu développer le talent que lui reconnaissaient Neil Young et Denis Wilson eux-mêmes, il n'aurait pas eu besoin, peut-être, d'étendre son emprise de gourou maléfique sur les cervelles fragiles et hautement saturées de substances hallucinogènes des membres de sa « Famille » : le grand Tex, son « porte-voix », Clem, la brute docile et les petites silhouettes enfantines et sanguinaires de Katie, Sadie, Linda, Leslie mendiant à leur gourou satanique un regard (noir) , une étreinte farouche.
Ou mieux encore, signe de confiance suprême : une mission…
Par exemple celle de « tuer avec le plus de brutalité possible » les occupants d'une maison de Cielo Drive, sur les hauteurs de L.A., une villa autrefois occupée par le producteur de musique détesté (c'est lui qui a arrêté la carrière de rocker de Manson) puis habitée par Candice Bergen, femme de Louis Malle, et relouée, depuis peu, à une actrice célèbre, femme d'un metteur en scène de films d'horreur réputé, enceinte de 8 mois.
C'est Sharon Tate, mais le gourou l'ignore en lançant son anathème.
Il veut « juste » déclencher la guerre contre les « pigs », faire accuser les Black Panthers, réveiller la guerre civile entre noirs et blancs, bref, mettre en branle le Helter Skelter -c'est le titre d'un morceau des gentils Beatles, et c' est, chez eux, un joyeux tohu-bohu, une sorte de Grand Huit insolent- mais, dans la folie paranoïaque et meurtrière de Manson , c'est un véritable Armageddon…
Je viens de clore, en deux jours, California Girls : lecture horrifique, lectrice horrifiée mais littéralement envoûtée...
Un opéra-rock lyrique et inquiétant, magistralement construit et concentré sur 36 heures d'équipée sauvage.
Le style est d'une noirceur impériale, fascinant et addictif.
Malgré l'horreur des scènes évoquées, malgré la folie des protagonistes, ces doux hippies de Californie, fumeurs de joints et un peu crasseux, devenus loups fanatiques sous acide et sous le magnétisme de leur chef de meute…
Simon Liberati est un grand adepte et un fin connaisseur du Romantisme noir- il a scénarisé cet épouvantable fait divers en un récit haletant, plein de sang et de fureur, qui s'apparente aux romans noirs anglais d'une Radcliff, d'un Walpole, d'un Lewis...
Une sorte de remake hollywwodien avec play-list très sixties du Moine de Lewis.
Ou alors un épisode futuriste de Game of Thrones mis en musique par les Mama's et les Papa's...
Le Moine sanglant c'est Manson : il a la frénésie sexuelle de Little fingers, la taille de Tyrion Lannister, la « délicatesse » de Ramsay Bolton (les fans de G. O. T me comprendront !!).
Ou alors un David Lynch particulièrement déjanté...
Incroyablement documenté, sans aucun commentaire, moralité ou apologue, brutalement vrai, mais jamais voyeur, ce récit nous donne à voir de l'intérieur- on épouse le regard de Sadie, de Tex, de Linda..- l'épopée sanglante d'une folie manipulatrice dans des décors de cinéma rendus complètement surréalistes : vieux ranches poussiéreux, clubs de motards tout droit sortis d'Easy Rider, belles villas hollywoodiennes, désert du bout du monde, plages de surfeurs blonds et bronzés..
Âmes sensibles s'abstenir…
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AgatheDumaurier
19 octobre 2016
Premier roman de Simon Liberati que je lis, bien que je connaisse sa plume depuis bien longtemps, quand il écrivait dans mon magazine préféré, 20ans...
Quelque chose émane de ce roman superbement ecrit, une lumière aveuglante, des crépuscules fuchsia sur le Pacifique, des parfums de fleurs tropicales, des piscines abandonnées sous les étoiles, tout un rêve californien, qui nous rend nostalgiques d'un monde que nous n'avons pas connu...Et puis, sans vraiment l'assombrir , mais comme une face cachée, l'odeur du sang des victimes, la sueur, les vêtements moisis des adolescentes aux fleurs dans les cheveux, le regard hypnotique du diabolique Charles Manson...Sur fond de Mamas et de Papas, de Beach Boys et de Beatles.
Simon Liberati reprend, quasiment heure par heure, les agissements des principaux membres de la "Famille Manson" entre les 8, 9 et 10 août 1969. Trois jours, sept morts affreuses. le gourou maléfique ordonne à 4 de ses adeptes ( 3 adolescentes et un jeune homme) le meurtre de Robert Melcher, producteur des Beach Boys, qui serait responsable de son échec musical...mais Melcher est absent, et presque par hasard ( la maison est l'ancienne du producteur) le quatuor sec retrouve à assassiner de parfaits inconnus qui se trouveront être Sharon Tate, la compagne de Polanski enceinte de huit mois, un ami d'enfance de Polanski, sa compagne et le coiffeur de Sharon Tate. Meurtres atroces, qui nous sont décrits quasiment en temps réel, et nous ressentons leur amateurisme, leur non sens, leur cruauté immonde. Ces meurtres seront suivis le lendemain de celui du couple La bianca, là aussi au hasard. Jamais Charles Manson ne participe. Il ne fait qu'ordonner.
Le roman s'axe principalement autour des jeunes filles, sans explicitement chercher à clarifier leurs motifs. Pas ou très peu d'analyse psychologique, mais une ambiance, à la fois solaire et profondément délétère. Des jeunes filles perdues, qui trouvent en Manson, gourou performant, une réponse à leur soif d'attention, de reconnaissance et d'amour. Il est l'amour parfait, puisqu'il leur dit être le Christ...Ces âmes faibles succombent. Ce qui les a rendues si faibles, si malléables, si vides, dans cet environnement si grandiose, je ne le comprends pas. Ces filles, qui sont d'ailleurs toutes en vie sauf une, Sadie-Susan Atkins, n'ont jamais rien expliqué.
Le roman est un choc brutal dans un paradis à la fois artificiel et réel, une interrogation posée sur le Mal alors que règne une liberté quasi totale...donc un Mal pas banal, un Mal qui n'est pas de fonctionnaires zélés dans les bureaux d'une dictature sanguinaire, un Mal qui nait au coeur de hippies manipulés par un gourou raciste et paranoïaque, au milieu des palmiers, des surfeurs bronzés et des plages enchanteresses...Un mystère de plus dans le coeur humain, sans réponse, inéluctable et tranchant comme un couteau de cuisine.
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Titania
20 octobre 2016
Un autre livre, comme en écho, à celui d'Emma Cline a été écrit sur les meurtres commis par le groupe de Charles Manson en 1969. Il fallait que je le lise aussi.
Certes ce terrible fait divers a eu lieu à 10000 kilomètres au moins et il y a fort longtemps, mais il demeure dans notre mémoire collective comme quelque chose de fondamentalement dérangeant, notamment sur la capacité criminelle des femmes.
Il nous interpelle sur les mécanismes de la servitude volontaire, l'anéantissement de toute volonté, toute forme d'embrigadement, manipulation ou dérive sectaire, dont chaque époque, la nôtre aussi, s'illustre en dérive mortifère épouvantable. On n'a pas fini d'explorer la capacité des sociétés humaines à produire de la violence, et cette histoire du passé est étonnamment d'actualité.
Simon Liberati rédige avec « California girls » quelque chose qui ressemble à un « true crime », publié dans une collection faits divers, remarquablement documenté.
Il s'installe dans l'esprit de l'époque et des personnages pour nous donner une relecture de l'affaire de l'intérieur comme un trip sauvage terrible et fascinant.
C'est ce mélange de réalisme de l'horreur et de profondeur de l'introspection de tous les protagonistes, tout en restant à distance des faits pour nous laisser la place pour réfléchir et analyser, qui rend ce « roman » passionnant .
Point de déterminisme social facile comme excuse au comportement criminel des membres de la famille, il nous livre cette chronique judiciaire dans sa complexité, son mélange de calcul et de hasard tragique, le contexte social et historique, mais aussi le parcours de chaque individu et ses choix personnels.
Contrairement à ce qu'on m'en avait dit, je n'ai pas trouvé de complaisance à décrire les scènes de crime, mais une espèce de pudeur à l'égard des victimes. Il s'agissait de dire à la fois quel fut leur martyre et taire le sordide. Il se sert des minutes du procès et des archives médico légales.
On ne ressort pas indemne d'un tel récit qui conjugue à la fois un art de romancier consommé, très lyrique et passionné, lorsqu'il plonge dans l'esprit confus de Sadie par exemple, et une connaissance précise des sociétés hippies des années 60, fortement imprégnées de consommation de drogues de synthèse, parfois produites et diffusées par des institutions ayant pignons sur rue.
Intéressant de découvrir ce regard, au delà des faits relatés, sur ces nombreux groupes structurés autour d'un gourou, avec des rituels et un discours pseudo religieux, en marge du rêve américain, vivant dans la crasse, la violence et la drogue.
Simon Liberati est vraiment un excellent conteur .

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Les critiques presse (5)
LaPresse16 septembre 2016
En résulte un roman d'une précision pointilleuse, voire excessive, qui s'inscrit dans la continuité d'une oeuvre marquée par sa fascination pour les femmes au destin tragique.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LeDevoir16 septembre 2016
C’est comme si on assistait en direct, un soir d’été de 1969, à l’assassinat de Sharon Tate, alors enceinte de huit mois, et de ses amis. Aucun détail ne nous est épargné.
Lire la critique sur le site : LeDevoir
Culturebox07 septembre 2016
Son récit tient le plus souvent du rapport d'autopsie : aucun détail, même le plus sordide, n'est épargné au lecteur. Une accumulation qui donne vite la nausée mais peu d'indices sur les raisons de la descente aux enfers de ces jeunes Américains, constamment sous l'emprise de la drogue dans un monde bien à eux où les notions de bien et de mal n'ont plus cours.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LeFigaro29 août 2016
Un poème noir, une descente aux enfers, une plongée aux tréfonds du mal absolu.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Telerama17 août 2016
Les romans de Simon Liberati et Emma Cline auscultent la folie meurtrière de la secte Manson. Et sondent la part de ténèbres des sixties et du flower power.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations & extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
CoriolisCoriolis22 août 2016
Elle n’avait pas envie de trucider un vieux schnoque en pyjama rayé ou une toupie en pantalon corsaire aux dessous armaturés comme celle qu’elle vit dans un demi-sommeil promener son chien sur le trottoir. Quitte à finir à la chambre à gaz de San Quentin, autant rester flamboyante.
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CoriolisCoriolis20 août 2016
Pour les flics et les commerçants de la vallée elles étaient les "sorcières de Manson", du nom de leur gourou. Du menu fretin hippie, des délinquantes primaires qu' il aurait fallu doucher, épouiller et placer en maison de correction. Elles étaient fières de leur mauvaise réputation comme des couronnes de fleurs perlées qu' elles volaient dans les cimetières ou de leurs patchworks frangés de cheveux humains.
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ChatDuCheshireChatDuCheshire26 août 2016
Le mobil-home transformé en bureau était plongé dans l'ombre. George Spahn, le propriétaire, un vieil homme de taille gigantesque, se balançait doucement sur une chaise à bascule. La température approchait 45 degrés, il y avait des mouches partout, de grosses mouches à chevaux excitées par l'odeur de crottin chaud qu'arrivait à peine à corrompre la fumée de la marijuana. Le vieux portait des lunettes de soleil cul-de-bouteille vertes, il étirait ses longues jambes sur un tapis poussiéreux et ses mains tordues comme des griffes serraient sur son ventre un chihuahua couleur sable. A ses pieds, près d'un Stetson crème, se tenait une fille rousse, vêtue d'une vieille liquette rouge retroussée sur ses jambes nues. Squeaky, c'était le nom de la rousse, chantait doucement une comptine tout en cirant les bottes du vieux. Depuis près de trente ans que George Spahn campait dans les bureaux de son ranch, Squeaky était sans conteste la plus gentille petite amie qui l'ait jamais honoré de sa présence. Leur soixante ans d'écart ne la gênaient pas, elle faisait le ménage, la cuisine et s'occupait bien de lui. Il adorait son odeur de rousse, son corps d'adolescente et son rire aigu, qui lui avait valu le surnom de "Squeaky".
Six ans plus tard, en 1975, un an après la mort de George Spahn, sur les photos prises par le FBI parce qu'elle a tenté d'assassiner le président Gerald Ford, Lynette Fromme, alias Squeaky, n'a pas changé, elle a toujours cet air d'oisillon tombé du nid, que certaines filles minces à peau blanche conservent longtemps.
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BazartBazart03 novembre 2016
"Au moment où Tex allait ranger son arme, deux phares s'allumaient dans la propriété. Le bruit d'un démarreur fatigué fit baisser leur intensité jusqu'à ce que leur moteur leur rendit la flamme. En haut de l'allée qui montait à la maison, les feux d'une voiture éclairaient un petit bâtiment d'aspect surmonté d'un toit coupé un genre de chalet ou de grange."
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michfredmichfred25 août 2016
Charlie avait un esprit épris d'universel, mais tendu vers l'action plus que vers la méditation, et il se sentait finalement plus proche d' Adolf Hitler que de John Lennon. Le temps de l'art et des fleurs était passé, l'heure était au combat. Charlie se sentait fier, ce soir il avait lancé la Troisième Guerre mondiale, l'Armageddon de l'Apocalypse.
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