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3,46

sur 316 notes
michfred
  25 août 2016
Si les croûtes d'Hitler avaient eu du succès, celui-ci serait resté un barbouilleur sans talent mais ne serait peut-être pas devenu le mondial killer que l'on sait.

Si Charles Manson avait réussi dans la musique, s'il avait pu développer le talent que lui reconnaissaient Neil Young et Denis Wilson eux-mêmes, il n'aurait pas eu besoin, peut-être, d'étendre son emprise de gourou maléfique sur les cervelles fragiles et hautement saturées de substances hallucinogènes des membres de sa « Famille » : le grand Tex, son « porte-voix », Clem, la brute docile et les petites silhouettes enfantines et sanguinaires de Katie, Sadie, Linda, Leslie mendiant à leur gourou satanique un regard (noir) , une étreinte farouche.

Ou mieux encore, signe de confiance suprême : une mission…

Par exemple celle de « tuer avec le plus de brutalité possible » les occupants d'une maison de Cielo Drive, sur les hauteurs de L.A., une villa autrefois occupée par le producteur de musique détesté (c'est lui qui a arrêté la carrière de rocker de Manson) puis habitée par Candice Bergen, femme de Louis Malle, et relouée, depuis peu, à une actrice célèbre, femme d'un metteur en scène de films d'horreur réputé, enceinte de 8 mois.

C'est Sharon Tate, mais le gourou l'ignore en lançant son anathème.

Il veut « juste » déclencher la guerre contre les « pigs », faire accuser les Black Panthers, réveiller la guerre civile entre noirs et blancs, bref, mettre en branle le Helter Skelter -c'est le titre d'un morceau des gentils Beatles, et c' est, chez eux, un joyeux tohu-bohu, une sorte de Grand Huit insolent- mais, dans la folie paranoïaque et meurtrière de Manson , c'est un véritable Armageddon…

Je viens de clore, en deux jours, California Girls : lecture horrifique, lectrice horrifiée mais littéralement envoûtée...

Un opéra-rock lyrique et inquiétant, magistralement construit et concentré sur 36 heures d'équipée sauvage.

Le style est d'une noirceur impériale, fascinant et addictif.
Malgré l'horreur des scènes évoquées, malgré la folie des protagonistes, ces doux hippies de Californie, fumeurs de joints et un peu crasseux, devenus loups fanatiques sous acide et sous le magnétisme de leur chef de meute…

Simon Liberati est un grand adepte et un fin connaisseur du Romantisme noir- il a scénarisé cet épouvantable fait divers en un récit haletant, plein de sang et de fureur, qui s'apparente aux romans noirs anglais d'une Radcliff, d'un Walpole, d'un Lewis...

Une sorte de remake hollywwodien avec play-list très sixties du Moine de Lewis.

Ou alors un épisode futuriste de Game of Thrones mis en musique par les Mama's et les Papa's...

Le Moine sanglant c'est Manson : il a la frénésie sexuelle de Little fingers, la taille de Tyrion Lannister, la « délicatesse » de Ramsay Bolton (les fans de G. O. T me comprendront !!).

Ou alors un David Lynch particulièrement déjanté...

Incroyablement documenté, sans aucun commentaire, moralité ou apologue, brutalement vrai, mais jamais voyeur, ce récit nous donne à voir de l'intérieur- on épouse le regard de Sadie, de Tex, de Linda..- l'épopée sanglante d'une folie manipulatrice dans des décors de cinéma rendus complètement surréalistes : vieux ranches poussiéreux, clubs de motards tout droit sortis d'Easy Rider, belles villas hollywoodiennes, désert du bout du monde, plages de surfeurs blonds et bronzés..

Âmes sensibles s'abstenir…
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AgatheDumaurier
  19 octobre 2016
Premier roman de Simon Liberati que je lis, bien que je connaisse sa plume depuis bien longtemps, quand il écrivait dans mon magazine préféré, 20ans...
Quelque chose émane de ce roman superbement ecrit, une lumière aveuglante, des crépuscules fuchsia sur le Pacifique, des parfums de fleurs tropicales, des piscines abandonnées sous les étoiles, tout un rêve californien, qui nous rend nostalgiques d'un monde que nous n'avons pas connu...Et puis, sans vraiment l'assombrir , mais comme une face cachée, l'odeur du sang des victimes, la sueur, les vêtements moisis des adolescentes aux fleurs dans les cheveux, le regard hypnotique du diabolique Charles Manson...Sur fond de Mamas et de Papas, de Beach Boys et de Beatles.
Simon Liberati reprend, quasiment heure par heure, les agissements des principaux membres de la "Famille Manson" entre les 8, 9 et 10 août 1969. Trois jours, sept morts affreuses. le gourou maléfique ordonne à 4 de ses adeptes ( 3 adolescentes et un jeune homme) le meurtre de Robert Melcher, producteur des Beach Boys, qui serait responsable de son échec musical...mais Melcher est absent, et presque par hasard ( la maison est l'ancienne du producteur) le quatuor sec retrouve à assassiner de parfaits inconnus qui se trouveront être Sharon Tate, la compagne de Polanski enceinte de huit mois, un ami d'enfance de Polanski, sa compagne et le coiffeur de Sharon Tate. Meurtres atroces, qui nous sont décrits quasiment en temps réel, et nous ressentons leur amateurisme, leur non sens, leur cruauté immonde. Ces meurtres seront suivis le lendemain de celui du couple La bianca, là aussi au hasard. Jamais Charles Manson ne participe. Il ne fait qu'ordonner.
Le roman s'axe principalement autour des jeunes filles, sans explicitement chercher à clarifier leurs motifs. Pas ou très peu d'analyse psychologique, mais une ambiance, à la fois solaire et profondément délétère. Des jeunes filles perdues, qui trouvent en Manson, gourou performant, une réponse à leur soif d'attention, de reconnaissance et d'amour. Il est l'amour parfait, puisqu'il leur dit être le Christ...Ces âmes faibles succombent. Ce qui les a rendues si faibles, si malléables, si vides, dans cet environnement si grandiose, je ne le comprends pas. Ces filles, qui sont d'ailleurs toutes en vie sauf une, Sadie-Susan Atkins, n'ont jamais rien expliqué.
Le roman est un choc brutal dans un paradis à la fois artificiel et réel, une interrogation posée sur le Mal alors que règne une liberté quasi totale...donc un Mal pas banal, un Mal qui n'est pas de fonctionnaires zélés dans les bureaux d'une dictature sanguinaire, un Mal qui nait au coeur de hippies manipulés par un gourou raciste et paranoïaque, au milieu des palmiers, des surfeurs bronzés et des plages enchanteresses...Un mystère de plus dans le coeur humain, sans réponse, inéluctable et tranchant comme un couteau de cuisine.
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Bazart
  03 novembre 2016
Sur le même matériau de départ que l'ample fiction d'Emma Cline, l'approche immersive et paradoxalement distanciée de Simon Liberati est finalement d'une approche sensiblement différente.

D'après ce qu'il peut en dire dans les interviews de promotion du livre, Liberati, choucou des médias intellos parisiens à chacune de ses parutions, s'est interessé à ces filles de manière quasi obsessionnelle tant ce fait divers le passionne depuis l'enfance.

Simon Liberati choisit d'évoquer les jours précédant les meurtres, puis les meurtres eux-même, en totale immersion, nous plonge directement sur les lieux des massacres,et nous fait revivre les derniers instants des victimes

S'appuyant une documentation sérieuse, du type rapports de police et procès verbaux d'interrogatoires de témoins, Liberati fait montre d'une grande précision dans les faits et descriptions macabres.

California Girls possède le grand atout de rendre compte du mode de vie de ses filles et nous montre avec grande minutie, comment vit une horde de hippies dans le début des années 70

Alors que dans le roman de Cline, Les meurtres en eux-mêmes semblent finalement assez peu l'intéresser, étant traités seulement à la toute fin et rapidement, ils sont bien détaillés dans California Girls, qui ausculte les faits dans toute leur horreur, sondant le Mal pour mieux l'exorciser.

Si Liberati parsème de pas mal d' indices les motifs de cette violence latente qui entoure cette secte, le mystère de la psychologie de ses membres reste bien présent à la fin de la lecture. Liberati ne juge jamais ses personnages mais ceux ci donnent parfois l'impression d'être de pantins décervelés assoiffés de violence et de sang.

Par rapport à The girls, le fait divers est traité bien plus frontalement mais, en même temps, ce parti pris de faire une étude quasi clinique des faits empêche malheureusement, et contrairement au livre de Cline, l'émotion d'étreindre le lecteur, qui se sent parfois un peu oppressé par cette description sans concessions de faits particulièrement glauques.

On a en effet l'impression de se retrouve un peu devant un rapport de justice ou de tribunal et cette acumulation de faits documentation sur laquelle s'apuie Liberati possède ses avantages et ses limites.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Titania
  20 octobre 2016
Un autre livre, comme en écho, à celui d'Emma Cline a été écrit sur les meurtres commis par le groupe de Charles Manson en 1969. Il fallait que je le lise aussi.

Certes ce terrible fait divers a eu lieu à 10000 kilomètres au moins et il y a fort longtemps, mais il demeure dans notre mémoire collective comme quelque chose de fondamentalement dérangeant, notamment sur la capacité criminelle des femmes.

Il nous interpelle sur les mécanismes de la servitude volontaire, l'anéantissement de toute volonté, toute forme d'embrigadement, manipulation ou dérive sectaire, dont chaque époque, la nôtre aussi, s'illustre en dérive mortifère épouvantable. On n'a pas fini d'explorer la capacité des sociétés humaines à produire de la violence, et cette histoire du passé est étonnamment d'actualité.

Simon Liberati rédige avec « California girls » quelque chose qui ressemble à un « true crime », publié dans une collection faits divers, remarquablement documenté.

Il s'installe dans l'esprit de l'époque et des personnages pour nous donner une relecture de l'affaire de l'intérieur comme un trip sauvage terrible et fascinant.

C'est ce mélange de réalisme de l'horreur et de profondeur de l'introspection de tous les protagonistes, tout en restant à distance des faits pour nous laisser la place pour réfléchir et analyser, qui rend ce « roman » passionnant .

Point de déterminisme social facile comme excuse au comportement criminel des membres de la famille, il nous livre cette chronique judiciaire dans sa complexité, son mélange de calcul et de hasard tragique, le contexte social et historique, mais aussi le parcours de chaque individu et ses choix personnels.

Contrairement à ce qu'on m'en avait dit, je n'ai pas trouvé de complaisance à décrire les scènes de crime, mais une espèce de pudeur à l'égard des victimes. Il s'agissait de dire à la fois quel fut leur martyre et taire le sordide. Il se sert des minutes du procès et des archives médico légales.

On ne ressort pas indemne d'un tel récit qui conjugue à la fois un art de romancier consommé, très lyrique et passionné, lorsqu'il plonge dans l'esprit confus de Sadie par exemple, et une connaissance précise des sociétés hippies des années 60, fortement imprégnées de consommation de drogues de synthèse, parfois produites et diffusées par des institutions ayant pignons sur rue.

Intéressant de découvrir ce regard, au delà des faits relatés, sur ces nombreux groupes structurés autour d'un gourou, avec des rituels et un discours pseudo religieux, en marge du rêve américain, vivant dans la crasse, la violence et la drogue.

Simon Liberati est vraiment un excellent conteur .



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marylinestan
  20 mai 2020
En couverture du livre, accrocheuse en diable, une photographie en noir et blanc de Sharon, dont le visage d'une incroyable beauté, altier, inaccessible, regarde au loin. « C'est un beau Roman, c'est une belle histoire… » Oui, la vie de Sharon Tate correspondait à ce début de chanson fondant. A la fin des années soixante, l'actrice à succès vit en effet une romance avec le beau Roman, réalisateur charismatique en plein essor dont elle est l'épouse très enceinte. En compagnie de trois amis, elle attend la délivrance dans sa somptueuse villa de Beverly Hill, à Cielo Drive. Tout bascule en cette nuit horrible du vendredi 8 août 1969. le destin tragique s'invite dans les collines, à bord d'une Ford Fairline. Charles Manson a lâché ses zombies. C'est la narration de l'épopée sanglante de quatre membres de la « Famille » téléguidés par leur gourou dont il est question ici. Il s'agit donc d'un témoignage, d'un éclairage instructif et documenté. L'auteur dit avoir écrit « pour exorciser ses terreurs enfantines » et avoir « revécu seconde par seconde le martyre de Sharon Tate ». L'assassinat à l'arme blanche de Sharon Tate (et celui des autres victimes de la secte), est pour moi aussi un événement choquant, monstrueux, planté comme une épine au coeur de cette Californie insouciante baignant dans le Power of Love. Horrible, l'acte est aussi gratuit -l'actrice n'était pas foncièrement la cible, mais était là au mauvais endroit et au mauvais moment-, et d'une inconcevable férocité perpétré par des gamins endoctrinés. le pari annoncé de revivre « seconde par seconde le martyre de Sharon Tate » est scrupuleusement tenu. Mais… sans une once d'empathie. Certes, ce n'était pas le propos, il y a cependant une certaine indécence à exploiter cette affaire sordide sans faire montre d'un peu de compassion, voire d'humanité, ne serait-ce qu'un billet rapide en préambule ou à la fin du livre... En ce qui me concerne, l'exorcisme « des terreurs enfantines » liées à cette nuit maudite, n'a pas marché. La conjuration réalisée par Quentin Tarantino dans son film « Once upon a time in Hollywood », où il en propose une version loufoque est par contre bienvenue, et démontre à quel point, après avoir fait couler tant de sang, la mort de Sharon Tate continue de faire couler beaucoup d'encre et résonne lugubrement dans l'inconscient collectif…
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ChatDuCheshire
  28 août 2016
Excellent. Lu en deux jours. J'aurais pu le dévorer en moins de temps mais la richesse du travail de documentation auquel s'est livré l'auteur m'a incitée à lire son livre tout en gardant en permanence mon mini ordinateur sous la main afin d'effectuer mes propres recherches sur les divers protagonistes. Et, à cet égard on n'est pas déçu tant le web regorge d'informations et de blogs spécialisés sur ce qu'il est convenu d'appeler les "Tate murders" et la "Manson Family".
L'ouvrage est qualifié de "roman" car l'auteur s'est attaché à décrire non seulement les actes horribles auxquels se sont livrés les membres de la "Famille" en l'espace de moins de deux jours - et pour lesquels les compte-rendus et témoignages, notamment produits durant les divers procès, foisonnent - mais aussi à dépeindre la vie quotidienne et la psychologie des divers protagonistes, pour lesquelles l'auteur a dû faire oeuvre de reconstruction. le résultat est époustouflant de vérité, à tel point qu'une qualification plus juste me semblerait être de "document fictionnalisé".
Bien sûr, au centre de ce document il y a les meurtres, horribles, marquant la fin des illusions de l'époque hippie et de son aura d'optimisme un peu naïf. le personnage du gourou, Charles Manson, est d'ailleurs laissé dans un certain clair-obscur, repris de justice opportuniste ou véritable illuminé "gone bad" en raison de ses déceptions artistiques ? Car l'homme était un musicien de talent, reconnu par des artistes tels que Neil Young et Dennis Wilson, mais dont les rêves de gloire se fracassèrent à l'aune du dédain essuyé de la part du producteur Terry Melcher, qui trouvait sa musique et ses paroles trop sombres et nihilistes (préfigurant l'ère punk qui vint quelques années plus tard ?). L'artiste frustré, fan d'Adolf Hitler et du Ku Klux Klan, se reconvertit en gourou dont le génie fut de s'entourer d'adolescentes perdues, affamées d'amour et en recherche de sens. C'est plutôt sur celles-ci que se concentre l'auteur et en particulier sur Susan Atkins ("Sadie"), Linda Kasabian, Patricia Krenwinkel ("Katie") et Leslie van Houten. Toutes furent mêlées aux meutres de Sharon Tate et de ceux qui se trouvaient chez elle ce soir-là (le 9 août 1969) et/ou, le lendemain, du couple LaBianca à Los Angeles.
On peut se demander d'ailleurs si la parution de ce roman aurait été possible aux Etats-Unis, le livre se référant aux protagonistes (pour la plupart toujours vivantes à l'exception de Susan Atkins, décédée en prison d'un cancer du cerveau il y a quelques années) sous leur véritable identité. Or cette affaire est toujours brûlante aujourd'hui, la vivacité des discussions sur internet en atteste, et les soeurs de Sharon Tate (surtout Debra) veillent au grain. C'est essentiellement en raison de l'activisme de Debra Tate que les multiples demandes de libération conditionnelle de ces femmes ont toutes été rejetées à ce jour. Or le livre s'il ne s'attache certainement pas à excuser les actes ces ex adolescentes à la dérive décrit un contexte qui permet de comprendre un peu mieux ce qui s'est passé. Comprendre, ce n'est pas justifier mais des événements plus proches de nous démontrent que cette confusion est souvent faite... Je me demande donc si une traduction anglaise de ce livre existera un jour...
J'ai hésité sur les cinq étoiles car ce livre n'est pas à mettre entre toutes les mains, âmes sensibles s'abstenir. La description minutieuse des meurtres s'étend sur plus de la moitié de ses pages. Et c'est effectivement horrible MAIS l'auteur ne verse jamais dans le gore ou un voyeurisme malsain et rien que pour ça c'est un véritable tour de force. L'horreur d'ailleurs ne procède pas seulement des actes eux-mêmes mais de cette sorte d'amateurisme et de climat hallucinatoire qui a présidé aux actes eux-mêmes. le tueur (Tex Watson) et les tueuses (précitées) n'étaient certainement pas des pros de la chose et ont dû s'acharner sur leurs victimes pour les faire passer de vie à trépas. Tout cela en dit long sur l'emprise qu'est capable d'exercer un personnage charismatique sur des âmes en perdition...
Mais l'intérêt essentiel de ce livre réside, comme déjà signalé, dans sa reconstruction du quotidien de certaines communautés hippies (pas seulement celle de Manson) californiennes ainsi que du milieu, omniprésent, des bikers à une époque où l'idéal hippie avait amorcé sa déliquescence avant d'être proprement massacré par Manson et sa famille. J'ai été moi-même amenée à faire des recherches sur ce milieu des communautés californiennes à l'occasion d'une biographie que j'ai écrite mais consacrée à une époque plus tardive, seconde moitié des années 70. Ce travail m'avait amenée à recueillir de nombreux témoignages directs et je dois dire que je retrouve dans ce livre une authenticité très proche de ce qui fut probablement la réalité. Mieux, il a enrichi ma compréhension de ce qui a fait la spécificité de la période punk californienne dont Manson fut probablement un (horrible) précurseur. Les punks californiens étaient légèrement plus âgés, plus "arty" et cultivés que leurs équivalents européens. Leur nihilisme et leur forme de désespoir étaient quelque part plus profonds et plus "informés" que ceux des européens, nourris au marketing instillé par Malcom McLaren.
Liberati a brillamment réussi à recréer l'atmosphère d'une époque, celle d'un rêve qui s'est transformé en cauchemar et dont les ondes sont encore et toujours on ne peut plus perceptibles aujourd'hui. Félicitations à l'auteur.
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LectriceArmoricaine
  17 janvier 2018
Ce livre n'est pas à recommander aux âmes sensibles. L'auteur place le meurtre de Sharon Tate au coeur de son roman. Il décrit l'horreur et la barbarie de cet acte ignoble commis dans les années 60 par des hommes et femmes sous l'emprise du gourou Charles Manson.
Les thrillers, romans noirs ou d'horreur ce n'est vraiment pas mon genre favori mais cependant j'adore les émissions télé d'enquêtes criminelles et de faits divers. Et ce fait divers en particulier m'intriguait lorsque l'on a appris la mort de Charles Manson en novembre 2017. Je me suis donc penché vers ce roman qui était dans ma PAL depuis quelques mois, que j'avais déniché en occasion.

Le roman est court et se lit vite. Mais il m'a marqué. Il m'a fait mal au ventre. Avec le recul, je crois même que je suis assez en colère. En colère à cause de la barbarie et de la connerie humaine mais aussi un peu en colère contre le livre car il ne m'a rien appris ni apporté à part un moment de lecture très malaisant.
On suit le point de vue d'une femme paumée sous l'emprise de Charles Manson qui participe au meurtre. Dans la secte ils sont plusieurs et vivent en groupe, dans des conditions d'hygiène déplorables, ils vivent nus, ont des relations sexuelles non protégées entre eux, ils mangent mal, et passent leur temps à se droguer et à voler pour avoir ce dont ils ont besoin. Ce sont des déchets.
Je ne sais pas si je suis déçue mais je m'attendais à en apprendre davantage sur Charles Manson mais ce n'a pas été le cas.
On n'apprend rien, on subit. le passage à l'acte est horrible, on assiste au meurtre de Sharon Tate enceinte, c'est barbare, il y du sang partout, mais le pire c'est que les meurtriers sont défoncés et on a l'impression qu'ils ne se rendent pas compte de ce qu'ils sont en train de faire.

Je ne comprends pas où a voulu en venir l'auteur avec ce roman.
C'est une épopée sanglante du point de vue de jeunes gens sales, défoncés et influencés par leur gourou. C'est de l'horreur à l'état pur, ça glace le sang.

Lien : http://marie-loves-books.blo..
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Pixie-Flore
  05 novembre 2017
Charles Manson et ses adeptes, appelés la Famille Manson, ont tristement défrayés la chroniques à la fin des années 1960, début des années 1970. Simon Liberati a décidé de retracer leur histoire romancée sur une période très courte autour des assassinats.

L'auteur nous plonge dans cette communauté complètement obnubilée par son leader et ses envies. Tous très jeunes, ils sont constamment plongés dans une sorte d'état second. Leurs vies se résument à la drogue, aux orgies sexuelles et à... Charles Manson. Ceci est un roman, mais j'ai trouvé qu'il était tout à fait crédible. L'ambiance est pesante, un peu sale aussi. Il y a quelque choses de malsain à regarder ces êtres se désagrégés dans une vie communautaire qui les conditionne et les détruit.

En soi, l'auteur a une narration convaincante et je suis entrée dans l'histoire rapidement, mais elle traine parfois un peu en longueur. Je me suis un peu lassée de ces vies monotones et de cette ambiance junkie : de toute cette folie ambiante qui a brisé des vies pour rien.
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Cathy74
  08 octobre 2017
En 1969, j'avais dix ans de plus que l'auteur de California Girls. Jeune fille en quête de modèles féminins auxquels m'identifier, j'avais été subjuguée par la beauté et la pétulance de Sharon Tate dans le film de Polanski "Le bal des vampires". Son assassinat par une bande de hippies alors qu'elle était enceinte et sur le point d'accoucher me toucha énormément, mais à cause de l'horreur même de l'acte et occupée par d'autres douleurs, je m'informai peu.

C'est dire que j'ai ouvert le livre de Simon Liberati comme une boîte de Pandore. Son ambigüité, le récit, très bien écrit et documenté, est aussi un roman. Or, qui est le narrateur ? Comment peut-on ainsi entrer dans la tête des personnages ? Cette impression d'omniscience procure un malaise, mais l'écriture distanciée, voire clinique, décrit avec beaucoup de compassion le calvaire de Sharon Tate et de ses victimes. Il n'y a là aucune ambiguïté : l'horreur absolue, l'acte parfaitement gratuit sont condamnés. Des décennies après, on a encore envie de ré-enrouler le fil de ces 36 heures fatidiques. Pour que la vie se déroule normalement et qu'un foetus "sain et bien formé" puisse voir le jour.

En ce qui concerne les filles assassines et leur gourou, on lit parfois qu'il s'agit de jeunes paumés, délaissés par leurs parents. C'est un peu court. Entrer dans la tête de ces jeunes, psychopathes pour certains au sens médical, est un exercice difficile. Surtout concernant les filles, la société ayant, même encore de nos jours, des difficultés à concevoir la férocité féminine. de fait, à cette époque de grands rassemblements et de vie en communauté, tous ont pu trouver facilement l'âme soeur et sombre. Ce fut un cocktail explosif. Drogués, dépourvus d'empathie, enfermés dans une logique de secte, certains et certaines sont passés à l'acte sans jamais exprimer de regrets, ont détruit leur vie et celles de leurs victimes. Irrémédiablement.

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Myrinna
  24 mars 2018
Quelle sordide affaire que celle de l'assassinat de Sharon Tate : une actrice enceinte de 8 mois, première femme de Roman Polanski. Simon Liberati a une plume corrosive et a fait revivre non seulement une époque mais également le drame qui a secoué l'Amérique, fin des années 60. D'ailleurs, il m'a été impossible de détecter la part de fiction de la réalité. Pour cela, je ne peux que féliciter l'habilité de l'auteur. Mais, c'est trash…Un livre que je n'aurais jamais lu sans ma collègue Raymonde.
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