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EAN : 9782953944761
288 pages
Éditeur : Callidor (01/12/2017)

Note moyenne : 4.12/5 (sur 12 notes)
Résumé :
Aux centaures la plaine luxuriante, aux faunes la forêt centenaire et aux tritons l’océan infini. Protecteur des Trois Tribus et gardien des animaux, Klévorak, le roi du peuple aux six membres, maintient la paix entre tous, imposant sa loi. Mais celle-ci vient d’être violée, et voilà que les eaux se déversent du ciel crevé et que la race impie des hommes, frères du froid et de la mort, menace l’équilibre de la nature… Pris entre la mer salée, immense et terrible, et... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Alfaric
  03 janvier 2018
Il aura fallu Brian Stableford, auteur anglais passionné autant par les littératures de l'imaginaire que par la littérature française (c'est un spécialiste de Paul Féval, Camille Flammarion, Auguste de Villiers de L'Isle-Adam et Gaston de Pawlowski), pour exhumer le beau texte d'André Lichtenberger intitulé "Les Centaures" (un texte qu'on aurait pu catégoriser fantasy, si à l'époque l'épithète avait existé ^^)
Avant de débuter quelque mots sur l'auteur : enfant alsacien exilé au Pays Basque après 1870, c'est en passant par le très élitiste Lycée Louis Legrand qu'il gravit tout les échelons de la méritocratie républicaine avant d'être dans le gouvernement radical de l'épopée laïque de 1905, avant de basculer de l'optimisme au cynisme dans les tranchées de la WWI... de son propre aveu son oeuvre préférée, "Les Centaures" est un poème en prose divisé en 5 chants, d'inspiration antiquisante et mythologique, donc d'inspiration homérique. Cette oeuvre qui appartient au registre de la fantasy dite folklorique fait partie d'une série le récits consacrés à la solidarité entre tous les êtres avec "La Mort de Corinthe", "Monsieur de Migurac", "Kaligouça le Coeur Fidèle", "Tous Héros" et "Juste Lobel Alsacien" (il faut savoir que l'auteur était un socialiste convaincu et ma fois convaincant).
1er Chant :
Nous découvrons à travers les yeux de Kadilda, la centauresse blanche fille de Klévorak le chef de son peuple, un Âge d'Or où tout n'est pas luxe, calme et volupté, car si on est innocent et insouciant, cela n'exclut pas la dureté et la cruauté donc la violence… Ah ça, on n'est pas dans le "Fantasia" de la Disney Corporation accompagnés musicalement de la Symphonie Pastorale de Beethoven ^^
Tous les mammifères sont frères, et les animaux-rois sont là pour incarner la solidarité à travers les Tritons enfants de la Mer, les Faunes enfants de la Terre, et les Centaures enfants du Soleil. Et les Dominateurs aux six-membres sont ainsi chargés de faire respecter la loi des temps anciens parmi tous les animaux, mais aussi de veiller à ce que les carnassiers aient de quoi manger (malgré les récalcitrants que sont les Mammouths, les Ours appelés Bêtes Farouches, et les Hommes tantôt appelés les Écorchés tantôt appelés les Maudits)...
2e Chant :
Toujours par les yeux de Kadilda la centauresse blanche, nous suivons le récit d'un premier contact entre l'univers des animaux-rois et celui des hommes... Elle rencontre Naram aux yeux bleus et aux cheveux roux, et ils auraient pu établir un pont entre leurs peuples respectifs qui auraient pu collaborer au lieu de lutter, mais autour d'eux le malentendu mène à l'accident, l'accident au meurtre, le meurtre aux représailles, les représailles au génocide... Naram seul survivant de sa tribu découvre grâce à la foudre divine le secret du feu qui lui permet de faire face à la horde des sauvage des centaures !
Kadilda marqué par l'amour n'aura de cesse de rêver à Naram et aux monde des hommes, Naram marqué par la haine n'aura de cesse d'oeuvrer à la disparition du monde des animaux-rois...
3e Chant :
3 années plus tard parmi les centaures c'est la guerre des sexes, car les centauresses menées par Kadilda veulent moins d'animalité et plus d'humanité. Les leaders centaures s'interrogent sur l'avenir de leur peuple si la grève du sexe perdure, d'autant plus qu'Hark en deuil de sa campagne et son fils mort-né se met à transgresser les lois du passé en refusant leurs dépouilles aux carnassiers (réflexion sur la naissance des coutumes funéraires au temps où il n'y avait d'autres lois que celles de la nature), maiss bien vite les problèmes sociétaux leur apparaissent bien de chose peu de chose par rapports aux problèmes environnementaux car avant le froid et la neige de l'âge de glace c'est le déluge qui s'abat sur eux et sur les champs de rhéki dont ils se sont toujours nourris..
4e Chant :
Les centaures ont refusé le malthusianisme par euthanasie d'âge décroissant proposé par leur chef Klévorak : quoi qu'il arrive, ils vivront et ils mourront tous ensemble ! Avec les Tritons indemnes de Gurgundo et les Faunes déjà lourdement touchés de Pirip, ils font route tous ensemble à travers les eaux vers un île volcanique épargnée par le froid et de la faim. Mais l'exode est périlleux, pire encore qu'une odyssée... Un pour tous et tous pour un ?
5e Chant : je n'aurais pas dû le lire tellement c'est triste et tragique...


Entre romantisme, symbolisme et impressionnisme j'ai retrouvé le meilleur de la culture française du XIXe siècle : Larmartine et Hugo, Verlaine et Rimbaud, David et Delacroix, Manet, Monet, Renoir et Degas, Berlioz et Saint-Saëns, Debussy, Satie et Dukas... Vertige du Syndrome de Stendhal ! ^^
Pourtant les inspirations sont claires : Homère, Hésiode, Rudyard Kipling, Gustave Faubert et H.G. Wells. On parle d'un temps où la frontière entre l'humanité et l'animalité est encore floue : comme dans "Le Livre de la jungle" tous les animaux ont un nom et sont considérés comme des peuples à part entière qu'il convient de respecter : c'est ainsi qu'on retrouve parmi tant d'autres Axor le cerf et Pilta la biche, Ghali l'antilope, Raram le jaguar, Herta la louve, Volp le renard, Kraan le blaireau, Tutul l'écureuil, Kirr la chauve-souris, Bhor le boeuf sauvage, Kahar le cheval ou Spirr la panthère... Et la loi et l'ordre incarnés par les Centaures prend à contre-pied ceux des hybrides de "L'Île du Docteur Moreau" car André Lichtenberger détestait H.G. Wells pour des raisons moins artistiques qu'idéologiques (ah le monde impitoyable des querelles et des rivalités sans fin de la nébuleuse socialiste ^^). Sauf que si on raconte la fin de l'Âge d'Or et l'avènement de l'Âge des Hommes, c'est fait par le point de vue des créatures mythologiques et tout est centré sur un drame où Kadilda et Naram rejouent les rôles jadis dévolus à salammbô et Mâtho (notez bien que le roman romantique de Gustave Flaubert a été cité en exemple par certains des plus grands auteurs fantasy, mais ça c'était avant qu'il ne soit récupéré par la bourgeoisie).
Les animaux-rois ont établi l'égalité et les fraternité, mais ils sont soumis aux lois des anciens qui les empêche d'évoluer, de s'adapter et d'aller de l'avant ; les hommes eux ont la liberté de tout découvrir, de tout inventer, de tout utiliser, mais ils ignorants de l'égalité et de la fraternité ils sont condamnés à se combattre et à s'exploiter les uns les autres... Il faut replacer les idées développées par l'auteur dans leur contexte : l'oeuvre date de 1904, et les nationalismes suprématistes s'affrontent à grand coups de course aux armements et de course aux colonies.
L'ensemble est assez proche des univers de Thomas-Burnett Swann qui lui aussi a revisité les mythes grecs et romains par un point de vue alternatif, mais aussi du Planet Opera « préhistorique » "Dark Eden" de Chris Beckett... Pourquoi ? Par ce qu'on est mine de rien dans un épopée préhistorique comme la culture française a su si bien les faire de "La Guerre du feu" à "Rahan" !
Et pour finir, je remercie Thierry Fraisse et les éditions Callidor d'avoir suivi l'exemple de Brian Stableford, avec un bel livre-objet réalisé par l'éditeur lituanien Standartu Spaustbuvé qui a restauré la version de 1924 illustré par Victor Trouvé.

PS1: je ne suis pas culturellement armé pour évaluer ce texte à sa juste valeur, du coup j'aimerais bien l'avis d'expert des spécialistes « 19ème siècle » et « poésie »
PS2: l'usage du mot « race » m'a fait tiquer, mais c'est un élément de langage suprématiste puisqu'on a remplacé le mot peuple par le mot race quand l'aristocratie puis la bourgeoisie ont appliqué aux sciences humaines des termes issus des sciences agricoles ! (« race » veut dire course en anglais, donc par extension on a parlé des chevaux de « race » avant de tomber dans des gros délires eugénistes en oubliant que ce qui marche déjà difficilement pour les animaux ne marche pas du tout pour les être humains... élites de merde et puis c'est tout !)

Challenge défis de l'imaginaire (SFFF) 2018
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nebalfr
  29 avril 2018
La deuxième salve de l'excellente collection « L'Âge d'or de la fantasy », chez Callidor, contient une belle curiosité : Les Centaures, roman signé André Lichtenberger, paru initialement en 1904, et largement oublié depuis les années 1920 (époque d'une belle réédition avec des illustrations de Victor Prouvé, qui sont ici reprises). Étrangement, c'est d'abord via la traduction anglaise de Brian Stableford chez Black Coat Press que le roman a été ressuscité… Or ce roman peut, rétrospectivement, être envisagé comme un des premiers romans de fantasy français, sinon « le ». Mais, disons-le d'emblée, c'est une lecture qui en vaut la peine bien au-delà de ce questionnement finalement très anecdotique et un peu vain – si la réédition des Centaures est tout à fait bienvenue, c'est d'abord et avant tout parce qu'il s'agit d'un très bon roman.

L'histoire se déroule dans une sorte de cadre préhistorique fantasmé, où règnent sur les animaux paisibles trois nobles races hybrides issues de la mythologie grecque, les centaures d'abord, les faunes et les tritons ensuite ; nous adoptons le point de vue des fiers centaures, dont le roi Klévorak a partout imposé sa loi – prohibant le meurtre entre animaux : on tuera qui tue ! Mais il est des êtres méprisables, tour à tour appelés les « maudits », les « impurs », les « écorchés », qui n'ont que faire de la loi de Klévorak : les humains, ces monstres odieux et chétifs qui se vêtent de la fourrure des autres, et inventent des objets étranges… Sur un mode épique, nous le comprenons vite, nous assisterons donc, au travers des yeux des centaures, à la fin de ce paisible et idyllique monde où règnent les races nobles : les humains, avec leurs inventions, prendront inévitablement le dessus, et qu'importe leur fragilité ou leur immoralité...

Il y a beaucoup de souffle et de majesté dans Les Centaures, roman riche de tableaux puissants. Mais il a d'autres atouts, et notamment des personnages probablement bien plus subtils qu'ils n'en ont tout d'abord l'air. Ce qui vaut sans doute pour le roman dans son ensemble, à vrai dire…

La préface de l'auteur (datant de la réédition après la Première Guerre mondiale, ce qui change pas mal de choses) fait un peu peur, avec son leitmotiv bien de son temps, « famille, race, patrie », et il est vrai que la fierté des races nobles, même sur le déclin, peut assez bien illustrer ce thème. Disons que, toutes choses égales par ailleurs, ce qui compte semble-t-il le plus est la description d'un monde utopique – un âge d'or. Ce qui peut rejoindre, même à rebrousse-temps, les préoccupations d'un auteur engagé en politique dans le parti radical et spécialiste de l'histoire du socialisme ? Quand bien même il s'agit d'un monde d'essence plutôt aristocratique, où l'égalité globale n'est en fait obtenue qu'au travers de la souveraineté d'une élite (raciale ?), garante de la paix publique. le ton est assez réactionnaire, mais le point de vue des centaures y est pour beaucoup… Eux-mêmes se félicitent de ne jamais se poser la question de l'avenir ! Et, après tout, la « famille, race, patrie » des hommes, malgré qu'il en ait peut-être, est bien celle de l'auteur – quand bien même on ne les voit ici que comme des ennemis… Ou presque, car il est quelques personnages issus des races nobles, et j'y reviendrai, qui éprouvent une attirance malvenue, où la curiosité le dispute à l'amour, pour les frêles « impurs » ; et ce sont en fait ces exceptions au sein même de leurs races respectives qui suscitent le plus la sympathie du lecteur.

C'est, de manière générale, « plus compliqué que cela ». Il y a par exemple des passages sans doute pas très #MeToo compatibles (c'est 1904, en même temps), liés à la tradition nataliste des centaures, pour qui la reproduction est d'autant plus essentielle qu'ils se voient périr à court terme, et il s'agit donc d'un devoir, au plus tôt, pour les centauresses ; mais d'autres séquences semblent en prendre le contre-pied, par exemple en mettant en scène la nécessaire lubricité des faunes (dont Pirip, un des plus intéressants personnages du roman – sage à la façon d'un prophète résigné, derrière sa frivolité apparente), ainsi cette scène terrible où ils violent une humaine, avec « l'excuse » de la pulsion, puis tuent son bébé… en croyant le sauver.

Et, en même temps, au-delà du digne Klévorak, ce qui se rapproche le plus d'un personnage principal, sinon d'un héros, est donc la centauresse Kadilda, la propre fille de Klévorak – celle qui fait, d'une certaine manière, le choix des humains contre sa race, dévorée qu'elle est par son amour pour le courageux humain Naram ; et ce choix est aussi celui consistant à ne pas enfanter, à repousser tous les centaures qui sont dévorés d'amour, ou du moins de désir passionnel, pour la belle centauresse blanche. Après la guerre, et la préface appropriée, on aurait pu être tentée d'y voir une Mata Hari, mais c'est pourtant une fausse piste : dans ses choix « contre-nature », elle suscite bien davantage de sympathie que son père et ses guerriers, à la virilité brutale et bornée, et portés à la fanfaronnade…

Ces questions sont-elles seulement pertinentes ? Je tends à le croire – mais le roman est d'une force et d'une majesté qui autorisent à s'en dispenser, pour s'en tenir au seul plaisir du récit épique, débordant d'un souffle admirable et de tableaux saisissants. Ce qui prime, c'est la beauté des images, la beauté luxuriante de la nature richement notée, mais tout autant la beauté morbide du destin apocalyptique des races nobles, qui s'effondrent sous nos yeux non sans sursauts glorieux – et qu'importe si la gloriole est vaine.

La réédition des Centaures d'André Lichtenberger aux éditions Callidor nous permet donc de faire une très belle redécouverte – car ce livre mérite bien qu'on le lise au XXIe siècle. L'éditeur, qui fait illustrer toutes ses publications, a eu ici l'heureuse idée de reproduire le travail accompli dans ce qui était jusqu'alors l'ultime réédition française du roman, en 1924, par Victor Prouvé, un artiste notable de ce temps ; le résultat est tout à fait convaincant.

On peut donc remercier une fois de plus les éditions Callidor pour leur travail admirable, et ces éditions ou rééditions d'oeuvres de fantasy anciennes, et trop souvent injustement oubliées au méconnues de par chez nous. Disons-le : Callidor est une bénédiction.
Lien : http://nebalestuncon.over-bl..
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BlackWolf
  27 mars 2018
En Résumé : J'ai passé un excellent moment de lecture avec ce roman qui nous fait découvrir la fin d'un ère, un monde où les Centaures et les animaux vivent en paix mais vont voir le monde changer. J'ai ainsi été rapidement captivé par l'histoire que construit l'auteur, son ambiance, mais aussi cette tension qui monte lentement au fil des pages. L'univers est l'un des gros points forts du livre, nous proposant un monde riche, flamboyant, dépaysant qui fascine et porté par des descriptions qui donnent l'impression d'être présent sur place. Mais surtout ce qui rend cet univers encore plus dense c'est le travail sur les différentes coutumes, traditions et façon de vivre des différentes espèces que l'on découvre et qui viennent enrichir le tout. L'autre point fort vient clairement de la plume qui s'avère ciselé, riche, dense et captivante. Cela pourra peut-être en déranger certains, mais pour ma part je trouve que l'auteur la maitrise parfaitement, ne tombant jamais dans les longueurs, et apporte un plus à l'ensemble. Concernant les personnages on suit Kadila, une héroïne intéressante, complexe, à la fois naïve, rêveuse, qui cherche à s'extirper d'un chemin déjà tracé, mais qui ne manque pas de perspicacité. Je trouve par contre un peu dommage que les autres protagonistes soient un peu trop en retrait, voir parfois un peu binaires, même si rien de non plus bloquant. Autre point intéressant c'est que, malgré l'âge de ce roman, il continue à nous faire réfléchir que ce soit sur la notion d'environnement, de changement, de choix ou encore sur la position de chacun, même si c'est vrai, parfois, j'ai trouvé que l'auteur en faisait un chouïa trop. Au final Les Centaures est, pour moi, une excellente découverte.

Retrouvez la chronique complète sur le blog.
Lien : http://www.blog-o-livre.com/..
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MichelZ
  07 juin 2018
Une fable antispéciste qui met en scène trois races d'animaux fantastiques (faunes, centaures et tritons) avant l'arrivée de la plus inventive (et la pire?) des espèces, l'homme.
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DarknessObscura
  06 février 2019
Les Centaures, malgré son grand âge, est un roman qui est toujours lisible aujourd'hui. André Lichtenberger dépeint une opposition mortelle entre des centaures qui gouvernent la Nature et des Hommes qui cherchent à la dominer au moyen d'une langue poétique et riche.
Chronique complète et détaillée sur le blog.
Lien : https://leschroniquesduchron..
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critiques presse (2)
Elbakin.net   30 mai 2018
Chacun sera sensible à la poésie et la nostalgie qui se dégage du texte. On referme l’ouvrage avec la volonté de croire que tout cela fut vrai, car c’est tout simplement beau, de cette beauté irréelle qui nous marque à vie.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
SciFiUniverse   02 mai 2018
Avec son côté homérique, cette épopée épique est d'un genre nouveau dans la littérature française et cela la rend inclassable à l'époque même si on sent parfois l'influence de Rudyard Kipling.
Lire la critique sur le site : SciFiUniverse
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
AlfaricAlfaric   02 janvier 2018
Celui-là est fou qui dans son esprit veut concentrer les terreurs du passé, les souffrances du présent et les inquiétudes de l'avenir. Aujourd'hui seul est à toi.
Commenter  J’apprécie          270
lamizlouzaguelamizlouzague   03 avril 2019
Il y a, insondable, le prodige que quelque chose existe. Entre le gouffre du passé et le gouffre de l'avenir, sur la goutte de boue terrestre, l'homme émerge une seconde, éperdu, ahuri, parmi les mystères impénétrables du Temps, de l'Espace, de la Matière, des Causes et des Fins.

Éphémère atome d'atome, il étreint l'universel des aspirations de son cœur et de son cerveau. Il est aussi incapable de déchiffrer un coin de l'énigme où il est compris que le moucheron de s'élever d'un battement d'ailes au-dessus de l'atmosphère qui le contient. Desservi par ses sens imparfaits, il perçoit des choses que des impressions partielles et falotes. Elles suscitent en lui des images baroques d'où s'engendrent des conceptions erronées qu'il est incapable de transmettre sans les travestir.

Car chacun de nous est séquestré dans le cachot de son propre moi. D'infranchissables barrières nous isolent de notre plus proche. Chacune de nos pensées ne nous appartient que tant que nous l'enfermons en nous. Sitôt formulée et extériorisée, elle se rétracte, se déforme et nous devient étrangère. Nous sommes compris pour ce que nous n'avons jamais conçu, aimés ou haïs pour ce que nous ne sommes pas. Personne ne me connaît. Je ne connais personne. L'amant qui, une seconde, croit se fondre en celle qu'il aime, est aussi fou que le génie qui prétend de son lumignon montrer une voie à l'humanité.

Quelque chose est aussi implacable que la solitude de l'individu. C'est son besoin d'y échapper. Il y a en lui une ardeur désespérée à sortir de soi, à se raccrocher dans le temps et l'espace à quelque chose de moins éphémère, de moins impalpable. Plutôt devenir dément, ou tout de suite rentrer dans l'inqualifiable que de traîner seul sur la planète indifférente, parmi l'univers morne et clos.

Or, de par les lois infrangibles qui le régissent, l'être humain se rattache à d'autres êtres. Ma vie individuelle est contigüe à d'autres. D'autres vies plus amples la dominent. Le lien du sang crée entre ceux qu'il unit des affinités physiologiques. Des correspondances intimes en naissent. Si je m'en imprègne, voici que s'entrouvrent les lucarnes de ma cellule. Je cesse d'y être totalement cloîtré. Un rayon d'au-delà m'atteint.

Famille, race, patrie : si je fortifie en moi la conscience que la nature m'impose de ces réalités, si j'y incorpore assez de moi pour participer à ces existences moins passagères qui conditionnent, enclosent et prolongent la mienne, oui, vraiment, les murailles de ma geôle s'écartent et s'abaissent. Des horizons se découvrent, suffisants pour que mes poumons chétifs se dilatent, pour que mes yeux de myopes se recréent d'une lueur.
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AlfaricAlfaric   10 février 2018
Il ne point de victoire qui ne coûte du sang. Les animaux-rois ont vaincu la mort : s'il convient de célébrer ceux qui succombèrent, il ne convient pas de s’affliger de leur destin.
Commenter  J’apprécie          120
AlfaricAlfaric   04 janvier 2018
Quand il s'agit de la vie tous, la vie de chacun est peu de chose.
Commenter  J’apprécie          160
kobaitchikobaitchi   22 janvier 2019
D'habitude, les réjouissances durent jusqu'au coucher du soleil. Aujourd'hui, ce sera jusqu'à la mort.
Commenter  J’apprécie          10

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