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Jane Fillion (Traducteur)
EAN : 9782020345286
299 pages
Éditeur : Seuil (01/06/1998)

Note moyenne : 3.59/5 (sur 32 notes)
Résumé :
Dans un domaine aux limites assez floues de la Nouvelle-Angleterre, une petite expédition est organisée avec l'arpenteur Rogers et neuf autres personnes, parmi lesquelles le nouveau propriétaire du domaine. Très vite les rapports tournent à l'aigre et voilà que Rogers, seul à savoir se diriger dans ces lieux, est pris d'un malaise et perd ses esprits.
Une longue "errance à travers les bois commence. Une errance durant laquelle la tension ne cessera d'augmente... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (0) Ajouter une critique
Epictete
  12 juin 2017
Un livre écrit comme un huis-clos paradoxal, puisqu'il se déroule entièrement en extérieur.
Un groupe de voisins, hommes et femmes accompagnent un des leurs, héritier récent d'un domaine forestier en Nouvelle Angleterre. Ils sont guidés par un arpenteur, qui est le seul à connaître parfaitement la forêt et les limites des domaines de chacun. Il est aussi le seul à pouvoir les guider, mais également à les ramener chez eux.
Tout le monde lui fait aveuglément confiance et n'a le souci de rien, si ce n'est de se mettre en valeur.
L'un d'eux à d'après lui tout vu, tout fait et est assez désagréable ; une autre a étudié en Europe et ne cesse de s'en prévaloir ; untel se dit descendant de lord sandwich ; certains sont des intrus n'appartenant pas à la même classe que le gros du groupe. Car en réalité, ils étaient tous amis depuis l'enfance.
Le coup de théâtre intervient quand Rogers, l‘arpenteur, fait un AVC au cours de l'après-midi. La nuit tombe bientôt et il faut se rendre à l'évidence : Ils sont perdus sur leurs propres terres et personne dans le groupe, malgré ce que certains avancent, n'est capable de les reconduire chez eux.
C'est alors que l'auteur met en scène tous les mauvais côtés de l'âme humaine, portés par chacun des protagonistes. le doute et le questionnement vont alterner dans les échanges entre les différents acteurs.
Faut-il suivre l'un plutôt que l'autre ? Aller vers l'ouest ou vers le nord-est ? Ou revenir sur ses pas ? Marcher coûte que coûte ou dormir dans la forêt ? Que manger, comment s'organiser ? Qui peut être un leader crédible et sûr ?
Et bien sûr les rancoeurs enfouies vont remonter à la surface et ce sera alors un festival de règlement de comptes.
L'auteur nous fait vivre ce drame à travers une incroyable galerie de portraits dépeints avec précision et finesse, avec une intensité dramatique qui va crescendo, jusqu'à un dernier chapitre que personne n'avait vu venir et qui laisse pantois.
Je ne connaissais pas Lieberman mais j'avoue qu'une telle maîtrise du récit me donne vraiment envie d'en savoir plus sur son oeuvre.
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SZRAMOWO
  19 avril 2016
Roman de genre écrit en 1975, la huitième case pourrait souffrir de la comparaison avec des romans du même style parus depuis quarante et un ans. Il n'en est rien.
L'intrigue du récit est simple :
Dans une zone rurale de Nouvelle Angleterre, des voisins, tous propriétaire terriens, se retrouvent un dimanche matin pour accueillir, dans la tradition, l'héritier de l'un des des leurs, qui vient prendre possession du domaine Stuart après la mort de ce dernier.
Comme son père, Harry Gage est chirurgien.
La tradition consiste à faire le tour de la propriété de l'heureux bénéficiaire sous la houlette de Albert Rogers, un arpenteur dont la mémoire est capable de retenir et de restituer les positions et l'histoire de la moindre borne de propriété, qu'elle soit naturelle - arbre remarquable, souche, étang, buisson, relief de terrain - ou artificielles.
Il est assisté par Tom Putney, un jeune homme de l'assistance qu'il a recueilli.
Albert Rogers, avance et récite, à la façon de l'enregistrement d'une boite noir, la troupe le suit tant bine que mal, le plus souvent essoufflée, n'y comprenant rien mais lui faisant une confiance aveugle, ou pire faisant semblant de comprendre. L'assistant exécute les ordre du maître, pose un galon rouge sur un orme, déploie la chaine d'arpenteur et hurle la distance mesurée.
«Six degrés sud. Ouest- Nord-Ouest, 2 chaînes et 16 maillons.» «Jusqu'à un noyer et un tas de pierres.»
«C'est bien sud 28, Mr Roger ?
J'ai dit 28, Putney
Au début de la journée, les choses se passent bien. Tout baigne. Il fait jour, la température est clément, le paysage radieux et somptueux.
Mais peu à peu, devant l'ampleur de la tâche, beaucoup renâclent espérant en finir au plus vite avec cette corvée d'un autre âge.
Le récit est divisé en 5 parties.
La première dépeint les portraits de ces hobereaux bourrée de certitudes, conscients de leurs origines de classe.
Freddy Jamison par exemple, est le 10ème descendant de Lord Sandwich, celui qui, lors de la guerre de Crimée inventa l'en-cas auquel on a donné son nom.
D'autres comme Gladys ou Albert sont des pièces rapportées, enfants de commis ou de serviteurs qui ont été élevés avec les enfants des propriétaires employant leurs parents. Ils n'ont pas droit à la parole.
Léo Garvix, à l'inverse, se prend pour le chef, il houspille les traînards.
Mais la journée ne se déroule pas telle que Rogers l'avait planifiée de façon à terminer le tour du domaine Stuart avant la tombée de la nuit.
Comme dans tout groupe rencontrant des difficultés, la confiance envers les leaders s'amenuise, et les relations se tendent. Des conflits anciens surgissent entre les membres de la petite troupe. Des reproches fusent.
La vie privée de ces nantis, n'est guère reluisante :
Le couple Garvix - Leo et Gladys - part à vau-l'eau, Freddy est l'amant de Gladys Garvix, Sibyl Jamison ressasse à l'infini le souvenir de ses études en Europe où elle regrette de ne pas être restée, John Bayles et Leo Garvix se disputent une parcelle de terre, le père de John est en pleine dépression, Harry Page en a plus que marre de son métier de chirurgien et rêve d'autre chose, Ollie Gelston tente de séduire Harry Gage...
C'est à ce moment là que l'arpenteur fait un burn out. Il sombre dans une sorte de coma. Tom Putney son assistant est incapable de guider le groupe.
La nuit tombe. Personne n'a la moindre idée de l'endroit où le groupe se trouve. Les options s'affrontent :
Faut-il continuer, bivouaquer en attendant le jour, grimper à un arbre pour faire le point, ou pire, se séparer pour permettre à chacun de suivre l'idée qui lui parait la plus à même de ramener la troupe vers le village.
Léo veut prendre le leadership, faisant croire qu'il connait la route, jusqu'à ce que l'évidence s'impose, ils tournent en rond.
Gage, le médecin, garde pour lui son intime conviction, l'arpenteur ne s'en sortira pas, malgré les soins de fortune qu'il lui a donnés.
Peu à peu le groupe se déchire et les individualités surgissent.
Huis clos remarquable parce qu'il se déroule en plein air...mais l'atmosphère de ces bois est étouffante. Sans compter que chacun s'enferme dans sa petite tour de certitudes.
La fin est véritablement bluffante.
A lire par les adeptes de Lieberman et tous les autres aussi.
Lien : http://desecrits.blog.lemond..
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jfponge
  08 mars 2015
Un roman étrange et fascinant, qui se déroule dans les grandes étendues forestières de la Nouvelle-Angleterre. Accompagnés d'un arpenteur (nous dirions un géomètre), un récent propriétaire et ses voisins immédiats partent en pleine nature pour repérer les limites de leurs propriétés. Au bout de quelques heures l'arpenteur, seule personne à savoir se diriger et reconnaître les lieux, est victime d'un accident vasculaire cérébral, qui laissera le petit groupe totalement démuni au milieu d'une nature quasi inviolée. Tel est le début d'un drôle de drame, qui mettra face à face des hommes et des femmes, jeunes et moins jeunes, et servira de révélateur à leurs pulsions et leurs inhibitions. Une analyse passionnante des rapports humains, avec une fin inattendue qui ouvre sur le fantastique.
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Scara
  01 mars 2011
Je suis une inconditionnelle de Herbert Liebermann alors je ne suis pas difficile à séduire! Une nouvelle fois, il tient la promesse qu'il m'a faite à ma première lecture me surprendre, toujours. Vraiment, quel talent!
Ici, un groupe de personnes se retrouve perdu en pleine forêt, et dans la recherche du chemin du retour se révèlent les rapports de force, et cette question très intéressante : pourquoi décider de suivre l'un plutôt que l'autre? Parce qu'il trouvera plus sûrement la sortie? Ce serait trop simple ...
La fin est stupéfiante, on peine à le croire possible.
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Allantvers
  07 mai 2013
Encore un très bon Lieberman, auteur qui se renouvelle à chaque roman.
Le pitch est simplissime : Un groupe d'hommes entre dans une forêt, et s'y perd...
Intrigue traitée de manière douloureusement efficace, avec une tension croissante au fil des pages, à suivre jusqu'au bout pour l'incroyable révélation de la dernière page!
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
CelineCebulskiCelineCebulski   23 novembre 2020
A dix ans, on trouve que vingt ans, c'est vieux. Quand on en a vingt, les gens de trente ans vous font l'effet de vieillards. Quand on atteint la quarantaine, on commence à se dire qu'on a la plus belle moitié de sa vie derrière soi. Par contre, à cinquante ans, on s'efforce de se persuader qu'on est encore jeune. Il eut un petit rire, lui lança un regard en coin et reprit : Mais la quarantaine, ce n'est pas le milieu de la vie, Ollie. Si c'était le cas, nous vivrions tous jusqu'à quatre-vingts ou quatre-vingt-dix ans. A cinquante ans, on n'est pas jeune. On est vieux. On a dépassé, et de beaucoup, la moitié de sa vie. Or, j'ai cinquante ans, Ollie. Il laissa retomber sa tête et se prit à rire, comme si cette pensée lui causait une vive et secrète satisfaction. Eh oui, messieurs, reprit-il gaiement, j'ai cinquante ans, et en ce moment - et pour la première fois de ma vie - je me sens vieux et las.
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EpicteteEpictete   16 janvier 2014
Quand ce grand petit homme se déplaçait, il le faisait avec une sorte de grâce brutale qui rappelait celle d'un sénateur romain dans un de ces films pseudos-historiques se passant au temps des Césars. Une grâce feinte, bien entendu, mais qui n'en jouaient pas moins le vrai. Arpentant la crête avec des airs de propriétaire, il demanda en faisant du bras un large geste en direction de la foret :
- Tout cela m'appartient, non ?
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