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EAN : 9782072805189
448 pages
Gallimard (18/10/2018)
3.47/5   97 notes
Résumé :
"Mari", c'est un travail à plein temps.
Farouk le sait, lui qui ne vit que pour Chloé. Même réalité pour Laurent, l'enfant des cités qui s'acharne à faire vivre une famille à laquelle il se sent étranger. Sans oublier Reynald, un quinquagénaire qui consacre sa vie à la réussite de sa trop jeune et trop voluptueuse épouse, Lauriane.
Pourtant, au royaume de Candaule, il n'est pas certain que la femme soit souveraine, et les trois husbands se rencontrent ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
3,47

sur 97 notes
@Rebecca Lighieri a l'art de donner des titres légers à ses livres qui ne le sont pas du tout et racontent des histoires dérangeantes et bizarres, mais intéressantes. Après l'excellent @Les garçons de l'été, voilà donc @Husbands.

C'est l'histoire de trois maris plus ou moins à la dérive qui se rencontrent sur un site dédié au candaulisme, une forme particulière d'échangisme. Qui se rencontrent, qui se reconnaissent, qui se parlent de leurs petites misères avec leur femme... et qui déraillent à plein tube !

Le résultat est assez glauque, avec plein de scènes glauques, de discussions glauques et misogynes, de personnages inquiétants et glauques... J'en suis sortie avec la nausée et une angoisse face aux agents immobiliers frustrés et aux congélateurs !

Ce n'était pas agréable mais je ne pourrais pas dire que je n'ai pas aimé : j'ai lu à toute vitesse, ne lâchant pas le livre avant d'en connaitre la fin. Bref, ce @Husbands ne me fait pas regretter de ne pas avoir de mari... mais pas non plus de l'avoir lu !
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Après Les garçons de l'été, voici les maris de l'été!

Mais cette fois, même si j'ai lu d'une traite, je suis loin d'être emballée..

Trois maris - un frustré, un torturé, un humilié-, un site de rencontre échangiste, quelques soirée de confidences viriles autour d'un verre ..et une erreur de casting!

Voilà que l'un des trois husbands se révèle un dangereux psychopathe, qui , comme dans l'Inconnu du Nord Express, se charge un peu vite de venger les vexations de ses petits camarades après s'être chargé assez radicalement de solder les siennes.

Je n'ai pas mordu à l'hameçon cette fois, tant les ficelles étaient grosses.

Et je dois même ajouter que derrière l'évidente caricature du mâle dominant , j'ai été plus qu'agacée par la misogynie vulgaire, les remarques sexistes, les complaisantes descriptions de leurs prouesses sexuelles dont ces trois husbands-pas seulement l'agité du bocal- agrémentaient leurs conversations.

Décidément, même "pour de faux" et dans un polar, le féminicide ne soulève vraiment pas mon enthousiasme..
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J'ai acheté Husbands après avoir lu Les garçons de l'été et avoir tellement adoré cette lecture que je suis partie à la recherche d'autres romans de l'auteur. Et puis ce livre a traîné longtemps dans ma PAL : à chaque fois que j'hésitais à m'y lancer le résumé me paraissait si noir et angoissant que je repoussais ma lecture.
En cette période de confinement où mon cerveau a un peu de mal à se concentrer sur ce que je lis, je me suis dit que ce roman serait idéal pour capter mon attention. Mission accomplie : je l'ai dévoré en 2 après-midis et une fois rentrée dans l'intrigue n'ai plus pu le lâcher.
Husbands raconte l'histoire de 3... maris (eh eh, vous n'aviez pas deviné hein ?) dont le mariage vacille pour des raisons diverses et qui se rencontrent par le biais d'un forum internet consacré au candaulisme (je vous laisse lire le livre si comme moi vous ne connaissiez pas cette pratique sexuelle basée sur l'échangisme !). de confidence en confidence, les 3 hommes vont devenir amis mais quand le désespoir affleure la situation menace vite de déraper.
Comme dans Les garçons de l'été, l'auteur a un vrai talent pour mettre en scène en quelques lignes des personnages qui sonnent juste et nous embarquer dans son histoire. Ici c'est noir, très noir, parfois glauque, les situations ne sont pas faciles, les personnages dévoilent leurs petites lâchetés, leurs complexes et leurs mauvais côté mais j'ai plongé la tête la première dans ce roman et l'angoisse est montée jusqu'au dénouement final.
J'ai quand même trouvé ce titre moins abouti que Les garçons de l'été, certaines situations sont un peu tout much, certains traits frôlent la caricature mais cela reste efficace et réussi. Et mention spéciale pour le dénouement final qui par la voix d'une femme offre un beau retournement de situation et remet à sa place tous ces messieurs et leurs complexes !
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Un genre de thriller pour l'été, un roman aux situations impossibles.
Trois hommes, trois maris sont désemparés devant ce qui éclabousse dans leurs vies. Ils se rencontrent plus tard dans le récit.

Laurent, ex-agent immobilier au chômage a toujours mené une double vie. Il nourrit un complexe d'infériorité envers sa femme et sa belle-famille. Il a aussi un complexe qui tient à sa classe sociale d'origine. Il pense que sa femme le méprise, il la méprise en retour. Petit à petit il est habité par une forme de haine et de rage malsaine. Son compte en banque nécessaire au train de vie de sa famille sera bientôt à sec. Il ne dit rien de la situation à sa femme, Delphine. Il lui ment et ne contrôle plus sa situation.

Reynald, la cinquantaine passé, a peur de perdre Laurianne de vingt-ans huit sa cadette. Il est tout à la fois son manager, puisque Laurianne chante et connaît un petit succès, et son mari. Il a lentement construit tout son univers en s'occupant d'elle. Mais il ne s'est plus comment la satisfaire. Entre autres soucis il ne parvient plus à la faire jouir. Problème, le désir l'a abandonné. Il ne l'aime pas vraiment. Laurianne, elle, a l'avenir devant elle.

Deux aspects émergent de cette histoire.

Le premier, tout explose, le couple, la famille, les conventions. Au profit du libertinage frustré et du voyeurisme. Pourquoi ? Les maris sont perdus, ils sont dépossédés ils deviennent antipathiques, surtout Laurent. Ils partent à la dérive. du coup Laurent fond les plombs. Reynald bande mou sauf quand il voit Laurianne se faire mettre par un autre. Farouk ne parle pas à Chloé et se transforme un peu en loque humaine, pétrifié par le scénario du pire.

Le deuxième, une interrogation sur la place de chacun dans le couple, dans la famille. Sur le rôle que chacun occupe. L'histoire parle de la perversité masculine et l'asservissement consenti ou non des trois personnages. Il parle aussi de la haine que Laurent ressent pour Delphine. Laurent pète les boulons parce qu'il ne supporte pas sa situation. La psychose et la haine l'envahisse. Delphine n'en peut plus non plus, elle demande le divorce. Laurent doit provoquer une rupture avec cette situation contre sa femme, qu'il aime pourtant, et ensuite …

Mon avis.

Je découvre Emmanuelle Bayamack-Tam alias Rebecca Lighieri. Son scénario m'a attiré, intrigué, elle est efficace pour créer une atmosphère pesante ou les doutes sont permis. Je me suis mis à la place de ces trois mecs, je me suis demandé, vont-ils s'en sortir ? Je suis un peu retourné, je pose trois étoiles quand même pour l'efficacité. Ces trois hommes sont vraiment chiants on a envie de vite les oublier. Cette histoire j'avais envie de la finir vite, de la laisser derrière moi. Cela m'a fait penser aux histoires de Philippe Djian que j'apprécie aussi.
A vous de voir si se cela vous plait c'est une lecture dérangeante, c'est le but recherché. Je vais passer à une lecture plus sage, plus conventionnelle et revenir après à ce qu'écrit cette auteure avec ses autres romans.
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Je vous sous-titre la v.o. pourtant française : c'est une histoire de maris. Un beaux tas de cons qui rendraient n'importe quelle nana un peu sensée lesbienne dans la minute. Non que j'aie quelque chose contre les conversions, mais à partir du moment où le pape trouve ça à la mode, par principe, je vais m'opposer.

C'est effrayant d'ouvrir un roman et de devoir supporter pendant des dizaines de pages la vulgarité de mecs qui ont la cervelle placée de telle façon que leurs oreilles ressemblent à s'y méprendre à des testicules... Si la majorité des hommes ressemblait à ces types pour qui le summum de la sexualité consiste à taper comme des brutes au fond des vagins - alors que même au foot, le franchissement de la ligne suffit - il y aurait des files d'attente devant les couvents. Dieu sait ce que ces dames manqueraient !
Je suis restée furax un bon moment... Mea culpa. Je me suis un peu calmée par la suite (bien après le milieu - finalement, parfois, ça a du bon d'aller au fond des choses). Après tout, ce n'est pas un panel d'étude sociologique. Ni le manuel du cours de virilité. C'est peut-être juste un roman et il faut que je me calme.
Alors l'idée est-elle de nous apprendre à distinguer le vrai salaud pathologique du salaud accidentel et du salaud par dépit? Hmmm quand même... Si je devais relire Les garçons de l'été, j'aurais un regard différent sur la vigueur des beach boys.

Revenons à nos husbands. Ils sont trois et se rencontrent sur un forum candauliste. Les candaulistes, ce sont un peu des écologistes. Vous savez, ces forums où l'on met à disposition des voisins la tondeuse, le fer à friser ou l'appareil à raclette, parce que chacun possède un exemplaire d'un appareil qui ne sert réellement que cinq heures par an ? (un peu plus pour la tondeuse, mais le calcul de la moyenne est plus complexe car il faut prendre en compte la surface des terrains). Les candaulistes c'est tout pareil, sauf que c'est leur femme qu'ils proposent entre deux périodes où ils en ont l'usage pour la cuisine, le décorum, taper dessus ou dedans, ou pour gagner de l'argent.

[ Aparté : si vous avez déjà attaqué l'écologisme par un des bouts suivants : usage répété du quinoa, couches lavables, toilettes sèches, café équitable, je serais vous, je me méfierais de l'historique de navigation de mon conjoint... ]

Tous trois sont donc dans une mauvaise passe.
Le gentil qui a épousé une fée du logis : Sa déesse du ménage a une liaison + une relation contre-nature avec son congélateur.
Le vieux qui a épousé une jeune et l'a modelée à ses goûts à coups de bistouri: Sa gourde aux oeufs d'or commence à exprimer des velléités d'émancipation.
Le racaille des banlieues qui a épousé une aristo : Sa bourgeoise lui fait sentir qu'il n'est qu'un raté mal dégrossi.

En résumé : leurs femmes ne filent plus aussi droit qu'avant et il faut qu'elles payent, ces pu**s. (J'ai fait une autre moyenne, celle des termes qu'ils emploient pour parler de leur moitié). C'est là que commence le thriller.

Petite précision, les trois maris prennent tour à tour la parole à la première personne. Toute notre génération semble définitivement incapable de faire l'effort de se projeter dans un personnage s'il ne dit pas "je".
Lien : http://talememore.hautetfort..
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critiques presse (1)
LeMonde
28 décembre 2018
Voilà bientôt les trois « husbands » occupés à déballer leurs malheurs, humiliations et autres espérances déçues. Avec la parole se libèrent d’autres pulsions, au fil de ce roman qui joue avec le polar et dynamite le couple.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (2) Ajouter une citation
Farouk
11 mai
Mes mains tremblent, mon cœur cogne, une main aussi immatérielle qu'implacable enserre ma nuque. Je ne sais pas comment je trouve la force de monter au premier et de m'asseoir devant l'ordinateur, mais j'ai cette force. Je dois absolument me soustraire à la rumeur paisible du rez-de-chaussée, à tous ces bruits familiers et rassurants : la radio en sourdine dans la chambre de Lila, les voix de Farès et Chloé dans la cuisine, les miaulements insistants du chat, la porte du frigo, ouverte puis refermée. Je me sens brusquement indigne de tout ce bonheur domestique. Indigne alors même que je suis la victime et non l'auteur de la trahison. Mais voilà, on ne se refait pas, on ne passe pas trente-huit ans à éprouver un sentiment d'illégitimité et d'imposture sans que ça laisse des traces.
Je me connecte, machinalement. Mes doigts effleurent les touches sans idée préconçue. Je cherche l'apaisement, l'échappatoire, l'arrêt de la souffrance, l'amnésie momentanée - car je sais bien que je ne pourrai jamais oublier. Je pourrais tout aussi bien prendre une douche, enfiler des baskets et sortir courir, ou boire jusqu'au coma éthylique, mais finalement, je cherche refuge dans ma routine : ouvrir ma boîte e-mail où aucun message intéressant ne m'attend, naviguer de site en site, la page du Monde, le site de Darty...
Car il n'y a pas si longtemps, j'étais un homme normal, un père de famille qui envisageait l'achat d'une nouvelle plaque de cuisson pour remplacer nos brûleurs traditionnels, que Chloé trouvait dépassés, peu pratiques, encrassés, impossibles à nettoyer. Chloé, mon amour, ma jeunesse... Chloé, mon beau souci... Chloé, tu vois, quand je te parle, ce sont les mots des autres qui me viennent à l'esprit, les mots les plus beaux, ceux des poètes. Chloé, comment as-tu pu me faire ça ?
Je finis par taper «maris». Je ne sais pas ce que j'espère exactement. Tomber sur mes frères, peut-être, sur une communauté d'hommes se définissant d'abord et avant tout par leur statut d'époux, par leur appartenance, voire leur allégeance à une femme, l'engagement total de tout leur être dans cette grande affaire : le mariage. Les larmes brouillent ma vue tandis que je fais défiler les sites. Suis-je ridicule d'avoir cru que mon union avec Chloé était d'une autre nature que le mariage des autres, ces petits arrangements aussi pitoyables que provisoires ? Suis-je ridicule d'avoir cherché à rendre ma femme heureuse, d'avoir employé toute mon énergie et tous mes efforts à lui rendre la vie plus douce et plus facile ? Suis-je ridicule de l'avoir aimée aussi éperdument et aussi exclusivement ?
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L'Enfer, c'est les autres. Tu parles, l'enfer, c'est le tête à tête avec soi-même. C'est le ressassement de l'horreur, c'est le questionnement sans fin, c'est la recherche éperdue des responsabilités, quand au bout du compte on est le seul coupable.
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Videos de Rebecca Lighieri (20) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Rebecca Lighieri
Emmanuelle Bayamack-Tam et son invité, Frédéric Boyer.
À l'occasion d'une grande journée dominicale qui célèbre à La Criée les 40 ans des éditions P.O.L, Oh les beaux jours ! a convié l'un des grands noms de ce catalogue, Emmanuelle Bayamack-Tam, qui publie aussi des romans noirs sous le nom de Rebecca Lighieri, et dont l'oeuvre, dense et d'une folle liberté, échappe à toute tentative de classification. Récemment couronnée par le prix Médicis pour La Treizième Heure, l'écrivaine reviendra sur les thèmes récurrents de ses romans : la métamorphose, qui parcourt son oeuvre, mais aussi le rapport au corps – notamment lorsqu'il se transforme à l'adolescence –, la famille et le nécessaire requestionnement du rôle qu'on lui alloue dans nos sociétés, la religion et l'appartenance à une communauté, la question du genre et des identités multiples…
L'entretien explorera également le style Bayamack-Tam, sa capacité à mêler les voix en explorant les genres littéraires (poésie, récit, chanson…) jusqu'à les renouveler, son art singulier et assumé de laisser infuser dans ses romans toutes les lectures qui l'ont «enfantée» en littérature. La conversation portera également sur une pièce de théâtre en cours d'écriture, dont nous sommes allés filmer les répétitions, et sur son goût pour le cinéma, en particulier pour les films de Pedro Almodóvar. Il sera aussi question du roman graphique qu'elle a écrit avec Jean-Marc Pontier, et bien sûr de Marseille, ville de ses origines présente dans nombre de ses romans, avec une interview exclusive d'une patronne de bar bien connue des Marseillais…
À ses côtés, pour évoquer la richesse de son travail et sa double identité littéraire, son éditeur, Frédéric Boyer, apportera un éclairage sur cette oeuvre sans pareille.

À lire (bibliographie sélective) — Emmanuelle Bayamack-Tam, « La Treizième Heure », P.O.L., 2022 (prix Médicis 2022). — Emmanuelle Bayamack-Tam, « Arcadie », P.O.L, 2018 (prix du Livre Inter 2019). — Emmanuelle Bayamack-Tam, « Je viens », P.O.L, 2015. — Emmanuelle Bayamack-Tam, « Si tout n'a pas péri avec mon innocence », P.O.L, 2013 (Prix Alexandre-Vialatte). — Emmanuelle Bayamack-Tam, « Une fille du feu », P.O.L, 2008. — Rebecca Lighieri, « Il est des hommes qui se perdront toujours », P.O.L, 2020. — Rebecca Lighieri, « Les Garçons de l'été », P.O.L, 2017. — Rebecca Lighieri, « Husbands », P.O.L, 2013. — Rebecca Lihieri et Jean-Marc Pontier, « Que dire ? », Les Enfants Rouges, 2019.
Un grand entretien animé par Chloë Cambreling et enregistré en public le 28 mai 2023 au théâtre de la Criée, à Marseille, lors de la 7e édition du festival Oh les beaux jours !
Podcasts & replay sur http://ohlesbeauxjours.fr #OhLesBeauxJours #OLBJ2023
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