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Patrick Honnoré (Traducteur)
EAN : 9782809701654
400 pages
Editions Picquier (12/03/2010)
3.68/5   34 notes
Résumé :
Par une star de la scène rock et pop japonaise indépendante, un livre superbe, énergique, puissant, poignant hommage à sa mère et récit de ses années d'enfance puis d'errance et de galère à Tôkyô. Un père violent, looser indécrottable et yakuza à ses heures, une mère forte et généreuse qui voue son existence à son fils. Et, pivot symbolique et ombilic du monde, la Tour de Tôkyô, qui attire les jeunes provinciaux et leur brûle les ailes. Elle est là, proéminente, poi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
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Avant de devenir l'illustrateur, le musicien, le scénariste et l'acteur que l'on connait, Franky Lily était Masaya Nakagawa, un gamin né dans le Kyushu, élevé par sa mère, un provincial venu tenter sa chance à Tokyo, comme des milliers d'autres jeunes attirés par les lumières de la ville.
Dans La tour de Tokyo, il se livre tout entier, avec sincérité, sans fausses pudeurs, sans enjoliver les choses. Il raconte son enfance, sa mère aimante et dévouée, son père toujours absent, aux activités louches, ami des yakuza. Il parle de la pauvreté, de la vie en province, des mines et des usines qui ferment, de la solidarité des exclus. Il évoque aussi son parcours, de son enfance atypique dans un foyer monoparental, à son arrivée à Tokyo, en passant par son adolescence oisive, ses études pas très studieuses, ses errances avant de trouver sa voie.
Ce livre est, bien sûr, sa biographie, mais c'est surtout un hymne à sa mère. Prête à tous les sacrifices, souriante dans l'adversité, cette femme l'a porté à bout de bras, ne vivant que pour son bonheur.
Quand elle vient vivre avec lui à Tokyo, elle s'intègre parfaitement à son cercle d'amis, cuisine pour tout le monde, lève le coude avec les fêtards, fait un numéro de clown pour amuser la galerie, est aux petits soins pour son fils.
Cette bonne mère a-t-elle eu un bon fils ? A sa mort, Franky Lily prend conscience de son ingratitude, de son manque de reconnaissance, se reproche de ne jamais lui avoir dit ‘'merci'' ou ‘'je t'aime''. Mais parfois les mots sont inutiles et l'on ressent tout l'amour que ses deux-là se portaient dans chaque ligne de ce livre à lire absolument. Ecrit avec le coeur, avec les tripes, dans un style vif, drôle, percutant, sincère, ce récit est aussi d'une tendresse bouleversante et tirera des larmes au plus dur des coeurs. Préparez vos mouchoirs !
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Franky Lily est le nom de scène d'un chanteur et acteur japonais. Je l'ai trouvé particulièrement touchant dans son rôle de quincailler et père fantasque dans le très beau film Tel père, tel fils de Kore-Eda Hirokazu (même si le titre original qu'on peut traduire par "Et puis devenir père" correspond à mon avis mieux au thème du film - je referme ma parenthèse).

J'ai beaucoup apprécié également sa prestation en tant qu'écrivain dans ce livre au titre d'emblée prometteur. Francky Lily raconte en effet son enfance, dans un foyer hors norme. le père très souvent absent et toujours dans des histoires plus ou moins louches, une éducation hétérogène et loin des stéréotypes qu'on peut avoir à ce sujet au Japon.

On suit l'auteur de sa prime jeunesse à ses années galère à Tokyo, à essayer de percer dans un milieu difficile. Mais, surtout, il nous offre un portrait magnifique de sa mère. Cette mère qui l'a élevé quasiment toute seule, cette mère toujours prête à se sacrifier un peu plus pour son fils, cette mère qui finit par le rejoindre à Tokyo et crée autour de lui et de ses amis un climat convivial et plein d'une belle humanité.
Francky Lily, avec pudeur et honnêteté, reconnaît n'avoir pas toujours apprécié à sa juste valeur tout ce que cette femme a fait pour lui, ni la personnalité si entière de sa mère.

Une biographie passionnante à lire, pleine d'émotions mais aussi de retenue. Un bel hommage à sa mère et, de là, à toutes ces femmes qui ont un jour donné la vie.
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Nakagawa Masaya est plus connu au Japon sous son nom d'artiste Lily Franky.

Dans ce livre, il nous raconte son enfance et sa relation avec ses parents. Des parents séparés ; une mère omniprésente, aimante et protectrice, un père absent, aux activités louches.

Ce qui frappe dans ce récit, c'est le style très direct, pas très académique, mais aussi la sincérité de l'auteur. Il n'était pas un enfant modèle (ne parlons pas de l'adolescent rebelle et tête-à-claques). Et adulte, il a fait quelques erreurs de parcours avant de trouver sa voie.

J'ai été très touchée par la relation mère-fils et la personnalité tellement attachante de cette maman indulgente et pleine de vie.

La fin du récit est particulièrement bouleversante lorsque Lily Franky évoque les derniers jours de sa mère atteinte d'un cancer. Pour qui a assisté à la fin d'un proche atteint de ce mal, ces pages peuvent raviver de douloureux souvenirs.

Ce livre n'est pas un simple recueil de souvenirs. L'auteur tire de ses expériences une certaine philosophie de l'existence et n'hésite pas faire part de ses points de vue. C'est aussi une peinture d'un Japon provincial touché par la crise, du contraste entre Tôkyô et la province.

Un très beau témoignage touchant et sincère.

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J'ai beaucoup apprécié ce livre qui un hommage d'une très grande tendresse à la mère de l'auteur.

Sans que rien ne l'indique de la part de l'éditeur, on peut penser que ce roman est autobiographique, puisqu'il nous raconte l'histoire d'un homme, Masaya (c'est le vrai prénom de Lily Franky) né sur l'île de Kyushu, vivant dans une famille monoparentale (lorsqu'il a trois ans son père quitte la maison), et qui va vers vingt ans monté à Tokyo, beaucoup y galérer avant de se stabiliser professionnellement et d'y faire venir sa mère lorsque celle-ci atteint la soixantaine et qu'un cancer l'atteint. Ils reprennent vie commune sous le même toit, et c'est le fils qui s'occupe désormais de sa mère.

Ce n'est pas romanesque au sens il n'y a pas d'histoire ou d'intrigue. C'est une suite de moment de vie, de souvenirs et d'anecdotes qui suivent la chronologie du personnage. Depuis sa petite enfance, les souvenirs de ses grand-mères, ses années à l'école, au lycée qu'il fait dans une autre ville et qui sera sa première expérience d'indépendance. Et puis vers le tiers du livre, la montée à Tokyo pour y faire des études et travailler. Ce sera surtout cinq années de "glandes", et par conséquence de galère, parfois des petits boulots, des chambres en colocation qu'ils arrivent tout juste lui et son pote à payer mais souvent sans eau et électricité. Il jouit à cette époque d'un grande liberté mais on s'aperçoit qu'il ne sait pas en quoi faire. Il n'a pas vraiment de rêve. Il dit que comme beaucoup de jeunes de son époque, le but c'était de simplement aller Tokyo, d'y trouver un refuge. Et arrivera ce qui arrivera. Et heureusement il y a l'aide de sa mère qui répond toujours présente et qui envoie de l'argent au fiston dès qu'il en demande. Cette mère qu'il regrette de ne pas avoir suffisamment remercier. Il y a ainsi de nombreuses pages sur ce que représente une famille, sur la nature des liens qui unissent ou pas parents et enfants.

Un petit mot sur le père et le sous-titre du livre « papa de temps en temps ». La communication entre eux est quasi inexistante, ils ne savent pas se parler. le père a toujours été là, il n'y a jamais eu de coupure totale mais c'est un homme qu'il ne comprend pas vraiment, rouleur de mécanique, un peu fantasque, qui a des projets plus ou moins douteux. « Si son travail était légal ou pas, je n'en sais rien, mais en tout cas, ce jour-là j'ai compris que pour le style, c'était tout à fait le style yakuza ». C'est son père, il fait avec.

Pour terminer je reviens vers le titre du livre, la tour de Tokyo. L'histoire se passe dans cette ville mais Lily Franky n'en fait pas un portrait en tant que telle : c'est le lieu où il vit, où il travaille et il a même des mots en peu dur pour cette ville qui nourrit la solitude plutôt qu'autre chose, pour une ville qu'il décrit comme grise : "de Tokyo on dit qu'elle déborde de couleurs, mais en réalité toutes les couleurs y deviennent ternes".
Mais il y a cette tour de Tokyo, omniprésente, et on s'aperçoit qu'elle est comme un phare, symboliquement c'est la figure de la mère, sa présence toujours bienveillante, le lien fort, durable qu'on peut avoir avec elle.
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J'ai découvert Lilly Franky en regardant le film Tel père , tel fils, histoire de deux familles qui découvrent que leurs fils respectifs de 06 ans ont été échangés à la clinique lors de leurs naissances. Les deux familles sont diamétralement différentes (les pères en tout cas), et Lily Franky joue le rôle du père sympathique, présent pour ses enfants.J'ai donc pris ce livre, en pensant que j'allais y trouver le récit d'une génération de japonais, avec la tour de Tôkyô comme point de chute. En fait, c'est surtout d' une histoire personnelle qu'il s'agit, celle de l'auteur, depuis sa petite enfance, et de sa mère, véritable mère courage, qui (comme toutes les mères) a quasiment sacrifié ses désirs et envies pour son fils, lui dont le père , pseudo yakuza, n'a jamais été présent, ou alors une à deux fois l'an, pour prodiguer un conseil par ci par là. Mais le père n'est jamais décrit de façon négative. On suit donc la vie de Ma-kûn, son enfance riche en maladies et pleurnicheries, son adolescence faite de mollesse et de glandouille, sa jeunesse ....pareille, avec parfois des petites sursauts causés par un sentiment de culpabilité, puis l'âge adulte, et sa mère toujours présente, son père parfois, jusqu'au dénouement final, logique, poignant. Et en trame de fond, le Japon et Tokyo. le Japon dont les petites villes se vident, perdent leurs industries, traditions, mais gardent leurs beautés. Tôkyô qui aspirent tout ce beau monde, qui est tantôt sublime, tantôt cruelle, mais toujours foisonnante. le Japon et ses imperfections, sociales surtout, mais toujours aussi captivant, comme cette tradition de choisir le prénom des nouveaux- nés:en plus du sens du prénom lui même, il faut faire attention au résultat de la combinaison de celui ci avec le nom de famille, combinaison qui grâce à un système de calcul du nombre de traits (si j'ai bien compris ) donne une sorte de prévision de votre vie. le style est très simple, vraiment facile à lire, avec de petites expression qui reviennent et qui font sourire ("un jour en mai, quelqu'un me dit comme ça"). Un feel good livre (sauf les derniers chapitres), très agréable à lire, reposant après une lecture oppressante. Je conseille
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
A Tokyo, il y a tellement de liberté par terre qu'à tout moment vous risquez de mettre le pied dedans.
Comme les feuilles mortes, comme les canettes, elle roule un peu partout. La province vous fait chier, vous aimeriez échapper au regard de vos parents, un désir de liberté apparaît. Désirer être libre, c'est magnifique en principe. Mais quand la liberté court les rues et qu'il n'y a rien d'héroïque à la trouver, c'est juste faire mumuse.
A celui qui ne possède pas la liberté de réfléchir à ses actes, une liberté au rabais n'aura pour effet que d'anesthésier ses pensées et ses sentiments et le poussera physiquement dans le caniveau.
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Dans la maison désertée, tout en mangeant son riz jaune, elle prenait des médicaments pour son coeur et regardait sa télévision qui ne marchait plus très bien, elle non plus. Pour elle quel était le meilleur moment de la journée? quel était son plaisir dans la vie? quand se sentait-elle heureuse? qu'est-ce-qui la rendait triste? je posai la clé de ma moto neuve sur la table. Par delà la clé, je regardai grand-mère de profil.

Nous vivons tous les deux à la même époque, mais il y avait une telle différence entre ce que le temps présent nous apportait à chacun que je ne pus soutenir cette tristesse.
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Sentiment de vide comme un lendemain de fête. Angoisse devant tout ce qui est menacé de disparition. Moi, cette angoisse, je l'ai toujours ressentie. Je me moquais déjà des idéaux superficiels, de la bonne conscience mince comme une feuille de papier. Ceux qui ne voulaient pas remarquer que la défaite arriverait quoi qu'ils fassent, ceux qui croyait qu'on fabrique du bonheur en série en usine, ceux qui pensaient qu'il suffisait de laisser leur foyer descendre le courant pour qu'il accoste au bonheur, je les prenais depuis longtemps pour des nazes.
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Etre parent, c'est facile. Mais une famille, c'est quelque chose qui se cultive sur le ring de sumo de la vie, à force de temps, d'efforts répétés, parfois à son propre préjudice.
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Réussir dans la vie, ce n'est pas très compliqué. Réussir à rendre sa famille heureuse, c'est beaucoup plus difficile.
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