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EAN : 9782491309169
Lbs Select (19/10/2021)
4.28/5   73 notes
Résumé :
Lorsque les secrets enfouis remontent à la surface et que la soif de vengeance devient une obsession, tout dérape...
En 1961, une femme abandonne Patrick, un bébé estropié, devant les portes d’un orphelinat.
En 1979, Estelle, gynécologue dans une clinique du Nord de la France, est violée par un inconnu dans les toilettes d’une aire de repos, un soir de juillet.
Deux destinées aux antipodes, autant de coupables que de victimes. Et pourtant, a... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (39) Voir plus Ajouter une critique
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Le viol peut-il être légitime ?
Non, bien sûr que non.
Jamais. En aucun cas.
Et si j'ai éprouvé une once de sympathie pour Estelle quand elle est prise de force dans les toilettes d'une station d'autoroute avant que son agresseur ne lui plonge la tête dans la cuvette souillée de déjections, elle n'a pourtant pas duré.
Une odieuse petite voix intérieure me murmurait "Bien fait pour sa gueule".

Juillet noir fut une lecture très contrastée, qui sera difficile à commenter. Amélie de Lima a pris énormément de risques en faisant s'affronter deux personnages exécrables en tête d'affiche.
En apparence nous avons un prédateur prêt à tout pour démolir le quotidien déjà morose d'Estelle, des multiples menaces anonymes à une agression bien réelle. Un cauchemar en 3D.
Sauf que l'abominable Patrick, monstre au sens propre comme au figuré, est aussi la victime d'Estelle, gynécologue dans une clinique sans envergure. A l'instar du docteur Frankenstein et de sa créature, c'est elle qui a involontairement modelé celui qui la traque dix-huit ans plus tard.
On ne sait plus très bien qui est le plus haïssable des deux. Ils sont indissociables. Victimes et bourreaux.
On aurait pu éprouver une forte empathie pour l'un ou pour l'autre, c'est d'ailleurs un peu le cas quand on fait initialement leur connaissance, mais très rapidement seul le dégoût subsiste. Leurs actes, conscients ou inconscients, sont impardonnables.

Inconscients pour Estelle, qui après un mariage raté, un bébé mort-né, ne pourra plus avoir d'enfants. Elle jalouse ses patientes.
"Elle envia ses courbes, sa peau laiteuse et surtout, sa fertilité."
Dépensière, sa modeste profession libérale ne lui suffit pas pour s'accorder de nombreux petits plaisirs. Epouse volage, elle ira jusqu'à piocher dans les maigres économies de son mari.
Pire encore, elle cédera aux sirènes peu scrupuleuses d'un ami qui lui propose de l'argent facile en vendant des cachets sous le manteau.
"Tu gagneras un bon pourcentage sur les ventes."
"-Tu sais, ce médicament n'est pas encore disponible en France, mais ça ne saurait tarder."
C'était en 1960.
Ledit médicament, responsable de graves difformités chez les foetus, ne sera jamais commercialisé en France. En revanche il l'a été en Belgique et il a réellement été distribué dans des départements frontaliers, comme le Nord. Et le roman se déroule sur Lille et ses environs.
Le scandale du thalidomide, censé diminuer les nausées et faciliter le repos chez les femmes enceintes, a bel et bien existé. L'hexagone est globalement passée entre les mailles du filet, le médicament ayant été interdit en 1961 avant sa commercialisation suite au scandale provoqué dans les pays limitrophes : Allemagne, Espagne ou Suisse. Allez-voir sur Wikipedia, c'est édifiant.
Si on a affaire à une histoire très romancée et impitoyable, elle s'appuie sur des faits réels plus démentiels encore.

Le suspense est peu présent : Quelques chapitres suffisent à comprendre les tenants et les aboutissants de cet antagonisme.
La seule interrogation véritable est un peu malsaine, puisqu'on ne peut s'empêcher d'avoir un côté voyeur en nous demandant avec quelle tare est né Patrick. Bras atrophiés ? Doigts surnuméraires ? Absence de jambes ?
"Ce qu'il a... ce que j'ai vu... non... ce n'est pas possible, je ne peux pas l'accepter."
Abandonné par sa mère, abandonné par sa tante, Patrick grandira dans un orphelinat sans avoir la moindre chance d'adoption.
"Les enfants s'en servaient comme souffre-douleur, déchargeant leur haine sur lui."
Il n'avait rien demandé à personne le petit bonhomme, et quand il aura vent de l'irresponsabilité de la Garce, seule façon pour lui de désigner celle qui lui a volé sa vie, coupable de tous les maux et humiliations survenus depuis sa tendre enfance, seul l'accomplissement d'une vengeance à hauteur du mal occasionné lui redonnera le goût d'avancer. Sa vie retrouvera un peu de son sens.
"Une mort imminente serait une issue bien trop douce."

Estelle n'en n'est pas la mère, ni biologique, ni d'adoption, et c'est pourtant bien elle qui va engendrer indirectement cet être froid et calculateur. Sans même le savoir.
Son impardonnable égoïsme et négligence va entraîner une irrémédiable réaction en chaîne aux nombreux dommages collatéraux, dont le viol de juillet 1979 sera l'un des points d'orgue et de bascule dans l'angoisse de ne pas comprendre pourquoi cet homme lui en veut à ce point, Estelle sombre dans la peur et la paranoïa. A sa façon Patrick va lui faire traverser le même enfer que celui qu'il a subi depuis son enfance.
Il n'y a de place que pour le talion, aucune pour le pardon.

Thriller psychologique très sombre, Amélie de Lima n'a vraiment pas choisi la facilité durant la rédaction de juillet noir. Ca a parfois été payant, parfois moins.
Dans la construction elle alterne différemment en fonction des parties les points de vue d'Estelle et de Patrick.
La première est consacrée à la gynécologue, au passé comme au présent, où son mariage raté joue un rôle également prépondérant.
"La différence entre leurs mondes était telle qu'ils n'avaient jamais réussi à créer un pont entre eux."
"Après tant d'années de mariage, elle avait toujours l'impression qu'elle vivait auprès d'un étranger."
Tous s'emboîte immédiatement dès que l'on rencontre Patick à l'orphelinat. Pas besoin d'avoir bac + 7 pour comprendre immédiatement qui est cette garce dont il veut réduire l'existence à néant ni les raisons de son abandon par sa propre famille.
Par la suite les points de vue de l'un et de l'autre alterneront chapitre par chapitre, à ce propos j'ai trouvé cependant la troisième partie maladroite car trop répétitive. Estelle a l'impression de devenir de plus en plus folle, Patrick s'amuse avec sa proie tel un chat avec une souris avant de la croquer. Et leurs versions alternent alors qu'on a déjà en tête toutes les explications nécessaires sans qu'elle n'aient besoin d'être reformulées.

A défaut de réel suspense sur les évènements passés qu'on reconstitue trop facilement, il y a une réelle tension sur le déroulé du courroux de Patrick et de la descente aux enfers d'Estelle. Jusqu'où ira sa vengeance ? A quel point la gynécologue se dégradera-t-elle ?
Un semblant de morale sera-t-elle sauve ? Lequel des deux aura le dernier mot ?
Et malgré des défauts inhérents au sujet difficile choisi et à sa façon d'être abordé, il faut saluer l'originalité du sujet, comme une réécriture du chef d'oeuvre de Mary Shelley sans élément fantastique.
Il n'est pas possible de s'attacher durablement à ces deux êtres monstrueux, qui se complètent autant qu'ils s'opposent.
Mais la difformité physique n'est que l'élément qui relie l'amoralité de l'une à la cruauté de l'autre. Cette complémentarité dans l'abject, cette impossibilité de dissocier ces deux personnes du bourreau et de la victime plus que dans n'importe quel roman lu auparavant donne beaucoup de souffle à un livre qui oblige le lecteur à s'interroger sur les différents degrés du mal.
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Bonsoir les babeliophiles aujourd'hui petit retour sur ma dernière lecture que j'ai vraiment aimé.Roman qui commence par un prologue choc,brutal nous sommes de suite dans l'ambiance.Et l'on veut savoir,comprendre, pour quellenraison cette personne qui en veut autant à Estelle.Amelie de Lima fait dans le noir,le violent des phrases chocs et nous fait vivre l'histoire,le cauchemar et la déchéance de cette Estelle et c'est vraiment très réussi.Roman lu en quelques heures alors si vous avez aimé "dans ma maison sous terre"vous ne pourrez qu'aimer Juillet noir mais comme je dis toujours ceci n'est que mon avis personnel.
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Les missives de Fanny H pour Collectif Polar
Juillet Noir commence par un prologue se situant en 1979. Il nous annonce parfaitement la couleur de ce thriller : NOIR.
La même année, Estelle se remémore sa rencontre avec Manuel en 1953, un ouvrier de l'usine de textiles de ses parents, à qui elle s'est offerte pour la première fois. Enceinte rapidement, elle fût mise à la porte. Son bébé mort-né, un gouffre se forme en elle. Estelle n'avait plus qu'à essayer de s'en sortir psychologiquement en réussissant ses études. Elle fera quand même une tentative de suicide suite à cette terrible perte.
1979, Estelle et son mari, Manuel, ont enfin obtenu l'agrément pour l'adoption. Direction la Roumanie où une petite fille de quelques jours les attend.
Puis, à environ un tiers du livre, nous faisons la connaissance de Patrick, abandonné à l'orphelinat tout bébé. Des années plus tard, une visite lui transmettra une lettre qui assombrira encore plus sa triste existence.

Que ressortira-t-il de ces âmes meurtries et déchirées ?
Juillet noir se déroule en cinq parties : Flashback et flashforwards, Anima, Souviens-toi, La meute et Déchéance.

Amélie de Lima a choisi un sujet très délicat. En effet, le viol est un sujet très difficile à aborder, il y a quelque chose de tabou encore à en parler, alors que c'est un fait, une réalité. le viol existe depuis la nuit des temps et il perdure toujours aujourd'hui dans n'importe quel pays. J'ai déjà vu ou lu que des personnes reprochaient à des auteurs de parler de viol ou d'en faire l'apologie. Pour moi, ce sont ces personnes-là qui ont un réel problème car personnellement, je pense que les auteurs sont libres de choisir leurs sujets surtout s'ils sont graves. L'éviter serait minimiser la chose.

Dans Juillet Noir, l'auteure rendra la vie d'Estelle terrible. Amélie de Lima met l'accent également sur l'importance d'avoir une écoute au niveau judiciaire en cas de dépôt de plainte. Ce qui n'est pas du tout le cas dans ce thriller reflétant trop souvent la réalité, bien que les mentalités tendent à changer mais certainement trop doucement encore.
J'aime beaucoup lire des auteurs de ma région car je retrouve des villes et des quartiers que je connais assez bien. J'ai déjà eu l'occasion d'échanger avec l'auteure avant de la lire. Il y a un vrai contraste entre cette jeune femme souriante, sympathique et ses écrits ! Alors si comme moi vous souhaitez découvrir ce qui se cache derrière le visage angélique d'Amélie de Lima, passez un mois d'été dans Juillet Noir.
Lien : https://collectifpolar.fr/20..
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Comme son titre nous le laisse penser, c'est un roman noir, très noir même, qui se déroule en 1979, avec des flash-backs dans les années 1953. Un thriller psychologique sur fond de scandale pharmaceutique et de corruption, inspiré de faits réels. Lorsque les secrets enfouis remontent à la surface et que la soif de vengeance devient une obsession, tout dérape... Deux vies brisées par de mauvais choix, celles d'Estelle, gynécologue, et celle de Patrick, qui est né estropié. Une descente aux enfers, des représailles. Mais qui est réellement coupable finalement ?
L'auteure a su me faire passer par toute une palette d'émotions allant de la pitié, de la compassion, de la peine à l'incompréhension de certains gestes et à la colère. La plume d'Amélie est toujours aussi acérée, presque acide et ses mots sonnent juste. Ils trouvent sans difficulté un écho dans la tête et le coeur du lecteur.
On n'a aucun mal à se mettre dans l'ambiance, très sombre, avec un contexte et des personnages très réalistes.
Le livre s'ouvre sur le viol d'Estelle en 1979. de là, nous allons faire un bond dans le temps, en 1983, pour découvrir l'histoire du personnage. Autre temps, autres moeurs…
Estelle est issue d'une famille aisée. Ayant « fauté » avec un simple ouvrier, elle se voit contrainte de l'épouser avant l'arrivée du bébé. Les moyens financiers ne sont plus les mêmes… Ses parents lui paieront ses études et subviendront aux besoins du bébé, mais pour le reste…C'est difficile…D'autant qu'elle accouche d'un bébé mort-né dont elle ne connaitra jamais le sexe. Difficile de faire son deuil alors qu'ils ont refusé de lui mettre le bébé dans les bras…Elle ne pourra plus jamais avoir d'enfant.
Un couple qui survit, du moins en apparence. Estelle ne s'en remettra jamais totalement, même si elle donne le change dans son métier de gynécologue. Elle prendra de mauvaises décisions qui auront de terribles conséquences.
C'est un personnage qui à la fois fait pitié et attire la compassion, mais qui est aussi parfois assez agaçant dans sa manière d'agir. Peut-être les restes de son éducation de petite fille riche…
L'autre figure principale du roman est Patrick. Abandonné dès sa naissance parce que né handicapé. Personne ne veut l'adopter. Lorsqu'il découvre ce qu'il s'est passé, pourquoi il est né comme ça, il ne songe plus qu'à une chose, se venger de celle qu'il considère responsable. Très touchant par son histoire, par ce qu'il a vécu dans sa jeunesse, Patrick se révèle aussi très cruel .
*******
En bref, un moment de lecture agréable dans une ambiance très sombre, avec des personnages touchants et une écriture efficace et addictive.
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Le proverbe dit "ne vous fiez pas aux apparences", je confirme. Amélie de Lima est une jeune femme rayonnante, lumineuse et bienveillante, à l'inverse son univers d écriture est sombre, violent et tordu. La contradiction personnifiée pour notre plus grand plaisir.


Ce que j aime dand la lecture c est que l'histoire estt plus compliquée qu il n y paraît. On a beau se dire qu on a tout compris, un élément se dévoile et nous prouve le contraire. Et ce roman est exactement ce que j adore. l'histoire paraît tellement simple qu en réalité, elle est complexe. L'ingrédient principal est la vengeance. Mais celle-ci se conjugue au pluriel. C est super bien trouvé. Mais pour connaître les raisons de tout ça, il faut remonter dans le passé. de plus, il faut vraiment attendre la fin de l histoire pour comprendre les tenants et les aboutissants. C est d une subtilité effarante car jamais je n 'y aurait pensé. Un roman comme je les aime. Tout est dissimulé et se dévoile au fur et à mesure de la lecture. Chaque élément, parole, geste comptent.


Mais ce qui est intéressant, c est que le récit se passe bien avant l'air numérique. Retour en des temps vrais où tout pouvait encore être dissimuler sans courir le risque qu'il y ait une fuite.
Estelle est le personnage central de l'histoire. Elle a tout pour elle : argent, beauté et intelligence. Mais il a fallu d un coup de coeur pour que tout bascule et transforme sa vie à jamais. Chaque choix donné lieu à des conséquences et à des réactions. Croyez vous qu il soit si simple de vivre avec les répercussions surtout en ce temps-là et dans le milieu de la bourgeoisie.


Quand à son habitude, l'auteure met un point d honneur à décrire chaque personnage : lieu de vie, caractère mais aussi la psychologie. Mais elle a été maligne car elle a détaillé la totalité du côté psy quasi à la fin. Les bras m en sont tombés. Car certains personnages cachaient bien leur jeu.


La plume d Amélie de Lima est sombre, addictive, subtile et imaginative. l'histoire se tient de bout en bout. Elle a une facilité déconcertante à vous entraîner rapidement dans son histoire que ca en est destabilisant. J ai kiffé grave (comme disent les jeunes). Mais un bémol néanmoins : je l ai lu trop vite tellement j'ai été absorbée par l'histoire. Un excellent moment passé en compagnie d Estelle. Une question : à quand le suivant ? 😁❤️❤️❤️❤️
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Citations et extraits (50) Voir plus Ajouter une citation
Estelle avait décidé de troquer son carré long ondulé contre une coupe à la garçonne. Elle ne supportait plus cette tignasse qu'il avait empoignée. Elle les aimait pourtant, ses cheveux ; comme on aime être un être cher, comme on aime un être cher, mais le souvenir de cette nuit-là était bien plus fort que l'amour qu'elle leur portait. Chaque fois qu'elle les brossait le matin, elle sentait les mains de l'homme les agripper derrière elle. Ce soir-là, ses cheveux devinrent une arme qui avait agi contre elle. Lorsqu'elle arriva au salon, de bon matin, elle fut prise en charge par Martin, un coiffeur recommandé par sa mère.
- Qu'est-ce qu'on fait ? lui avait-il demandé.
- On coupe tout.
- Comment ça, tout ? 
-Tout, je veux tout couper. Faites-moi une coupe très courte, s'il vous plaît. Le coiffeur leva les yeux au ciel, se demandant ce qui pouvait bien lui passer par la tête pour désirer un tel changement.
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Elle sentait le souffle chaud de son agresseur dans sa nuque et, chaque fois qu’il lui empoignait les cheveux pour coller sa peau moite contre la sienne, un haut-le-cœur s’emparait d’elle.
Il sentait la transpiration, mêlée à une odeur désagréable d’eau de toilette bon marché et de tabac froid qui émanait de ses gants.
Au bout de quelques minutes, une éternité, l’homme termina sa besogne en silence ; la relâcha. Elle tomba de tout son poids sur le sol encrassé. Ses muscles, son cerveau, son corps tout entier ne lui répondaient plus. Elle était là, allongée sur le sol poisseux en position fœtale, comme si elle attendait quelque chose ou au contraire, qu’elle n’attendait plus rien.
La sentence.
L’achèvement incertain.
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Elle sentait le souffle chaud de son agresseur dans sa nuque et, chaque fois qu’il lui empoignait les cheveux pour coller sa peau moite contre la sienne, un haut-le-cœur s’emparait d’elle. Il sentait la transpiration, mêlée à une odeur désagréable d’eau de toilette bon marché et de tabac froid qui émanait de ses gants. [...]
Elle tomba de tout son poids sur le sol encrassé. Ses muscles, son cerveau, son corps tout entier ne lui répondaient plus. Elle était là, allongée sur le sol poisseux en position fœtale, comme si elle attendait quelque chose ou au contraire, qu’elle n’attendait plus rien.
La sentence.
L’achèvement incertain.
Elle ferma les yeux pour ne rien voir, pour éviter l’horreur qui se profilait.
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Son petit jeu, au début inoffensif, devint une obsession qu’elle ne pouvait cacher aux yeux des autres. Les ouvriers commencèrent à jaser. On mit en garde le jeune homme sur cette relation déplacée. Il devait garder ses distances, au risque de perdre son emploi. Il s’agissait de la fille du patron, et lui n’était qu’un pion dans cette histoire, son nouveau jouet, car bientôt elle s’ennuierait de lui et se trouverait une autre occupation. Lui ne voyait pas cette relation du même œil. Il commençait même à s’attacher sérieusement à elle. Souvent, la nuit, il se surprenait à rêver d’elle. Il imaginait glisser ses doigts dans ses boucles dorées, et poursuivre son voyage jusqu’à ses dessous parfumés.
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Sylvain était un être ignoble caché derrière un sourire charmeur, un costard étriqué et une vie de famille déguisée. Un arnaqueur de l’amour, un pervers se pavanant dans un microcosme pernicieux où tout lui était permis. Je feignis d’être d’accord avec lui. La vérité était que je ne partageais pas ses réflexions. Pour moi, la seule femme qui méritait d’être châtiée, c’était la Garce ; parce qu’elle l’avait mérité. Pour les autres, celles que je ne connaissais pas, il m’était impossible de songer à les frapper. Je n’étais pas un déséquilibré, je voulais juste me venger.  
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