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ISBN : 2226238328
Éditeur : Albin Michel (31/08/2011)

Note moyenne : 3.68/5 (sur 37 notes)
Résumé :

"J'ai un physique agréable, mais je mords. Attirant et venimeux. Des gens comme moi, il faudrait les fusiller, qu'ils n'aillent pas répandre leur venin. Les Etats ont bien raison, ils s'y prennent même trop tard, il faudrait abattre préventivement les êtres capables de détruire. Je suis un chien enragé".

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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
brigittelascombe
  06 octobre 2011
Au pied de la lettre ou pied de nez?
Alors que s'affiche dans tous les librairies et bibliothèques branchées le Limonov d'Emmanuel Carrere, sélectionné pour le prix Goncourt 2011, qui nous jette en pâture, un Edouard Savenko alias Limonov à la Dostoïevski, dissident soviétique, chef du parti national bolchévique "à l'aura impérieuse,énergique,impalpable", brun-rouge à la fois communiste et fasciste,écrivain hétéro sulfureux "à mi chemin entre la rock star et le marin de bordée", explose Journal d'un raté comme un immense éclat de rire d'un Limonov provocateur(est-il fou ou se fout-il de nous?) et odieux qui se joue de ses frasques et déballe son sexe pour choquer comme un Serge Gainsbourg brûlant ses billets de banque face au téléspectateur outré!
Voici de l'intime, un portrait on ne peut plus anticonformiste, celui d'un exilé écartelé entre présent et passé.
Il pleut des adjectifs comme il pleure sur New-York enneigée.
Solitaire:"Nulle part où aller","Aucun compagnon de bouteille" pour trinquer.
Jouissif sans foi ni loi: femmes, hommes, petites filles,tout l'attire, même les prostituées, "une mi-jolie mi-vulgaire" pourquoi pas?
Provocateur:"Vous aimez l'expression guerre civile?", s'interroge-t-il au faite de sa dualié. "Moi beaucoup."
"J'aime la folie.Toute ma vie en est un exemple."
"Je ne cultive pas la logique mais la jouissance"
Sado-maso:"L'un de nous est la victime,l'autre le bourreau.De temps en temps on inverse les rôles."
Cruel:"Et quand j'ai envie de faire souffrir quelqu'un je sors dans la nuit en quête de victime."
Suversif:New-York aux "ordures les plus belles de la terre."
Exhibitionniste:avec ses "séances de masturbations où il avale son sperme" et de zoophilie.
Violent:"J'ai toujours un couteau dans la poche" pour le caresser, mais, engagé dans une cause, il a tué aussi "nous fusillames les soeurs à l'aube" et reste sûr de cette nécessité.
Malhonnête:la fausse monnaie et les vrais profits.
Il parle,il parle,il parle de lui Limonov,le narcissique,et saute du je au il allègrement.
Il évoque un peu tous les sujets,touche à tout de l'indicible, commente un journal russe,évoque la marijuana,dit la mort,"regarde sa merde dans les cabinets",revit l'amour,s'insurge contre la faim,poétise,flashe sur une baby-sitter de treize ans,"déteste les vieilles ladies pleines aux as" et "la cover-girl horrible au pied du lit", aime le poivre noir,les parfums et les liqueurs,veut réduire les banques en cendres",dresse un bilan de sa vie, de la vie d'un loser?
Le bien et le mal s'affrontent,parfaite schizophrénie du "poète aux ailes de verre" qui voudrait s'appeler "Comrade Z" pour commencer une autre vie!
"Pourquoi le destin m'a-t-il conduit à Broadway? s'interroge-t-il.
Confession ou autodérision? En tous cas un destin hors normes!
A lire!
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Hardiviller
  30 mai 2015
Ce Journal d'un raté est à la fois tout ce qu'en on dit les autres critiques , mais ce n'est pas un déballage complet des crapuleries par ce Limonov commises . En effet il créa un parti soit disant d'opposition à Poutine , rassemblant autour de celui-ci diverses personnes séduites par une alternative a tout sauf P , puis quand le vent tourna , rassemblant tout son courage , se rallia à P trahissant ainsi Anna Politkovskaï et autres .Nul ne l'a vu versant une larme sur le triste sort que le pouvoir réserva à Anna P . Que voila un triste sire !
Il y a au moins quelqu'un ayant de l'empathie à son égard , le ci-devant Carrére , se demande -t'on pourquoi ?
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MonsieurO
  12 novembre 2010
« Voyou a Kharkov, poéte underground à Moscou, loser magnifique à New York, écrivain branché à Paris, soldat de fortune dans les Balkans et, à Moscou de nouveau vieux chef d'un parti de jeunes révolutionnaires » , Édouard Limonov n ‘est encore pourtant, au moment où il écrit ces quelques lignes, qu ‘un émigré russe sans le sou, un marginal vivant des expédients les plus divers : un raté.
Obsédé sexuel aux penchants pédophiles, fascistes et révolutionnaires, il tire de son quotidien la sève d ‘un autoportrait manifeste : le Journal d ‘un raté, où fantasmes, révoltes et haines forment un magma où ne subsiste que la plume amère de l ‘indigent.
Seul et désoeuvré, Limonov trépigne, hurle et baise dans l ‘attente d ‘une révolution qui ne vient pas. Peu lui importe les « lendemains qui chantent » ou le pouvoir, ils ne remplaceront jamais l ‘excitation furieuse et nostalgique des journées sanglantes de la révolution.
Provocateur, injurieux, obscène, Limonov se complait dans la révolte, balaye conventions sociales et morales d ‘un seul et même revers dont l ‘écho se perd systématiquement dans les méandres de ses propres fantasmes. Derrière le parfait raté, abominable et fascinant, se dessine déjà le portrait du « dernier des possédés » décrit par Emmanuel Carrère, nourrit au sang de la révolte et guidé par une seule et même hà¢te : agir, agir, agir !
Lien : http://monsieur-o.fr/2008/03..
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PierreJouvest
  23 janvier 2013
Dans cet ouvrage, le sulfureux Edouard Limonov raconte sa vie new-yorkaise entre hôtel minable, errances nocturnes, baises sans et amour sans baise, adulation de la littérature de combat et narcissisme outrancier.
Il y a un style, sa désespérance est certaine et sa haine abyssale du système , des autres et de lui-même est abyssal. Dans ce texte Limonov se complait dans une désespérance qu'au fond il affectionne. La pauvreté lui va bien, le désespoir aussi. Mais cette suite de vignettes désespérées ne suffit pas à faire un chef-d'oeuvre. On compatit avec l'homme et avec ce malheur consubstantiel qu'il emmène partout avec lui mais on se force un peu à tourner les pages pour voir jusqu'où il va descendre. La fille de Neandertal, la cantatrice chauve, la gouvernante du millionnaire, il s'abaisse accoucher avec les femmes qui le dégoûtent le plus.
Seule la belle Hélène, dont il a divorcé, trouve grâce à ses yeux.
Ce livre est plus un témoignage narcissique sur un homme qui se construit une statue, un destin de poète maudit qu'une grande oeuvre littéraire.
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liratouva2
  20 avril 2013
Le journal d'un raté a été écrit par Edouard Limonov alors qu'il venait d'émigrer, à 34 ans, en 1975, de la Russie à New York.
Pour gagner sa vie, il faisait un peu tous les métiers, de correcteur dans un journal russe à valet de chambre chez un millionnaire, en passant par garçon de café, cuisinier, docker, terrassier, etc.
Solitaire, il écrit de courts textes très variés sur ses observations de la journée, ses remarques sur la société, ses souvenirs, ses pulsions sexuelles, son besoin de révolte. Il se donne le rôle du vaurien, fier de ses fantasmes de marginal exilé et piégé par une nouvelle société qui le rejette et qu'il vomit à son tour.
Ce sont ces textes non datés qui ont été publiés en tant que roman, en 1982, en France où il vivait désormais, puis édités à nouveau en 2011 à la suite du succès du livre d'Emmanuel Carrère sur sa vie: Limonov.
Pas question de juger l'homme qui se présente ici: je le détesterais dans la vie courante, très certainement et c'est ce qu'il recherche, de toutes façons: la haine, le rejet, la mise à l'écart tout en aspirant à être admiré et exemplaire dans le rôle qu'il s'est choisi en littérature: celui du marginal révolté et rageur, poète maudit à ses heures, tenté par un destin politique actif et extrême.
Ayant lu ce livre le jour des explosions de Boston, je ne peux éviter ce rapprochement. Violence et carnage. Haine et destruction. L'horreur absolue.
C'est le paradoxe avec ce livre. Je ne sais pas la part du réel dans ce qui est raconté ici, dans ce qui se nomme journal mais aussi roman.
Pour l'apprécier je dois éloigner les aigreurs morales qui me montent aux lèvres, accepter les outrances pour ce qu'elles se présentent et m'évoquent avant tout: une ardeur poétique basée sur la noirceur, le sexe, la violence. Ça brûle et ça glace à la fois. Une beauté diabolique en somme.
Lien : http://liratouva2.blogspot.f..
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
MonsieurOMonsieurO   12 novembre 2010
Il y a du sang sale et misérable, et il y en a du sanglant, du pur… un sirop. Bombardez-moi donc écrivant best-seller, faites-moi gagner un million du jour au lendemain : avec ce fric, je me procurerai des armes et susciterai un soulèvement dans n ‘importe quel pays. [...]

Des gens comme moi, il faudrait les fusiller, qu ‘ils n ‘aillent pas répandre leur venin. Les États ont bien raison, ils s ‘y prennent même trop tard, il faudrait abattre préventivement les êtres capables de détruire.
Je suis un chien enragé.
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MonsieurOMonsieurO   12 novembre 2010
Je n ‘ai jamais rencontré la personne devant laquelle je pourrais m ‘agenouiller, m ‘incliner jusqu ‘à terre, dont je baiserais les pieds. Puis la suivrais et la servirais… Non, cette personne n ‘existe pas. Tout le monde sert. Personne ne mène. Personne n ‘entraîne sur un nouveau chemin. Il n ‘y a personne sur le chemin.
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TomsolubleTomsoluble   14 septembre 2010
Il m'arrive de penser du bien de la police. Elle nous protège de nous-mêmes, seuls et désespérés. Que nous n'allions pas nous massacrer les uns les autres. Mains en cas de révolution, elle n'a plus qu'à se mettre sur la touche. Ne vous mêlez pas de ça, les moustachus, ce n'est pas vos oignons, vous n'empêcherez rien. Le changement est en marche. Fondez-vous dans le peuple, ou c'est lui qui vous piétinera. Nous vous piétinerons. Si vous voulez, participez. Notre révolution vous appelle aussi. Elle convie même les riches. Elle n'est pas contre les gens, elle est contre cette civilisation.
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liratouva2liratouva2   20 avril 2013
Il faut affronter la mort avec fermeté et en beauté. Posant, provoquant, plastronnant, comme à la fête. Il vaut mieux en sourire.
Il le faut, qu'on le veuille ou non, qu'on sache ou pas. Les genoux qui flageolent? Calme-les, bouge un peu, que ça ne se voie pas , et si les larmes te viennent, esclaffe-toi, qu'on croit que c'est du rire.
La mort est l'affaire la plus grave. Il faut s'y préparer. Une mauvaise mort peut gâcher la vie la plus héroïque. Si notre naissance ne dépend pas de nous, notre mort, si. L'hystérie, la précipitation sont à déconseiller.
Il faut de la mesure. De toute façon on s'en ira. Mais on n'en a jamais envie.
Alors va t'en soit avec un air important, sec, mesuré, ou bien mieux, disparais en voyou, en sifflant et en jetant: "Putain d'ta mère!"
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liratouva2liratouva2   20 avril 2013
Parmi les peuples s'installent généralement des ratés. La grande et vaillante tribu des ratés est disséminée sur toute la terre. Dans les pays anglo-saxons, on les appelle communément des "losers", c'est-à-dire des perdants. (...)
A signaler un de leurs traits caractéristiques: les hommes et les femmes de cette tribu qui réussissent renient facilement leurs congénères, ils adoptent les us et coutumes du peuple au sein duquel ils ont fait fortune, et plus rien ne vient alors rappeler qu'ils appartinrent une fois à la glorieuse tribu des ratés.
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Videos de Edward Limonov (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Edward Limonov
C'est ce destin hors du commun qu'Emmanuel Carrère relate dans son livre "Limonov" qui a obtenu le prix Renaudot. Edouard Limonov a reçu l'AFP dans un appartement de Moscou, jeudi 3 novembre. Il raconte sa joie d'être mieux reconnu en France et regrette les clichés qui circulent sur lui. Il dit également continuer à combattre pour des élections libres dans son pays.
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