AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782916207629
256 pages
Éditeur : Editions Ca et Là (24/11/2011)

Note moyenne : 3.94/5 (sur 34 notes)
Résumé :
Au delà de l’affaire des frégates, Taïwan nous évoque en général peu de chose au regard de la complexité de son histoire et de sa culture. Li-Chin Lin, née en 1973 dans la campagne taïwanaise, et qui vit en France depuis dix ans, nous raconte son histoire. Elle aborde avec franchise et beaucoup de recul son enfance, tiraillée entre la culture de sa famille (ses grands parents parlent le japonais, souvenir des colonisateurs et langue honnie par le régime), ses envies... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
  07 novembre 2019
Une bande dessinée sur Taïwan d'habitude ne m'aurait pas tentée du tout, et c'est
encore un billet d'un ami babeliote, gonewiththegreen, qui me l'a fait acheter, et s'est avéré relativement une bonne décision. Car à vrai dire j'avais peu de connaissances sur cette île, à part les quelques notions d'histoire, forcément connues un tant soit peu par qui s'intéresse à cette partie du globe.
L'histoire en elle-même ne m'a pas vraiment emballée. Les injustices, la corruption politique, les mensonges, l'ambition des parents qui ne correspondent pas à celle de leur progéniture...... bref rien de nouveau, ni de passionnant. Par contre j'ai appris sur les problématiques de langues ( les langues aborigènes, le hakka, le holo, le mandarin ), les cultures taïwanaises étouffées au profit de la culture chinoise, l'histoire de l'île avec la colonisation japonaise, le massacre du 28 février 1947 ( Massacre 228 - 20000 à 30000 morts), la dictature de Chiang Kai-Chek aussi redoutable que celle de Mao.... Colonisées par les hollandais puis par les japonais, gouvernées par les régimes Chiang, père -fils, les taïwanais n'ont jamais pu décider par eux-mêmes .
Mais en faites qui sont ces taïwanais ? Aborigènes, Hakka, Holo, WSR ???
L'auteure, qui a un père Holo et une mère Hakka se présente comme taïwanaise
"De souche " ?
Bref une île à la personnalité confuse, à l'histoire compliquée et à la relation délicate avec la Chine, que les Chinois ont anéanti avec leur langue et leur "inculture". Quand à la BD je l'ai trouvé graphiquement intéressante, simple mais efficace comme expression à part la grosse coquille déjà signalée par mon ami babeliote gonewiththegreen, une coquille impardonnable page 224.
Plus je lis, plus je m'en rend compte que démocratie, égalité, fraternité, liberté. honnêteté sont des notions que beaucoup de monde déclame en théorie mais une fois qu'on arrive à la pratique, au concret , elles se volatilisent.......L'insoutenable attraction de l'ego, du pouvoir, de l'argent ...... éradique tout ! Pourtant existe encore quelques
personnes qui vivent dans leur propre monde, hors de ces sphères qui arrivent quand même à nous donner l'espoir que tout n'est pas encore perdu !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          872
Nastasia-B
  10 juillet 2013
Formose est un roman graphique en noir et blanc assez épais (250 pages) dont les dessins sont réalisés au crayon avec une assez grande liberté, tantôt dans des cases bien délimitées, tantôt dans un format qui rappelle un peu la case mais sans le cadre habituel et tantôt avec un abandon total de la délimitation.
Artistiquement, ceci permet d'offrir, par moments, des dessins en pleine page.
L'auteur, Li-Chin Lin, une jeune indigène émigrée depuis en France, nous ouvre les yeux, au travers de cette autobiographie, sur la situation politique et culturelle de son île natale, Taïwan.
On en apprend donc beaucoup (sauf si l'on avait au préalable de solides bases sur l'histoire de l'île) sur la façon dont l'île a été peuplée, colonisée par vagues successives : aux origines par des aborigènes (langue Holo), puis par des Mandchous (langue Hakka) au XVIIème siècle après une brève intrusion occidentale des Hollandais et des Espagnols, puis par des Japonais à la fin du XIXème, et enfin par des « républicains » Chinois au milieu du XXème suite à la prise du pouvoir en Chine par les communistes de Mao Zedong.
Li-Chin Lin, née en 1973, nous fait partager son chemin personnel de prise de conscience et d'édification, par poussées successives, décrivant tour à tour l'endoctrinement de la jeunesse, l'asphyxie programmée des cultures présentes dans l'île avant l'arrivée des chinois, le gant de fer des autorités dictatoriales, le formatage systématique, le sentiment d'infériorité des ruraux du sud face aux citadins du nord, le fractionnement culturel et idéologique des familles, le système scolaire stakhanoviste, le circuit occulte de l'argent et son lien avec la politique, et bien d'autres aspect encore.
L'ouvrage n'est pas exactement présenté de façon chronologique, bien que l'on s'en approche, mais plutôt par thèmes ou par événements. Cela produit une vision parfois un peu brouillonne, un peu fourre-tout, pas très organisée ni hiérarchisée, qui a tous les inconvénients de la spontanéité, mais aussi, pour notre plus grand plaisir, qui en a aussi tous les avantages.
On navigue entre une vision clairement engagée et une vision qui se voudrait plus objective, entre une vision personnelle et familiale et une vision historico-politique plus documentaire, ce qui m'a donné une sensation d'inachèvement où l'angle d'attaque n'a pas été clairement défini. Comme ces oeuvres de jeunesse où l'auteur veut tout dire, en une seule fois, en un seul ouvrage.
Cependant, puisqu'il s'agit d'un récit autobiographique, on peut comprendre le travail si spécifique de la mémoire, les souvenirs qui affluent par vagues et par anecdotes plutôt que selon un fil plus linéaire comme on en a l'habitude lors des évocations historiques ou politiques.
Enfin, Li-Chin Lin, qui vit désormais en France depuis une dizaine d'années, nous place un miroir devant les yeux et nous fait sentir le rôle et la position troubles des "démocraties", avec Paris qui ferme les yeux sur l'espionnage et l'intimidation chinois des indépendantistes taïwanais et les méthodes plus que musclées de la réputée très calme Suisse, qui n'est pas sans rappeler certains aspects de la dictature que les Taïwanais dénonçaient en 2009 à Genève.
Pour conclure, un roman graphique plaisant, riche et parlant, que je conseille volontiers, un peu dans l'esprit de Persepolis de Marjane Satrapi ou de Pyongyang de Guy Delisle, sans être toutefois aussi al dente à mon goût, mais ceci n'est que mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          570
gonewiththegreen
  02 novembre 2019
Taïwan , qu'est ce que cela évoque pour vous ? Les frégates , le célèbre "made in ". Éventuellement une grande tour et le refuge des vaincus de Mao. On en est là pour la majorité d'entre nous.
A travers un roman graphique , Li_Chi Lin nous raconte son enfance , jusqu'à l'université .Elle qui a quitté son pays pour venir vivre en France.
elle nous raconte la mixité culturelle de son pays et les minorités que l'on a "chinisées" à partir de 1945 et la cession par le Japon de l'ile aux Chinois.
Elle raconte la dictature de "Chiang", père et fils et le devoir de se plier à la culture chinoise pour réussir.
La culture du mythe par le Kuomintang fait peur mais finalement ne surprend pas.
L'auteur traduit bien son changement d'attitude et sa compréhension du monde dans des discussions rêvées avec Chiang Kai Tchek ou Mao.
La corruption, la propagande , les débuts balbutiant de la démocratie, la délation, le "massacre 228" en 1947 , tout est relaté à travers un graphisme particulier qui fait une large part aux pensées de l'auteur et rend l'ouvrage singulier.
Une belle porte d'entrée dans l'histoire de ce pays, largement méconnu et qui vit dans la terreur des missiles que l'omnipotent voisin a pointé sur lui.
Je me permets quand même une remarque .il est écrit à la page 224 que Sun Yat Sen (fondateur du Kuomintang et un des principaux artisans de la fin du pouvoir des empereurs Qing) a été expulsé de Chine en 1949.
Or il est mort en 1925. Dommage, mais peut être est ce moi qui fait erreur.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          298
colimasson
  03 octobre 2013
Li-Chin Lin se considère comme une rescapée miraculeuse de la propagande taïwanaise en faveur du régime dictatorial du Kuomintang. La première partie de Formose nous donne une vision de cet endoctrinement, tel qu'il le fut vécu par l'âme innocente d'un enfant –qui pourrait être également l'âme innocente d'un adulte ignorant. Mais au fait, est-il possible de n'avoir jamais connu autre chose que les discours manipulateurs du parti au pouvoir ? Après réflexion, l'existence d'une telle catégorie de taïwanais semble improbable. Les habitants de Formose, soumis à la colonisation depuis le IIe siècle, n'ont jamais perdu l'unité d'une culture qui leur est propre et que les nombreuses vagues de peuplement n'ont jamais réussi à dissiper. Si les discours officiels du Kuomintang sont convaincants, ils ne le sont toutefois pas assez pour faire disparaître des siècles de traditions.

Au moment où Li-Chin Lin est enfant, Taïwan est soumise au joug chinois. Celui-ci succède directement à la colonisation japonaise et s'évertue à vilipender les gouvernements précédents pour mieux imposer la légitimité de sa domination. le 20e siècle voit s'affronter l'âme taïwanaise, l'ombre japonaise et le corps chinois. Entre ces trois cultures, définies par trois langues et trois paradigmes différents, la petite fille voit apparaître ses premières contradictions identitaires. Richesse ou schizophrénie destructrice ? Li-Chin Lin semble avoir personnellement peu pâti de ces affrontements culturels -elle a plutôt su en percevoir la richesse- mais l'identité de la Formose millénaire n'est pas du même avis.

Sans haine ni regrets, Li-Chin Lin raconte la crédulité et l'aveuglement –couplé au silence de sa famille- de ses années d'enfance et d'adolescence. le réveil n'est permis qu'à ceux qui auront survécu à la pression des exigences lycéennes et qui auront négligé la voix royale des études techniques pour se lancer dans une formation obsolète –dans l'étude de l'histoire, par exemple. La propagande se dévoile, révélée par les discours de professeurs intègres qui cessent enfin d'être à la solde du régime. Même ainsi, l'apprentissage de la réalité est violent –pourquoi croire en ces discours plutôt qu'en ceux du Kuomintang ? le temps viendra à bout des dernières réticences de l'auteure, jusqu'à ce qu'elle prenne progressivement conscience de l'oppression vécue par Taïwan, et jusqu'à ce qu'elle comprenne les raisons de la pérennité dictatoriale. Aucun pays puissant au monde n'a intérêt à défendre les intérêts d'une île aussi économiquement insignifiante que Formose. La faute aux taïwanais silencieux ; aux japonais obséquieux ; aux chinois tyranniques ; au monde indifférent ; la faute à tout le monde et à personne, car nul endroit au monde n'est meilleur ou pire que Taïwan. C'est la conclusion à laquelle aboutit Li-Chin Lin lorsqu'elle se rend à une manifestation pacifique à Genève pour défendre les droits de l'homme –où elle finit menottée !

Dans cette perspective apparemment pessimiste, l'auteure laisse toutefois l'espoir se manifester. Quoique tyrannique, injuste et violente, l'histoire fonde durablement une trame culturelle qui nourrit sa population, à condition que celle-ci soit consciente des processus qui se jouent trop souvent à son insu. Et pour commencer à pallier à cette ignorance, cette bande dessinée étonnante, accessible et enrichissante mérite le détour.
Lien : http://colimasson.over-blog...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          182
Villoteau
  11 juin 2012
Li-Chin Lin est une Taïwanaise qui anime des ateliers de création de BD en Rhône-Alpes où elle réside. La reconstitution de son regard d'enfant et d'adolescente de l'époque qui précède la transition démocratique constitue l'ossature du récit de Formose. le graphisme est donc de tonalité naïve. le lecteur commencera par lire l'avant-dernière page intitulée “Repères“ car elle résume l'histoire de l'île du début du XVIIe à nos jours puis la postface qui la précède juste avant. Sa première lecture en deviendra ainsi plus pertinente. L'ouvrage montre combien l'éducation à Taiwan survalorisait la culture chinoise traditionnelle et que celle-ci était parfois bien étrangère à l'univers tropical taïwanais. Ainsi les élèves devaient reproduire des thèmes paysagers reflets de la Nature d'entre le Fleuve bleu et le Fleuve jaune alors que leur univers était tropical. L'auteure (née en 1973) est d'origine chinoise mais ses ancêtres, comme la majorité des habitants de l'île, sont venus de la province continentale voisine du Fujian entre 1650 et 1850 et deux générations de sa famille ont connu l'occupation japonaise. Aussi son univers culturel est bien différent de celui imposé à l'école par un gouvernement nostalgique de la Grande Chine ; obligée d'y adhérer formellement, elle trouve des poches d'oxygène pour s'en détacher partiellement. le contenu de l'ouvrage est essentiellement un rappel de l'endoctrinement et de la mainmise politique du Kuomintang (Guomintang) depuis son retour à la Chine en 1945 jusque dans les années quatre-vingt. L'époque de transition démocratique dans les années 1990 est vue à travers la personnalité du président Li Teng-hui et le développement des radios libres. La fin de l'ouvrage évoque les efforts de certains citoyens pour construire (non sans risque pour leur vie) une alternative politique. Celle-ci permet l'élection puis la réélection d'un président autonomiste (en 2000 et 2004) sans toutefois que l'ensemble de son camp n'obtienne jamais la majorité au parlement. Ce livre sert de point d'appui solide pour comprendre les tensions intérieures et extérieures à venir d'une île aux populations fort diverses. Il constitue un point d'appui solide pour comprendre les tensions autour de l'avenir d'une île, tensions qui pèsent sur toutes les relations entre les USA et la Chine. Ce livre reflète l'inquiétude de la majorité des Taiwanais (et pas seulement de ceux qui votent pour les partis d'opposition) face à leur devenir politique et une situation économique qui a vu nombre d'hommes d'affaire de l'île opérer une délocalisation de leurs activités sur l'île.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          150


critiques presse (3)
Lexpress   10 janvier 2012
S'il se lit d'une traite, cet épais volume apprendra aussi beaucoup au lecteur occidental, ignorant à peu près tout de l'histoire chinoise. Mais ce n'est pas son seul intérêt : chemin faisant, on s'attache aux pas d'une jeune Taïwanaise - l'auteure, ingénue mais dotée d'une réelle force de caractère.
Lire la critique sur le site : Lexpress
BDGest   13 décembre 2011
Il n’en reste pas moins que cet ouvrage est primordial pour qui veut comprendre la réalité de l'île, loin des clichés la réduisant à une province chinoise. Il a surtout le mérite de montrer les multiples facettes d’une société partagée entre plusieurs influences, contre son gré, et de nous présenter un pays méconnu qui cherche à retrouver son identité propre et à prendre enfin en main son propre destin, à l’heure où d’autres voudraient le lui reprendre. À lire.
Lire la critique sur le site : BDGest
BoDoi   08 décembre 2011
Formose pâtit d’un manque de concision, qui dilue l’émotion au profit d’une abondance d’informations. Et le trait est encore trop frêle pour fasciner à chaque page. Néanmoins, pour un premier livre, voilà un ouvrage qui mérite le détour, en raison de son intérêt politique et de la révélation d’une auteure à suivre.
Lire la critique sur le site : BoDoi
Citations et extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   12 février 2013
Ces filles parfaites étaient si nombreuses que je n'ai pas tardé à perdre mon aura du collège. Je n'étais plus qu'une minuscule planète à côté de ces soleils. En y repensant, ça a été plutôt positif pour moi de réaliser que je n'étais pas toujours la meilleure. (...) Finalement j'ai compris que j'étais très ordinaire.
Commenter  J’apprécie          170
Nastasia-BNastasia-B   24 janvier 2013
Le soir, on restait au lycée pour étudier. (...) Vivre ne servait qu'à réussir. Mon cerveau était bourré de connaissances. Je connaissais les chemins de fer chinois par cœur, mais pas grand-chose sur Taïwan. J'apprenais beaucoup, mais mon âme était vide.
Commenter  J’apprécie          160
Nastasia-BNastasia-B   12 décembre 2012
Ça nous rend nostalgiques d’entendre les chansons en Taïwanais, en Hakka ou dans les langues aborigènes même si on vit encore sur l’île. On ne peut pas être nationalistes. C’est quoi notre pays ?
Commenter  J’apprécie          190
Nastasia-BNastasia-B   02 janvier 2013
À cette époque, il n'y avait ni internet, ni Wikipédia. Les adultes se montraient critiques à la maison, mais ils ne nous ont jamais parlé de l'histoire qui a été effacée des livres scolaires. J'aimais lire, mais aucun livre ne parlait de la véritable histoire de Taïwan. Aucun.
Commenter  J’apprécie          130
Nastasia-BNastasia-B   05 novembre 2012
- Ne t'inquiète pas. On est en France, le pays des droits de l'homme. Liberté, égalité, fraternité.. aie confiance !
- Mais ce pays a besoin de vendre ses TGV, ses Airbus et ses centrales nucléaires à la Chine... Nous ne comptons pas pour eux.
Commenter  J’apprécie          130

Lire un extrait
autres livres classés : taïwanVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox

Vous aimez ce livre ? Babelio vous suggère




Quiz Voir plus

Les écrivains et le suicide

En 1941, cette immense écrivaine, pensant devenir folle, va se jeter dans une rivière les poches pleine de pierres. Avant de mourir, elle écrit à son mari une lettre où elle dit prendre la meilleure décision qui soit.

Virginia Woolf
Marguerite Duras
Sylvia Plath
Victoria Ocampo

8 questions
1106 lecteurs ont répondu
Thèmes : suicide , biographie , littératureCréer un quiz sur ce livre