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EAN : 9791020906427
180 pages
Éditeur : Les liens qui libèrent (13/06/2018)

Note moyenne : 3.67/5 (sur 9 notes)
Résumé :
Pour la première fois des intellectuels et des écrivains prennent partis pour la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. Ils expliquent que la « zone à défendre » est bien plus qu’un bout de bocage. Dans un monde où tout doit être normé, catalogué, mesuré, homogénéisé, s’y inventent de nouvelles formes de vies et de liberté. C'est un carré de mauvaises herbes dans un paysage artificialisé, calibré, et bétonné.

Sur la ZAD, on existe en commun et on cohabite avec... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
topocl
  15 septembre 2018
La ZAD, c'est l'imagination comme force politique C'est un assemblage d'hommes et de femmes d' opinions et d'intérêts très divers, qui essaient - pas facile -de vivre ensemble dans une solidarité, malgré les dissensions, en respect des autres espèces, du vivant et de la terre en général.. C'est bien plus qu'une opposition à un aéroport, et cela tente de survivre à l'abandon du projet. C'est une piste pour aujourd'hui, une alternative là où on nous fait croire qu'il n'y en a pas, et peut-être tout simplement une solution pour demain. Un lieu d'espoir pour beaucoup, en tout cas.
Alors pourquoi tant de haine, tant de gendarmes et de grenades? Pourquoi cette disproportion si ubuesque? C'est,  en face, le refus d'un possible identifié comme chaos terrorisant, l'Etat de droit comme radeau salvateur, la puissance économique comme guide.
Les 16 petits textes qui constituent ce livre ont été produits dans l'urgence de l'attaque militaire de la ZAD en avril 2018, et chacun présente son point de vue, sa façon de voir, à sa façon d'écrivain, de sociologue, d'historien, de philosophe, d'architecte, etc... Certains ont séjourné, voire vivent,  dans la ZAD, d'autres se sont  contentés de sympathiser de loin.  C'est sans doute cette urgence, et la forme brève imposée, qui font qu'on a parfois un peu l'impression de tourner en rond, d'un travail peu abouti, d'une naïveté commune voir la victoire à deux pas. L'inconvénient aussi d'un tel ouvrage, et inhérent à son concept (concept dont on se demande si le principal objectif n'est pas de récupérer des fonds, puisque les bénéfices seront reversés aux activités de la Zad, ce qui est louables, mais cette noble cause conduit vite à accepter  le côté moyen du bouquin) c'est le côté hagiographique que vient seule entacher Amandine Gay qui, tout en le respectant,  fustige ce combat de privilégiés blancs
Apothéose finale et poétique, avec la nouvelle d'Alain Damasio. "Hyphe", qu'on peut lire ici : https://www.vice.com/fr/article/bj3b7d/alain-damasio-imagine-la-zad-en-2045. Autrement dit la ZAD en 2045, ce monde magique a survécu,  leurs belles causes et leurs petites querelles, l'utopie se poursuit et résiste malgré Suez et LVMH qui rôdent.
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ErnestLONDON
  13 juin 2018
Écrit dans l'urgence de l'expulsion de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, ce livre regroupe les textes de seize personnalités intellectuelles, littéraires et artistiques cherchant à penser l'importance de ce qui se joue là.
(...)
Étrange sensation que de sauter ainsi d'un point de vue à l'autre. L'exercice permet finalement de les confronter tour à tour à son propre avis, d'approfondir ses réflexions, de les porter à ébullition, et donnerait presque envie de jeter quelques notes personnelles sur les pages blanches finales. Malgré quelques bénéfiques divergences, le constat est unanime : c'est bel et bien un épisode de la guerre civile en cours qui se joue là, l'écrasement d'une preuve bien vivante qu'un autre monde est possible. C'est pourquoi, même si cet ouvrage ne le dit pas, il faut rejoindre les Comités de soutien de la ZAD, aller y faire un tour, apporter sa pierre à l'édifice, reconstruire ce qui a été détruit, écouter aussi la parole de ceux qui y vivent.
Article complet en suivant le lien.
Lien : https://bibliothequefahrenhe..
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Bequelune
  15 septembre 2018
Tout l'intérêt de ce livre est d'avoir rassemblé des points de vue de sensibilité diverses sur une des expériences politiques les plus intéressantes de ces dernières décennies dans l'hexagone. Entre un Bruno Latour qui en appelle (sans doute très naïvement) à l'Etat afin qu'il s'inspire de NDDL, et un David Graeber qui parle gentiment de combat anarchiste comme il sait si bien le faire, eh bien on trouve un Pablo Servigne qui déroule son maintenant traditionnel couplet sur l'effondrement, un Alain Damasio qui imagine avec sa si jolie langue toujours réinventée des futur-es zadistes, ou plus piquant et surprenant une Amandine Gay qui questionne le privilège blanc dans les luttes militantes. Et il y en a bien d'autres à avoir écrit.
Bref, un bon recueil, pas homogène si sur le fond ni sur le format des textes, et c'est très bien comme cela : après tout la ZAD est diverse, forte justement de cette belle hétérogénéité. Alors vive les mauvaises herbes !
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LEFRANCOIS
  05 novembre 2020
La ZAD ou la nouvelle utopie en action, ce n'est pas ce que j'aurais pensé en écoutant les infos à la radio ou à la TV. L'impression était plutôt qu'on avait affaire à un ramassis d'activistes voulant provoquer l'Etat.
En lisant ce livre j'ai découvert qu'on pouvait agrandir sa réflexion en élargissant la perspective. Certes aller résister les pieds dans la boue ne me paraissait pas vraiment glorieux pourtant en lisant cet ouvrage qui collecte des articles de personnes d'horizons différents, un éclairage inattendu titille la curiosité. le néo-paysan fait place à l'utopiste révolutionnaire qui cherche à créer un monde non autoritaire non polluant non sectaire, un espace ou autre chose est enfin possible, collectif réunissant chercheurs en vie alternative. Est-il possible de faire une société différente ? La tentative renvoie à d'autres comme en Rojnava (partie de Syrie occupée par les kurdes où les communistes sont revenus sur leur idéologie pour créer un système égalitaire hommes-femmes, tolérant, social, respectueux des religions fondé sur la démocratie au niveau communal puis local et régional).
Lutter pour la zad c'est lutter pour l'avenir des "communs" (le bien public). Comment créer des solidarités et pas l'inverse, c'est bien notre problématique actuelle....
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seb9308
  31 juillet 2020
Rafraîchissant : voilà le mot qui me vient dans l'urgence après la lecture de ce livre. Un livre écrit lui-même dans l'urgence, l'urgence de l'attaque militaire sur la ZAD de notre dames des Landes en avril 2018.
On peut y lire 16 textes de divers auteurs (écrivain-es, journalistes, habitant-es, artistes...), au sujet de la ZAD.
Et malgré l'apparition de quelques bémols, il ressort de manière unanime que la ZAD et un laboratoire des avenirs viables.
Comme dans tous les laboratoires il s'agit d'expérience, mais ici l'expérience de vie. La force de la ZAD est de s'appuyer sur la grande diversité idéologique de ses habitants ce qui est cause de difficulté mais aussi d'espoir.
Je sort de ce livre tout simplement bien... Il permet d'une part une confrontation positive avec mes propres réflexions sur la ZAD... Mais il donne également de l'espoir, celui qui permet de se dire que tout n'est pas encore mort qu'il reste des îlots de défense populaire et d'entraide malgré les différences.
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
ZilizZiliz   02 juillet 2018
■ Pour les manants de demain.
(contribution de Virginie Despentes)
On a tendance à croire qu'en étant vigilants, qu'en étant informés, qu'en étant cultivés, qu'en faisant appel à son intelligence critique - on se protégerait de la propagande. On l'entendrait en bruit de fond, mais on se serait rendu imperméable à ses messages, par la vertu du raisonnement. [...] Je crois qu'on se trompe. La propagande tabasse notre subconscient et le sature d'un message primordial, sur lequel repose tout l'édifice : « Il n'y a pas d'alternative. » Et ces mots nous traversent, nous occupent, nous concernent tous. Il n'y a pas d'alternative.
C'est-à-dire à quoi bon remuer en poussant des petites gueulantes hystériques puisqu'il n'y a pas d'alternative. D'autres propagandes - périphériques - nous submergent de messages uniques - l'endettement en est un exemple. Nous sommes tous des endettés. Nous naissons endettés. Ceux d'entre nous qui donnent naissance à des enfants mettent au monde des bébés endettés, qui feraient bien de s'empêcher de grandir pour aller rembourser. Nous sommes tous endettés à cause de notre inconscience de queue de cordée et le temps est venu de nous responsabiliser, de nous demander de rembourser, bon Dieu. Dans la propagande du « Il n'y a pas d'alternative », il n'y a pas que la dette, il y a aussi l'invasion des migrants. On avait déjà eu les Roms, puis les musulmans tous terroristes, et maintenant viennent ces pauvres de contrées lointaines et ils risquent de faire basculer le pays dans un chaos irrémédiable, ce chaos typique du pauvre, toujours proche du bestiau. Il n'y a pas d'alternative. On crée une nouvelle catégorie d'humains, qui seraient un peu comme des esclaves qu'on aurait pas eu besoin de transporter. On ne peut pas faire autrement. Il serait idiot de perdre son temps à lutter contre ces évidences. La propagande attaque nos cerveaux par l'arrière - dans l'angle mort, on croit la tenir à distance -, elle nous traverse, elle nous occupe. La propagande nous dit qu'il est réaliste et sage et juste de confier tous les pouvoirs à quelques enfants de riches, des décideurs à la tête d'empires d'une immensité nouvelle, qui n'ont aucune qualification, aucune intelligence, pas le moindre talent ni la moindre aptitude, mais qui sont nés fils de puissants, et qui, à ce titre, dirigeront le monde. [...]
(p. 29-31)
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ZilizZiliz   05 juillet 2018
Je ne sais pas si on peut encore inventer une façon de vivre ensemble qui ne soit pas basée sur l'abus de pouvoir, sur l'autorité dégénérée, sur les déclinaisons de la violence. Je n'en sais rien. Peut-être que la propagande dit vrai et qu'on est incapable de fermer les usines d'armes et de penser son prochain autrement que comme violable, exploitable, extorquable. Mais je sais que ça change tout que des personnes se rassemblent et inventent des vies à essayer.
Il existe potentiellement des centaines de territoires ruraux abandonnés – qui peuvent devenir, à leur tour, d'autres laboratoires de recherche de vies alternatives. C'est ça, la brèche ouverte par l'expérience de Notre-Dame des-Landes – l'idée qu'il est possible et important d'inventer des espaces de vie alternatives, non seulement pour tous ceux qui n'en peuvent plus, mais aussi pour tous les précaires d'aujourd'hui, et aussi les précaires de demain. Pour les retraités de la décennie qui vient, qui ne toucheront pas leur pension parce que c'est l'étape suivante – regardez l'Espagne et la Grèce, jusqu'à présent tout ce qui leur est arrivé nous a concernés, avec un temps de retard –, il n'y aura pas de retraites pour notre génération. [...] Pour le moment, nos premiers de cordée s'occupent de démolir la fonction publique, et tout statut de travailleur qui tiendrait compte de la dignité, du bien-être ou de la protection du corps de l'exploité. Dès que ça, c'est torché, le prochain message de propagande sera : on ne peut pas payer pour les vieux. [...]

• Virginie Despentes, 'Pour les manants de demain', p. 36-37.
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ZilizZiliz   15 juillet 2018
La ZAD est polymorphe, difficile à décrire. Impossible à réduire en une formule. Son unité de lieu et son refus de l'Etat constituent les seuls points communs de ses habitants unis par un douloureux paradoxe : être un collectif interdépendant de personnes pas d'accord entre elles.*

* J'emprunte cette formulation à l'habitant d'une cabane de la ZAD.

- extrait de l'introduction, 'Pour la ZAD et tous ses mondes', Jade Lindgaard (p. 24)
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ErnestLONDONErnestLONDON   07 juin 2018
Les paysans traditionnels et les anarchistes ont uni leurs forces pour revitaliser la terre, pour faire pousser de la nourriture, pour construire des structures sauvages et créatives, et pour offrir l’hospitalité à tous. Un tel rdv représente une menace existentielle pour un ordre mondial qui exige que tout soit objectivé, quantifié, monétisé. Mais ce monde-là est en train de tous nous tuer.
(Starhawk)
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ErnestLONDONErnestLONDON   07 juin 2018
Ils pacifient, nous opacifions. Nous sommes l’ombre de leurs nombres, le zéro de leur réseau ; la friche de leurs chiffres.
(Alain Damasio)
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