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EAN : 9791020906427
180 pages
Les liens qui libèrent (13/06/2018)
4.12/5   26 notes
Résumé :
Pour la première fois des intellectuels et des écrivains prennent partis pour la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. Ils expliquent que la « zone à défendre » est bien plus qu’un bout de bocage. Dans un monde où tout doit être normé, catalogué, mesuré, homogénéisé, s’y inventent de nouvelles formes de vies et de liberté. C'est un carré de mauvaises herbes dans un paysage artificialisé, calibré, et bétonné.

Sur la ZAD, on existe en commun et on cohabite avec... >Voir plus
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Plus qu'une critique, une chronique de sa lecture...
Un ouvrage passionnant, foisonnant avec ses 16 auteurs, pour parler de ce que nous devons à la ZAD. C'est peu de dire que s'est joué là le sort d'un avenir prometteur, car il y a des alternatives, des possibles.

Un autre monde est possible.

Ne lâchons rien, comme si nous étions déjà libres, disait Graeber…

« Si l'action directe consiste pour les activistes à relever avec constance le défi qui consiste à agir comme si l'on était déjà libre, la politique préfigurative consiste à relever avec constance le défi de se comporter les uns vis-à-vis des autres comme nous le ferions dans une société véritablement libre. » David Graeber

J'avais déjà pensé que la « Jungle » de Calais avait été un laboratoire, une expérience de vie, même si cette vie en commun était contrainte. Comme un microcosme d'une organisation différente.

Le PEROU nous en proposait une lecture de ville-monde.

Ce qu'écrit Patrick Bouchain ici à propos de la ZAD était tout aussi pertinent quand il s'agissait de la « jungle de Calais » :

« On ‘arrête pas de se plaindre qu'il n'y a plus de services publics, de commerces dans les petits villages, qjue la grande distribution a tout appauvri. Et là, vous avez des gens qui disent qu'ils veulent faire une boulangerie, une brasserie, une bibliothèque. Ils démontrent qu'à une autre échelle, on peu recréer de la vie dans un hameau. C'est magnifique. Ce qu'ils font est innovant. »

Cette expérience fut, elle aussi, interrompue en Octobre 2016.

« S'auto-organiser pour rester libres, construire sa maison pour vivre avec les autres, produire collectivement mais pas pour vendre, habiter avec les animaux et les végétaux pour apprendre d'eux, échapper aux normes pour fuir la violence des dominations. Alors que la légitimité des institutions et de la politique représentative vacille et que l'économie produit les inégalités à la chaîne, la ZAD fabrique des réponses à un monde qui s'écroule. » Jade Lindgaard

Décidément et quelqu'en soient les raisons le système ne veut pas que l'on puisse entrevoir qu'une autre vie est là, qu'un avenir en commun est possible (celui qu'on nous impose, de compétition et d'exclusion ne peut mener qu'à notre propre disparition).

« On a tendance à croire qu'en étant vigilants, qu'en étant informés, qu'en étant cultivés, qu'en faisant appel à son intelligence critique – on se protègerait de la propagande.

(…)

La propagande attaque nos cerveaux par l'arrière – dans l'angle mort, on croit la tenir à distance -, elle nous traverse, elle nous occupe » Virginie Despentes

Mais je reste persuadé que cette forme (ZAD) ou même d'autres formes de résistances se rendront incontournables, impossibles à soumettre, même par la force (la violence, telle qu'elle fut déployée à Notre-Dame-des-Landes).

Dans l'ombre, les forces se fédèrent, apprennent des échecs

« Notre-Dame-des-Landes invente des formes de vie, des styles de vie différents. Ce n'est pas seulement une « biovariété » qui est menacée et écrasée aujourd'hui, c'est la possibilité même, constitutive du « politique », de mettre au coeur de la cité la pluralité des manières d'interpréter la vie. C'est ce processus d'uniformisation que Pasolini vitupérait dans sa colère contre tout ce qui saccage les styles, les formes de vie qui faisaient jadis parler les villes et les nuits de son pays, et dont il mesurait déjà l'écrasement. »

« En néerlandais, la flibuste signifie « libre butinage ». Les boucaniers formaient une société multiraciale de rescapés, de proscrits et de dissidents. Ils avaient appris des Indiens à boucaner, sécher la viande et tanner le cuir, ainsi que l'usage des plantes médicinales. C'est que, dans les nouveaux mondes, tout est offert à profusion par la divine Providence. On pourrait aller jusqu'à dire que ces boucaniers avaient rouvert certaines formes très archaïques des sociétés de cueillette et de chasse, qui se figurent le monde en termes d'itinéraires, de butinages racontés et de pactes, et non d'espaces enclos. On n'est plus dans une économie de l'échange, ni même du don, mais de la « prise ». C'est d'ailleurs aussi ce que décrit Richard White dans « le Middle Ground », ce livre singulier où il évoque les grands lacs et plaines nord-américains au temps du délicat mélange entre les Indiens et les trappeurs. C'est là une des tiges majeures de l'invention démocratique, et la source d'un droit vif, un droit différentiel qui pourrait apporter, au droit sédimenté et plat des contrats, à la fois le respect des usages, des droits coutumiers, et l'invention d'alliances inédites. Notre-Dame-des-Landes est un laboratoire d'alliances, de pactes fragiles, entre des acteurs hétérogènes dont aucun ne prétend avoir le dernier mot, justement parce qu'ils lancent entre eux un archipel de promesses à tenir ferme dans un océan d'incertitudes.

A l'heure où nous tentons de comprendre Mai 68, d'en démêler les effets multiples, il nous faut faire place, dans notre monde, à tous ceux qui se refusent à la réalité « réaliste » telle qu'elle va, qui veulent s'en sortir. Ces marques de la société, ces « zones du dehors », pour reprendre le beau titre du roman d'Alain Damasio, personne n'aurait songé à l'époque à les désigner comme des zones de non-droit. Nos sociétés modernes se sont construites sur la liberté de partir ailleurs. Mais aujourd'hui le monde est fini, on ne peut plus aller « ailleurs ». Où se retirer, alors ? Si l'on veut résister aux terribles processus d'exclusion, de bannissement des uns, et d'érection de murs terribles qui empêchent les autres d'entrer, il nous faut inventer la possibilité de faire dissidence et sécession « sur place », ici, là où l'on est. Ne nous trompons pas sur le sens de cette « sécession » : ce n'est ni un isolement autosuffisant ni une rupture définitive. Car je ne peux résilier mon consentement à la société, m'en retirer dans ma cabane, que si plus profondément je m'associe avec ceux qui y demeurent. En réalité, même si je proteste contre cette société telle qu'elle va, je donne mon assentiment au fait d'être en société. Mais pour pouvoir entrer dans le monde, et y rester sans burn-out, sans en être écrasé, ne faut-il pas pouvoir s'en retirer ? Pour refaire le pacte, ne faut-il pas pouvoir le rompre ? » Olivier Abel

Partout les tentatives se mettent en place.

Souvent ce sont les laissés pour compte du système libéral, les rejetés surnuméraires, ceux qui n'ont plus rien, qui tentent de regagner leur droit de vivre. Tentatives libertaires, squats, paumés, comme cette friche Saint-Sauveur et ses vingt-trois hectares en plein coeur de Lille, qui incarne les enjeux lillois de la préservation de la nature en ville, dans une commune en manque de végétation comme de logements. Depuis quelques mois, des sans-papiers et des sans domicile fixe y organisent leur quotidien. Entre protection des personnes et de la nature, plusieurs causes cohabitent dans cette zone à protéger unique en son genre.

Nous avons croisé la route de l'un de ces fous par le biais de couchsurfing, l'un de ceux, nombreux si on sait regarder, qui tentent une autre vie. Erik vivait à Limans dans cette communauté appelée Longo maï. D'origine belge, il parcourait le monde de « canapé en canapé ». Lorsque nous l'avons rencontré il revenait d'un séjour de plus de 6 mois en Chine, il était passé par la Russie où il avait passé quelques mois, là aussi. Il pratiquait je ne sais combien de langues (français, flamand, russe, espagnol, allemand, chinois…).

C'était un vrai citoyen du monde, vivant de (très) peu et heureux, plein d'espoir. Comme en contrebande…Comme un pirate, un flibustier, justement.

Les « Longo maï » (« Que ça dure » en occitan) qui existent depuis près de 50 ans, sont partis d'un constat, celui que beaucoup d'entre nous font, que la chasse au profit à court terme détruit notre planète. La nature souffre. L'humanité perd le sol sous ses pieds.

Que nous devons réfléchir et changer de cap.

Longo maï prouve avec des petits pas concrets qu'un autre chemin est possible. Des nouvelles formes de vie solidaires et écologiques sont nécessaires afin de laisser une chance aux générations futures.

Mais il existe autant de ZAD (qui n'est même plus un acronyme) que de lieux de résistance, je pense aussi à ces lieux qui tissent des rapports humains différents, et leurs relations avec le monde qui les entoure. Ces résistances qui se vivent en faisant « un pas de coté ». C'est ainsi que se vit ce lieu de partage et de vie culturelle où la porte d'entrée porte l'invitation « entrez libre » : « le Channel », notre scène nationale. Les rapports, les liens, les « hyphes » dirait Alain Damasio, entre êtres hétérogènes, où artistes, spectateurs voire même badauds, se rencontrent et fabriquent une vie en commun, un « être ensemble » – je n'aime pas cette phrase galvaudée par les manuels pour DRH – mais ici, elle est vraiment à sa place. (Par parenthèse Patrick Bouchain, que je cite ici à plusieurs reprises, est l'architecte de ce lieu, ce que semble oublier le recueil qui l'omet dans les lieux qu'il a réhabilités)

Il appartient à chacun, seul ou en groupe, d'inventer d'autres formes de ZAD, pas forcément contre la société mais de toute façon, dans la société. Comme l'écrit Patrick Bouchain « Leur acte n'est pas une désobéissance à l'ordre républicain, mais à la stupidité républicaine ». Pour préfigurer un autre monde de demain. Cela veut aussi dire parfois, oublier la sacrosainte propriété privée pour la remplacer par un droit d'usage.

Car il y a d'autres possibles.
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La ZAD, c'est l'imagination comme force politique C'est un assemblage d'hommes et de femmes d' opinions et d'intérêts très divers, qui essaient - pas facile -de vivre ensemble dans une solidarité, malgré les dissensions, en respect des autres espèces, du vivant et de la terre en général.. C'est bien plus qu'une opposition à un aéroport, et cela tente de survivre à l'abandon du projet. C'est une piste pour aujourd'hui, une alternative là où on nous fait croire qu'il n'y en a pas, et peut-être tout simplement une solution pour demain. Un lieu d'espoir pour beaucoup, en tout cas.
Alors pourquoi tant de haine, tant de gendarmes et de grenades? Pourquoi cette disproportion si ubuesque? C'est,  en face, le refus d'un possible identifié comme chaos terrorisant, l'Etat de droit comme radeau salvateur, la puissance économique comme guide.

Les 16 petits textes qui constituent ce livre ont été produits dans l'urgence de l'attaque militaire de la ZAD en avril 2018, et chacun présente son point de vue, sa façon de voir, à sa façon d'écrivain, de sociologue, d'historien, de philosophe, d'architecte, etc... Certains ont séjourné, voire vivent,  dans la ZAD, d'autres se sont  contentés de sympathiser de loin.  C'est sans doute cette urgence, et la forme brève imposée, qui font qu'on a parfois un peu l'impression de tourner en rond, d'un travail peu abouti, d'une naïveté commune voir la victoire à deux pas. L'inconvénient aussi d'un tel ouvrage, et inhérent à son concept (concept dont on se demande si le principal objectif n'est pas de récupérer des fonds, puisque les bénéfices seront reversés aux activités de la Zad, ce qui est louables, mais cette noble cause conduit vite à accepter  le côté moyen du bouquin) c'est le côté hagiographique que vient seule entacher Amandine Gay qui, tout en le respectant,  fustige ce combat de privilégiés blancs

Apothéose finale et poétique, avec la nouvelle d'Alain Damasio. "Hyphe", qu'on peut lire ici : https://www.vice.com/fr/article/bj3b7d/alain-damasio-imagine-la-zad-en-2045. Autrement dit la ZAD en 2045, ce monde magique a survécu,  leurs belles causes et leurs petites querelles, l'utopie se poursuit et résiste malgré Suez et LVMH qui rôdent.
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Écrit dans l'urgence de l'expulsion de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, ce livre regroupe les textes de seize personnalités intellectuelles, littéraires et artistiques cherchant à penser l'importance de ce qui se joue là.
(...)
Étrange sensation que de sauter ainsi d'un point de vue à l'autre. L'exercice permet finalement de les confronter tour à tour à son propre avis, d'approfondir ses réflexions, de les porter à ébullition, et donnerait presque envie de jeter quelques notes personnelles sur les pages blanches finales. Malgré quelques bénéfiques divergences, le constat est unanime : c'est bel et bien un épisode de la guerre civile en cours qui se joue là, l'écrasement d'une preuve bien vivante qu'un autre monde est possible. C'est pourquoi, même si cet ouvrage ne le dit pas, il faut rejoindre les Comités de soutien de la ZAD, aller y faire un tour, apporter sa pierre à l'édifice, reconstruire ce qui a été détruit, écouter aussi la parole de ceux qui y vivent.

Article complet en suivant le lien.
Lien : https://bibliothequefahrenhe..
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Rafraîchissant : voilà le mot qui me vient dans l'urgence après la lecture de ce livre. Un livre écrit lui-même dans l'urgence, l'urgence de l'attaque militaire sur la ZAD de notre dames des Landes en avril 2018.
On peut y lire 16 textes de divers auteurs (écrivain-es, journalistes, habitant-es, artistes...), au sujet de la ZAD.
Et malgré l'apparition de quelques bémols, il ressort de manière unanime que la ZAD et un laboratoire des avenirs viables.
Comme dans tous les laboratoires il s'agit d'expérience, mais ici l'expérience de vie. La force de la ZAD est de s'appuyer sur la grande diversité idéologique de ses habitants ce qui est cause de difficulté mais aussi d'espoir.

Je sort de ce livre tout simplement bien... Il permet d'une part une confrontation positive avec mes propres réflexions sur la ZAD... Mais il donne également de l'espoir, celui qui permet de se dire que tout n'est pas encore mort qu'il reste des îlots de défense populaire et d'entraide malgré les différences.
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Tout l'intérêt de ce livre est d'avoir rassemblé des points de vue de sensibilité diverses sur une des expériences politiques les plus intéressantes de ces dernières décennies dans l'hexagone. Entre un Bruno Latour qui en appelle (sans doute très naïvement) à l'Etat afin qu'il s'inspire de NDDL, et un David Graeber qui parle gentiment de combat anarchiste comme il sait si bien le faire, eh bien on trouve un Pablo Servigne qui déroule son maintenant traditionnel couplet sur l'effondrement, un Alain Damasio qui imagine avec sa si jolie langue toujours réinventée des futur-es zadistes, ou plus piquant et surprenant une Amandine Gay qui questionne le privilège blanc dans les luttes militantes. Et il y en a bien d'autres à avoir écrit.

Bref, un bon recueil, pas homogène si sur le fond ni sur le format des textes, et c'est très bien comme cela : après tout la ZAD est diverse, forte justement de cette belle hétérogénéité. Alors vive les mauvaises herbes !
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
■ Pour les manants de demain.
(contribution de Virginie Despentes)
On a tendance à croire qu'en étant vigilants, qu'en étant informés, qu'en étant cultivés, qu'en faisant appel à son intelligence critique - on se protégerait de la propagande. On l'entendrait en bruit de fond, mais on se serait rendu imperméable à ses messages, par la vertu du raisonnement. [...] Je crois qu'on se trompe. La propagande tabasse notre subconscient et le sature d'un message primordial, sur lequel repose tout l'édifice : « Il n'y a pas d'alternative. » Et ces mots nous traversent, nous occupent, nous concernent tous. Il n'y a pas d'alternative.
C'est-à-dire à quoi bon remuer en poussant des petites gueulantes hystériques puisqu'il n'y a pas d'alternative. D'autres propagandes - périphériques - nous submergent de messages uniques - l'endettement en est un exemple. Nous sommes tous des endettés. Nous naissons endettés. Ceux d'entre nous qui donnent naissance à des enfants mettent au monde des bébés endettés, qui feraient bien de s'empêcher de grandir pour aller rembourser. Nous sommes tous endettés à cause de notre inconscience de queue de cordée et le temps est venu de nous responsabiliser, de nous demander de rembourser, bon Dieu. Dans la propagande du « Il n'y a pas d'alternative », il n'y a pas que la dette, il y a aussi l'invasion des migrants. On avait déjà eu les Roms, puis les musulmans tous terroristes, et maintenant viennent ces pauvres de contrées lointaines et ils risquent de faire basculer le pays dans un chaos irrémédiable, ce chaos typique du pauvre, toujours proche du bestiau. Il n'y a pas d'alternative. On crée une nouvelle catégorie d'humains, qui seraient un peu comme des esclaves qu'on aurait pas eu besoin de transporter. On ne peut pas faire autrement. Il serait idiot de perdre son temps à lutter contre ces évidences. La propagande attaque nos cerveaux par l'arrière - dans l'angle mort, on croit la tenir à distance -, elle nous traverse, elle nous occupe. La propagande nous dit qu'il est réaliste et sage et juste de confier tous les pouvoirs à quelques enfants de riches, des décideurs à la tête d'empires d'une immensité nouvelle, qui n'ont aucune qualification, aucune intelligence, pas le moindre talent ni la moindre aptitude, mais qui sont nés fils de puissants, et qui, à ce titre, dirigeront le monde. [...]
(p. 29-31)
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Je ne sais pas si on peut encore inventer une façon de vivre ensemble qui ne soit pas basée sur l'abus de pouvoir, sur l'autorité dégénérée, sur les déclinaisons de la violence. Je n'en sais rien. Peut-être que la propagande dit vrai et qu'on est incapable de fermer les usines d'armes et de penser son prochain autrement que comme violable, exploitable, extorquable. Mais je sais que ça change tout que des personnes se rassemblent et inventent des vies à essayer.
Il existe potentiellement des centaines de territoires ruraux abandonnés – qui peuvent devenir, à leur tour, d'autres laboratoires de recherche de vies alternatives. C'est ça, la brèche ouverte par l'expérience de Notre-Dame des-Landes – l'idée qu'il est possible et important d'inventer des espaces de vie alternatives, non seulement pour tous ceux qui n'en peuvent plus, mais aussi pour tous les précaires d'aujourd'hui, et aussi les précaires de demain. Pour les retraités de la décennie qui vient, qui ne toucheront pas leur pension parce que c'est l'étape suivante – regardez l'Espagne et la Grèce, jusqu'à présent tout ce qui leur est arrivé nous a concernés, avec un temps de retard –, il n'y aura pas de retraites pour notre génération. [...] Pour le moment, nos premiers de cordée s'occupent de démolir la fonction publique, et tout statut de travailleur qui tiendrait compte de la dignité, du bien-être ou de la protection du corps de l'exploité. Dès que ça, c'est torché, le prochain message de propagande sera : on ne peut pas payer pour les vieux. [...]

• Virginie Despentes, 'Pour les manants de demain', p. 36-37.
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La ZAD est polymorphe, difficile à décrire. Impossible à réduire en une formule. Son unité de lieu et son refus de l'Etat constituent les seuls points communs de ses habitants unis par un douloureux paradoxe : être un collectif interdépendant de personnes pas d'accord entre elles.*

* J'emprunte cette formulation à l'habitant d'une cabane de la ZAD.

- extrait de l'introduction, 'Pour la ZAD et tous ses mondes', Jade Lindgaard (p. 24)
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Les paysans traditionnels et les anarchistes ont uni leurs forces pour revitaliser la terre, pour faire pousser de la nourriture, pour construire des structures sauvages et créatives, et pour offrir l’hospitalité à tous. Un tel rdv représente une menace existentielle pour un ordre mondial qui exige que tout soit objectivé, quantifié, monétisé. Mais ce monde-là est en train de tous nous tuer.
(Starhawk)
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Ils pacifient, nous opacifions. Nous sommes l’ombre de leurs nombres, le zéro de leur réseau ; la friche de leurs chiffres.
(Alain Damasio)
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