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ISBN : 9782818012833
Éditeur : P.O.L. (01/01/2011)

Note moyenne : 3.26/5 (sur 121 notes)
Résumé :
Un hommage à M. Foucault, ami de l’auteur, à travers le récit de six années de jeunesse, agitées, confuses parfois, mais éclairées par cette amitié. Parallèlement à cette figure, est également tracée celles du père, Jérôme Lindon, de Samuel Beckett, Robbe-Grillet, Hervé Guibert et d’autres, anonymes ou connues.

En vérité, la proximité la plus grande que j'ai eue fut avec Michel Foucault et mon père n'y était pour rien. Je l'ai connu six ans durant, j... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (38) Voir plus Ajouter une critique
mariecesttout
  28 avril 2014
"L'amour qu'un père fait peser sur son fils, le fils doit attendre que quelqu'un ait le pouvoir de le lui montrer autrement pour qu'il puisse enfin saisir en quoi il consistait. Il faut du temps pour comprendre ce qu'aimer veut dire."
Vivant une jeunesse qu'il qualifie de désastreuse, Mathieu Lindon s'est en quelque sorte choisi une autre famille , une famille d'adoption, et , en particulier, une autre figure paternelle, même s'il ne le voit pas ainsi , mais plutôt comme l'antithèse de son père, c'est à dire quelqu'un de lumineux , permissif, attentif , en la personne du philosophe Michel Foucault qui lui confiait son appartement rue de Vaugirard lors de ses absences. Il y amenait ses amis, dont Hervé Guibert, et ses amants.
Une époque, les toutes dernières années avant le sida . Et un tout petit monde.
Qui pourrait par ailleurs être passionnant, Michel Foucault lui-même était un personnage assez fascinant.
Le problème.. C'est un livre qui semble avoir fait l'unanimité des critiques littéraires, et j'ai l'impression d'être restée complètement en dehors! Désolée ! Il y a de temps en temps des éclairs , de belles phrases sur les difficultés de la filiation, de la transmission, le poids des pères, et la dure nécessité , donc, de devoir souvent passer par des chemins de traverse pour comprendre ce qu'aimer -et être aimé- veut dire, mais c'est quand même le livre d'un homme de 55 ans , et j'ai eu l'impression de lire le récit d'un éternel adolescent , pourtant cerné de morts. Qui raconte à longueur de pages les soirées de drague et de drogue dans cet appartement. Mais absolument rien sur les personnalités réelles des différents protagonistes . Alors oui, Mathieu Lindon jouait au mikado et écoutait Mahler avec ses petits camarades en avalant du LSD à longueur de soirée, quelquefois Foucault était là aussi et partageait tout ce qui se présentait, mais c'est quand même un peu restreint, comme intérêt pour le lecteur..
Claude Arnaud dans " Qu'as-tu fait de tes frères " décrivait la même chose, mais il y avait une réflexion sur l'époque à la fin du livre.
Là, ou c'est justement l'époque qui ne m'intéresse pas, ou je n'ai pas su discerner autre chose que le je, je, je, je ne sais pas, mais je suis complètement passée à côté de ce livre qui m'a ennuyée.
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Petitebijou
  18 novembre 2012
Mathieu Lindon aime écrire. « Quand j'écris, je suis fou », dit-il.
J'aurais aimé percevoir cette folie dans ce récit qui nous présente ce que fut et en quoi résonne encore, pour ce « fils de », la fréquentation (choisie) de l'être d'exception que fut Michel Foucault et celle de son père (subie), ainsi que son amitié avec Hervé Guibert.
Mais, dans toute sa sincérité, sa candeur un peu ahurissante, son arrogance tranquille aussi, l'auteur ne m'a inspirée au mieux qu'un peu de sympathie, et aussi un certain agacement.
La plume de Mathieu Lindon est agréable, fluide, raffinée, mais sans surprise. J'ai eu beaucoup de mal à m'intéresser aux atermoiements de l'adolescent tourmenté puis de l'adulte immature par la perplexité dans laquelle me laissent la plupart de ses difficultés, que je qualifierais, au risque d'être sûrement un peu injuste, de problèmes de luxe.
Si son mal-être est bien réel, Mathieu Lindon ne se débat que très mollement dans ses contradictions, bien trop attaché à son mode de vie somme toute très confortable.
L'hommage rendu aux trois personnes citées plus haut, et avant tout à Michel Foucault, est touchant, mais m'a laissée à distance.
Rejetant son père, Jérôme Lindon, sa figure écrasante d'éditeur des « Editions de Minuit », par lequel il a fréquenté dès son plus jeune âge de nombreux écrivains, Mathieu n'a aucun problème à profiter des réseaux de celui-ci pour travailler dans des journaux, faire des critique de films dont il se contrefout ou de livres qu'il n'a pas lus (ce qu'il avoue sans regret). Il n'a jamais vraiment pris le risque de vivre sa propre vie, aspirant à une indépendance tout en gardant la tête assez froide pour profiter des avantages que lui procure son ascendance. Après tout, cela est assez humain, et je ne voudrais pas tomber dans le jugement trop facile, mais, pour en revenir au livre, tout ceci nous est raconté sans humour, et avec un nombrilisme décidément si caractéristique de tant d'écrivains français. Par ci par là, certaines phrases nous laissent espérer un peu de hauteur, mais nous retombons vite dans des réflexions d'enfant gâté, fût-il sensible et sympathique.
Dans la première partie du récit, Mathieu Lindon nous raconte l'adolescent solitaire et complexé qui finit par assumer son homosexualité, entre dans le cercle relationnel du philosophe Michel Foucault, pour lequel il va développer un amour non consommé, plus ou moins filial : dans la seconde partie il développera la comparaison entre sa relation avec son père et celle avec Foucault, le père non choisi et celui qui n'en est pas tout à fait un mais duquel tout de même on se sent fils. Beaucoup de lignes pour rien. A mon avis, le récit aurait gagné en plus de concision, mais Mathieu Lindon visiblement aime beaucoup se raconter.
Dans ses années de jeunesse, Mathieu Lindon devient intime avec le philosophe, lequel l'invite régulièrement à habiter dans son appartement rue de Vaugirard, appartement qui deviendra le symbole après la mort de Foucault de la jeunesse enfuie de l'auteur. Tout au long du récit, l'auteur décrit les soirées passées sous le signe des plaisirs du sexe, de la drogue, de la stimulation intellectuelle. le portrait de Foucault est celui d'un confident attentif, disponible, généreux, discret, auquel on chercherait vainement un défaut qui nous le rendrait un peu plus humain. Toujours digne, admirable, jusque dans la mort…
Les amants se succèdent pour Lindon, et j'ai été sidérée par la façon dont ses aventures sentimentales nous sont narrées au travers d'anecdotes d'une banalité stupéfiante (c'est le cas de le dire), du style : il m'a fait ceci alors je l'ai rapporté à truc qui l'a répété à machin qui pour se venger a fait cela…ou : ce jour-là nous étions tellement défoncés que nous avons oublié d'arroser les plantes du balcon que Michel aimait tant… mais il a été si gentil qu'il ne nous en a pas voulu. Passionnant…
Il y a très longtemps que ce genre de potins ne m'intéresse plus, pour peu que cela m'ait intéressée. Devant ces micros événements prenant toute la place dans la vie de l'auteur, je me suis dit que je lui aurais conseillé d'aller voir un peu en dehors de son cercle d'entre-soi pour constater comment vivent les autres représentants d'une espèce humaine étrangère à son milieu et à son mode de vie, et peut-être s'apercevoir qu'il existe d'autres problèmes bien plus graves. Mais, à l'évidence, les déplacements de Mathieu Lindon sont restreints, entre son appartement parisien et celui de Foucault, le journal « Libération », les clubs branchés, la maison familiale en Normandie (dont il profite aussi très volontiers). S'il vient à s'aventurer un peu plus loin, c'est au cours de vacances de luxe dans des îles méditerranéennes ou autres destinations solaires.
On me rétorquera que personne n'est obligé d'avoir une conscience sociale, ce qui est vrai, mais la profondeur du récit y aurait assurément gagné car nous aurions eu un contrepoint à cette vie oisive et arrogante.
Malgré tout, l'élément qui va faire basculer tout ce petit groupe de l'insouciance à la brutalité du réel est le sida qui apparaît quelques années après la rencontre de l'auteur avec Foucault.
Le sida tuera bon nombre de ses amis et fréquentations, et en premier lieu, Michel Foucault, qui meurt sans vouloir assumer publiquement sa maladie. Puis, quelques années après, Hervé Guibert y succombera également après avoir fait de sa longue agonie ce que l'on sait. Avec la perte de ces deux proches avec qui il n'aura jamais fait l'amour (« l'un parce qu'il ne voulait pas, l'autre parce que je ne le voulais pas »), Mathieu Lindon affronte pour la première fois sans fard sa solitude et son désir d'écrivain qui est désormais la seule chose qui l'exalte.
De même, la mort de son père le fait grandir et nous donne les plus belles pages du livre, sans pour autant atteindre des sommets de littérature.
Pour finir, je plains sincèrement l'auteur, qui se rend compte véritablement de la valeur des trois êtres qu'il a le plus aimés en constatant que leur mort respective leur a valu la si célèbre une de « Libération ». Il y a dans cette réflexion une puérilité incroyable, par ce besoin de reconnaissance médiatique pour aider à comprendre la valeur de son propre amour à l'endroit d'êtres humains quels qu'ils soient. Même si l'on ne contestera pas la justification de ces unes par les talents divers et bien réels de ces trois hommes qui ont marqué leur époque, en quoi ces hommages extérieurs devraient-ils peser sur sa propre intimité et la valeur des attachements ?
Je considère cet état d'esprit comme une véritable infirmité et j'adresse à Mathieu Lindon toute ma compassion.

Lien : http://parures-de-petitebijo..
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henrimesquida
  14 septembre 2016
,j'ai trouvé ce roman beau et émouvant.
Ce récit raconte principalement l'amitié de l'auteur avec Michel Foucault et sa relation avec son père, Jérôme Lindon. Y apparaissent également Hervé Guibert et Daniel Defert.
Commentaires[modifier]
Plus de vingt années après la mort de Michel Foucault et dix ans après la mort de son père, l'auteur relate sa relation privilégiée avec le philosophe et lui rend un hommage intime. En miroir, il analyse sa difficile relation au père. L'auteur se souvient des années passées dans l'appartement de Michel Foucault, rue de Vaugirard, espace où le maître absent permet à de jeunes hommes de se construire1. Mathieu Lindon interroge l'amour filial, la transmission : comment devient-on un homme entre héritage familial et amitiés homosexuelles2 ? Au-delà du deuil, lorsque les dates et les noms s'effacent, l'auteur accepte l'héritage3.
Dans À l'ami qui ne m'a pas sauvé la vie, le photographe et romancier Hervé Guibert décrit avec précision Michel Foucault, tant du point de vue du caractère – généreux, attentionné – que de celui de sa vie intime : amateur de LSD, adepte du sadomasochisme et de rencontres sans lendemain. de ces deux "visages" du penseur, Mathieu Lindon ne retient que le premier dans son texte, mais précise qu'il ne l'a jamais considéré comme un second père : "Michel, je ne l'aimais aucunement comme un père mais une figure tutélaire, généreuse de son savoir et de ses expériences."
Qu'est ce qu'aimer ? est la question préalable autour de laquelle se décline l'écriture de Mathieu Lindon. Cette question, aux allures si simple, comporte en fait de nombreuses réponses.
"Ce qu'aimer veut dire" nous livre les pensées, les souvenirs, les expériences de l'auteur... un tableau complexe, ambivalent, une mosaïque d'expériences de jeunesse qui nuance et illumine sa vie d'adulte dont il livre à la fin quelques esquisses.
Fils de Jérôme Lindon, le célèbre directeur des éditions de Minuit (à qui Jean Echenoz à consacré un portrait passionnant dans un ouvrage baptisé de son patronyme), Mathieu se destine au journalisme et à sa plume. Evoluant dans un milieu résolument intellectuel et aisé, son adolescence est pavé de rencontres marquantes : l'amitié de Robe-Grillet par exemple. Mais c'est surtout la rencontre du philosophe Michel Foucaut qui sera emblématique et décisive, pour un jeune homme en quête non pas de repères, car ayant eu la chance d'en bénéficier, mais d'horizons. A la fois impressionné par la figure de son père, et rebelle à son autorité, Mathieu Lindon trouve en Michel Foucaut non pas un autre père ou un amant, mais plutôt un véritable ami, une figure de bienveillance qui le guidera dans sa véritable émancipation.
Le livre n'est pourtant pas qu'un simple hommage. Ecrit avec une palette varié d'expériences et d'années, il narre sans gêne ni pudeur les prises de drogues, le LSD , l'acide...S'il évoque des pratiques et des goûts sexuels, c'est sans désir de choquer ni de cacher, mais pour dépeindre une époque et un quotidien, entre idéalisme assumé et maturité.
Plus qu'une histoire d'amitié, ou une biographie, ce livre est celui d'une époque, et cela dans un double sens. Il raconte ce que c'était que d'avoir vingt ans à Paris dans les années 70. Mais il raconte aussi l'initiation d'un jeune homme. Initiation à l'amour, à l'amitié, à la littérature.
Par dessus tout demeure l'image d'une époque « bénie », celle de la jeunesse où tout est à apprendre, pour peu que la société et les aléas de la vie vous en laisse l'occasion.
Figure de mentor, Michel Foucaut est décrit dignement jusqu'à sa mort. Il semble qu'avec lui disparaît aussi une part et de la jeunesse de l'auteur, mais aussi de la serenité de l'époque : avec l'apparition du sida et les débuts de l'épidémie, allait commencer une nouvelle ère dans la conception des relations sexuelles, et d'avantage encore chez les homosexuels.
La première partie centrée autour du Michel Foucault, et tout particulièrement autour de son appartement rue Vaugirard, véritable « repère » et emblème de liberté et créativité, se lit avec enthousiasme.
On ressent la réelle admiration de Mathieu Lindon et la difficulté que doit représenter de dresser le portrait de quelqu'un d'admiré et disparu. de cette pudeur, de cette presque timidité, il demeure une gêne dans l'écriture qui n'en n'est pas moins touchante et littéraire.
La deuxième partie, un peu plus décousu, rompt le fil de la narration, mais n'en n'est pas moins riche.
Au delà du portrait de la vie au près de Michel Foucault, qui est bien sûr ce qui marquera tout particulièrement bon nombre de lecteur, Mathieu Lindon revisite la figure paternelle, grandit qu'il fut par la connaissance du philosophe. S'étant émancipé et ayant bénéficié d'un appui intellectuel et moral non moins solide avec Michel Foucault, c'est en homme adulte, que Mathieu Lindon peut reparler de ce personnage non moins impressionnant qu'est Jérôme Lindon.
« Ce qu'aimer veut dire » est un hommage à l'amour. Un simple hommage à tous les visages que peut prendre un tel sentiment. Aimer, nous rappelle Mathieu Lindon, c'est grandir.
Derrière un titre tout ensem­ble beau et distant, qui acquiert à chaque page davantage de sens, c'est un livre d'hommage qu'a écrit Mathieu Lindon. le mot hommage n'étant pas ici à entendre et à prendre au sens emphatique du terme, mais comme ayant trait à l'intimité, à la sphère privée et sentimentale, à l'amour donné et reçu. A ce mot, trop solennel sans doute, Mathieu Lindon en préfère un autre : reconnaissance. « Je suis reconnaissant dans le vague à Michel, je ne sais pas exactement de quoi, d'une vie meilleure », écrit-il aux premiers instants de Ce qu'aimer veut dire. Une vie meilleure, ce n'est pas rien... Et le prénommé Michel qui lui a fait ce don, c'est Michel Foucault, qui fut son ami et figure, dans ce récit autobiographique, non pas sous les traits de l'homme public, l'intellectuel respecté, voire révéré, mais comme une présence familière, intensément bienveillante et aimante.
Quel fut donc précisément ce legs de Foucault ? Quelque chose de profond et d'essentiel. Quelque chose qui a trait à la confiance, au respect, à l'élégance, à une vraie noblesse des sentiments. Difficile d'être plus précis, et Mathieu Lindon s'y emploie pourtant, au fil de plus de trois cents pages remarquables qui constituent non pas des Mémoires, mais un authentique et émouvant roman d'apprentissage raconté au présent. L'histoire d'un jeune homme né au mitan des années 1950 et qui se cherche un avenir dans le Paris de la fin des années 1970, du début des années 1980 - en ce sens, Ce qu'aimer veut dire peut être lu comme le prolongement, esthétiquement très différent, d'En enfance, le précédent livre de Mathieu Lindon. Un lieu privilégié, aux attributs presque magiques, où la liberté de chacun et l'attention à l'autre sont les seules règles en vigueur, est le creuset de cette initiation tant sentimentale et sexuelle qu'intellectuelle et littéraire : l'appartement de Michel Foucault, rue de Vaugirard. Un lieu comme entre parenthèses, autour duquel gravite une attachante galaxie de jeunes gens dont les prénoms deviennent vite familiers : au premier plan Hervé (Guibert), mais aussi Gérard, Marc, Thierry, Hélie...
Hors les murs de l'appartement de la rue de Vaugirard, l'autre pôle vital de l'existence de Mathieu Lindon, c'est la famille, notamment et surtout son père, Jérôme Lindon, éditeur de Duras et de Robbe-Grillet, directeur des éditions de Minuit, ami de Beckett - qui, à l'instar de tous les personnages du livre, apparaît ici sous son seul prénom : il est Sam. La silhouette austère, parfois lointaine de Jérôme Lindon, mort il y a dix ans, figure non pas en opposition à celle de Michel Foucault, mais comme en contrepoint - de lui aussi, Mathieu Lindon a perçu un héritage, mais « ce qu'on ne supporte pas chez un père, c'est ce qu'il vous a légué », et peut-être fallait-il qu'il ait reçu le précieux don de Foucault pour accepter le legs paternel.
Roman d'apprentissage, tableau d'époque, le récit de Mathieu Lindon porte ainsi une méditation sur l'amour et les multiples formes d'attachement qu'ainsi on nomme - que signifie intimement, hors des archétypes socialement édictés, le fait d'aimer, d'être ami, d'être père, d'être fils... Sans impudeur, ni excès de réserve, l'écrivain a le ton juste pour parler de lui, des autres. Cette famille choisie qu'à partir du milieu des années 1980 l'épidémie de sida est venue décimer. Michel, Hervé sont morts, et combien encore. En ce sens, Ce qu'aimer veut dire est aussi, à sa façon, un mausolée des amis, des amants. D'où vient qu'en dépit de cet inconsolable chagrin la lecture de ce livre fait tant de bien ? C'est l'une de ses beautés que ce secret.
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PdB
  19 octobre 2013
« Que qui que ce soit veuille le moindre mal à Michel nous apparaitrait comme une injustice, une incompréhension de ce que devrait être les lois de l'univers. » C'est avec cette dernière phrase, sans doute la moins non-écrite de tout ce que je viens de m'infliger, que je décide mettre fin à ce foutage de gueule. D'autres iront plus loin que la page 115.
"Mais non, ça se fait pas, ça décolle peut-être juste après !", me direz-vous. 115 pages c'est quand même long pour une entrée en matière et comme blague, n'en parlons pas… Je n'en avais rien à fiche les 70 premières pages, j'ai commencé à me trouver idiot de continuer ensuite, pourquoi consacrer plus de temps à ce qui devient du masochisme ? Et puis je suis déjà comblé, c'en est trop : j'ai appris que ces gens fabuleux jouent au mikado, prennent du LSD, tombent amoureux du premier inconnu qui termine la nuit dans leur lit, et mangent les gâteaux allégés des autres. Si Saint Augustin lisait ça, la vache de leçon qu'il prendrait ! Donc, oubliez le name dropping, oubliez que Mathieu est le fils de Jérôme, que vous avez probablement lu Hervé et Gérard un jour et que Michel est LE Michel Foucault du Collège de France devant qui tout le monde se prosterne, et ce récit, qui est ce que la caméra de surveillance est au cinéma, n'a strictement aucun intérêt. Ce n'est donc pas simplement une arnaque pitoyable qui est entre mes mains, c'est un nouvel exemplaire de "Ce que le mépris veut dire", oeuvre collective dans laquelle les éditeurs rivalisent, soucieux de nous abreuver des témoignages navrants de tous ces gens géniaux qui ont la même vie que vous, mais à la différence qu'ils la passent au Quartier Latin. Et ça change tout. Prenez des médiocres et élevez-les aux rangs d'icônes parce qu'ils ont su s'épancher dans les bons bureaux, lancez sur le marché quelques "fils de" parasitant avec fatuité l'aura de leur(s) illustre(s) parent(s), et les petites gens vont se régaler de nos déchets consignés dans du papier-poubelle. Ces cons regardent la télé-réalité et lisent Christine Angot, de toute façon, on ne va pas leur filer des perles ! On dirait même que ça gagnerait des prix et ils avaliseront, ces andouilles de lecteurs.
"Mais c'est si mauvais ?", rajouterez-vous. "Ce sont des mémoires. Peut-être que ceci explique cela", tenterez-vous encore parce que vous croyez naïvement à la caution intellectuelle qu'apporte une maison d'édition reconnue à un texte. Oui, certes, donc pas forcément d'intrigue ni d'histoire à proprement parler, mais Casanova aussi raconte l'histoire de sa vie, et elle est au moins un peu plus variée que les turpitudes parisiennes très communes de Lindon et compagnie. Et puis le Chevalier de Seingalt a le foutre émouvant, vibrant encore de belles histoires, il assaisonne ces récits d'humour… Lorsque Jean-François Revel vous raconte une anecdote, il relie un souvenir à un autre, trouve une morale ou un sujet de réflexion à tout ceci, et sait élever son récit au niveau d'un texte enrichissant pour le lecteur tant sur le fond que sur la forme. Les 760 pages de ses Mémoires m'ont parues moins longues à lire que les 115 premières ici. le genre n'excuse en rien l'ennui pesant qui vous prend rapidement.
Et si tout ça vous laisse avec un arrière-goût de misanthropie, à qui en vouloir ?, vous demandé-je, puisque j'en ai marre de vous faire parler.
A l'auteur ? Non : un escroc qui réussit son coup est un artiste en son genre. Chapeau, Mathieu, tu as changé cette ordure en or pesant et trébuchant, c'est la classe !
A l'éditeur ? A moitié. Il gagnera peut-être des sous avec la crédulité des gens (la mienne y compris) qui ont acheté ce papier noirci, pour financer d'autres livres qui valent le coup. Relire Bernard Mandeville pour se convaincre que la bêtise humaine a son utilité sociale. Mais d'un autre côté P.O.L. perd le bénéfice du doute que je lui accordais, et quand cette industrie de la foutaise pompeuse viendra pleurnicher que son activité n'est pas viable parce que les gens ne lisent pas assez, il faudra avoir gardé l'ouvrage (qu'on trouvera désormais trop fin, il n'y avait pas d'autres inepties à raconter ? Mince.) pour l'éclater par la tranche sur la tronche pleurnicheuse des cuistres en question.
La critique ? On peut la montrer du doigt, qui n'a pas le courage de dire franchement que ce pauvre enchaînement de phrases de collégien sexuellement précoce n'a aucun intérêt ni littéraire, ni même comme témoignage pour ceux qui ont apprécié l'auteur des Mots et des Choses et qui voudraient jouer les voyeurs tardifs.
Un seul point m'a tout de même réjouit à considérer la nullité de ce truc : après Che Guevara et les autres révolutionnaires aussi théoriquement grandioses que pratiquement inutiles, qui ont tous été pris à revers par la société de consommation à coup de marketing pour rebelles postmodernes, voilà que Saint Foucault est pris à son tour dans une partouze nécrophile où tous ses épigones veulent prendre part. On publiera bientôt ses notes de blanchisserie, comme il eût fallu éventuellement le faire pour Nietzsche, d'après le Maître [« Qu'est-ce qu'un auteur », Dits et Ecrits, I, p. 822]. Il suffit de relire quelques lignes de ses oeuvres et de les comparer avec ce petit condensé d'onanisme scripturale, pour voir l'injure que l'association entre son nom et cet hommage empoisonné lui fait. Qu'est-ce qu'une oeuvre ? se demandait le philosophe. Si les mémoires publiées de ses amis et amants en font partie, ceci est peut-être une pipe posthume mais en tout cas c'est assurément un beau pied de nez à celle-ci.
Lien : http://poussieres-de-bulles...
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bvb09
  12 février 2013
C'est l'histoire de Mathieu, qui a trois atoûts dans la vie:
son père propriétaire et directeur des éditions de Minuit
Son homosexualité et sûrement son physique plaisant (je n'ai pas vu de photo)
Son amitié avec Michel Foucaud.
Ce livre m'a interessé par ce qu'il donne des informations sur le milieu littéraire, intellectuel et journaliste parisien et sur le milieu homosexuel.
Information est d'ailleurs un peu exagéré.
J'évoquerai plutôt l'atmosphère.
Ce livre m'a parfois excédé, tant le népotisme suinte ou coule à flot.
Il m'a aussi touché par sa sensibilité naive, son désir d'honnêteté, presque adolescente, et sa vénération aveugle pour Michel Foucaud
J'ai d'autres parts rarement autant buté sur des constructions lourdes et des phrase longues peu claires ce qui me laisse songeur quant à l'attribution du Medicis 2011.
Au bout du bout je pense quand même que c'est un tout petit livre que j'ai lu vite et avec un certain plaisir comme on peut le faire d'histoires vues par le trou de la serrure. Comme si les pipoles écrivaient leurs propres histoires dans Gala.
Simplement ce n'est jamais vulgaire et ce n'est pas une évidence.
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critiques presse (2)
LeMonde   11 février 2013
Mais dans une amitié forte et complice, comme celle qu'il a avec Michel Foucault, il y a toujours une part d'enfance retrouvée. Et avec elle lui revient la mémoire de son père [...]
Lire la critique sur le site : LeMonde
Telerama   09 janvier 2013
Tout ensemble roman d'apprentissage, tableau d'époque, méditation sur l'amour et les multiples formes d'attachement qu'ainsi on nomme - que signifie, hors des archétypes socialement édictés, le fait d'aimer, d'être amant, d'être ami, d'être père, d'être fils...
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (45) Voir plus Ajouter une citation
pyrouettepyrouette   22 janvier 2012
Les livres me protègent. Je peux toujours m'y recroqueviller, bien à l'abri, comme s'ils instauraient un autre univers, entièrement coupé du monde réel. J'ai le sentiment paradoxal que rien ne m'y atteint alors qu'ils me bouleversent d'une façon maladive.
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NadaelNadael   15 mars 2012
Pour qui a été élevé dans les normes familiales, manquera toujours de ne pas avoir rencontré ses parents ni été rencontré par eux. Il n'y a pas eu de coup de foudre naturel, objectif, ni libre apprentissage de l'autre. L'amour préexiste d'un côté, est nécessité de l'autre – c'est un plus et c'est un moins. Seule l'adolescence m'avait échappé, je comprenais soudain pouvoir vivre dans le bonheur et la constance une manière d'arrière-saison qui n'aurait pas eu de printemps, comme bienheureusement arrêté dans l'été.
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pyrouettepyrouette   26 janvier 2012
Ma calamiteuse adolescence infinie, j'en avais enfin vu le bout pour m'immerger dans la vie, comprendre que des êtres humains partageaient la même planète et avaient donc quand même un certain degré d'accessibilité, tout simplement que le bonheur était possible, et c'est comme si cette découverte, dépassée, n'avait soudain aucune valeur. Désormais il faut espérer moins de l'existence. Je croyais avoir accédé à quelque chose d'éternel et cet éternel s'est dérobé. Je croyais que c'était la vie et c'était la jeunesse.
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MadimadoMadimado   30 janvier 2011
Lorsque j’étais jeune, je trouvais que j’étais intelligent. Puis je me suis rendu compte que j’étais bête, aussi, mais cette constatation m’a parue un signe d’intelligence. puis je n’ai pu faire autrement que de découvrir que quand j’étais bête, j’étais bête, le savoir n’y changeait rien.

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MadimadoMadimado   30 janvier 2011
Désormais il faut espérer moins de l’existence. Je croyais avoir accédé à quelque chose d’éternel et cet éternel s’est dérobé. Je croyais que c’était la vie et c’était la jeunesse.

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Videos de Mathieu Lindon (16) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Mathieu Lindon
Mathieu Lindon Rages de chêne, rages de roseau éditions P.O.L : où Mathieu Lindon lit quelques pages de "Rages de chêne, rages de roseau", à l'occasion de sa parution aux éditions P.O.L, à Paris, le 2 mars 2018 "Chacun dans sa cage. Comment faire quand on est amoureux d?une autre cage, au moins de qui y habite ? Un chêne dans sa chênaie : ce qu?il faut de courage ou de désespoir pour ne serait-ce qu?adresser la parole à un roseau, remarquer son existence. Sauf si le chêne n?est plus dans sa chênaie, s?il a déjà eu le courage ou le désespoir de la quitter et qu?il est forcé de se tourner vers des inférieurs ou des supérieurs, c?est pour ça qu?il est parti, a entrepris ce voyage, cette aventure."
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