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EAN : 9782818019511
272 pages
P.O.L. (03/10/2013)
3.11/5   28 notes
Résumé :
«Perrin a fort à faire avec l'héroïne. Elle le contraint à une lucidité. Il voit l'obscénité de toute vie, développe une compétence pornographique.»

«L’héroïne apporte sa dose de lucidité : il voit maintenant sans problème l’addiction dans les vies qui l’environnent, à l’amour, au sexe, à la famille, au boulot, aux conventions, et, fort de cette découverte, en arrive à compter pour rien sa dépendance à un réel stupéfiant, de même qu’un alcoolique peut... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Dans son acceptation étymologique, la pornographie est la transcription littéraire ou graphique d'une relation avec une prostituée. Ici, la prostituée s'appelle l'héroïne, le narrateur, Perrin, en est dépendant. Dépendant et amoureux, au point de ne plus pouvoir avoir d'autres relations intimes. "On peut parler de beaucoup de choses, quand on parle de l'héroïne", assure l'auteur qui a pratiqué cette drogue avant de se sevrer. Avec un pointillisme magistral, Mathieu Lindon dresse un portrait sans concession d'un héroïnomane totalement dépendant. Pas un paumé, une homme comme les autres. Prof de son métier, drogué dans sa part d'ombre. Et amoureux de la drogue, comme on l'est d'un homme, d'une femme, d'une pute. Et Lindon nous parle de beaucoup de choses: de la vie, de l'ennui, de l'amour, des relations aux autres. Un roman puissant, autofictionnel à la troisième personne, qui pourra servir de base à l'éternelle question: la drogue rend-elle heureux? Pourquoi en prendre? L'auteur ne juge pas, il donne des clés, la plupart pourraient être utilisées comme un pamphlet contre toutes les drogues, montrant l'éternelle souffrance du manque, le calcul du temps jusqu'à la prochaine pris, le boulet qui prive la liberté. C'est en pensant à cela que le héros se sort de l'héroîne, et l'on croirait que ces deux mots ont été créés dans leurs acceptations différentes pour rester assemblés à vie. Y aurait-il des héros sans héroïne, pourrait-on se demander jusqu'à ce que le lecteur comprenne que l'héroïsme consiste à abandonner l'héroïne.? Un de ces livres qui plaident pour la désintoxication, mais qui peut être dangereux pour ceux 'ayant envie d'essayer, pour voir'. Un chapitre est particulièrement bouleversant: Lorsque Perrin décroche de sa liaison dangereuse et la remplace par le sport, ayant les mêmes gestes, les mêmes pensées, les mêmes réflexes. J'espère que ce magnifique roman aura des effets dissuasifs chez ceux qui le liront.
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Perrin est professeur. Ce métier est une couverture car Perrin a une passion : la drogue. La drogue depuis toujours, la drogue encore et encore. Il pense la contrôler mais c'est elle qui la contrôle qui le possède. La drogue le perturbe dans ses amours mais elle le rend aussi lucide sur sa vie sur son entourage. Elle le pousse à la critique à son auto-critique.

L'auteur nous parle de la drogue d'une façon froide clinique du moins je trouve. Il essaie de nous en éloigner de nous en dégoûter. Il nous montre comment elle peut nous détruire nous rendre malheureux. Il l'associe, selon moi, à la pornographie car au final la drogue nous prostitue.

J'avoue avoir du mal à suivre, à m'impliquer dans cette histoire mais au final ce livre mérite d'être lu, d'être décortiqué, ne serais ce que pour nous éloigner de toute drogue possible sous quelque forme qu'elle soit.
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Ce livre parle d'addiction mais d'un addict qui n'arrive jamais à devenir ce qu'il pense être. Il n'est pas toxicomane mais héroïnomane, il espère une addiction au sexe mais n'arrive jamais à avoir d'érections. Il est dans une frustration permanente et rien ne le satisfait même pas ses addictions.

Un livre intéressant et bien mené.
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critiques presse (2)
NonFiction
06 février 2023
Dans un récit plein d’anecdotes, Mathieu Lindon revient sur l'histoire des éditions de Minuit, ses auteurs désormais classiques, et « l’intelligentillesse » de son père Jérôme Lindon.
Lire la critique sur le site : NonFiction
Telerama
11 décembre 2013
Mathieu Lindon, fil[e] avec humour la métaphore amoureuse tout au long de cette fiction ironique et cérébrale, prosaïque en apparence, presque documentaire pourrait-on croire, en profondeur diablement perspicace sur l'humaine servitude.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
Pour Perrin et Lusiau, la famille est une addiction obligée dont se débarrasser est une autre addiction. Ils sont en permanence dans la seringue du cyclone. La brutalité des méthodes habituelles de sevrage n'a pas de mise ici. Ce sont des miraculés, ceux qui parviennent à se défaire de leur famille par la seule force de l'indifférence, juste, pour reprendre les critères parentaux à l'encontre de toute drogue, parce qu'ils peuvent très bien s'en passer, qu'ils n'ont pas besoin d'elle pour être heureux, que ça ne leur plaît pas de se détruire. Comment devenir clean avec sa famille? Quelle est la proportion de lien raisonnable au-delà de laquelle c'est la catastrophe?
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Leur relation qui a été tellement forte, tellement folle, c'est maintenant qu'elle leur apparait la plus sensée qu'elle se révèle la plus forte et la plus insensée. Ne pas se voir ne leur manque pas tant ils ont confiance en l'amour de l'autre, la psychologie plus forte que la séparation, un temps. Comme si la théorie surpassait la pratique: savoir que l'autre existe permet d'en faire abstraction, la puissance de la relation est supérieure à chacune de ses manifestations, dédramatisant vite tout incident. C'est elle le plus grand confort, la relation en soi. Ils se sentent si assurés d'être ensemble même quand ils ne le sont pas bien sûr alors qu'ils ne se manquent pas.
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De même qu'il se garde une petite ligne pour bien passer sa deuxième nuit de manque et se ragaillardir, il pourrait s'autoriser une éventuelle prise à Noël ou au 1er janvier, pour son anniversaire, afin que la rupture ne soit pas trop brutale, comme un des deux amants qui rompent est toujours partant pour un dernier coït.
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Et le reste des habitants de la planète, il ne leur suffit pas de ne pas se gaver d’héroïne pour prétendre qu’ils ne sont pas dépendants. De leur famille, de leur travail, de leurs amours, de leur argent. Ainsi est organisé le maillage de leur vie et s’ils sautent une maille, tout se déchire. Brusque inutilité de ceux dont ils sont toujours dépendants : du travail quand vient chômage ou retraite, de la famille quand arrive divorce ou deuil, de l’amour au moment de la séparation. Il y a des gens pour être dépendants de leurs angoisses, c’est mieux que rien est ça leur économise d’aller voir des films d’horreur, d’autres pour l’être du souvenir d’un mort, ou d’un enfant, d’un amour, d’un chien. Sans compter la dépendance des traders du sexe jetés dans cette compulsion, au moins un partenaire par jour sinon ça ne va pas, puis au moins deux, au moins trois, jour après jour. Ça ne se fait pas, d’être dépendant du cul ? C’est préférable de l’âme ?
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Le monde est divisé en deux catégories: ceux que le manque terrorise et ceux à qui il fait quand même moins peur que l'addiction.
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Vidéo de Mathieu Lindon
"Bienvenue aux éditions P.O.L", un film de Valérie Mréjen. Pour les 40 ans des éditions P.O.L, quelques un(e)s des auteurs et des autrices publié(e)s aux éditions P.O.L écrivent une carte postale et laissent un message aux éditions P.O.L. Avec par ordre d'apparition de la carte postale: Violaine Schwartz, Jean-Paul Hirsch, Lucie Rico, Emmanuel Lascoux, Jacques jouet, Philippe Michard, François Matton, Frédéric Boyer, Catherine Henri, Suzanne Doppelt, Lamia Zadié, Marianne Alphant, Suzanne Duval, Laure Gouraige, Emmanuel Carrère, Jean Rolin, Elisabeth Filhol, Célia Houdart, Nicolas Fargues, Nicolas Bouyssi, Louise Chennevière, Frédérique Berthet, Marie Darrieussecq, Jocelyne Desverchère, Jean Frémon, Kiko Herrero, Julie Wolkenstein, Emmanuelle Bayamack-Tam, Liliane Giraudon, Frédéric Forte, Pierric Bailly, Valère Novarina, Hélène Zimmer, Nicolas Combet, Christian Prigent, Patrice Robin,, Emmanuelle Salasc, Alice Roland, Shane Haddad, Mathieu Bermann, Arthur Dreyfus, legor Gran, Charles Pennequin, Atiq Rahimi, Anne Portugal, Patrick Lapeyre, Caroline Dubois, Ryad Girod, Valérie Mréjen / Dominique Fourcade, Marielle Hubert, Robert Bober, Pierre Patrolin, Olivier Bouillère, Martin Winckler, Jean-Luc Bayard, Anne Parian, Nathalie Azoulai, Julie Douard, Théo Casciani, Paul Fournel, Raymond Bellour, Christine Montalbetti, Francis Tabouret, Ryoko Sekiguchi,
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