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ISBN : 2253068977
Éditeur : Le Livre de Poche (11/05/2016)

Note moyenne : 3.65/5 (sur 70 notes)
Résumé :
En Australie, l'été touche à sa fin. Nous sommes le 14 février 1900, jour de la saint Valentin. Les jeunes pensionnaires de Mme Appleyard sont toutes émoustillées : elles attendent depuis des mois ce pique-nique annuel dans la forêt, non loin du « Hanging Rock ». Revêtues de mousselines vaporeuses, elles partent dans une grande berline attelée à cinq chevaux. Après le déjeuner, les demoiselles rassasiées s'assoupissent à l'ombre des arbres. Mais quatre d'entre elle... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (31) Voir plus Ajouter une critique
LydiaB
  11 mars 2017
Généralement, lorsqu'on est en pension et qu'on part en pique-nique, c'est un moment dont on se souvient car on s'amuse, on bavarde sans limite, on plaisante… Bref, on rentre à la pension avec un sourire à s'en décrocher la mâchoire et avec des images qui nourriront les conversations pendant plusieurs semaines. Si les pensionnaires de Mrs Appleyard attendaient ce moment avec impatience, les pauvres ont bien déchanté par la suite… puisqu'elles ne rentreront pas toutes. Pour s'en rappeler, elles s'en rappelleront !
Une enquête a lieu et nous, lecteurs, nous attendons avec impatience de savoir ce qu'il s'est passé. D'autant plus qu'une jeune fille est retrouvée. Mais impossible de lui faire dire quoi que ce soit. Et là, c'est le drame ! On a envie de la secouer (« mais tu vas parler, oui ou m**** ?! »). Hum… bon… on se calme ! Parallèlement à cette recherche, nous assistons à la chute de la pension. Forcément, plus personne ne veut confier ses enfants à des gens qui ne savent pas les maintenir en sécurité.
J'ai adoré ce roman. On se pose des milliers de questions… et même une fois le livre refermé, votre esprit est toujours accaparé par cette histoire (j'en ai rêvé !). J'ai également apprécié ce fantastique en filigrane venant apporter de la matière à l'atmosphère. L'écriture est magnifique. Que demander de plus ?
Lien : https://promenadesculturelle..
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nameless
  01 mai 2017
La Saint-Valentin est généralement associée aux affaires de coeur et aux tendres échanges de cadeaux... Mais en ce 14 février 1900, la fête des amoureux prend une tournure tragique pour les pensionnaires et personnels du Appleyard College. En cette fin d'étouffant été australien, vingt collégiennes et deux de leurs professeures, l'une de mathématiques et l'autre de français, partent joyeusement à bord d'un attelage tiré par cinq magnifiques chevaux, à Hanging Rock où leur pique-nique annuel est prévu, avec tourte au poulet et gâteau à la crème. Trois jeunes filles et l'une de leurs maîtresses sont portées disparues à l'issue de la journée, volatilisées, absorbées par le spectaculaire soulèvement volcanique qui domine le mont Macedon, constitué de formations rocheuses uniques, monolithes, trous et grottes réputés sans fond. Sur les pentes escarpées qui mènent aux murailles verticales du Rocher, l'ombre est profonde, la broussaille, les maigres eucalyptus et acacias, les épineux exhalent une senteur humide de sous-bois pourrissants. Là vit une faune variée, araignées, serpents, chauve-souris, oppossums, et quelques wallabies farceurs.

Qu'ont bien pu voir les trois jeunes filles intrépides et leur maîtresse ? Qui ont-elles pu croiser ? Que leur est-il arrivé ? Pourquoi ont-elles franchi un ruisseau pour tenter une escalade rendue quasi impossible par leurs robes en dentelle, leurs fragiles bottines, et les corsets qui les empêchent de respirer alors que la chaleur est écrasante ? Accident, suicide, meurtre ? L'enquête est confiée au gendarme Bumpher. Des recherches sont lancées, un traqueur (un aborigène rescapé de l'extermination ?), aidé d'un chien sont emmenés sur les lieux des disparitions.

L'institution privée réservée à une riche clientèle de colons, et dirigée par Mrs Appleyard subit de plein fouet les conséquences du fait divers, bien qu'elle ait tenté de le taire, de le cacher, en donnant des consignes de silence au personnel, privé de messe dominicale où naissent tous les ragots, en interdisant aux élèves les discussions en groupe, ou en refoulant les journalistes et curieux.

Pique-nique à Hanging Rock, écrit en 1967, est un roman étrange et pénétrant, qui baigne dans une atmosphère à la fois onirique, poétique, fantastique, victorienne. L'auteure entrelace plusieurs genres littéraires sans opter pour l'un d'eux. L'enquête policière n'aboutit pas à la résolution du Mystère des collégiennes disparues et apporte au contraire une infinité de questions qui restent sans réponse. C'est ce qui contribue à la magie fantastique du roman.

J'ai retenu pour ma part l'écriture magnétique de Joan Lindsay, qui décrit magnifiquement l'envoûtement distillé par le bush australien inhospitalier et inexploré, son aridité, sa beauté sauvage, ses dangers, auxquels elle oppose la vie d'anglais qui ne pensent qu'à cultiver leurs roses, pensées, hortensias et autres bégonias, entretiennent dans une région désertique un étang où flânent des cygnes. Pour régler et structurer leurs journées oisives, sinon informes, ils ont gardé leurs rites anglais sacrés, le thé, le porridge, les riches repas portés sur d'énormes plateaux par une abondante domesticité. Ils vivent en vase clos, ignorant le monde extérieur, sans même avoir conscience de son existence, leurs vies rythmées par leur mode de vie inapproprié, transposé sur cette Terra nullius qu'ils ont fait leur. C'est peut-être, et ce n'est que mon avis, ce qui est le plus frappant dans ce splendide roman.
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Foxfire
  07 septembre 2018
Quel roman étonnant ! Beau et étrange et surtout bien moins anecdotique qu'on pourrait le penser de prime abord en lisant le résumé, "pique nique à Hanging Rock" se révèle un véritable petit bijou de subtilité et de finesse.
Le fait divers qui sert de point de départ au roman aurait pu donner lieu à un thriller centré sur la résolution du mystère et jouant à fond sur le suspense. Joan Lindsay choisit une toute autre voie, finalement beaucoup plus intéressante. S'il y a bien une enquête menée par la police pour tenter de résoudre cette affaire, elle n'est que très secondaire, elle est à l'arrière-plan. Ce n'est pas ce qui intéresse Lindsay. L'auteure délaisse la résolution du mystère de la disparition des jeunes filles pour s'intéresser plutôt aux conséquences de cet événement. En effet, la disparition des jeunes filles aura des conséquences, plus ou moins subtiles, sur chaque protagoniste plus ou moins direct de l'affaire, d'un jeune homme ayant été, par hasard, un des derniers à les voir qui va sombrer dans une lancinante mélancolie à la pension où résidaient les jeunes filles qui va peu à peu péricliter. Lindsay porte donc d'avantage son attention sur ceux qui restent que sur les disparues ce qui, paradoxalement, donne à ces jeunes filles une aura encore plus puissante, tout particulièrement Miranda qui, bien que rencontrée brièvement au début du roman, devient pourtant un personnage inoubliable qui hante le lecteur comme elle hante les personnages du récit. Je pense que, en ne s'intéressant pas à l'enquête et à la résolution de l'affaire, Lindsay a vraiment fait un choix intéressant. Là où un traitement classique de thriller aurait joué sur le suspense et les rebondissements, le traitement choisi par l'auteure confère au roman une saveur très particulière, brumeuse, mystérieuse, troublante et un brin inquiétante.
Cette ambiance mystérieuse et contemplative, parfois même onirique tient à la fois au traitement de l'intrigue mais aussi à l'écriture de Lindsay. A ce titre certains passages sont tout à fait remarquables, tout particulièrement la scène du pique-nique. La façon dont l'auteure, simplement en évoquant un insecte ou un reptile sur un chemin, parvient à instiller une note étrange et inquiétante dans un cadre idyllique, est bluffante. C'est par de petits détails comme ça, qui n'ont l'air de rien mais qui sont si finement pensés, que Lindsay hisse son roman à un si haut niveau et le rend unique.
Le portrait d'une micro-société qui hésite entre une tradition d'extrême rigidité, à l'image du pensionnat, et les mutations sociales qui s'annoncent incarnées par une jeune fille rebelle ou par le lien d'amitié qui unit un jeune homme bien né à son palefrenier, est saisissant. Madame Appleyard, la directrice du pensionnat, semble vouloir ignorer ces changements qui s'amorcent peu à peu autour d'elle, refuse de les voir, se complait dans sa vision du monde étriquée où les apparences et les normes sont reines. Mais derrière l'image qu'elle veut donner de son institution et d'elle-même la réalité est toute autre, laide, injuste, putride.
Si le propos est passionnant et bien traité, le principal attrait du roman demeure son ambiance. Si vous aimez les romans policiers classiques avec une enquête, des indices, une résolution, passez votre chemin. "Pique-nique à Hanging Rock" ne joue pas dans ce registre. En revanche si vous aimez les romans d'atmosphère, n'hésitez pas. le roman de Joan Lindsay est unique. Envoûtant, troublant, ce petit livre, qui au départ n'a l'air de rien d'autre que d'un divertissement léger, se révèle une oeuvre magistrale et profondément marquante. Un coup de coeur, une pépite ! Miranda et ses amies n'ont pas fini de me hanter.
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LePamplemousse
  16 juillet 2016
Un pique-nique dans le bush, ça vous tente ?
Pour les élèves d'une prestigieuse école située en Australie, c'est l'effervescence, car ce samedi 14 février 1900, jour de la Saint Valentin, elles vont partir en excursion, et le clou de la journée sera un pique-nique au pied de Hanging Rock, une formation rocheuse volcanique.
Ce sont toutes des filles de bonnes familles, naïves et futiles pour la plupart, cette sortie est donc une véritable fête pour elles, car elles feront l'expérience d'une certaine forme de liberté, n'étant accompagnées que de deux professeurs et du conducteur de leur véhicule tiré par quelques chevaux.
L'endroit s'avère magnifique, il fait beau, la rivière coule paisiblement, la limonade est fraîche et la cuisinière leur a même confectionné un gâteau en forme de coeur.
Certaines filles dessinent à l'ombre des arbres, d'autres se promènent ou jouent comme des gamines.
Trois des élèves les plus âgées, les plus mûres, sont autorisées à aller voir le rocher de plus près.
Plus tard dans l'après-midi, leur professeur de mathématiques les rejoindra. Mais en fin de journée, alors que la nuit tombe, aucune d'elles ne réapparaient.
Ce roman se lit à la fois comme une intrigue policière mais aussi comme un roman fantastique car quelques éléments apportent une touche mystérieuse à ces disparitions.
L'atmosphère joue un rôle fondamental dans ce récit, on parle d'une époque où les femmes n'avaient aucun droit ou presque, où les jeunes filles ne recevaient comme éducation que ce que leur famille trouvait approprié, la plupart n'apprenaient donc qu'à savoir se tenir correctement en société et à devenir de bonnes épouses.
Elles avaient donc la tête farcie de bêtises, ne savaient pas réfléchir par elles-mêmes, celles du récit sont pour la plupart des cruches sans cervelle, uniquement intéressées par la couleur du ruban de leur chapeau ou la perspective de manger une sucrerie.
Cette disparition soulève donc bien des questions sur ce que ces jeunes filles ont pu voir, rencontrer et vivre durant cet après-midi, ont-elles croisé la route d'un homme mal intentionné, d'un animal sauvage, s'est-il produit un accident effroyable, ont-elles prémédité une escapade, une fugue ?
Et qu'est-il bien arrivé à leur professeur, une femme adulte, pleine de bon sens ?
J'ai dévoré ce court roman, qui m'a emmené dans une région chaude et humide, dans cette école pleine de secrets, à une époque où la bienséance et l'apparence jouent un rôle prédominant dans les relations et où toute idée d'esclandre et de scandale doit être évitée absolument, quitte à cacher des horreurs.
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Millencolin
  04 mars 2019
Tout d'abord merci à Foxfire d'avoir proposé ce roman en livre-quête dans le challenge SFFF 2019, car il est clair que jamais je n'aurai fait ce choix de lecture de moi-même. Ce type de titre, tout comme cette couverture, sont en général des éléments qui précipitent ma fuite.
Mais en parcourant le 4ème de couverture, les divers avis et en découvrant que Peter Weir (le réalisateur, entre autres, du chef d'oeuvre The Truman Show svp!) l'avait adapté sur grand écran, je me suis lancé.
Bon, parlons tout de même un peu du bouquin en question. Et bien, il s'agit là d'une excellente suprise. Très rapidement, on est emporté dans la vie de ce pensionnat perdu dans la campagne australienne, on sent poindre le côté mystérieux et on baigne dans une atmosphère quasi onirique. On sent tout le poids des mentalités et des valeurs sociales de cette époque à cheval entre deux siècles, les 19 et 20èmes.
L'auteur nous brosse, ou plutôt nous peint, merveilleusement bien ce tableau, magnifique, et pourtant dissimulateur de quelque triste disparition. Mais là où réside la force et l'intérêt de l'histoire, c'est que l'on s'intéresse essentiellement aux conséquences de cette disparition, et moins aux causes. Et, sans rien vous révéler, il est évident que ces conséquences sont importantes et ne tardent pas à se présenter.
Chaque personnage fait l'objet d'un portrait habilement détaillé avec les traces d'un passé, et de souvenirs, ainsi que celui d'un futur qui se profile. On a vraiment cette agréable impression d'être les témoins privilégiés d'une tranche de vie, plus ou moins longue selon ce que l'auteur désire nous en dire, de chaque protagoniste. Et même les "rôles" secondaires, qui font souvent office de vulgaires figurants sans reliefs dans beaucoup d'autres romans, sont ici finement travaillés, donnant l'épaisseur adéquate à l'intrigue générale et ses ramifications.
Par moment, avec ce souci du détail dans la description des événements de certaines scènes, et notamment la fameuse séquence du pique-nique, et dû aussi à l'époque à laquelle se déroule l'histoire, je pensais au Tour d'écrou. Et justement, là où je ne peux mettre une meilleure notation, c'est que j'avais espéré, et j'aurai aimé, que tous ces détails auxquels je fais allusion, et qui ajoutent au mystère car apportant bon nombre de questionnements sur ce qu'ils pourraient signifier comme indices quant à la résolution de l'énigme générale, n'apportent finalement qu'un meilleur rendu visuel à l'environnement.
Hormis cela, j'adhère complètement à l'histoire et à son style. J'ai littérallement bouffé les chapitres. Après, chacun se fera son avis sur la fin, je n'en dirai mot ici, sauf que pour moi, la réussite du livre ne se situe pas là mais dans le déroulement des événements qui y acheminent le lecteur.

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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
LydiaBLydiaB   11 mars 2017
Trois matins de suite, le public australien avait dévoré en même temps que des œufs au bacon les détails savoureux du Mystère des Collégiennes, comme on l’appelait dans la presse. Bien qu’aucune information supplémentaire n’eût été découverte, ni rien qui ressemblât à un indice – de sorte que la situation restait inchangée depuis la déclaration qu’avait faite Ben Hussey le samedi soir, concernant la disparition des jeunes filles et de leur maîtresse -, il fallait donner sa pâture au public. (P91)
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AlzieAlzie   04 juin 2017
Le choc éprouvé à la vue de ces pics dressés avait provoqué un silence tellement imprégné de la puissante présence que même Edith en était restée bouche bée. L'admirable spectacle, comme s'il eût été le fruit d'un arrangement particulier entre le paradis et la directrice d'Appleyard College, était brillamment illuminé pour leur visite. Sur la muraille abrupte du sud, le jeu de la lumière dorée et de la profonde ombre violette révélait la structure compliquée des longues dalles verticales : certaines, lisses comme des pierres tombales de géants , d'autres striées et cannelées par l'architecture préhistorique de l'eau et du vent, de la glace et du feu. De gros blocs, à l'origine crachés tout rouges par les entrailles bouillonnantes de la terre, reposaient maintenant, refroidis et arrondis, dans l'ombre de la forêt.
Face à de telles configurations monumentales de la nature, l'oeil humain s'avère piteusement inadéquat. (Chapitre 3, p. 48)
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namelessnameless   30 avril 2017
Ils n'avaient ni l'un ni l'autre des idées politiques trop embarrassantes, ni du reste aucune conviction particulière qu'ils eussent pu reconnaître comme leur s'ils l'avaient vue écrite noire sur blanc.
Page 106
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namelessnameless   28 avril 2017
Ma maman ne voulait pas que je fasse de mathématiques. Elle dit que la place d'une jeune fille est à la maison.
(p. 96)
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MillencolinMillencolin   28 février 2019
Et comme il est bien connu que le fait d'avoir la tête de l'emploi est déjà la moitié de la victoire dans toute entreprise...
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Videos de Joan Lindsay (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Joan Lindsay
Bande annonce de la série PICNIC AT HANGING ROCK (2018), adaptation du roman de Joan Lindsay
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