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EAN : 9782266295833
400 pages
Éditeur : Pocket (14/08/2019)

Note moyenne : 4.04/5 (sur 95 notes)
Résumé :
Grande, fine, intrépide et avide de passion, elle vacille, tel un petit navire dans la tempête, elle hésite entre deux destins : se laisser emporter vers le sud, vers ce Londres qui brille, dans la nuit violente qui fait oublier le jour où l’on est trop seul, où tout est trop cher, où le travail manque.
Ou se fracasser contre les falaises de l’île natale, dans cet archipel des Orcades battu des vents dont la vie rude lui semble vide et lui fait peur.
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Critiques, Analyses et Avis (56) Voir plus Ajouter une critique
Annette55
  18 août 2019
« Il serait faux de penser que les «  insulaires » vivent « coupés du monde »: confinés sur un territoire très restreint , nous sommes amenés à avoir plus de contacts avec nos voisins que dans une grande ville comme Londres.
Heureusement que nous nous entendons tous bien . »
«  En arrivant à Rose Cottage , je me suis assurée du bon fonctionnement de la Connexion Internet avant même de vérifier qu'il y avait de l'eau chaude . Je vis à mi- Chemin entre le Moyen Âge et le XXI° siècle . Je me chauffe au bois et je pétris mon pain tout en dépendant de plus en plus de mon smartphone. »
Deux Extraits significatifs de cet ardent récit envoûtant ——-un Écart ——-
Amy est née en 1986 dans les îles Orcade , situées à l'extrême Nord de l'Ecosse , isolées , constamment battues par les vents , frappées par les flots.
Fille d'agriculteurs : à 18 ans , elle quitte son île natale, pour Londres et ses lumières , une chambre d'étudiante, un nombre considérable de petits boulots , une série ininterrompue de fêtes, des rencontres se succèdent , toutes semblant présager une nouvelle histoire d'amour ,..
Las!
Amy plonge la tête la première dans l'ivresse de l'alcool: se soûlant au vin, à la bière , à la vodka .....

Pourquoi devient- elle alcoolique ? Vaincre ses inhibitions , s'affirmer ?En quête de nouvelles expériences ? le sentiment de ne pas être chez elle ?
Cette longue chute dans le vide , une dépendance progressive , la fréquentation de divers bars et rêveries alcoolisées durera longtemps ...
Seule, épuisée, après un passage aux alcooliques anonymes et sa rupture sentimentale elle revient sur ses terres d'enfance ——-L'écart——-
Assoiffée de grand large elle observe la nature, les ciels, les étoiles , les vagues , les cycles, se passionne à la recherche du râle des genêts , oiseau en voie d'extinction : farouche et discret.
Elle décrit avec minutie ses émotions , reprend contact avec les éléments : le cycle du temps et des saisons , la trajectoire des oies sauvages, le vol des courlis , le dialecte orcadien, les sites archéologiques de Papay, l'agnelage et les moutons ,l'odeur des algues et du fumier, l'astronomie et les énergies renouvelables , les oiseaux marins capturés puis relâchés ....
Beaucoup d'explications sont données au lecteur: autobiographique, le combat contre l'alcoolisme est décrit sans fioritures avec sincérité .
Il sonne vrai.
Le regard d'Amy frappe juste , sincère , toujours en mouvement , entre fraîcheur du sel marin , vagues et cycles, vie sauvage , retour vivifiant à la nature, guérison , reconstruction, EVEIL à soi -même !
Un beau récit profond, intense et touchant, VRAI .
Une langue à la fois explicative , poétique, rocailleuse , lumineuse et combative.
A suivre , c'est un premier ouvrage !

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Commenter  J’apprécie          432
gouelan
  15 octobre 2019
Échouée au bord de la vie dans les rues de Londres, après s'être noyée dans l'alcool, Amy tente de se reconstruire sur son île natale de l'archipel des Orcades.
Ce n'est pas seulement un roman sur une personne à la dérive, avec des mots qui sonnent juste et fort, c'est aussi un roman sur ces îles magnifiques tout au nord de l'Écosse, sur la faune, la flore, la culture.
Amy est comme une île déchiquetée par une vague qui agonise, par un vent déchirant ne tolérant aucun arbre. Seule l'herbe rase résiste. Il faut vivre avec ces rafales, ces déferlantes, avec ces gris, ce sel rongeur, car là-dessous resplendissent les couleurs des crépuscules et des aurores, des nuages auréolés de soleil. Sur l'herbe rase, il y a les racines, la volonté de vivre. Il y a le genêt, petit oiseau farouche, qui râle mais résiste.
Tout est beau dans ce récit. Un récit de voyage, un récit de vie.
Je remercie les Éditions Pocket et la masse critique de Babelio pour ce roman à l'écriture ciselée et enrichissante. L'Écart vaut tous les détours. Je rêve de visiter les îles de cet archipel.
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Stelphique
  28 septembre 2019
Ce que j'ai ressenti:
▪️Intempéries intérieures.
Je ne connais pas l'ivresse. À peine le goût de l'alcool. Mais avec ce livre, je me suis saoulée jusqu'à plus soif des mots et des sensations d'une alcoolique. Ce n'était pas agréable, loin de là. Ce n'était ni festif, ni cool, et le dérapage paraît si facile. Les tempêtes de ce personnage féminin sont vertigineuses, son manque désarmant, sa détresse étourdissante et elle nous l'envoie avec un « je » rempli d'émotions. En étant comme cela, au plus près de ses tourments, on se prend une claque monumentale. On se rend compte avec cette lecture sensible, que l'on peut perdre comme ça, 10 ans de vie. 10 ans d'errances à se noyer dans un verre, au fin fond des bouteilles à divers degrés. Mais on constate surtout que L'Alcool peut virer à l'obsession: être là, partout, tout le temps, même dans son absence. Amy Liptrot trouve le ton juste pour parler de ce fléau, entre intimité et réalisme, et c'est déstabilisant.
« Que vais-je faire de moi-même, maintenant que je ne bois plus? »
▪️Les Orcades: îles aux merveilles.
En prenant l'initiative de se soigner, elle revient vers son passé, vers plus de conscience et vers la beauté de son île natale. L'Ecosse offre mille merveilles à voir, à ressentir, à faire valoir. On en prend plein les yeux avec les magnifiques descriptions de la faune et la flore des Orcades, à chercher comme ça, l'oiseau rare, la vague fracassante, l'aurore boréale ou encore, le trésor du ciel « tullimentan », dont ses îles regorgent… Et l'héroïne pousse toujours plus loin cette curiosité, elle s'investit dans les mouvements et cycles des saisons, ce qui nous donne des moments magiques où le spectacle de la nature nous éblouit à travers les pages, où l'on sent presque le froid dans nos propres corps, et l'instant suspendu qu'elle veut nous faire partager. Et c'est incroyable. Que de merveilles, que de beautés! À lire, c'est doux et enrichissant. Après le néant et la solitude qu'elle a pu vivre à cause de l'alcool, on assiste à sa résilience et son regard apaisant sur le paysage qui l'entoure. Magnifique.
"J'ai pris une profonde inspiration pour emplir mes poumons d'air-et compris qu'il me manquait une partie du ciel."
▪️J'aimerai faire un Écart…
J'aimerai maintenant me faire une promesse, faire un écart dans mon quotidien. J'ai une envie nouvelle de voyage pour découvrir : Les Orcades. La vie des insulaires m'a toujours fascinée, mais là, il y a eu comme un coup de foudre avec ses terres froides et sauvages et un désir soudain d'aller voir par moi-même toute cette splendeur que Amy Liptrot a fait rejaillir de ce roman magnifique. Elle m'a convaincue que l'Ecosse pouvait être une destination extraordinaire et j'ai savouré chaque élément authentique qu'elle m'a donné à lire dans une poésie exceptionnelle. Je rêve de voir de mes yeux, des nuages « noctulescents » et les mirages supérieurs. Je veux tout voir de ce qu'elle a vu, je veux tout voir des vertiges qu'elle m'a décrit, je veux les secousses et la sérénité, je veux voir les secrets des Orcades et ce qu'elle a compris dans les silences, puis le ressentir…
Je me promets L'écart dans l'archipel des Orcades…Merci Amy Liptrot, pour l'ivresse de ce beau roman.

"N'est-il pas merveilleux de vivre constamment au bord du monde?"
Ma note Plaisir de Lecture 9/10
Lien : https://fairystelphique.word..
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Bazart
  15 octobre 2019
Comment se construire ? Comment choisir sa vie ? Pour Amy petite filles des Orcades, un archipel Écossais battu par les vents, c'est vraiment difficile. Une enfance grandie au rythme de la maladie mentale de son père bipolaire et dans l'affection d'une mère dépassée, elle n'a qu'une envie quitter la ferme et partir découvrir le monde. Et le monde c'est Londres la grande ville qui brille tant qu'elle aveugle.
Amy part en vrille, fêtes, alcools, drogues, solitude, dépression, Londres la ville qui abîme. Durant dix années Amy va se perdre jusqu'à finir dans un centre de désintoxication. Abstinente elle quitte Londres, la ville toxique, pour retrouver Mainland et la ferme paternelle fouettée par les embruns de la mer du Nord. Pour quelques semaines le croit-elle mais à l'écart du monde une nouvelle vie l'attend.
« La dépendance alcoolique est une pratique qui se présente comme la solution au problème qu'elle pose »
Etes-vous prêt pour un voyage dans des iles du nord de l'Écosse loin très loin des circuits touristiques. Très minutieusement Amy Liptrop, nous conte sa résurrection au contact de la faune, de la flore et même des constellations de cet archipel subarctique.
Résultat de recherche d'images pour "ile des orcades ecosse"
Fou de Bassan, macareux moine, sterne arctique, fulmar et autres petits pingouins, l'observation du peuple ornithologique, le rythme apaisant et la fraternité des iliens, la magie des aurores boréales, les bains de mer hebdomadaires dans la mer glacée, la mythologie gaélique et une introspection existentielle, le récit de renaissance de Amy Liptrop fait un bien fou, comme une ballade revigorante sur un sentier de granit au bord d'une mer fracassante., allez chaussez vos bottes et enfilez votre ciré.
Ce très chouette bouquin nous donne de suite envie de pluie et de froidure. et grâce ce formidable roman, on connait bien la faune et la flore des Orcades.....
Ce n'est surtout pas un récit manichéen qui oppose la vilaine ville et les gentilles îles. Amy Liptrot est tout à fait consciente des défaut et des qualités des deux, d'ailleurs elle sait qu'elle a besoin de l'une et des autres.....
L'écriture est très simple, mais jamais mièvre, du très bon travail.;en fait, nous sommes dans le journal d'une femme de trente ans victime d'une maladie qui trouve de la ressource dans un lieu...
Nous faisons le pari qu'en poche ce livre devrait bien marcher, entre ceux qui aiment le style journal intime et ceux qui ont une préférence pour le récit de voyage.....

Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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tynn
  30 novembre 2018
Une jeune femme, native de l'archipel des Orcades, tente de se reconstruire après une vie londonienne débridée, et une sévère addiction à l'alcool qui a provoqué une rupture sentimentale.
Après une cure de désintoxication, le retour sur les terres d'enfance est difficile mais jour après jour la vie quotidienne devient plus sereine, aidée en cela par l'observation de la nature, des ciels, des oiseaux, des étoiles et par la simplicité des contacts humains beaucoup plus essentiels que la vie urbaine.
Il m'a été plaisant de découvrir les îles des Orcades et j'ai passé du temps sur Internet pour en découvrir la géographie et les paysages. A travers le parcours du personnage, c'est un vrai voyage, on en découvre la flore, la faune et l'historique démographique et social.
Les explications et observations sont la plupart du temps passionnantes, même si on peut parfois les trouver didactiques. le récit est vivant et dynamique, empli d'anecdotes. C'est une belle manière de s'immerger dans le quotidien d'insulaires écossais qui tissent des liens numériques avec le reste du monde, tout en étant ancrés dans leurs racines.
La deuxième facette du livre est le combat contre l'alcoolisme , une constante qui s'invite au fil du récit, tous sens en alerte pour contrôler les envies irrésistibles et imprévisibles. L'abstinence est souvent cruelle et l'addiction dissimule un mal être plus profond. Les mécanismes de la maladie sont pertinents, l'introspection de l'auteur nous les rend très prégnants, et les stratégies pour résister montrent l'extrême difficulté du sevrage.
Un récit autobiographie impressionnant de justesse et de sensibilité (Quelle drôle d'idée de l'avoir désigné «roman »)
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critiques presse (5)
Bibliobs   14 décembre 2018
L'écrivaine signe un très beau premier récit sur son combat contre l'alcoolisme et sa fusion avec la nature écossaise.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LaLibreBelgique   18 septembre 2018
Superbe récit d’Amy Liptrot ou comment grâce à ces îles, elle a combattu l’alcoolisme et est revenue à elle-même.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Lexpress   14 septembre 2018
Cette histoire de rédemption par les plumes et le vent aurait pu sonner un peu too much. Mais le récit terriblement autobiographique d'Amy Liptrot frappe toujours juste. Elle raconte bien la déchéance honteuse des lendemains de cuite et les doutes qui la traversent.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Liberation   30 août 2018
Amy Liptrot raconte avec finesse et humour son addiction à l’alcool à Londres et son retour à la vie en même temps qu’à sa terre natale, l’archipel écossais des Orcades.
Lire la critique sur le site : Liberation
LeMonde   24 août 2018
Ce qui est magnifique dans L’Ecart tient précisément à l’exploration de divers espaces-temps au gré de sa curiosité et des résonances provoquées par celle-ci. De l’introspection existentielle à la formation géologique de sa terre natale et au passage des hommes, diverses strates, intimes ou historiques, se répondent.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (59) Voir plus Ajouter une citation
NML73NML73   23 mai 2020
La mer s'adonne aux bains de mer tous les samedis matins elle raconte:
la mer ne se donne pas à voir tout entière depuis le rivage: il faut s'immerger dans l'eau pour découvrir les beautés cachées. Les vagues entraînent ave celle de gros galets, qui semble, flotter en apesanteur, soudain libres et légers. Parvenue au milieu de la petite baie, je ralentis pour observer le vol d'un goéland, puis sa descente en piqué vers les flots. Me prend-il pout un phoque ? Il ne semble pas remarquer ma présence. Un matin, dans le ciel se reflète si parfaitement sur le miroir des eaux que j'ai l'impression de nager dans les nuages.
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Commenter  J’apprécie          30
gouelangouelan   04 octobre 2019
Voilà près d’un an que je me passionne pour l’astronomie. J’ai commencé à m’y intéresser l’hiver dernier, peu de temps après mon retour aux Orcades. L’archipel est un lieu d’observation privilégié : les nuits d’hiver sont très longues, la pollution lumineuse est quasiment inexistante, et les campagnes dénuées d’arbres, de bâtiments hauts et de collines permettent d’observer la totalité du ciel. À certains endroits, il est si noir qu’on peut même apercevoir la galaxie d’Andromède à l’œil nu. Ici, les fumeurs ont coutume d’annoncer en plaisantant qu’ils vont « faire un peu d’astronomie » quand ils sortent fumer. Même s’il m’arrive d’employer l’expression, ce n’est plus simplement un prétexte : une fois dehors, je lève les yeux et je fais aussi de l’astronomie.

p.234
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Annette55Annette55   18 août 2019
« Le fracas des vagues qui se brisent sur les récifs de Holm, le ronronnement des tracteurs, le cri strident des mouettes, le sifflement aigu des huîtriers pies et le martèlement intermittent qui s’échappe des maisons en travaux nous accompagnent tout au long de notre périple autour de l’ile .
Par endroits, une puissante odeur d’algues ou de fumier nous parvient aux narines . »
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gouelangouelan   01 octobre 2019
Depuis que j'étais arrivée à Londres, les évènements s'étaient enchaînés si rapidement que j'avais perdu le contrôle. La ville m'obligeait à analyser et à filtrer tant de sensations différentes au cours d'un même instant - visages, publicités, circulation automobile, pauvreté - que mon esprit se noyait dans un tourbillon perpétuel. Traversée de mille sensations, je n'en retenais aucune et demeurais vide, les oreilles emplies de bourdonnements. Désemparée, je ne parvenais plus à prendre les décisions les plus simples : où aller ? Qui voir ? Que penser ? Je comblais le vide de mon esprit en me gorgeant d'alcool et d'anxiété.

p.90
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gouelangouelan   01 octobre 2019
Le grand air et les rafales de vent me parlaient de mon pays natal, et même si je roulais entre des rangées d'immeubles, les grands espaces des Orcades ne m'avaient pas quittée. Je continuais, encore et toujours, de pédaler vers la ligne d'horizon.

p.119
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Video de Amy Liptrot (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Amy Liptrot
Amy Liptrot nous parle de son livre publié chez Globe. "L'Écart", disponible en librairie.
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