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ISBN : 2211235409
Éditeur : Globe (29/08/2018)

Note moyenne : 4.31/5 (sur 8 notes)
Résumé :
Grande, fine, intrépide et avide de passion, elle vacille, tel un petit navire dans la tempête, elle hésite entre deux destins : se laisser emporter vers le sud, vers ce Londres qui brille, dans la nuit violente qui fait oublier le jour où l’on est trop seul, où tout est trop cher, où le travail manque.
Ou se fracasser contre les falaises de l’île natale, dans cet archipel des Orcades battu des vents dont la vie rude lui semble vide et lui fait peur.
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
cathulu
  17 septembre 2018
Ayant grandi dans l'archipel des Orcades, la narratrice a troqué son existence rude et sauvage contre une vie nocturne et riche en sensations à Londres. Las, elle a perdu ses amis, son amou ,ses emplois à cause d'une vie nocturne débridée qui a vite viré à l'aigre ,à cause de l'alcool.
Elle choisit donc de rentrer dans son île natale où elle mènera des "essais semi-scientifiques" sur elle-même afin de se libérer de l'alcool. L'entreprise lui prendra deux ans, qu'elle résume ainsi:"Au cours des deux années écoulées, je me suis employée à guetter l'apparition d'un oiseau fuyant et insaisissable, à chasser les aurores boréales et les nuages noctulescents; j'ai nagé dans l'eau glacée de la mer du Nord, couru nue autour d'un cercle de pierres levées, vogué vers des îles abandonnées, volé dans de minuscules avions à hélices, et choisi de rentrer au pays natal."
L'alcoolisme au féminin est encore un tabou ,mais il ne s'agit pas ici du énième récit du "long et laborieux processus de reconstruction" ,mais bien d'une oeuvre puissante et littéraire où une voix se fait entendre, une voix qui donne à sentir toute la sauvagerie et la rudesse des univers qui entourent la narratrice.
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Garoupe
  10 septembre 2018
Faire un pas à l'écart… et s'observer
Si je vous dis que « L'écart » est un livre écrit par une anglaise née dans les îles Orcades qui a quitté les paysages marins pour les paysages urbains londoniens pour y sombrer dans l'alcoolisme… cela n'a pas l'air folichon. Sauf qu'en disant cela, je vous ai glissé subrepticement tout ce qui fait le sel et le piquant de ce livre. Vous ne voyez pas ?
Tout est dans le rapport qu'entretient Amy Liptrot entre les îles qui l'ont vue naître et grandir et la ville qui a parachevée sa destruction ! le livre ne cesse de faire des parallèles entre ces deux mondes que tout semble opposé mais que les grilles de lectures superposées d'Amy Liptrot n'ont de cesse de réunir.
D'un côté les gratte-ciels londoniens renvoient aux pics montagneux des Orcades. D'un autre, les feux anti-collision des voitures citadines ne sont que le pendant des faisceaux des phares. Plus loin, Amy Liptrot crée un rapport tellement évident qu'on n'y a jamais soi-même pensé entre les espaces occupés par chaque espèce d'oiseau habitant les Orcades et les espaces occupés par chaque groupe d'être humain dans les parcs londoniens. Si souvent les rapprochements effectués par Amy Liptrot servent à assimiler ces deux espaces si éloignés l'un de l'autre, ils sont parfois l'occasion de montrer tout l'écart qu'il y entre eux : quand elle joue à superposer mentalement les terrains de la ferme familiale avec les quartiers de Londres ce n'est que pour mieux attirer l'attention sur la différence de densité de population entre les deux.
Et puis, Amy Liptrot arpente la lande de ses îles natales comme on arpente sa propre vie : avec le recul que lui a octroyé son évasion londonienne. Elle s'est noyée à Londres pour mieux sortir la tête de l'eau au milieu de l'océan. La solitude qu'elle a subi à Londres l'a amené à apprécier l'isolement et les moments d'introspection et de réflexion. Il y a dans ce livre des moments de très grande vérité et de très grande sincérité dont on peut se resservir dans sa propre vie. le fait d'écrire « L'écart » pour Amy Liptrot n'est pas tant l'occasion de parler d'un retour à la terre, natale, insulaire, que d'un retour à soi. Tout comme les chercheurs étudient les animaux avec GPS, traceurs et capteurs, Amy Liptrot se livre à une exploration bathymétrique (relative aux fonds marins) d'elle-même.
Chaque chapitre est comme une petite nouvelle qui mises bout à bout racontent une femme en prise avec ses torts, ses faiblesses, ses renoncements mais aussi ses forces, ses victoires. Chaque chapitre représente alors un thème qui permet de faire le lien entre l'environnement d'Amy Liptrot et elle-même car le « je » est présent tout au long du récit. Mais on a la sensation qu'Amy ne « rattrape » sa propre histoire qu'au bout des 250 premières pages quand elle s'interroge enfin sur son avenir après sa cure de désintoxication. Les pages qui précèdent ce moment charnière parlent de son passé plus lointain en utilisant le présent, ce qui a tendance à déstabiliser parfois la lecture et faire perdre la notion de la chronologie au lecteur.
L'écart est aussi cet interstice qui subsiste toujours entre ce qu'on est vraiment et la manière dont on vit ce qu'on est. Il peut être gigantesque quand on se perd comme Amy Liptrot, dans l'alcool, dans l'isolement ; il peut être infime au prix d'un effort sur soi incommensurable pour reprendre sa vie en main. Mais il ne peut totalement se résorber. C'est la part d'imprévisibilité en chacun de nous, la marge qu'on a sur la marche de notre propre destin.

Lien : https://wp.me/p2X8E2-Zc
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mimipinson
  29 août 2018
« Suivre une cure de désintoxication n'est pas une fin en soi ; c'est le début d'une nouvelle histoire. »
Qui aurait envie de venir soigner son addiction à l'alcool dans ces îles à l'extrême nord de l'Ecosse ? Bien qu'elle y soit née, la narratrice a succombé, très jeune aux sirènes du sud, et de Londres où elle accompagnera ses soirs de solitudes, ses journées d'inactivité, ou ses nuits de folie dans l'ivresse et l'excès.
Elle y reviendra bien décidée à en finir avec ses démons.
L'écart est le récit de cette remontée progressive et solide vers la liberté, la sobriété. C'est aussi la redécouverte d'elle-même, la découverte des autres, et celui de son investissement pour ces territoires qui l'ont façonné et nourri.
La narratrice découvre que le sevrage alcoolique n'est jamais acquis. Chaque jour est un autre jour, un autre combat, une petite victoire qui s'imbrique à la précédente et indispensable à la suivante.
« Je venais de comprendre que la sobriété pouvait me faire planer et que j'étais capable de vivre « à fond les manettes » sans la moindre goutte d'alcool. »
L'écart ne serait pas ce qu'il est sans ce magnifique (et pourtant, je ne l'ai jamais vu) endroit balayé par les vents arctiques, peuplé d'oiseaux de cétacés, , fait de rochers et de landes, et dont les rares habitants sont durs à la tâche.
Ces îles austères et inhospitalières offrent un spectacle époustouflant et ébouriffant, et ce grâce à la plume d'Amy Liptrot. La profondeur de sa réflexion se combine parfaitement à l'évocation sublime de sa terre natale, sa source rédemptrice.
Récit à la fois plein d'espoir pour celles et ceux qui n'ont pas encore trouvé le chemin de la sobriété, et une ode à notre environnement, l'écart fut aussi, pour moi, un excellent climatiseur lors des jours torrides où j'ai eu le bonheur de le lire.
Lien : https://leblogdemimipinson.b..
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keisha
  10 septembre 2018
Direction les îles Orcades, au nord du royaume uni, baignées par les Gulf Stream mais soumises à des vents à décorner les vaches. C'est là que se sont installés les parents d'Amy Liptrot et elle a passé enfance et adolescence dans leur ferme. Parents aimant, père parfois absent à cause de soins pour ce qu'on appellerait maintenant la bipolarité. Même si tout a l'air stabilisé depuis une bonne décennie.
Deux grands thèmes s'entremêlent, en gros, souvent mis en parallèle. Buvant déjà pas mal avant de quitter son île natale, Amy Liptrot est partie travailler à Londres, plongeant dans l'alcoolisme. Malheureuse, le sachant, consciente de courir à sa perte (la description d'un début de maladie fait froid dans le dos), jusqu'au jour où elle accepte une cure de trois mois. Stricte, la cure, et de toute façon ce doit être zéro goutte d'alcool. A vie. Tenir une heure, une journée, un trimestre, en dépit de l'envie parfois torturante.
Mais attention, c'est réaliste mais pas sordide. Assez pour se rendre compte où elle était tombée. Elle retourne vers sa famille dans les Orcades, explore des îles, travaille pour la LPO grand bretonne, s'intéresse à l'histoire (et la préhistoire) du coin, aux gens, aux bestioles, découvre les richesses de la plongée sous-marine, bref se prend de grands bols d'air. Elle ne se retrouve plus vautrée par terre tellement elle a bu, juste une fois à quatre pattes pour atteindre le haut d'un monticule par fort grand vent.
Bon, moi, outarde canepetière, pouillot véloce, huppe fasciée, ça m'amuse toujours ces noms, alors là, les fulmars, cormorans, sternes et râle des genêts, c'est ma came. Sans parler des aurores boréales, oui, il y en a là-haut! Un récit bien écrit, qui se lit avec intérêt grâce à l'entrelacement des thèmes et une chronologie un peu éclatée.
Lien : https://enlisantenvoyageant...
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jostein
  08 septembre 2018
Amy est née aux Orcades, un archipel d'îles au Nord de l'Écosse. Son père, souffrant de troubles bipolaires y exploite une grande ferme comportant plusieurs terrains et pacages au bord d'une falaise.
Vers vingt ans, Amy enchaîne les petits boulots et commence à boire. Lorsqu'elle s'installe à Londres, elle commence une descente aux enfers dans l'alcool et la drogue.
Après une litanie d'échecs, de projets avortés et d'amours perdues, Amy commence une cure de désintoxication. Puis elle retourne aux Orcades.
Tout d'abord, elle s'installe chez son père. Depuis le divorce, sa mère s'est installée à Kirkwall. Elle répare les murets en pierre sèche et aide à l'agnelage.
Puis, elle travaille tout l'été pour la Société Royale de protection des oiseaux. Elle recense un oiseau rare au cri étrange appelé le « roi caille ».
Elle passera l'hiver sur Papa Westway, une des plus petites îles habitées de l'archipel des Orcades. Elle y découvre des habitants accueillants, participent aux diverses traditions et s'immergent dans cette nature sauvage, rude mais ressourçante.
Amy Liptrot nous emmène dans un double voyage. Celui qu'elle creuse à l'intérieur d'elle même pour comprendre ses réactions et celui qu'elle entreprend en parcourant cet archipel, une terre de légende riche en faune et flore, une terre qui lui ressemble, une terre au bord de l'abîme qu'il faut protéger des assauts du vent et de la modernité.
Ce premier roman est un document puissant, un témoignage poignant d'une alcoolique prête à suivre le programme en douze étapes des Alcooliques Anonymes. Mais c'est aussi et surtout une plongée vivifiante, poétique, inoubliable dans les paysages des Orcades avec un guide particulièrement curieux et intéressant. Amy Liptrot compense son addiction à l'alcool par une addiction au savoir. Sa curiosité, aidée des pouvoirs de l'ère numérique nous entraîne à déchiffrer le ciel, à s'émouvoir de l'observation d'espèces animales, à arpenter les terres rugueuses, à plonger dans les mers froides.
Lien : https://surlaroutedejostein...
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critiques presse (4)
LaLibreBelgique   18 septembre 2018
Superbe récit d’Amy Liptrot ou comment grâce à ces îles, elle a combattu l’alcoolisme et est revenue à elle-même.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Lexpress   14 septembre 2018
Cette histoire de rédemption par les plumes et le vent aurait pu sonner un peu too much. Mais le récit terriblement autobiographique d'Amy Liptrot frappe toujours juste. Elle raconte bien la déchéance honteuse des lendemains de cuite et les doutes qui la traversent.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Liberation   30 août 2018
Amy Liptrot raconte avec finesse et humour son addiction à l’alcool à Londres et son retour à la vie en même temps qu’à sa terre natale, l’archipel écossais des Orcades.
Lire la critique sur le site : Liberation
LeMonde   24 août 2018
Ce qui est magnifique dans L’Ecart tient précisément à l’exploration de divers espaces-temps au gré de sa curiosité et des résonances provoquées par celle-ci. De l’introspection existentielle à la formation géologique de sa terre natale et au passage des hommes, diverses strates, intimes ou historiques, se répondent.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
jmquentinjmquentin   09 septembre 2018
En écoutant ces alcooliques et ces toxicomanes raconter leur vie en prison, à l’hôpital, parmi les gens du voyage, dans des familles trop nombreuses, en Russie ou dans les quartiers défavorisés de Stepney Green, j’ai découvert qu’il existait un pan entier de l’expérience humaine située à des années-lumière de celle que j’avais connue jusqu’à présent, auprès de jeunes gens bien nés et bien éduqués, saturés d’actualités et obsédés par les derniers tweets du gotha médiatique.
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rkhettaouirkhettaoui   03 septembre 2018
Ces femmes passaient leurs journées de travail à nettoyer et à astiquer, et leurs soirées à refaire les mêmes gestes au bénéfice de leurs maris et de leurs enfants. Elles accomplissaient ces tâches depuis des années, et les maîtrisaient à la perfection. En observant ma supérieure manier la serpillière avec dextérité, en la voyant l’essorer au-dessus du seau, avec la pression et l’inclinaison nécessaires pour la laisser parfaitement humide et savonneuse, j’ai compris que je n’arriverais jamais à égaler ses compétences.
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rkhettaouirkhettaoui   03 septembre 2018
Ce sont des pâturages plus arides ou plus venteux, que l’on ne cultive pas. Jadis, ils servaient parfois de pacages communaux pour plusieurs éleveurs. Ces terres constituent les « écarts », c’est-à-dire les confins d’une exploitation, ces lieux à demi défrichés où les animaux sauvages et domestiques se côtoient, où le petit peuple des esprits et des fées peut déambuler librement, loin du regard des hommes. De nombreux contes issus du folklore orcadien mettent en scène des communautés de lutins installées au creux des collines, des confréries de farfadets émergeant aux beaux jours de leurs austères tanières hivernales pour aller répandre un joyeux désordre dans les fermes alentour.
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rkhettaouirkhettaoui   03 septembre 2018
À dix-huit ans, je brûlais déjà de quitter l’île. Le travail à la ferme me paraissait sale, rude et mal payé. Je rêvais de confort et de glamour ; je voulais être au cœur de l’action. Ceux qui affirmaient vouloir vivre à la campagne pour être plus proches de la nature et de ses occupants me paraissaient animés d’un désir absurde. À mes yeux, les humains étaient mille fois plus intéressants que les animaux. En hiver, lorsque je devais enfiler mon affreuse combinaison molletonnée pour aller nettoyer les bouses et le crottin qui jonchaient la paille dans l’étable et la bergerie, je rêvais de me fondre dans l’agitation d’une grande ville vrombissante et illuminée.
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rkhettaouirkhettaoui   03 septembre 2018
Certains habitants de la côte ouest des Orcades, dont mon père, affirment percevoir des secousses ou des grondements souterrains assez puissants pour faire vibrer l’île entière, mais si subtils qu’ils doutent parfois de les avoir ressentis. « En fait, on ne les entend pas vraiment, mais on les ressent, m’explique-t-il. C’est comme une explosion sourde ou un coup de tonnerre dans le lointain. Les vibrations sont assez fortes pour faire trembler les vitres et les étagères. Elles ne durent qu’un instant, puis elles se répètent dans les heures qui suivent. »
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