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Jean-Marie Saint-Lu (Traducteur)
ISBN : 2264044950
Éditeur : 10-18 (20/11/2008)

Note moyenne : 3.86/5 (sur 33 notes)
Résumé :
Montevideo, 1972. Carlos Liscano est jeté en prison par le régime militaire à l'âge de vingt-trois ans. Il en sortira treize ans plus tard.
Il aura connu la torture, les humiliations, la honte, les étranges relations qui lient victimes et bourreaux, l'absurdité d'un système qui veut lui faire avouer quelque chose qu'il ne sait pas.
Mais il aura aussi connu la résistance envers et contre tout, l'amitié indéfectible qui se noue entre camarades d'infortun... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
carre
  14 janvier 2012
Dans ce récit autobiographique, Liscano raconte les douze années d'enfermement que lui ont valu d'être opposant au régime de la dictature urugayenne. Les tortures et les brimades, l'humiliation , la peur quotidienne.
Mais son témoignage est aussi un hommage à ces parents disparus pendant sa détention, sur la perte de sa jeunesse, sur les idéaux démocratiques. Puis le temps de la libération, la difficulté de retrouver un semblant de vie normale.
Puis enfin le temps des questions l'engagement politique mérite t'il une telle punition ? A quel prix obtient'on la liberté ? etc...
Mais ce qui force notre admiration , c'est que Liscano ne condamne pas ces tortionnaires, comme si la rage qui l'a animée c'était diluée avec le temps.
Un livre profondément humain et pudique.
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agilmo
  16 juillet 2010
J'ai découvert Carlos Liscano en lisant un article du Matricule des Anges. J'ai tout de suite voulu découvrir ses oeuvres et je ne suis pas déçue.
Le fourgon des Fous emmène le lecteur pour un voyage en enfer ; on y découvre la vie quotidienne et les tortures qu'a subies Liscano pendant les 13 ans
de sa détention, victime de la répression instaurée par la dictature militaire uruguayenne.
L'écriture est épurée, précise et juste. C'est percutant, et aussi d'une grande musicalité, beauté. Il ne s'agit pas ici d'un simple témoignage, mais d'une mise à nu très émouvante de son être. La dignité est toujours présente.
On découvre l'évolution d'un homme, et on perçoit son urgence de choisir, de faire, de dire, de vivre...
Les sujets abordés sont universels et intemporels.
La description du rapport aux autres mais aussi à soi et notamment à son propre corps nous fait entrer dans une grande intimité avec l'auteur. Il tente de comprendre les rapports entre tortionnaires et torturés, entre camarades prisonniers, on ressent la solitude et la résistance incroyable de l'être humain.
J'ai été très émue par ce texte d'une grande humanité, qui est à lire, relire, méditer, admirer.
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ides60
  27 août 2011
Liscano a été jeté en prison à 23 ans par le régime militaire de l'époque, il va passer 13 ans de sa vie enfermé, menotté et cagoulé.
Il sera soumis à la torture régulièrement et notamment au "baril" plein d'eau qu'il nous décrit comme étant plus qu'éprouvant au point d'en ignorer les coups de poing, de pied.
Comme Semprun ces hommes rebelles ont une conception de la torture qui me dérange parce que je pense que je serais plutôt dans le camp de ceux qui parlent, ou s'arrangent pour crever.
Eux, encaissent, résistent, tolèrent, se raisonnent, ils ont une capacité à encaisser qui est sans limite. Leur intelligence leur permet même de décrypter les liens qui les lient à leurs bourreaux et à comprendre à travers cela comment réagir, si l'interrogatoire sera long ou pas, si le tortionnaire est renseigné ou doute toujours.
C'est une sanglante partie d'échecs entre "maîtres hors pair".
Mais quoi qu'il en soit les uns comme les autres garderont des séquelles à vie de ses instants pénibles, chacun pour des raisons différentes, les uns grandis parce qu'ayant supporter leurs douleurs sans avoir lâché un mot et fiers, droits de cette conduite, les autres ignobles, cruels, mais poursuivit par leurs actes infâmes et la destruction qu'ils ont répandue à outrance.
Construit sous forme de très courts châpitres, le livre se lit vite et facilement.
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Illwenne
  03 septembre 2016
Il a fallu de nombreuses années à Carlos Liscano pour se sentir capable d'écrire ce livre, pour ramener à sa mémoire ces faits qu'il s'était efforcé d'oublier pour pouvoir revivre. Après sa libération il a dû s'exiler loin de son pays, en Suède, pour recommencer une nouvelle vie.
Le Fourgon des Fous, c'était le nom que les prisonniers donnaient au véhicule qui les ramenait à la liberté à l'issue de leur détention. Celle de Carlos Liscano aura duré treize ans et c'est de ces années passées dans les prisons uruguayennes où il a été torturé dont il parle dans ce livre. Il n'en fait pas un récit suivi, mais livre ses souvenirs et ses réflexions par petites touches, sans ordre chronologique, un peu comme si il les écrivait au fur et à mesure qu'ils remontaient à la surface de sa mémoire. Ou bien qu'ils étaient tellement douloureux qu'il les laissait là sur le papier, en désordre, comme pour s'en débarrasser.
Il n'y a aucun pathos dans ce récit, mais curieusement un certain détachement, nécessaire pour parler de la douleur extrême que doit ressentir un homme sous la torture. Il n'y a sans doute pas de mots assez forts pour l'exprimer. Pendant les pires de ces moments, Liscano se raccroche à une seule chose : ne pas parler, ne pas dénoncer ses amis. Alors il faut ruser avec le tortionnaire, ne pas dire d'emblée qu'il ne parlera pas, répondre évasivement aux premières questions pour voir quelles seront les suivantes et essayer de deviner ce qu'il sait : un jeu du chat et de la souris où cette dernière perd à tous les coups. Mais la fierté du prisonnier, bien que son désir le plus cher soit de mourir, c'est de tenir. Et pour cela il est reconnaissant envers son corps de ne pas l'avoir lâché.
Plus que des souvenirs, que le récit de la réclusion et des tortures qu'a subis cet homme, c'est un témoignage sur la dignité humaine. "....bien plus fort et nécessaire que la capacité du corps à supporter la douleur, il y a quelque chose qui fait que le prisionnier tient le coup. Ce n'est pas son idéologie, ce ne sont même pas ses idées, et ce n'est pas la même chose chez tous. le torturé s'accroche à quelque chose qui est au-delà du rationnel, du formulable. Ce qui le soutient, c'est sa dignité.....Celle de savoir qu'un jour il devra regarder en face ses enfants, sa compagne, ses camarades, ses parents."
Lorsqu'il sort de prison, il a trente six ans, ses parents sont morts tous les deux, il ne reconnaît pas la ville où il a vécu jusqu'à son arrestation. Pendant qu'il était en prison, où tous les jours se ressemblent, la vie continuait à l'extérieur et il prend conscience qu'il a des années de liberté à rattraper. le plus étonnant c'est qu'après ces longues années de souffrances, il ne ressente aucune haine envers ses bourreaux et qu'il ait pu reconstruire sa vie, même si cela a été long.
Lien : http://lecturesdebrigt.canal..
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ManouB
  19 août 2016
Le 27 mai 1972, l'auteur est arrêté pour des raisons politiques qu'il ne nous précisera pas et il est emprisonné dans les prisons d'Uruguay, alors qu'il n'a que 23 ans. le 14 mai 1985, à la fin de la dictature, il montera enfin dans le "fourgon des fous" qui l'amène vers la liberté.
C'est seulement longtemps après sa libération, lorsqu'il va au cimetière chercher les cendres de ses parents morts pendant sa détention, qu'il laisse ses souvenir "d'avant" affluer...
Il ne se contente pas de raconter le détail des tortures subies lors de son emprisonnement apparemment injustifié.
Il s'interroge sur la nature humaine, sur la rupture qui s'opère entre l'esprit et le corps dans ces circonstances extrêmes et qui aide à survivre aux menaces et aux humiliations des geôliers.
Il s'interroge sur les relations particulières entre le prisonnier et son tortionnaire en cherchant à se mettre à la place des bourreaux.
Il a attendu des années après ce jour où il a été emmené dans « le fourgon des fous » vers la liberté tant attendue mais si redoutée, avant de trouver les mots justes pour raconter.
A aucun moment il ne parle de haine.
Au seuil de l'âge mûr, il trouve encore les mots justes pour remercier ce corps qui va lui permettre, lors de sa mort, de regarder en face avec dignité ses parents enfin retrouvés, souhait qu'il avait émis sous la torture.

Pas de mots pour décrire ce récit autobiographique dépouillé, à lire et à faire lire de toute urgence malgré des passages très durs à la limite du supportable...
Comment est-ce possible de parler avec autant de pudeur, de sérénité et de dignité de la torture ? Comment peut-on vivre sans jamais condamner ses bourreaux ?
Pour ne pas oublier...

Un livre qui moi, m'a bouleversée...

L'auteur est considéré aujourd'hui comme le plus grand écrivain uruguayen actuel.
Lien : http://www.bulledemanou.com/..
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
carrecarre   22 juillet 2012
Si le torturé parle il affrontera son pire ennemi.Il sera seul avec lui.même, des semaines, des mois, des années, il aura le sentiment d'être une merde, il se demandera pourquoi, il se dira qu'il aurait dû et pu en supporter davantage, un peu plus encore, une autre nuit, une autre séance, une autre immersion de sa tête dans le baril.
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art-bsurdeart-bsurde   27 mai 2014
Dans la salle de torture l'atmosphère est par moment tumultueuse. Aux mugissements des prisonniers s'ajoutent les cris des tortionnaires. Cela sent le tabac, la sueur, l'alcool, l'urine, le désinfectant de toilettes. Cela sent la misère humaine, qui est une odeur indéfinissable, mais qui existe, inonde les salles de torture du monde entier. Ici cela sent deux types de misère : celle du torturé, et celle des tortionnaires. Ces odeurs ne sont pas les mêmes. Les misères non plus, mais elles affectent le même animal.

"Soi et son corps"
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StockardStockard   02 mai 2017
Je viens d'avoir sept ans. J'apprends à lire l'heure, mais je n'ai pas de montre. À cette époque, seuls les adultes ont une montre. Une montre est un instrument sérieux, cher, dont il faut prendre grand soin. Ça ne se confie pas aux enfants.
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carrecarre   22 juillet 2012
Certains jours, peu nombreux, tristes jours, mauvaises heures, je me dirai que mes années de prison m'ont enlevé des chances. Celle d'étudier par exemple. Jamais, à aucun moment, je ne sentirai que la prison m' a appauvrit spirituellement.
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carrecarre   22 juillet 2012
C'était un homme de coeur. Il s'est occupé de moi, il m'a protégé. Il a fait son devoir de père. Avec les ans, je tiendrai pour une vérité que remplir ses obligations, ce n'est pas rien.
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Videos de Carlos Liscano (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Carlos Liscano
http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=53065&motExact=0&motcle=&mode=AND
PAROLES D'EXIL
Treize auteurs latino-américains témoignent
Marianne Boscher-Gontier, Mathieu Vicens
Documents Amériques latines
Cet ouvrage regroupe les témoignages de treize écrivains latino-américains, exilés politiques au temps des dictatures de 1960 à 1990. D'origines multiples, ils évoquent les circonstances de leur départ, leurs souffrances physiques et morales, leur résilience dans les pays d'accueil et les vertus de l'écriture comme autre forme de combat. Autant de destins qui donnent à relire les périodes les plus sombres de l'Amérique Latine. Parmi eux : Isabel Allende, Zoé Valdés, Carlos Liscano, Eduardo Galeano, Sergio Zamora...
Broché ISBN : 978-2-343-11164-3 ? mars 2017 ? 162 pages
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