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Cécile Arnaud (Traducteur)
ISBN : 2757816411
Éditeur : Points (04/03/2010)

Note moyenne : 3.95/5 (sur 105 notes)
Résumé :
Ossip Mandelstam, le grand poète, n'est pas l'artiste qu'il aurait aimé être. Avec sa femme Nadejda, ils vivent de sexe et de vodka, enfermés dans leur appartement moscovite, sale et glacial. Effrayé par les dérives du stalinisme, Mandelstam veut sauver sa belle Russie des griffes de celui qu'il nomme "le montagnard du Kremlin". Ses poèmes moquant le dictateur vont lui coûter très cher...
En tenant ses engagements, Robert Littell réussit son pari : raconter l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
palamede
  15 août 2015
Staline aime la poésie c’est pourquoi il ne fait pas tuer le grand poète Ossip Mandelstam qui ose s’opposer à lui, mais la souffrance et la mort dans un camp sera quand même au bout du chemin de celui qui l’appelait « Le montagnard du Kremlin ». Cette biographie romancée raconte les dernières années du poète par sa voix, celles de sa femme et de ses derniers amis. On assiste à sa descente aux enfers, mais aussi à celle d’hommes que l’on torture pour leur faire avouer des crimes qu’ils n’ont pas commis.
L’Hirondelle avant l’orage est une mise en scène remarquable du peuple russe face au système arbitraire et terrifiant mis en place par Staline.
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carre
  09 avril 2012
Dans cet admirable livre, Robert Littell nous décrit le portrait du poête Ossip Mandelstam. Homme de conviction et de courage, il n'hésitera pas à décrire tout le mal qu'il pense de Staline qu'il surnomma "le montagnard du Kremlin". Vivant dans un appartement vétuste avec son épouse Nadedja, il paiera très cher sa poésie diffamatoire. Littell donne la parole à Mandelstram, à son épouse, à ses meilleurs amis Boris Pasternak (l'auteur du Docteur Jivago) et la poêtesse Anna Akhmatova pour raconter cette révolte. Et à travers Mandelstram c'est tout un peuple opprimé, bafoué, réduit au silence que conte Littell. Avec une force évocatrice remarquable, Littell décrit l'absurdité d'un régime et l'incroyable chemin de croix mené par le poête. Un roman virtuose, captivant qui vous prend aux tripes et ne vous lache qu'a la dernière ligne. Avec en filigramme une question complexe : l'art peut t'il vaincre un régime dictatorial ?
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Bigmammy
  08 novembre 2011
Dans la famille Littell, tout le monde connaît désormais Jonathan, auteur des inoubliables Bienveillantes ; on a moins lu son père, Robert, journaliste américain longtemps posté à Moscou, et grand spécialiste de l'espionnage.
Ce que nous offre ici Robert Littell est un chef d'oeuvre : c'est l'histoire de la fascination mutuelle que se vouent Ossip Emilievitch Mandelstam, poète russe, et Joseph Vissarionovitch Staline. En 1934, Mandelstam écrit sur le maître du Kremlin des épigrammes de plus en plus critiques, au point de le traiter de « bourreau et d'assassin de moujiks ».
La Tchekha se déchaîne, et Mandelstam entre dans le noir univers de la torture physique et morale, où il retrouve quelques braves soviétiques innocents, qui finissent par se dire que si la Parti les trouve coupables, c'est qu'ils ont bien commis quelque faute, mais laquelle ?
Staline, qui admire le poète, décide qu'il aura la vie sauve, ce qui nous fait visiter une société où on survit grâce à la profonde et débrouillarde humanité dont est capable le Peuple russe, et où les jeunes cadres dénoncent allègrement leurs supérieurs pour prendre les bonnes places, et s'approprier leurs glacières électriques.
Mandelstam, « armé du pouvoir explosif enfermé dans le noyau des poèmes », choyé par sa douce épouse Nadejda, tient le coup un moment, terrorisé et divagant, mais toujours vivant. Il meurt en 1939 au « Camp de la Deuxième rivière », ce qui fait dire à Staline : « le con ! comment vais-je faire maintenant ? »
Il y a eu beaucoup de tableaux du Goulag, mais celui-ci, avec son humour, son humanité, sa vérité, son écriture splendide, mérite absolument d'être lu.


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Myrtle
  16 juillet 2011
Ossip Mandelstam est un poète russe qui aura eu le sinistre privilège d'ébranler le système stalinien. L'hirondelle avant l'orage est une version romancée de sa vie, du récit de ses démêlés avec ce qui était la « justice » de l'époque.
Robert Litrell, après sa rencontre avec la veuve du poète, a décidé de raconter à sa manière le conflit entre Staline et Mandelstam, qui avait osé critiquer son régime dans un de ses derniers poèmes. L'auteur, via les voix des acteurs de cette sombre période, nous donne à voir une Russie en pleine déchéance ainsi que le danger de s'élever contre le système stalinien.
Parmi les voix qui traversent le livre, il y a celle de Nadedja Mandelstam, muse et épouse du poète, mais aussi celles du garde du corps personnel de Staline, du poète Pasternak, et celles d'un ancien champion russe d'haltérophilie et d'autres personnes qui croisèrent la route d'Ossip.
Plein de poésie et d'un réalisme étonnant, ces témoignages, bien que fictifs, nous entraînent au coeur d'un système sans compromis, qui remet en cause le statut d'écrivain et sa place au sein de la société. Nous assistons à la descente aux enfers de Mandelstam, qui refusa de se plier à l'hypocrisie de son époque…
« Peut-être devrions-nous tous commettre les crimes dont on va nous accuser »
Lorsque l'on repense au début du roman, en connaissant tout ce que vont endurer les Mandelstam, on ne peut s'empêcher de ressentir un pincement. En effet, L'hirondelle avant l'orage s'ouvre sur la description de Mandelstam par sa femme. le lecteur a alors affaire à un écrivain-génie, charmeur et plein de force. Rien à voir avec l'homme broyé par les tortures et les persécutions que le régime stalinien lui aura fait subir, quelques centaines de pages plus loin.
Il en est de même pour la situation de ce fameux soir qu'évoque Nadedja : Ossip et son épouse prennent sous leur aile une jeune femme avec qui ils vont faire un ménage à trois, le temps d'une nuit… Mais méfiance, on ne peut être audacieux avec tout le monde… La lecture d'un poème de Mandelstam fera souffler un vent de trahison parmi ses proches.
« C'est le siècle chien-loup qui sur moi s'est jeté ». Ces paroles de Mandelstam résument parfaitement ce qui le mènera en prison, puis en déportation : Staline est un dictateur et on ne peut l'attaquer sans en subir gravement les conséquences. Ces mots vont le conduire au cachot : « montagnard du Kremlin », « bourreau », « assassin », « ses doigts sont gras comme des vers », « moustache de cafard ».
En parallèle du destin du poète, le livre nous donne à voir ceux de ses contemporains. Il y a parmi eux Fikrit Shotman, un ancien champion d'haltérophilie, accusé de crimes qu'il n'a pas commis, amené à confesser des traîtrises que sa naïveté n'aurait jamais imaginées.
L'entraide des amis du couple Mandelstam croise les actes de torture dans les prisons du Kremlin, où les tortionnaires jouent à la roulette russe avec les prisonniers.
Mandelstam se laisse submerger par la folie et imagine qu'il rencontre en personne Staline, qui se confie à lui. Malade, exilé loin de Moscou, nous pensons que le régime va l'abandonner à son triste sort. Non, jusqu'au bout, il s'acharnera sur lui.
L'hirondelle avant l'orage nous présente un âge sombre, un pays en pleine décomposition sous le joug de son dictateur, Staline. Mais il témoigne aussi du courage d'Ossip Mandelstam qui refusa toujours de s'incliner et qui plaça la poésie au-dessus de toute règle.
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Elusor
  25 juillet 2018
C'est tout moi de me retrouver à lire un livre pareil pendant mes vacances ! Voici une plongée en apnée dans la vie (ne valant bientôt plus très cher) de Ossip Mandelstam, un poète - un grand poète, et même le plus grand poète russe du 20ème siècle- incroyablement courageux/ ou fou/ ou les deux qui vécut dans les terribles années 30 en U.R.S.S. et qui osa défier Staline en rédigeant un poème subversif disant tout haut ce que tout le monde/la plupart savent, que les paysans dans les campagnes crèvent de faim à cause de la collectivisation, que le chef adulé est en fait un assassin et un bourreau de ses sujets. Ce roman choral prête voix au poète mais aussi à son entourage, sa femme Nadejda et d'autres acteurs ayant gravité autour de cette histoire. Bien que le sort d'à peu près tous les citoyens soviétiques fut effroyablement pénible sous le régime stalinien, Robert Littell choisit de montrer celui des artistes, muselés par la dictature à produire uniquement des oeuvres à la gloire du régime. C'est très bien documenté même si c'est romancé. Je lis en parallèle La fin de l'homme rouge de Svetlana Alexievitch
ce qui apporte un éclairage intéressant aux deux lectures. Je recommande ce livre, mais pas nécessairement en vacances, les scènes dans la Loubianka (sinistre prison moscovite habitée par de non moins sinistres interrogateurs) donnent froid dans le dos, et c'est un euphémisme. Vous ne pourrez manquer d'être touchés par le sort de cet artiste et héros méconnu (du moins, méconnu de moi) et instruits de cette page d'histoire (à moins que vous ne connaissiez déjà bien cette période de l'histoire russe).
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
carrecarre   09 avril 2012
Avec le recul, je me rends compte qu’une arrestation est une expérience merveilleusement libératrice - elle vous libère de la terreur de vous faire arrêter.
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MyrtleMyrtle   16 juillet 2011
Depuis cette nuit blanche où nos lignes de vie se sont entrelacées pour la première fois, il y aura quinze ans le 1er mai, au Bric-à-brac, un cabaret bohème et un peu miteux de Kiev, j’ai entendu Mandelstam donner d’innombrables lectures publiques, et pourtant le plaisir absolu que me procure sa poésie est demeuré intact. Par moments, l’indescriptible beauté des mots m’émeut aux larmes, ces mots qui acquièrent une nouvelle dimension lorsqu’ils pénètrent la conscience par l’oreille et non par les yeux. Comment puis-je expliquer ce miracle sans avoir l’air d’une épouse pâmée d’admiration, aveuglée par l’amour ? Cet homme nerveux, obstiné, joyeux vivant, cet homo poeticus (selon sa propre description, lancée négligemment quand il m’a chipé cette première cigarette au Bric-à-brac, dans une autre vie, semble-t-il), cet amant fébrile (le mien et celui de plusieurs autres) est alors transfiguré – il devient quelqu’un, quelque chose d’autre.
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litolfflitolff   08 novembre 2010
Pasternak et Mandelstam étaient deux de mes meilleurs amis au monde - le temps précieux que nous passions ensemble nous offrait à tous trois une bouffée d'air pur dans ce pays confiné et étouffant qui était le nôtre. Chacune de nos rencontres était d'autant plus intense qu'elle pouvait fort bien être la dernière ; qui sait si nous survivrions jusqu'à la prochaine ?
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vassili99vassili99   11 juillet 2016
Le poète Mandelstam lit ses vers devant une petite douzaine de personnes; celui à qui les critiques avaient prédit l'avenir du plus grand poète russe du siècle. Il est composé de cette matière étrange qu'est la poésie et il devient lui-même un poème. On est en 1934, il est oublié de tous, ces vers ne sont plus édités depuis six ou sept ans. La collectivisation bat son plein, comme les paysans résistent, le parti affame des régions entières, les morts se comptent par centaines de milliers. A l'époque où plus personne n'ose protester ou dire la vérité Mandelstam conçoit le projet audacieux d'écrire un poème pour faire vaciller le pouvoir de Staline. Comme les atomes renferment des quantités d'énergie capables de faire imploser l'univers, le poème de Mandelstam doit avoir ce noyau dure d'énergie pouvant faire tomber le "montagnard du Kremlin". Le grand Staline avait escaladé des tas de cadavres de ces anciens amis et compagnons , tout comme de simples anonymes, pour se hisser au sommet de la pyramide de l'horreur. Mandelstam entre en lutte... J'ai rarement vu une description aussi fidèle et aussi fine de la Russie sous Staline. Vivement que ce vingtième siècle avec ses horreurs se termine, mais que la mémoire demeure...
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robertkonigrobertkonig   08 mai 2019
Indifférents à la température hivernale, nous parlions sans discontinuer, jusqu'à en avoir les lèvres engourdies de froid, au point que les mots sortaient sans les "b", les "m", les "p" et les "v". Ossip plaisantait en disant que nous inventions une nouvelle langue, une langue de ventriloques utilisée par les prisonniers afin que les tchékistes spécialistes de la lecture sur les lèvres, les observant avec des jumelles, ne sachent pas qu'ils se parlaient.
P. 273
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Videos de Robert Littell (13) Voir plusAjouter une vidéo
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Aujourd'hui dans #Lesclefsdunevie, Jacques Pessis reçoit Robert Littell. Ce maître du roman d'espionnage vient nous présenter son nouveau livre, "KOBA" !
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