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EAN : 9782917559697
304 pages
Editions Baker Street (17/03/2016)
3.5/5   26 notes
Résumé :
Lilia, Tatiana, Elly, Nora : quatre femmes réunies en 1953 à Moscou autour d'un étudiant américain, R. Litzky. Elles ont aimé le même homme, l'immense poète russe Vladimir Maïakovski. Lilia Brik, volage et envoûtante, son grand amour. Tatiana Iakovlevna, l'aristocrate, la seule qui s'est refusée à lui. Elly Jones, l'âme sœur. Nora Polonskaïa, la belle comédienne. Elles pensent toutes connaître ses secrets. Et pourtant, vingt-cinq ans après sa mort, alors que ces qua... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
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Erveine
  24 mai 2016
Mon premier Littell, le père, dont je suis très contente. Je remercie vivement Babelio pour l'opération masse critique ainsi que les éditions Baker Street.
Quatre femmes gravitent autour de Vladimir Vladimirovitch Maïakovski ; ou bien est-ce Maïakovski, le poète, qui dans un mouvement « futuriste » gravite de l'une à l'autre, de l'amante à la muse, de l'infidèle à la réservée. Quelques vingt-cinq ans plus tard, en 1953, elles se retrouvent pour évoquer leurs souvenirs en présence d'un jeune universitaire, Litzky, chargé de recueillir leurs témoignages, sur le seul dictaphone enregistreur Peirce, modèle 55B, dans tout Moscou.
La performance du roman se situe à mon sens dans la force des échanges à l'évocation du poète Maïakovski. Chaque femme se revendiquant tour à tour, plus libre, détentrice à sa façon d'un certain pouvoir sur Vladimir. Pourtant, à mesure que la confrontation s'accélère, la tension monte, le ton est acéré, parfois vulgaire, surtout quand chacune se veut plus légitime que l'autre et pour finir s'avoue vaincue elle aussi, assujettie à l'emprise amoureuse de l'homme, du poète et du révolutionnaire. le langage est assez cru. Bien fait pour elles ! Mais c'est tellement bien gradué et posé automatiquement sur un ressenti, quand il est plutôt question d'ajuster le tir et de prendre son tour de parole, en veillant bien cependant, de ne pas casser le fil, ce lien qui les attache, toutes les quatre, autour du personnage de Maïakovski. Mais ce n'est pas tout, nous sommes aussi dans l'atmosphère de la Révolution où nous pouvons apercevoir quelques figures emblématiques comme, Tolstoï, Gorki, Pasternak.
Mais qu'est-ce qui a merdé ? La Révolution, Goumilev, Essenine, le démon Chort…
.
La terre brûlée voilà ce qui a merdé
la terre sous mes pieds
a brûlé la semelle de mes chaussures…
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frandj
  23 septembre 2021
Derrière l'initiale du titre se cache, en fait, le grand poète russe Vladimir Maïakovski (1893-1930). Si vous n'en avez jamais entendu parler ou si vous détestez sa production, passez votre chemin ! Mais si, au contraire, vous appréciez la force de ses vers et si vous êtes fasciné par sa trajectoire incandescente, dans son siècle très agité, je vous propose de lire cette oeuvre un peu surprenante.
Robert Littell imagine une rencontre hypothétique (en 1953) entre quatre femmes très différentes, qui ont aimé Maïakovski; leurs échanges sont enregistrés sur magnétophone. La plus connue d'entre elles est Lilia (Lili Brik), qui passera dans la postérité comme la principale muse du poète. Ces quatre femmes se remémorent leurs amours - sans pudeur - tout en se chamaillant entre elles. Il s'ensuit un portrait vigoureux et très haut en couleurs de Maïakovski dont la vie s'arc-boute sur trois obsessions: la poésie, le sexe et la Révolution (tiercé donné dans le désordre). L'homme, génial et audacieux, est aussi plein de contradictions et fragile: il finira par se suicider, la motivation de son geste étant probablement moins politique que certains l'ont prétendu.
C'est donc un livre original et assez cru, peut-être un peu trop long, qui évoque un homme exceptionnel. Toutefois, j'ai préféré l'émouvant roman "L'hirondelle avant l'orage", écrit par le même auteur (qui, incidemment, est le père de Jonathan Littell)
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GrandGousierGuerin
  11 décembre 2016
Dans une chambre d'un hôtel de Moscou se retrouvent quatre femmes pour parler d'un amour commun : le poète Vladimir Maiakovski. En tout premier lieu, il y a Lilia, la grande soeur d'Elsa (vous savez celle qui a épousé Aragon …) qui formait un trio aux moeurs très libres avec Maiakovski et son mari pendant des années, qui était une sorte de port d'attache entre les différentes conquêtes de Maïakovski, même s'il n'y avait plus aucun lien charnel entre eux. Si Lilia est la plus ancienne, elle se situe également géographiquement entre Moscou et Petrograd. Son Maiakovski est une sorte de Janus du sexe poétique. Vient ensuite Elly, à New-York, passion d'une nuit qui dura huit semaines et dont naitra la fille unique de Maiakovski. N'oublions pas la belle Tatiana de Paris, Russe blanche qui vivra un amour platonique et se verra offrir le mariage. Et enfin Nora, la comédienne de Moscou, la dernière qui assista à son suicide à la roulette russe. Son Maiakovski n'est qu'un obsédé sexuel imbu de lui-même… Une foire d'empoigne s'ensuit car chacune veut défendre son poète, se veut sa muse ou du moins la plus importante ….
Portrait croisé écrit sous la forme de dialogue, cette évocation du chantre du futurisme communiste, ami et adversaire de Pasternak, n'acceptant pour règles ou contraintes que le sexe, la poésie et la révolution donne l'image du poète maudit, lumineux et sombre à la fois ….
Bonne lecture donc !
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micetmac
  24 juin 2018
Vladimir Maïakovski, l'archétype du poète maudit, l'illustration ultime du cliché de cet artiste concassé par des bureaucrates sans coeur qui ne comprennent rien à la Poésie. Ce Vladimir qui nous fixe de son regard noir tout en haut de ce post.
Robert Littell délaisse ici ses intrigues d'espionnage labyrinthique et kafakaïenne pour se plonger dans la mythologie de la révolution prolétarienne avec la figure tutélaire (et un brin encombrante) de l'enfant chéri de la Révolution, le grand Maïakovski. Littell retrouve ici la veine de son grand livre UNE HIRONDELLE AVANT L'ORAGE et s'il n'atteint pas tout à fait la perfection de cette HIRONDELLE, il nous donne à lire (une fois encore) un bouquin brillant, frôlant la magistralité.
Je reconnais bien volontiers que je ne connaissais point ni l'oeuvre, ni la vie de Maïakovski. Et si quelques vers émaillent fatalement les pages du livre, c'est surtout à sa vie que nous nous attachons ici. Une vie qui fut beaucoup dirigée par ses impulsions sexuelles. Maïakovski était un obsédé du cul, toujours en quête d'une muse et d'une amante. Ce sont quatre de ses muses et trois de ses amantes qui hantent les pages de ce livre.
Par un procédé astucieux, Littell accouche d'un récit polyphonique. Les dialogues savoureux, crus (ce ne sont certainement pas des dames patronnesses : elles n'ont pas froid aux yeux ni ailleurs) de ces femmes magnifiques pingponguent et pirouettent. Les piques se succèdent, délivrent en creux un portrait pas forcément aimable du Poète Iconique. Monstre d'indifférence, égocentré jusqu'au délire, sûr de son génie et de la Cause Bolchevique, se masquant longtemps les errements criminels, génocidaires, de la Dictature du Prolétariat. Quand Maïakoski se forcera à desceller ses paupières, cela ne se fera pas sans drame, ni ce goût affirmé des Russes pour la Tragédie.
J'avoue que finalement Maïakovski m'a moins séduit que ces quatre femmes, différentes, agaçantes, touchantes, libertines ; d'une sincérité admirable, ne pouvant se défaire d'un artiste aux intuitions géniales, parfois mesquin, rarement médiocre, mais qui n'était presque rien sans elles...
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Pixie-Flore
  01 juin 2016
Merci à Babelio et à BakerStreet pour l'envoi de ce livre.
Je vais aller droit au but, cette lecture ne m'a pas transportée. J'ai trouvé ce livre d'une lenteur lassante.
Nous sommes ici en présence de 4 femmes, plus ou moins amantes du poète russe Vladimir Maïakovski dont je n'avais jamais entendu parlé, et d'un étudiant américain communiste. Chacune raconte son histoire avec ce fameux poète, mais d'une façon si entrecoupée que ces dames m'ont vite agacée. Chacune d'entre elles tentent désespérément de convaincre les autres qu'elle a le plus compté. Au départ, ça donne une certaine dynamique à leur récit; par la suite ça en devient presque pathétique.
Le point fort de ce récit, c'est la description du contexte: l'instauration et l'application du régime soviétique. Robert Littell décrit brillamment les espérances puis la désillusion progressive de Vladimir Maïakovski face à la révolution soviétique. Ce poète ne m'a pas pour autant touchée. Ses multiples facettes et son portrait ambigu m'ont laissé un peu sceptique. Je n'aime pas ce genre de personnage, qui n'existe que pour se montrer.
C'est un livre que j'ai rapidement lu mais que je ne relirai pas.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
Pixie-FlorePixie-Flore   31 mai 2016
C'est seulement dans leur propre pays que les juifs seront à l'abri des cosaques du monde entier. Notre slogan sioniste trace la voie pour les juifs: la Palestine est une terre sans peuple, les juifs sont un peuple sans terre.
[...]
Une Russie démocratique et marxiste coupera l'herbe sous le pied de vos sionistes en éliminant la nécessité d'une patrie juive qui, de toute façon, ne verra jamais le jour. Pour la bonne et simple raison que la Palestine n'est pas une terre sans peuple. D'après un article écrit, je le précise, par un journaliste juif, et paru dans l'Evreiskaïa Starina, la revue de la société historique, environ six cent mille Arabes vivent actuellement en Palestine. Six cent mille ! Que proposez-vous de faire de cette communauté, vous les sionistes, à part prétendre qu'elle n'existe pas ?

[p33-34]
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frandjfrandj   24 septembre 2021
(…) Ce n’était pas l’art qui imitait la vie, c’était l’art qui préfigurait la vie. Ou qui préfigurait la mort, devrais-je plutôt dire. Le poète voulait faire croire à quelque chose de léger, parlait d’une satire, mais ce traitement était du pur Maïakovski, c’est-à-dire qu’il visait le cœur. (p. 245)
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Pixie-FlorePixie-Flore   01 juin 2016
"Vous avez gagné. J'ai évité le mariage jusqu'ici, mais je vais violer ma propre règle et vous épouser.
- Si c'est une demande en mariage, je dois vous rappeler que vous m'en avez déjà fait une. Et à genoux, qui plus est. Le soir même du jour de notre rencontre. Je vous ai répondu en riant que j'allais y réfléchir. Je ne ris plus, mon cher Vladimir, , mais je réfléchis toujours.
- Vous ne dites pas oui ! s'est-il plaint avec amertume.
- Considérez comme un encouragement le fait que je ne dise pas non", ai-je répliqué.

[p72-73]
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Pixie-FlorePixie-Flore   01 juin 2016
La vie est une sentence de mort
Chaque érection offre
un sursis à l'exécution
Ce qui explique l'influence
Des érections dans la vie d'un homme

Les érections n'influencent pas
la vie d'un homme
elles la dirigent

Des précisions

Les érections déterminent
tes rapports aux femmes
Elles sont pour toi
des réceptacles pour ta semence
pas des compagnes
pas des égales
pas dignes de partager les
soucis

Depuis quand es-tu devenue
une insupportable suffragette

[p274]
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DerfuchsDerfuchs   07 octobre 2019
C'était quelqu'un qui portait son coeur, et non pas sa colère, en étendard.
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